L’Autorité palestinienne boit, les Palestiniens trinquent

saoul.jpgFerme ta gueule, gueule de bois, bois du jus…

Fin janvier, les gueules de bois consécutives à la célébration du nouvel an chrétien commencent à s’oublier, au même rythme que les bonnes résolutions prises dans un moment d’ivresse. 2019 n’a pas fait exception à la règle. Le passage à l’an nouveau avait donné lieu à des libations disproportionnées par rapport aux perspectives économiques et sociales, ou peut-être est-ce justement la noirceur prévisible de l’avenir qui avait incité les citoyens à user de l’alcool pour les oublier ?

Bien évidemment, Facebook était présent partout où l’on buvait, partout où l’on riait, partout où l’on se lâchait.

Une des conséquences inattendues de l’indiscrétion des réseaux sociaux a pu être observée en Cisjordanie, au royaume de Mahmoud Abbas, président démocratiquement élu pour quatre ans en 2005, et la photo qui a déclenché une indignation virale montrait des bouteilles, mais pas d’alcool, uniquement de l’eau minérale et des jus de fruits.

Ils ont bu et on les a vus !

C’était lors d’une réunion d’apparatchiks de haut niveau au ministère du travail palestinien. Ce qui a déclenché la polémique se trouvait sur la table : des boissons made in Israel. Le scandale a pris une telle ampleur que le ministère a aussitôt retiré la photo de sa page Facebook, mais trop tard pour calmer la population.

Quel élixir a bien pu provoquer tant de fureur ? Il s’appelle Tapuzina. C’est un jus d’oranges en bouteille, très populaire en Israël.

Tapuzina serait peut-être tout aussi populaire auprès des Palestiniens, si elle n’était pas, de l’autre côté de la Ligne verte, Potum non grata, boisson indésirable, au nom du boycott politiquement correct de tout ce qui est israélien.

Et qui c’est-y qui promeut le boycott avec une énergie inébranlable ? L’Autorité palestinienne et, particulièrement, son ministère du travail. La présence du jus juif sur la table palestinienne a choqué autant qu’un certain papier hygiénique français décoré d’une feuille d’aloe vera. Mais si, rappelez-vous : si on se le mettait de travers sur le nez au lieu de tout droit sur le derrière et qu’on le regardait avec les yeux de la haine au lieu du derrière de Chimène, on pouvait interpréter la feuille stylisée comme une graphie du nom d’Allah.

Dans l’ivresse de cette découverte, une union inespérée

Les bloggeurs palestiniens s’en sont donné à cœur joie, explorant le thème de l’hypocrisie de leurs dirigeants sous tous les angles possibles et, ce faisant, ils se sont retrouvés d’accord avec Ayoub Kara, un Druze israélien, membre du Likoud et ministre de la communication dans le gouvernement de Benyamin Netanyahou.

Précisons pour les lecteurs français que les Druzes sont des musulmans hétérodoxes au nombre d’environ un million d’âmes, réparties entre le sud de la Syrie, le sud Liban et le nord d’Israël. Oui, Israël, ce pays dont les antisiomites[1] français tentent de convaincre nos compatriotes qu’il pratique l’apartheid, a nommé un Arabe musulman ministre de la communication. C’est une nomination bien méritée puisque l’homme dit ce qu’il voit et non ce que croient ses coreligionnaires. Il appelle donc un chat un chat :

« ‘’La meilleure chose que le président des Etats-Unis ait fait pour Israël a été d’arracher le masque de l’hypocrisie des Palestiniens’’, a déclaré le ministre de la Communication, Ayoub Kara, en réponse au tweet de Trump menaçant de retirer des fonds aux Palestiniens pour refus de participer aux négociations de paix. Kara a déclaré que ‘’le président américain disait au monde ce qui était évident, à savoir que l’Autorité palestinienne est un ‘’refuznik de la paix, et pourquoi faudrait-il aider ceux qui se moquent de nous ? C’est également valable pour l’ONU et l’UNRWA.”  (Jerusalem Post

Palestiniens trinquent.jpgLes Palestiniens sont hypocrites et les Israéliens masochistes

Un Juif a inventé la psychanalyse et les Israéliens ne ratent pas une occasion de se faire du mal. En effet, c’est à un médecin juif que Mahmoud Abbas doit d’avoir survécu à une gravissime pneumonie, alors qu’il était hospitalisé au Istishari Arab Hospital de Ramallah, en mai 2018 (YNet). N’allez pas imaginer que le sauveteur est un médecin travaillant régulièrement en Cisjordanie : l’apartheid, le vrai, c’est sous l’administration palestinienne qu’il se pratique. Tout comme Gaza, la Cisjordanie (sauf les implantations juives en zone C[2]), est strictement Judenrein.

Ce sont les autorités israéliennes qui ont d’abord proposé au dirigeant palestinien de l’hospitaliser en Israël. Il a refusé, par peur des représailles de ses compatriotes pour « normalisation avec Israël » à son retour : la normalisation est passible de la peine de mort, par décision de lui-même. C’est pourquoi les aparthéidés non aparthéideurs ont dépêché à Ramallah un pneumologue, qui a remis sur pied l’accusateur d’apartheid.

