L’Eurovision ne vaut pas un shabbat

Shalva band.jpgAprès qu’aient échoué les innombrables interventions pour que la finale de l’Eurovision 2019 se déroule ailleurs que sur le sol de l’entité sioniste honnie, c’est dans le camp juif qu’on pétitionne. D’innocents angélistes s’adressent aux organisateurs en demandant que le concours ne disqualifie pas les juifs religieux pour cause de respect du shabbat. On plaint les signataires, qui font preuve d’une naïveté pathologique. A moins qu’il s’agisse de fins stratèges désireux de braquer les projecteurs sur l’antisémitisme viral de l’Europe en général et de son émanation musicale en particulier ?

On discrimine les Juifs ? Ben oui, et alors ?

Les antisémites de toutes obédiences, menés par BDS (un groupe financé par des fonds d’origine arabobscure) ont dépensé beaucoup d’énergie pour forcer l’Eurovision à contourner son propre règlement, lequel stipule que le pays gagnant une année est celui où se déroule la finale l’année suivante.

Un tel ultimatum avait-il déjà été posé pour un autre pays ? Non.

– Alors qu’est-ce qui est différent cette année par rapport à toutes les autres années ?

– Toutes les autres années, l’Eurovision était seulement un concours international où la chanson préférée par le plus grand nombre gagnait le prix, ce qui valait à son pays d’héberger l’édition suivante.

Cette année, c’est donc Israël qui doit recevoir la finale du concours, puisque la chanson israélienne a remporté celle de 2018. Eh bien, justement, non.

– Qu’est-ce qui est différent cette année par rapport à toutes les autres années ?

– Toutes les autres années, l’Eurovision était gagnée par des non Juifs. Cette année elle a été gagnée par Israël.

Du temps de Pharaon, les Juifs étaient esclaves en Égypte. Ils en sortirent sous la conduite de Moïse, raconte la Bible. Ils vécurent ensuite dans leur pays, alors nommé Canaan, où leur royaume a duré plus de mille ans, racontent les vestiges archéologiques et les historiens.

En 70 de notre ère, rebelote, ils furent chassés par les Romains. Jusqu’en 1948, ils ont été à la merci des pays qui les accueillaient avec plus ou moins de réticence et les discriminaient ou les persécutaient proportionnellement.

Qu’est-ce qui distingue la nuit de l’Eurovision 2019 de l’ère Kristallnacht ?

TOUT ! Les Juifs ont créé leur Etat.2, à l’endroit de la planète où aucun autre que le leur n’avait jamais existé. Ensuite, ils sont passés du stade de victimes en pyjama rayé (suscitant une compassion teintée de mépris pour s’être « laissés conduire à l’abattoir ») à celui de colons brutaux et sadiques, attirant une haine satisfaite : on les accuse de faire pire aux Palestiniens que ce que les nazis leur ont fait. C’est très comparable, en effet : les nazis ont exterminé la moitié de la population mondiale des Juifs en 5 ans. En 70 ans d’existence de l’État d’Israël, la population des « réfugiés » palestiniens a été multipliée par 7.

N’empêche, les fait étant largement démentis par les préjugés, on peut aujourd’hui haïr les Juifs en toute légitimité. Mieux, même, pour être cool, il FAUT être antisémite, enfin antisioniste. C’est la même chose, mais le packaging a changé : les antisémites sont les affreux suppôts d’extrême droite qui ont exterminé six millions de Juifs en Europe, il y a 70 ans, alors que les antisionistes sont de fiers humanistes de gauche, qui veulent détruire l’État juif au Moyen-Orient et faire exterminer par des tiers les 7 millions de Juifs qui y vivent au XXIe siècle. C’est bien la preuve que l’antisémitisme démodé n’a rien à voir avec l’antisionisme vintage et tendance.

Remarquer cette exception anti-israélienne est paranoïaque

Il est des symétrologues, dont le cerveau reptilien exsude un mode de pensée (si l’on peut dire) strictement égalitariste. Tout est égal à tout, donc bourreau=victime et si l’on donne une minute d’antenne aux Juifs, alors il faut donner une minute à Hitler. Pour ces bas-de-plafond, l’antisémitisme est une opinion respectable et toutes les occasions de critiquer/dénigrer/importuner/assassiner des Juifs découlent du droit légitime de la professer. Corollairement, toute personne s’indignant de ce traitement uniquement inique doit être moquée comme complotiste, voire parano (par ceux qui connaissent des mots de plus d’une syllabe).

C’est pourquoi rien ne sert de leur dire que la finale de l’Eurovision a déjà été accueillie, sans qu’aucun sourcilleux humaniste anti-israélien y trouve à redire, dans des pays à la démocratie douteuse, populaire, autoritaire, voire hybride… Des exemples ? Zagreb dans la Yougoslavie de l’époque (1990), Tallinn en Estonie (2002), Riga en Lettonie (2003), Istanbul en Turquie (2004), Kiev en Ukraine (2005 et 2017), Bakou en Azerbaïdjan (2012) et cerise sur les pirojki, Moscou en 2009.

