Pentagone : le Général Mattis et la tautologie du Fatah

Pentagon.1_300_203Par Caroline Glick*

Tautologie : Négligence de style ou procédé rhétorique consistant à répéter la même idée en termes différents (Larousse)

Source : Jerusalem Post Comment: General Mattis and the Fatah Tautolaugy

Vendredi, le Secrétaire américain à la Défense James Mattis se rendra en Israël dans le cadre d’une tournée dans la région qui le conduira en Égypte, en Arabie Saoudite, au Qatar et à Djibouti. L’objectif officiel de la tournée de Mattis est « de réaffirmer les alliances militaires cruciales pour les États Unis, de s’engager au Proche-Orient et en Afrique avec des partenaires stratégiques, et de discuter des efforts de coopération à mener pour contrer les activités de déstabilisation et défaire les organisations terroristes extrémistes ».

La grève de la faim des prisonniers palestiniens : indicateur significatif du conflit
Avant sa visite, Mattis devrait prendre le temps de réfléchir à la grève de la faim actuellement menée par des terroristes palestiniens écroués par Israël. Prendre en compte sérieusement cette grève lui en dira plus quant à la nature du conflit israélo-palestinien qu’une centaine d’entretiens avec des « experts ».

Plusieurs éléments importants sont à prendre en compte par Mattis quant à cette grève.

  • La première chose qu’il doit observer est que tous les terroristes en grève appartiennent au groupe terroriste Fatah. Cet élément devrait indiquer au Général Mattis que le Fatah ne constitue pas un parti politique normal. De fait, il s’agit d’une organisation terroriste qui dispose d’un parti politique.
  • La deuxième chose dont Mattis doit tenir compte à propos de cette grève est que celle-ci est soutenue par la Gauche internationale.

Comprendre les raisons de ce soutien suppose que Mattis reconnaisse la tautologie du Fatah.

Mais d’abord, un peu de contexte.

Marwan BarghoutiLe rôle trouble de Marwan Barghouti…
La grève menée par les terroristes a germé dans le cerveau d’un homme condamné pour des meurtres de masse, qui est également leader du Fatah et enfant chéri de la Gauche internationale : Marwan Barghouti.

Barghouti purge cinq peines de réclusion à perpétuité pour le meurtre de cinq Israéliens. Pour les autorités israéliennes, Barghouti est directement responsable de 37 meurtres, mais il n’a pu être condamné que pour cinq.

Le rôle de Barghouti dans ces meurtres va bien au-delà des attentats dont il a été le commanditaire direct.

A partir de 2000, et jusqu’à son arrestation en 2002, Barghouti était le commandant et la tête pensante de la guerre terroriste menée par les Palestiniens, qui a commencé en septembre 2000 après que le leader du Fatah, Yasser Arafat, a rejeté l’État palestinien à Camp David.

En d’autres termes, des centaines d’Israéliens sont morts à cause de Barghouti.

…et de la gauche
Mais, pour la Gauche, cela ne compte pas. Pour la Gauche, Barghouti est un héros.

La Gauche insiste sur le fait que Barghouti et un homme modéré, qu’il entend faire la paix, qu’Israël devrait le libérer et le laisser prendre le contrôle du Fatah et de l’OLP d’entre les mains de Mahmoud Abbas, désormais octogénaire.

Si elle insiste sur ce point, c’est à cause de la tautologie du Fatah :

Selon cette tautologie, le Fatah est « modéré » et « pour la paix ». Or Barghouti est un leader du Fatah. Donc, Barghouti est modéré et favorable à la paix.

Puisque le Fatah est « modéré » et « favorable à la paix », ce n’est pas une organisation terroriste. Et puisque ce n’est pas une organisation terroriste, ses terroristes sont des activistes modérés qui œuvrent à la paix.

Donc, nonobstant les manifestations des victimes israéliennes, excédées, du terrorisme, nonobstant le verdict du tribunal, Barghouti n’est pas un terroriste, et aucun des terroristes placé sous son commandement n’est un terroriste.

Aucun d’eux n’est un terroriste car ils sont membres du Fatah. Et le Fatah est un parti modéré et favorable à la paix. Donc ce sont des activistes modérés qui œuvrent à la paix.

Avec ce raisonnement tautologique, il est logique, pour les États Unis, de donner pratiquement un milliard de dollars par an pour des aides à l’Autorité Palestinienne contrôlée par le Fatah. Il est logique, pour le Pentagone, de former des « forces de sécurité » palestiniennes qui font double emploi avec les terroristes du Fatah. Il est logique, pour les États Unis, de fermer les yeux sur le fait que l’Autorité Palestinienne dépense plus de 300 millions de dollars, soit plus de 7 % du budget financé par les donateurs, pour payer leurs salaires aux terroristes dans les prisons israéliennes ainsi qu’à leurs familles.