Les affaires reprennent, de nouveaux donateurs remplacent les partants

Dans le budget de l’Autorité palestinienne, la colonne « recettes » est alimentée en majorité par les donations de pays étrangers et dans une moindre mesure par les taxes qui transitent par Israël. Ce qui rentre dans le Territoire palestinien transite par Israël, qui vérifie que ce n’est pas du matériel militaire. C’est donc Israël qui collecte les taxes et qui les transfère ensuite à l’AP, avec la TVA sur les biens et services vendus en Israël et destinés à la consommation des territoires occupés. En 2014-2015, les revenus des taxes perçues par Israël au profit de l’Autorité palestinienne s’élevaient à environ 160 millions de dollars par mois.

La France manifeste son tropisme palestinophile en contribuant aux versements faits au nom de l’Union européenne, mais aussi en son nom propre et en augmentant ses dons afin de compenser le manque à gagner, quand d’autres gouvernements se retirent pour ne pas cautionner le terrorisme. Cela a été le cas pour 2018 et il est prévu que cela continue en 2019 : notre généreux gouvernement, aux prises avec les Gilets jaunes, a quand même choisi d’augmenter de 16 millions d’euros sa dotation au Budget général de l’Autorité palestinienne.

 « Payer pour tuer », la formule qui prospère

Dans son budget de 2017 (Palestinian Media Watch), l’Autorité palestinienne avait inscrit 137,5 millions d’euros (550 millions de NIS) sur la ligne « salaires des combattants et martyres », catégorie qui regroupe tous les terroristes et leurs ayants droits. Les salaires versés à ces quelques milliers de bénéficiaires s’étagent de 350€ à 3000€ mensuels (1.400 à 12.000 NIS), selon le nombre de leurs victimes et la longueur de leur emprisonnement pour ceux qui ont été arrêtés. Un terroriste marié a droit à 7,5€ (30 NIS) supplémentaires par mois et 12,5€ (50 NIS) par enfant. Ceux qui résident à Jérusalem ont un bonus de 75€/mois (300 NIS) qui passe à 75€ (500 NIS) pour les Arabes israéliens. Apartheid? Non, pragmatisme et motivation, les deux mamelles du terrorisme. Les citoyens israéliens, quelle que soit leur religion ou leur ethnie, circulent librement (l’apartheid n’existe que dans l’esprit des antisiomites), alors que les habitants des Territoires doivent passer des checkpoints. C’est cette liberté de transporter des armes qui explique la politique de discrimination positive de l’Autorité palestinienne. L’assassin de Ori Ansbacher, une adolescente de 19 ans qui faisait son service militaire dans un centre d’aide aux jeunes en difficulté, touchera le maximum, 5000€, mais pas les primes, car il n’était ni israélien ni résident de Jérusalem. Cette somme sera, à sa convenance, soit bloquée sur un compte disponible pour lui à sa sortie de prison, soit versée à sa famille.

Puisqu’on parle des familles, la ligne budgétaire affectée à celles des terroristes éliminés ou blessés montre qu’elles ont reçu 171,75 millions d’euros (687 millions NIS) pour la même année 2017.

« Le soutien financier aux prisonniers est défini par une série de lois et décrets, principalement les lois n°14 et n°19 de 2004 et la loi n°1 de 2013. Ces lois obligent l’AP à allouer aux prisonniers une indemnité mensuelle pendant leur incarcération et à leur fournir un salaire et un travail au moment de leur libération. Toutes les dépenses de santé, d’éducation et de formation professionnelle sont gratuites. Les années de prison sont comptabilisées comme années d’ancienneté. (…) une peine de prison de cinq ans permet à quiconque de postuler à un emploi dans l’une ou l’autre des institutions de l’AP. En d’autres termes, l’AP a institué une priorité à l’embauche pour les personnes impliquées dans une activité terroriste », a expliqué Yigal Carmon, président de MEMRI, l’institut de recherche sur les médias du Moyen-Orient, à la Commission des affaires étrangères de la chambre des représentants américaine, en juillet 2016 (Memri).

A titre de comparaison, les prestations sociales pour les 118.000 familles palestiniennes les plus démunies se sont montées à 151,25 millions d’euros (605 millions de NIS), soit 62,5€/mois pour les allocations les plus basses et 75€/mois pour les mieux lotis (250 à 600 NIS/mois). Sur le budget total dépensé au profit de ces familles défavorisées, 129 millions d’euros provenaient de la communauté internationale (41,25 millions de l’Union européenne et 87,5 millions de la Banque mondiale) et les 22,5 millions d’euros restants (90 millions de NIS) de l’Autorité palestinienne, prises sur les taxes reversées par Israël.

Certains conseilleurs ET payeurs se retirent

Récemment, les USA et les Pays-Bas ont décidé de limiter l’aide annuelle de leurs pays à l’Autorité Palestinienne du fait de l’usage qu’elle en fait. Du côté israélien, le ministre de la Défense rédigera désormais un rapport annuel sur les salaires versés aux terroristes, rapport qui devra être approuvé par le cabinet de sécurité israélien, pour que le gouvernement déduise ce montant des taxes perçues par Israël avant de transférer le reste à l’Autorité palestinienne.

