L’arroseur espagnol arrosé récuse l’arrosoir

Espagne flamenco.jpgNeuf anciens dirigeants catalans sont en prison, pendant que se déroule leur procès pour rébellion et utilisation abusive de fonds publics (Reuters) : l’État espagnol leur a refusé la libération sous caution. L’affaire remonte à 2017, lorsqu’ils avaient organisé un référendum sur la sécession de la Catalogne, rapidement suivi d’une déclaration d’indépendance.

L’Espagne épinglée par l’ONU comme un vulgaire État juif !

Le groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire, qui relève du Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits humains (OHCHR), a déclaré que l’Espagne devrait revenir sur sa « décision arbitraire » de refuser de libérer ces personnes sous caution et qu’elle devait leur donner une opportunité d’obtenir réparation.

Dans une allocution télévisée du 29 mai 2019, le président de la région catalane, Quim Torra, a déclaré qu’il se fonderait sur ce rapport, pour adresser une demande officielle au procureur général espagnol de libérer les accusés et de mettre fin à leurs poursuites.

Il tombe bien, ce rapport, car la veille de sa publication, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) avait rejeté la même demande faite par les mêmes responsables politiques catalans, qui estimaient que la cour constitutionnelle espagnole avait violé leurs droits.

Le rapport, pas plus que l’OHCHR qui l’a rédigé, n’a pas de pouvoir contraignant, mais la réputation de « Droit international » de sa maison-mère permet à tous les idiots utiles de la planète de s’en revendiquer pour exiger que les victimes de ses récriminations obéissent aux injonctions de cette assemblée majoritairement composée de dictatures et de théocraties autoritaires. Pour une fois, le rapport incriminant n’est pas dirigé contre Israël.

L’Espagne condamnée à faire comme ses propres victimes

L’ambassadeur espagnol à l’ONU, Jorge Moragas, a déposé une « demande de révision des conclusions de ce groupe en raison des erreurs et des distorsions qu’il contient ».

Des esprits chagrins remarquent que, lorsqu’Israël a été stigmatisé pour avoir tué 6 Palestiniens (dont la mort des deux plus médiatiquement séduisants a été dénoncée par une agence de presse gazaouïe (Mabatim.info), rares sont les médias français qui ont mentionné le fait qu’il s’agissait de représailles. Ceux qui ont bravé le Hamastiquement correct ont quand même évité de donner le chiffre réel des 700 roquettes reçues par l’État hébreu, comme celui des 4 victimes et des 115 blessés israéliens.

Mais réjouissons-nous, le temps où ils reprenaient in extenso la version d’al-Manar[1] est passé. Ils voilent maintenant le vocabulaire militant d’un pudique hidjab allusif. Cela n’empêche pas la chaîne du Hezbollah de continuer, car les petits indigènes de notre république s’en imprègnent et le concours éventuel de l’un ou l’autre d’entre eux à l’entreprise d’éradication des Juifs prônée par Mahomet n’est pas à négliger : « Quatre colons israéliens ont été tués et 115 blessés par des roquettes tirées par la résistance palestinienne, tandis que le nombre de martyrs dans la bande de Gaza est passé à 18 depuis l’agression israélienne qui a débuté samedi. ». En fait, le Hezbollah se donne beaucoup de mal pour pas grand’ chose en gonflant ses chiffres : ceux qui regardent ses infos les croient avant même de les entendre et ils convertissent automatiquement les martyrs tout court en €-martyrs plus la TVA. Peine perdue : rien n’apaisera jamais leur soif de victimisation et leur haine obsessionnelle des Juifs, certainement pas une multiplication par 6,56…

Catalogne – Gaza même combat et même coupable : l’État

Quand l’ONU condamne Israël pour les violences subies par le Hamas, son obstination à ne pas distinguer entre agresseur et agressé relève d’abord de la volonté de nuire, mais elle peut aussi être qualifiée d’erreur et de distorsion. Pourtant, l’Espagne, qui s’indigne des erreurs et distorsions à son encontre, n’a jamais voté contre cette erreur-là ou cette distorsion-là. Elle aurait pu s’abstenir, mais elle a toujours voté la condamnation d’Israël.

L’État juif joue tous les ans son rôle de punchingball de la « communauté internationale » et on n’a jamais vu la démocratie espagnole s’en offusquer.