Après tout, les Palestiniens ne peuvent pas encourager le terrorisme.

Ils proviennent du Fatah, lequel est un parti modéré et favorable à la paix.

Même le New York Times
La tautologie du Fatah est ce qui sous-tend la décision du New York Times de publier, dans son édition de dimanche, une tribune signée par Barghouti, au soutien de la grève des détenus.

Il n’est guère surprenant que Barghouti ait à plusieurs reprises calomnié Israël dans son article.

Et il n’est guère surprenant non plus que le Times, dans son sous-titre, ait dépeint Barghouti comme un « leader et parlementaire palestinien ». Si ce raisonnement circulaire était relégué dans les bas-fonds de la Gauche, ce serait déjà une mauvaise chose.

Mais tel n’est pas le cas.

MattisMattis et la canne à pêche
Parmi les soutiens les plus fervents du Fatah se trouvent Mattis et d’autres généraux de l’état-major.

Mattis arrive en Israël avec un dossier public bourré de déclarations anti-israéliennes qui indiquent qu’il a non seulement mordu à l’hameçon de la tautologie du Fatah, mais qu’il a avalé le plomb et la canne à pêche avec.

En 2013, peu après avoir pris sa retraite de chef du commandement militaire central, le général Mattis a eu des accents dignes de Barghouti et de ses soutiens gauchistes lorsqu’il a accusé Israël d’être à l’origine de l’absence de paix.

Lors de son discours à l’Aspen Institute, Mattis a déclaré que les États Unis doivent faire de l’instauration d’un État dirigé par les terroristes du Fatah (sur des terres placées sous contrôle israélien, dont Israël a besoin pour sa sécurité nationale et sur lesquelles il détient des droits de souveraineté) un objectif clé pour les États Unis

Selon ses propres mots, « il faut qu’on trouve un moyen d’arriver à la solution à deux États soutenue par les administrations démocrate et républicaine. Nous devons y parvenir et les probabilités de voir cet État émergé commencent à diminuer à cause des colonies de peuplement, et au point où elles en sont, elles vont rendre impossible le maintien de l’option à deux États ».

Faisant également écho aux diatribes de Barghouti, Mattis a déclaré que si Israël continue à permettre aux Juifs de vivre là où ils ont le droit de vivre et continue à leur octroyer des droits de propriété pour construire, alors il deviendrait un État d’ « apartheid ».

Mattis a la réputation d’être un homme cultivé et d’une vive intelligence. Pourtant, ses affirmations établissent qu’en dépit de son intelligence, il manque remarquablement de curiosité intellectuelle en ce qui concerne Israël, les Palestiniens, et la situation au Proche-Orient plus généralement.

Pour ne pas céder à la tentation de croire que la pensée ignorante et tautologique de Mattis était simplement liée à ses fonctions dans l’administration Obama, rappelons que Mattis a réitéré ses propos lors de son audition de confirmation devant le Sénat alors qu’il était pressenti par Donald Trump aux fonctions de Secrétaire à la Défense.

Interrogé à brûle-pourpoint sur le nom de la capitale d’Israël, Mattis a refusé d’admettre que Jérusalem est la capitale d’Israël. Il a au contraire surpris les parlementaires en proclamant que Tel-Aviv est la capitale de l’État juif.

L’hostilité de Mattis pour Israël, et l’opinion qu’il a des Palestiniens n’ont rien de surprenant. Et la raison pour laquelle ce n’est pas surprenant n’est pas à chercher dans l’idée que Mattis serait un membre bon teint de la Gauche irrationnelle. Il n’en est pas un.

Pour le Commandement central du Pentagone, Israël n’est pas au Proche-Orient …
L’ignorance de Mattis s’explique parce qu’il vient du commandement central militaire américain. Le responsable, au Pentagone, de la zone Proche-Orient souffre d’un handicap débilitant. Ce handicap exclut que les officiers du commandement central comprennent le Proche-Orient et parviennent à gagner les guerres américaines dans la région.

Le problème rencontré par le commandement central est que, délibérément, il n’inclut pas Israël.

Pour le commandement central, Israël n’est pas au Proche-Orient. Israël est en Europe.

…mais en Europe !
Les officiers du commandement central ne parlent qu’aux Arabes. Et leurs homologues arabes insistent sur le fait que le problème c’est Israël.

Au lieu d’analyser cette affirmation de manière critique, les officiers du commandement central l’ont intériorisée.

Au lieu d’observer et de s’émouvoir du fait qu’en raison de l’antisémitisme de leurs homologues arabes, les États Unis soient contraints de prétendre qu’Israël se trouve sur un continent entièrement différent, Mattis et ses subordonnés ont adopté le même préjugé, qui défie la raison.