Un statut moral utilisé à des fins immorales

Des « personnalités de la scène culturelle britannique » ont publié, dans The Guardian du 30 janvier 2019 (The Guardian), une lettre demandant à la BBC de boycotter la finale de l’Eurovision si elle se déroulait en Israël. Tous les signataires se revendiquent droitsdelhommistes. Vivienne Westwood, Peter Gabriel, Mike Leigh, Julie Christie, Maxine Peake, Wolf Alice, Roger Waters, Caryl Churchill, Alison Kennedy… estiment que leur talent de styliste, d’acteurs, de réalisateurs, de musiciens ou d’écrivains les rend aptes à juger de la morale et de la realgéopolitik de la planète.

Lorsqu’on cherche leurs noms associés au mot « pétition » sur Google, un site ressort de façon presque monopolistique. Spécifiquement dédié au boycott culturel contre un seul pays au monde (devinez lequel !), seenthis.net est animé par un omniprésent dror@sinehebdo. Oui, Sinéhebdo, comme feu Siné, qui était au dessin humoristique ce que Dieudonné est au spectacle du même nom et ce que Xavier Vallat fut à la littérature de la même catégorie.

Vallat dans la même catégorie que Siné et Dieudonné ? Mais il n’était pas humoriste !

C’est vrai, mais les deux autres non plus. Et tous les trois et se définissent prioritairement par leur obsession viscéralement antisémite. Certes, les moyens qu’ils utilisent pour faire passer leur message haineux diffèrent, mais le message, lui, est le même.

Bilal Hassani : un dilemme sur pattes

Le chanteur qui doit représenter la France à l’Eurovision 2019 est un jeune (bien !) gay (super !) musulman d’origine marocaine (géniâââl !)

Mais hélas (car il avoisine la perfection sans la toucher), il refuse de boycotter la finale à Tel Aviv et, pire, il se réjouit de se rendre dans la seule capitale du Moyen-Orient où les homosexuels ne sont pas criminalisés et où la Gay Pride est toujours éblouissante.

Pour qui il se prend, ce type, à tenir compte des faits au lieu de réciter les clichés admis par les plus beaux esprits de notre pays ? Ne sait-il pas que la Gay Pride de Paris s’enorgueillit de défiler avec des bannières « Israël assassin – Libérez la Palestine » ? Et il ne s’agit, évidemment pas de libérer les Palestiniens de leurs dirigeants qui jettent les homosexuels du haut des immeubles, mais bien de jeter les Juifs à la mer pour les remplacer par des extrémistes islamiquement corrects.

Bilal, lui, se décrit comme un « fan, super-fan » de Netta Barzilaï, l’Israélienne qui a remporté l’Eurovision l’an dernier. Cette garce avait provoqué les beaux esprits européens : sa chanson, Toy, avait tout, absolument tout, pour plaire aux progressistes hexagonaux. Chantée en anglais par une rondelette qui ne se prenait pas au sérieux, elle satisfaisait à tous les critères post-MeToo. Sauf qu’il fallait la détester, puisqu’elle représentait l’État juif honni.

La chanson française de 2019, Roi, est bilingue et surfe sur la même longueur d’ondes, celle de l’acceptation de soi et de l’autonomisation : « Je ne suis pas dans les codes, ça dérange beaucoup / And at the end of the day, you cannot change me. Boo ! » Pas d’affolement : Bilal n’est pas candidat au Goncourt mais à l’Eurovision !

Il ne vise pas non plus le Nobel de la Paix, pour lequel il aurait été disqualifié : dans des Tweets qu’il a écrits à l’âge de 14 ans, il soutenait Dieudonné. Autres temps autres mœurs: l’admiration d’Arafat pour Hitler n’a pas empêché sa nobélisation à un âge où ce genre d’affinité n’est plus excusable.

Les Israéliens continuent de contrarier les belles âmes antisionistes. Boo !

Dans 99% des cas, la finale de l’Eurovision se déroule dans la capitale du pays hôte. Israël projetait donc, naturellement, de l’organiser dans sa capitale, Jérusalem.

Et voilà ! Encore rien qu’à nous emm…bêter, ces Juifs : Jérusalem est la seule capitale au monde que le monde ne reconnaît pas.

La définition du Larousse indique qu’une capitale est la ville où se réunit le gouvernement d’un pays. Mais vous savez ce qu’ils lui disent, au Larousse, les progressistes antisiomites ? Qui c’est qui décide de la capitale d’un pays, les citoyens de ce pays ou l’auto-proclamée conscience de l’humanité ? Non mais ! Les progressistes bien-pensants ont un poids moral qu’aucun État n’atteindra jamais, surtout pas l’État juif, qui est consubstantiellement coupable du pire dans tous les domaines.