L’année 2018 s’est terminée, comme toutes les précédentes, par la médaille olympique des résolutions onusiennes et l’on ne résiste pas à la tentation de citer la première phrase de l’Assemblée générale, lorsqu’elle rend compte de l’activité du CEIRPP.

Le CEIRPP, ou Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien, a été créé par l’Assemblée générale de l’ONU en 1975. Son mandat officiel est de « conseiller l’Assemblée sur un programme permettant au peuple palestinien d’exercer ses droits inaliénables, y compris le droit à l’autodétermination sans ingérence extérieure, le droit à l’indépendance et à la souveraineté nationales, ainsi que le droit de retourner dans leurs foyers et les biens d’où ils ont été déplacés (ONU). »

Ce qui va sans dire va encore mieux en le disant, ce comité, centré sur un seul peuple, est un exemplaire unique parmi tous les comités, commissions et sous-commissions de l’ONU. Il n’en existe aucun pour les peuples kurde, corse, tibétain, sahraoui, ouïghour, ou autres.

« L’Assemblée générale a adopté, ce matin, par vote, ses six résolutions annuelles sur la question de Palestine et la situation au Moyen-Orient, après le débat qu’elle a entamé hier (ONU). » Contrairement à ce que l’on peut penser, les mânes de feu Stéphane Hessel ne se retournent pas dans son mausolée, car il ne s’agit que des six résolutions annuelles du CEIRPP. L’Assemblée générale a ses résolutions que la raison ne connaît pas non plus, comme chacun des autres organismes exclusivement consacrés à la lutte contre l’État juif.

Israël est le seul État à qui l’ONU affecte un programme annuel et permanent : le point 7 de l’ordre du jour du Conseil des Droits de l’Homme. Trois corps constitués de l’ONU ont comme dessein exclusif de le critiquer et de soutenir la cause des Palestiniens : outre le CEIRPP, il y a le Comité spécial chargé d’enquêter sur les pratiques israéliennes affectant les droits de l’homme du peuple palestinien (ONU, Droits de l’Homme) et la Division des droits des Palestiniens au Département des affaires politiques de l’ONU. Dans la même veine (!), Israël est le seul pays que l’Organisation Mondiale de la Santé ait jamais condamné : c’était en 2016 et le motif était l’occupation israélienne, unique cause des viols commis par les Palestiniens sur leurs femmes, aussi bien en Cisjordanie qu’à Gaza, que les Juifs avaient quitté depuis onze ans (en 2005).

Des supporters qui sont d’authentiques souteneurs

Les félicitations du beau linge, pour cette victoire des lettres de cachet contre Israël, méritent d’être citées. Elles ont été développées par les démocrates les plus sourcilleux des droits de l’homme : M. Muhammad Shahrul Ikram Yaakob, représentant de la Malaisie, M. Jaime Hermida Castillo pour le Nicaragua, M. Manuel de Jesus Pirez Pérez au nom de Cuba, Mme Alya Ahmed Saif al-Thani pour le Qatar, M. Tareq Ariful Islam du Bangladesh, M. Abdallah Y. al-Mouallimi d’Arabie saoudite, M. Mohammed Bessedik pour l’Algérie, M. Farhad Mamouhdi au nom de la République islamique d’Iran, M. Mohammed Atlassi représentant du Maroc, Mme Fathimath Nuzuha pour les Maldives.

Et ? Et ? Mounzer est arrivé-é-é !

Le pompon sur la chéchia revient au représentant de la République arabe syrienne, M. Mounzer : « Le peuple syrien souffre aussi de l’occupation du Golan et des pratiques illégales visant à modifier l’histoire régionale, à voler le patrimoine et à exploiter les ressources naturelles. Il a en particulier dénoncé la tentative d’Israël d’imposer des élections municipales contre lesquelles la population syrienne a vivement résisté. »

Pour ceux qui auraient raté les épisodes précédents, treize millions de Syriens ont été déplacés ou se sont réfugiés dans d’autres pays et environ 6,2 millions ont été déplacées à l’intérieur même de la Syrie, selon un bilan de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme. Parmi eux, on compte 112.623 civils, dont plus de 21.000 enfants et 13.000 femmes, ainsi que 2,9 millions d’invalides de guerre. Un demi-million de personnes est passé dans les geôles du pouvoir depuis le début de la guerre.

Mais le vrai drame, c’est d’empêcher le Hezbollah de surplomber les villages juifs de Haute Galilée pour les bombarder.