Israel UsaAu lieu de se dresser contre leur inaptitude à communiquer directement avec leurs homologues israéliens et au lieu d’insister sur le fait que ce sont eux qui ont permis aux alliés les plus proches des États Unis au Proche-Orient de s’agréger dans leurs plans et analyses de la région, les officiers du commandement central ont adopté le point de vue irrationnel, catastrophique au plan stratégique, selon lequel la principale source d’instabilité au Proche-Orient se trouve dans les communautés israéliennes installées au-delà de la ligne d’armistice de 1949.

L’ambassade US à Jérusalem : une question subalterne
La visite de Mattis l’entraînera à Jérusalem plutôt qu’à Tel-Aviv. Sans aucun doute, le Premier Ministre Benjamin Netanyahou déclarera que Jérusalem est la capitale d’Israël et exprimera son enthousiasme à l’idée de voir l’Ambassade des États Unis quitter Tel-Aviv pour Jérusalem. Toutefois, pour ce qui est des relations entre Israël et les États Unis en général, et entre Israël et le Pentagone en particulier, le transfert de l’Ambassade américaine à Jérusalem revêt une importance secondaire.

Le véritable enjeu : intégrer d’Israël dans le Commandement Central
La contribution la plus importante qu’Israël puisse apporter à la guerre que les États Unis mènent contre « le terrorisme extrémiste », et aux efforts menés par l’administration Trump pour « réaffirmer les alliances militaires clé », est que Netanyahou insiste pour que l’administration Trump cesse d’accepter les diktats fanatiques des Arabes. Il doit insister pour qu’Israël soit intégré dans le commandement central. Ce n’est qu’une fois que les officiers américains chargés de déterminer les politiques américaines au Proche-Orient auront reconnu qu’Israël fait partie intégrante du Proche-Orient, qu’ils auront les capacités cognitives pour comprendre les réalités de la région.

Et la première réalité qui leur apparaîtra clairement est que, nonobstant la tautologie du Fatah, celui-ci constitue effectivement une organisation terroriste et une organisation extrémiste. CG♦

c-glick-israeli-solution* Caroline Glick est une célèbre éditorialiste du Jerusalem Post. D’origine américaine, elle a réalisé son alyah en 1991. Excellente spécialiste de la politique intérieure américaine et des relations israélo-américaines, elle est opposée à la solution dite des deux états, et elle s’en explique dans son dernier ouvrage[1] (non disponible en français à ce jour).  La traduction, les illustrations et les intertitres sont de la rédaction. (NDLR)

[1] The Israeli Solution: A One-State Plan for Peace in the Middle East,  Caroline Glick 2014

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3 commentaires

  1. Je regrette cet aveuglement habituel sur les causes de la haine anti-Israëlienne qui domine le paysage politique français.Si la Gauche porte, évidemment, une lourde responsabilité, cette haine, présentée comme une politique raisonnable, est également la responsabilité de la Droite, et du Centre, puisque celui-ci est censé exister.Ces deux haines ont le même fondement: un abandon de la souveraineté nationale de la France, et de ses intérêts, au profit d’un ordre international mondial vertueux que la volonté d’Israël de défendre ses intérêts irrite violemment. Un pays dont les citoyens sont fiers, dont la cohésion nationale repose sur une histoire, une culture commune, et une vieille civilisation, ce pays ne peut être qu’un facteur international de trouble. C’est la politique de l’ONU, c’est la politique de l’Union Européenne.
    La gauche apporte sa contribution habituelle, fondée sur un narcissisme vertueux qui se nourrit de condamnations.Le triste soir de l’élection de M. Macron, nouvelle figure du vide français, j’ai vu, à la télévision le spectacle obscène d’une invitation à boire de l’eau salée pour soutenir les grévistes de la faim palestiniens qui buvaient de l’eau salée, tout cela dans un clip chic!

    Sur la politique américaine. le raisonnement de Catherine Glick, qui dénonce une organisation vicieuse du Commandement Central, est mal fondé car il fait croire à un raisonnement stratégique américain purement militaire. Cela n’est pas le cas, la politique stratégique américaine est toujours déterminée par l’autorité politique, qui tombe dans l’autorité politicienne en soutenant que la guerre contre le terrorisme doit se livrer à l’étranger et sera gagnée à l’étranger. En France, nous connaissons l’excès contraire en abandonnant la réflexion stratégique aux seuls militaires, pour la contredire par une tactique politicienne qui reproduit les errements américains.