On se perd en conjectures sur la raison qui a poussé les dirigeants israéliens à accepter, eux, la dictature colonialiste des Européens, mais le résultat est que le concours aura lieu à Tel Aviv et non à Jérusalem.

On a gagné, les doigts dans l’nez, mais yzonpa encore perdu, les doigts dans…

Israël est donc toujours en compétition. Les BDS-SS en sont fort marris : ils pensaient que les Juifs ne céderaient pas à leurs exorbitantes exigences et que les organisateurs du concours les élimineraient donc d’office. Las… Ils ne se laissent plus mener à l’abattoir sans combattre, ces salauds ! Bah, une occasion de perdue, dix de retrouvées.

Qu’inventer encore pour désavantager l’État hébreu ? Yesss ! Les judéophobes ont trouvé une idée géniale. Le jour du Seigneur des Juifs est toujours la version originale du concept, telle que la respectait Jésus en son temps : du vendredi soir à l’apparition de la troisième étoile dans le ciel au samedi soir, même heure. Il suffit d’exiger des Juifs qu’ils violent leur sacro-saint shabbat et on est sûr que, cette fois-ci, ils renonceront !

Dont acte. On a trouvé la parade à leur effroyable culot, mais on a eu chaud.

Pourquoi ne veulent-ils pas jouer notre jeu en se montrant haïssables ?

Avec son homo à perruque bleue bien sous tous rapports, la France se voyait déjà sur le podium. Sauf qu’Israël a sorti de sa manche un atout majeur : Shalva. Shalva est un groupe composé exclusivement de jeunes handicapés : aveugles, mal voyants, trisomiques ou pire. On peut difficilement faire plus politiquement correct d’autant que ledit groupe n’a pas ses handicaps comme seul avantage : son incontestable talent et son professionnalisme ont séduit le jury de La Nouvelle Star locale et lui ont valu la première place de tous les Top Ten du pays. Il était donc logique que le Shalva Band soit sollicité pour l’Eurovision (Youtube).

Heureusement pour les défonceurs de Juifs, certains membres du groupe sont pieux et considèrent qu’ils doivent fidélité à leurs ancêtres torturés par l’Inquisition, discriminés sous la Dhimma musulmane, assassinés dans les pogromes russes et polonais et enfin exterminés par les nazis. Cette fidélité se traduit par le respect de l’observance de leur jour de repos.

Les défenseurs des petits chanteurs au Maguen David ont essayé de convaincre les organisateurs de leur accorder une dispense pour la répétition du samedi, veille de la compétition. Bien entendu, comme il s’agissait d’un prétexte, ceux-ci n’ont pas voulu en démordre : handicap ou pas handicap, piété ou pas piété, la répétition du samedi est une condition sine qua non de la participation à la finale du dimanche.

Alors qui représentera Israël en répétant un samedi ?

Pour tous ceux qui étouffent sous la novlangue du « vivre-ensemble » et de son bisounoursisme obligatoire, ce groupe de chanteurs handicapés et juifs (non, ce n’est pas synonyme) était une aubaine : une occasion de se lâcher contre les feujes sionistes et les gogoles. Aaah, ils ont dû se régaler à cracher leur venin, tout en restant moralement irréprochables dans leur élégante rébellion contre la political correctness. En effet, la nomenclature du moralement correct classe les Juifs ex-æquo avec les handicapés.

Mais demeurait le risque que des pays à l’éthique moins évoluée que la nôtre soient tentés d’accorder au groupe Shalva des points par compassion, voire carrément de les juger meilleurs que les autres. Ouf ! Les Juifs ont déclaré forfait.

Henri IV avait estimé que Paris valait bien une messe. Cela n’a pas empêché la Saint Barthélémy. La Saint Barthélémy contre les Juifs a déjà eu lieu : en hébreu, Saint-Barthélemy se prononce « Shoah ».

Alors Shalva Band a estimé que l’Eurovision ne valait pas un shabbat.

Le représentant d’Israël sera un chanteur « normal », même pas militant gay, donc ils n’ont aucune chance. Ouf, trois fois ouf !

Remise de l’Oscar de l’hypocrisie antisémite

Pour cette récompense, le nombre des candidats était impressionnant. Le prix est attribué à l’unanimité aux antisémites dissimulés derrière leur droitdelhommisme agressif.

Ont donc remporté l’Oscar de la bouffonattitude les signataires de la lettre publiée dans The Guardian : ils montrent un souci des droits de l’homme aussi sélectif et oxymorique que celui de la Malaisie dans le domaine du sport, élevant un préjugé létal en parangon de vertu. LM♦

Logo Liliane MessikaLiliane Messika, mabatim.info

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