Intermède : Présomption d’innocence réduite au coupable

Au moins 60.000 personnes sont mortes sous la torture ou à cause des conditions de détention dans les prisons du régime syrien depuis le début de la guerre civile.

Coïncidence, le 12 février 2019, un ancien membre des services de renseignement syriens (la Gestapo locale), un certain Abdulhamid A., âgé de 40 ans, a été arrêté en région parisienne pour crimes contre l’humanité. L’Ofpra lui avait refusé l’asile politique, mais que les humanistes se rassurent : il avait affirmé avoir seulement « obéi aux ordres », aussi est-ce la Cour nationale du droit d’asile (CNDA) qui lui avait accordé ce droit en 2015. Il menait une vie tranquille dans notre beau pays et voilà qu’on vient lui reprocher des broutilles. Il n’a pas occupé le Golan, lui, il s’est contenté de torturer à mort des prisonniers !

Haro sur ceux qui aident vraiment

Les Israéliens sont les seuls qui sont venus, en personne, en aide aux blessés civils syriens. C’est un secret bien gardé : la preuve, le représentant de la République arabe syrienne l’ignorait sûrement, qui n’a rien reproché de plus grave aux Juifs que d’avoir voulu permettre aux citoyens de son pays d’expérimenter la démocratie, ce que, Allah merci, ils ont refusé avec la dernière énergie. Dit-il.

Après des recherches sur Internet, il s’avère que l’omerta sur l’activité délictueuse israélienne de sauvetage des populations civiles syriennes n’est pas 100% étanche, puisque RFI en a parlé. Certes, la voix du Quai d’Orsay n’a mentionné la B.A. israélienne qu’une fois qu’elle a cessé, le 13 septembre 2018 : « En 27 mois, l’armée israélienne dit avoir livré 350 tonnes de vêtements, 40 véhicules, 20 générateurs, plus d’un million de litres d’essence. Dans la partie du plateau du Golan contrôlée par Israël, elle avait aussi monté un hôpital de campagne dans un bâtiment désaffecté. 7 000 patients y ont été traités. Depuis le début du conflit syrien, 4 900 autres civils venus du pays en guerre ont également été soignés dans des hôpitaux israéliens (RFI).»

L’union sacrée contre ces satanés Juifs

L’ambassadeur espagnol à l’ONU fait semblant de croire que les Nations-Unies sont autre chose qu’une chambre d’enregistrement des caprices non-alignés et antisémites et que les nations peuvent donc s’unir contre autre chose qu’Israël : contre l’injustice, par exemple.

Alors, dans sa demande de révision, il a argué d’un « conflit d’intérêts », expliquant que deux des cinq experts qui ont rédigé le rapport pro-Catalogne contre l’Espagne, un Sud-Coréen et un Mexicain, avaient travaillé précédemment avec Ben Emmerson, avocat britannique des séparatistes catalans, à l’origine de la saisine du Groupe de travail onusien.

Depuis quand le fait d’être juge et partie empêche-t-il un rapport d’être voté à l’unanimité par les chancelleries membres du Rotary Club planétaire, dont l’Espagne est régulièrement inscrite au Tableau d’honneur de la bien-pensance antisioniste ?

Quand l’ONU a commandité une enquête sur les affrontements entre le Hamas et Tsahal, lors de la « Marche du retour », la feuille de route des enquêteurs était très précise : il s’agissait exclusivement d’investiguer à charge sur la seule culpabilité israélienne, sans scruter, examiner, regarder, voire effleurer les actes de la partie adverse. Cette entreprise de délégitimation d’Israël, ça l’a défrisé, l’ambassadeur espagnol ? Oncques point, nenni. Il a voté comme un seul homme, alors qu’il n’était qu’un mouton.

Rappel des faits et défaite de la pensée

L’ONU a accusé Israël de possibles « crimes contre l’humanité » à Gaza en février 2019 (le Figaro), estimant qu’« une majorité écrasante des manifestants n’étaient pas armés, même s’ils n’étaient pas tout le temps pacifiques » et que le droit international relatif aux droits de l’Homme leur était applicable, apparentant la riposte israélienne à des « crimes de guerre ou des crimes contre l’humanité. » Rien de bien nouveau sous le soleil moyen-oriental, donc. Les roquettes « artisanales », les ballons et cerfs-volants incendiaires, les Kalachnikov, tout ça c’est du joujou d’école maternelle. « Disproportion » est le synonyme de « représailles », un mot tabou dans les instances internationales.