    Aucune pays n’est l’ami d’un autre pays. L’intérêt national américain est de soutenir Israël, c’est aussi l’intérêt de la France. Ce soutien est compromis par l’attitude, trop dynamique, du gouvernement israëlien, qui veut imposer l’idée que le terrorisme anti-israëlien et les terrorismes anti-occidentaux sont un même terrorisme. Ce faux raisonnement est dangereux pour tout le monde. Il est contre-productif pour Israël qui rencontre l’hostilité traditionnelle de l’Armée française mais également la méfiance de l’Armée américaine qui a l’habitude de dominer toutes les alliances dans lesquelles elle est engagée et qui ne peut suivre la politique d’un autre pays.

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    • Vous dites : « .. LE GOUVERNEMENT ISRAÉLIEN, [QUI] VEUT IMPOSER L’IDÉE QUE LE TERRORISME ANTI-ISRAÉLIEN ET LES TERRORISMES ANTI-OCCIDENTAUX SONT UN MÊME TERRORISME… CE FAUX RAISONNEMENT EST DANGEREUX POUR TOUT LE MONDE… »
      Mais cher Monsieur, le terrorisme est une arme, et un pays qui en est victime doit se battre contre ceux qui tiennent cette arme, après bien entendu les avoir identifés et nommés. Or la France a toujours refusé de nommer ceux qui utilisent le terrorisme pour ne pas avoir à prononcer la combinaison de mots d’islamisme radical, politiquement incorrecte. A-t-on vu des gouvernements lutter contre l’automobile au lieu de lutter contre les conducteurs alcooliques pour réduire les accidents de la route ?
      En quoi les conducteurs de voitures bélier fonçant sur la foule à Jérusalem, à Berlin, ou à Nice sont-ils différents dans leur haine des sociétés qui les entourent ? A faire je ne sais quel distinguo entre les formes de terrorisme selon les lieux où elles s’exercent, même si l’idéologie qui les sous-tend est la même, voulez-vous dire que le terrorisme palestinien est acceptable alors que celui qui s’exerce en Europe ne l’est pas ? Les attentats de 2012 contre l’école juive de Toulouse et de 2015 contre l’Hypercasher de Vincennes sont-ils un terrorisme « français » donc inacceptable parce s’étant déroulés en France, ou « juifs/sionistes » parce que dirigés contre des juifs/sionistes même si les victimes sont françaises, mais acceptables parce que revendiqués pour la défense des « enfants palestiniens » ?
      Les compromis politiques exigés d’Israël à l’encontre des palestiniens et malgré le terrorisme exercé par ces derniers, sont-ils si différents des « petits accommodements » demandés à la République par un certain islam de France de plus en plus revendicatif ? A raisonner de la sorte, je ne donne pas cher de notre pays, hélas. Israël, elle, a compris depuis longtemps qu’il s’agit bien du même mal.

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      • Je vous vous serai reconnaissant de ne pas adopter cette rhétorique accusatoire. Je ne suis pas accusé et je n’ai jamais écrit les propos scandaleux que vous me prêtez.

        Le gouvernement Israëlien a tort de croire que tous les pays victimes du terrorisme deviennent des alliés automatiques dans une LUTTE CONTRE LE TERRORISME. Des moyens techniques peuvent être partagés mais la France ne doit pas se mêler des affaires intérieures d’Israël, comme Israël ne doit pas se mêler de nos affaires. Je maintiens que le terrorisme anti-Israëlien n’est pas le terrorisme anti-Français ou le terrorisme anti-Russe. Le discours moral sur le « mal » est un discours politicien qui ne sert pas nos intérêts.

        La subversion islamiste menace plus la République que le terrorisme ne nous menace .La subversion du droit international par les Palestiniens menace plus la paix qu’il ne menace Israël. Il est du devoir, de tous les pays démocratiques de s’opposer à ce cancer subversif. Encore une fois, il ne s’agit pas de se rallier à Israël. N’en déplaise à M. Macron et ses doubles, le caractère unique de la démocratie Israëlienne, pour le proche et le moyen Orient, n’a aucun intérêt pour la France. Il ne s’agit pas de soutenir Israël contre la dangereuse illusion d’un Etat Palestinien, mais de soutenir la paix contre cette guerre diplomatique qui ne peut que favoriser la guerre. Pour commencer, cette politique d’abandon national et de condamnation perpétuelle d’Israël doit prendre fin.

        Tous les pays doivent lutter contre des menaces criminelles, crime organisé, terrorisme… La vertu universelle est une belle chose mais elle n’est qu’un outil moral, non une arme de la victoire. Notre civilisation européenne commune s’est dégradée en citoyenneté de l’Union Européenne. Défendons nos intérêts communs contre les terrorismes sans abandonner une part de notre souveraineté à d’illusoires actions communes.

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