Palwatch, qui analyse les médias palestiniens en VO, a fait le point sur ce sujet épineux dans un article du 4 décembre 2018, d’où il ressort que le Budget général, auquel sont affectés les 16 millions français, est le pactole dans lequel l’Autorité palestinienne puise de quoi verser les salaires aux terroristes prisonniers et les allocations aux familles des martyrs morts en mission pendant leur attentat (Palestinian Media Watch).

En 2018, l’AP amélioré son score par rapport à l’année précédente : elle a alloué 309 millions d’euros (1,237 milliard de NIS), soit plus de 7% de son budget, à son financement du terrorisme, le « Pay for slay » (payer pour tuer). La contribution française a financé plus de 5% de ces dépenses. Et Mahmoud Abbas a martelé à plusieurs reprises que cela continuerait et s’amplifierait : « Je le dis à tout le monde – les salaires de nos martyrs, prisonniers et blessés constituent une ligne rouge. Ils [les Israéliens] essayent par tous les moyens et exercent des pressions (…). Et ils vont même déduire notre argent qui est entre leurs mains. Ils en déduiront le montant que nous payons aux martyrs. Nous avons dit que c’était une ligne rouge et que nous ne le permettions pas. Depuis 1965 jusqu’à maintenant, cette question est sacrée pour nous. Les martyrs et leurs familles sont sacrés, de même que les blessés et les prisonniers. Nous devons les payer tous. Si un centime reste entre nos mains, c’est pour eux et pas pour les vivants. »

La France, pays des droits de l’homme

Emmanuel Macron n’a sûrement pas fait ce calcul sordide quand il a décidé d’augmenter la dotation française de 16 millions d’euros, mais cet argent a activement contribué à salarier des meurtriers. Son attitude bienveillante vis-à-vis des assassins palestiniens, qui visait à lui attirer la sympathie de la « rue arabe » de nos banlieues, suscitera probablement des vocations parmi les « jeunes », pour qui « juif » est synonyme de « colon à abattre ».

Qui t’y es, toi, bouffon, pour dire que tuer des feujes, c’est moche ? Le Président de la France, y paie une partie du RSA des frères qui le font, alors TMTC[3]

Mais du moment que le président français continue d’affirmer d’une voix résolue que l’antisémitisme doit être combattu, il faut vraiment être parano pour s’inquiéter…

Justement, un sondage[4] montre que 38% des Juifs européens envisagent d’émigrer en Israël parce qu’il se sentent menacés dans leur pays. La moyenne française doit être plus élevée : rendant compte de la même déclaration du le Premier ministre Edouard Philippe, le Monde a parlé d’une augmentation de 69% des incidents antisémites dans le pays et nous sommes le seul où l’on tue des Juifs pour la seule raison qu’ils sont juifs, alors que le Figaro a entendu 74% (Le Monde, Le Figaro).

La France est identifiée comme la plus atteinte par l’antisémitisme dans l’UE. Sur les 16.395 Juifs interrogés dans 12 pays de l’UE, 28% ont été victimes d’une forme de harcèlement parce qu’ils étaient juifs au cours des 12 derniers mois et 2% ont été agressés physiquement.

95% des Juifs français considèrent l’antisémitisme comme un problème assez ou très grave.

On n’en est pas encore à l’Allemagne nazie et les tueurs de Juifs se font gronder pour le meurtre, pas pour l’antisémitisme, puisque le fait de tuer des « sales juifs » au nom d’Allah n’en constitue pas une preuve dans notre pays. Cela dit, 13 morts en 12 ans, quand aucun autre individu n’a été tué par racisme depuis la guerre d’Algérie, ça fait réfléchir… À moins que seuls les nuls en maths soient parano ? LM♦

Liliane Messika, mabatim.info

[1] Contraction de antisémite et antisioniste, © Alain Legaret.
[2] Suite aux Accords d’Oslo signés en 1993, les zones A et B sont passées directement sous administration palestinienne, comme la zone C, à l’exception des implantations juives qui y demeurent en attendant le règlement final lorsque la paix sera signée.
[3] TMTC = « Toi-même tu sais ». Donc = « tu le sais aussi bien que moi », ou « tu me comprends ». (OhMyMag)
Logo Liliane Messika[4] Sondage réalisé en décembre 2018 par l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne – (CNews)

3 commentaires

  1. Si je puis (et ce n’est pas la première fois) faire un commentaire sur la forme (sans oublier que la forme n’est que le fond qui remonte à la surface…).

    La brièveté est un atout. Nos congénères tendent à zapper vite dès que ça devient longuet.

    Or, un moyen pour faire court sans perte de substance consiste à se limiter à un sujet ; en éviter le mélange.
    • L’Autorité Palestinienne soufre certes de multiples maux auto-infligés ; c’est un sujet.
    • Le traitement défaillant de l’antisémitisme en France par ses gouvernements successifs en est un autre.

    J’en passe et j’abrège.
    Less is more.

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