Nonobstant le fait que les participants arrivaient sur les lieux des « manifestations spontanées » dans des bus affrétés par leurs autorités et que le Hamas lui-même avait revendiqué comme combattants de son armée 50 des 69 tués le jour le plus meurtrier (Huffington post), les enquêteurs de l’ONU ont statué que « les manifestations étaient de nature civile, avec des objectifs politiques clairement énoncés », aussi, « malgré certains actes de violence importante, la commission a estimé que les manifestations ne constituaient pas des combats ou des campagnes militaires ». Tiens, quelque chose d’objectif dans un document de l’ONU ? Bizarre ! En effet, l’objectif du Hamas était clairement énoncé : exterminer tous les Juifs afin de remplacer leur saleté de démocratie par une saine dictature islamique.

Le Hamas a donc « salué » ce rapport et réclamé que la communauté internationale fasse « rendre des comptes » à Israël. Ce sera toujours ça de pris qu’il n’aura plus besoin de prendre lui-même.

Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, a déclaré que son pays « rejette catégoriquement le rapport du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies. Le conseil établit de nouveaux records en matière d’hypocrisie et de mensonge, par haine obsessionnelle contre Israël, la seule démocratie au Moyen-Orient », ce dont tout le monde se fiche, car la démocratie est justement le pire ennemi de la plupart des signataires de Résolutions contre lui.

Catalogue des Résolutions anti-israéliennes votées par l’Espagne

Entre le 18 juillet 2001 et 1er mars 2019, l’Espagne a signé ou approuvé 46 résolutions contre Israël du seul Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien de l’ONU.

Juste pour rigoler, dans son préambule, le rapport annuel 2018 du Fonds humanitaire pour le Territoire palestinien occupé, signé par l’Espagne ès qualité de donateur, précise que

« La situation dans les territoires palestiniens occupés continue de relever d’une crise humanitaire aiguë à la fois en Cisjordanie et à Gaza. Ses défis sont en grande partie imputables à la situation actuelle d’occupation israélienne de la Cisjordanie et de blocus israélien de Gaza. Cette situation est (…) aggravée par le grave déficit de financement pour y apporter une réponse humanitaire. Les Palestiniens continuent de faire face à un environnement de plus en plus coercitif, alimentant la frustration dans un contexte d’occupation et d’impasse politique (ONU). » Les agressions palestiniennes déguisées en « Marche du retour » n’y sont mentionnées que dans l’appel aux dons qui souligne les « besoins urgents tant en Cisjordanie qu’à Gaza, suscités notamment par les manifestations de la ‘’Grande marche du retour’’ dans la bande de Gaza. »

Cette omission de la principale cause de la crise n’est-elle pas une illustration « d’erreurs et de distorsions » ?

Comme les Juifs ne sont pas seulement paranoïaques et procéduriers, mais qu’ils ont aussi le sens de l’humour, certains d’entre eux ont fait le rapprochement entre la Catalogne et Gaza et on en a repéré qui rigolaient sous cape. Nul doute qu’un prochain rapport de l’ONU les dénoncera nommément ! LM♦

Liliane Messika, MABATIM.INFO

Logo Liliane Messika[1] Chaîne de télévision en arabe dont le siège est au Liban. Fondée le 3 juin 1991. Depuis 1997, son actionnaire majoritaire est le Hezbollah, considéré comme une organisation terroriste par de nombreux pays (Al Manar en français).

4 commentaires

  1. Tres chere Liliane, vous etes exceptionnelle; votre erudition est fabuleuse et vous avez tout en memoire. Mille
    mercis pour remettre les faits en place au service de la verite, des valeurs et de la democratie.
    Votre devouee,
    Marie Grindel

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  2. En fait, plus ca va plus C’est pareil.
    Que ce soit l’Espagne , la France ou n »importe quel autre pays européen ( le gros des autres a la traine) si un jour se sentant injustement montré du doigt , ne fera jamais le rapprochement avec sa propre attitude ds les instances onusiennes face a Israël.
    Cette hypocrisie , cette lachete,cet aveuglement, l’Europe occidentale en est le champion .
    Merci Liliane pour ce savoureux morceau.

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  3. L’Espagne éternelle. Changera-t-elle vraiment un jour? En tout cas, ce n’est pas encore arrivé? Vivan los reyes catolicos.
    Hechicera

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