Le 5ᵉ Pouvoir

Quand ils sont venus …

… bloquer l’accès à tous les comptes Facebook et Twitter de Donald Trump, parce que cela aidait Joe Biden à être élu, on n’a rien dit parce que l’on n’était pas le futur ex-président des États-Unis.

« Une journée décidément historique… Twitter et Facebook ont dégainé une arme que les anti-Trump n’espéraient plus : les deux plates-formes ont temporairement bloqué le compte du président sortant Donald Trump (le Monde) »,

s’est réjoui notre New York Times national, qui se prend pour la bonne conscience du Monde entier.

Ensuite, ils sont venus Boulevard Voltaire, pour priver les 53 000 abonnés de leur média, au motif que La liberté guidant le peuple, de Delacroix, qui illustrait sa page d’accueil, enfreignait les règles de Twitter (Boulevard Voltaire).

On n’a rien dit parce qu’on ne se balade pas les seins à l’air, un drapeau à la main.

Quand cela a été le tour de Joachim Son-Forget, qui avait remplacé sa photo de profil par celle de Donald Trump, on n’a rien dit parce qu’on ne partage pas l’humour potache de ce député français. Nous, nous dégustons un humour élégant, (synonyme : politiquement abject), par exemple celui de France Inter.

Et puis, quand une écrivaine américaine a été mise à la porte de son agence littéraire parce qu’elle avait utilisé une autre plateforme que Twitter, un réseau moins soumis à la censure de la bien-pensance, on n’a rien dit parce que le métier d’agent littéraire n’existe pas en France. (Mais s’il y a des volontaires, on est preneur !)

Maintenant, cela arrive au troisième parti politique espagnol, Vox, parce qu’il a créé un dièse (oups : hashtag) #Stopislamisacion.

On ne dit rien, parce qu’on ne parle pas espagnol et qu’on ne comprend donc pas que Stopislamisacion signifie « stop à l’islamisation ».

Quand cela VOUS arrivera, je ne dirai rien, car on m’aura déjà coupé l’accès, si pas la tête…

Les caves se rebiffent

Trump n’a rien dit, il avait d’autres chats (prononcer ‘Tchatts’) à fouetter.

Valeurs Actuelles a pris le parti de Boulevard Voltaire, mais Valeurs Actuelles est à la bien-pensance ce que L’huma est à la presse d’information : un vague cousin très éloigné qu’on ne fréquente pas et dont on a honte. De ce fait, ce média a si mauvaise réputation, qu’être défendu par lui est synonyme d’un coming out lepéniste : les procurateurs de l’a-pensée ont une tolérance zéro pour la raison. D’ailleurs, si VA a un compte Twitter, il doit commencer à subir des coupures d’images indépendantes de la volonté du studio Cognacq-Jay…

Le parti Vox, lui, est très premier degré : il attaque Twitter en justice

« car Twitter usurpe les fonctions des États démocratiques, limitant les droits fondamentaux, en censurant les représentants publics de millions d’Espagnols ».

Son président, Santiago Abascal, dépose plainte « contre cette action totalitaire qui vise à influencer les prochaines élections catalanes (la Vanguardia). »

Abascal n’a pas compris que les réseaux sociaux n’ont rien contre les Catalans, ni contre les élections en général, ils sont seulement opposés aux résultats autres que woke à tropisme marxiste.

Pour tweeter sur Twitter il faut savoir se taire

Même Staline n’aurait pas osé. Jack Dorsey, le PD-G de Twitter, arguerait que c’est parce que le fondateur des goulags ne comptait pas parmi les clients de sa petite entreprise. En effet, Dorsey ne se livre qu’à une pâle copie du stalinisme. Si la technologie avait déjà existé en 1934, les purges seraient venues à bout de tous les Juifs d’URSS, sans exception, qu’ils portent des blouses blanches ou des cols bleus.

Du coup, la vitrine qui expose les prix Nobel serait à moitié vide. Mais du côté du verre à moitié plein (de vodka), le terrorisme aurait été définitivement éradiqué des rues de la Ville-Lumière (en V.O. : Город огней, qui se prononce comme ça s’écrit : gorod-ogney) et l’Huma n’aurait pas besoin d’être subventionnée par l’État puisque l’abonnement, obligatoire, serait collecté à la source sur les fiches de paie.

Gouverner, que ce soit l’URSS ou Facebook, c’est choisir

« Entre deux mots », suggérait Paul Valéry, « toujours choisir le moindre ».

Sage conseil, que suivent à la lettre les antisémites. Ayant troqué leur livrée d’inquisiteur contre la tcherkeska cosaque, ils l’ont ensuite échangée contre la chemise noire, puis ils ont enfilé l’uniforme vert-de-gris qu’ils ont troqué, quand il est passé de mode, contre une veste de baroudeur et un keffieh. Leur plus récent accessoire est une ceinture de chasteté, le dernier modèle de chez Antisionisme.

Après avoir chassé les youpins, ils dénoncèrent les Juifs, tabassèrent les israélites, embrouillèrent les feujes et aujourd’hui, ils harcèlent les « sionistes ».

Dans sa chasse aux haineux, Facebook laissait, jusqu’à présent, passer les insultes contre les « sionistes ». On ne sait pas quelle mouche de clairvoyance a piqué son politburo, qui s’interroge pour savoir si ce « terme n’était pas un cache-sexe utilisé pour attaquer le peuple juif ou israélien. »

Les Palestiniens, eux, ne se posent pas la question, puisqu’ils affirment que

« ces conférences et réunions, organisées par l’armée d’occupation, sont dangereuses, même si elles sont liées à des problèmes de santé. Toutes ces réunions, même si elles ont lieu via les réseaux sociaux [plateformes], ne conduisent qu’à une normalisation avec l’entité sioniste. Le syndicat met en garde contre la participation à ces réunions (Gatestone Institute). »

Si Facebook actait de la réalité, telle que Palestiniens, Juifs et antisémites la connaissent déjà, cela obligerait ces derniers à trouver une autre feuille de vigne. D’où leurs protestations contre cette menace de peine à jouir : une trentaine d’organisations antisionistes, dont l’unique préoccupation est de détruire l’État des Juifs (vous êtes juif, Israël ?) afin de le remplacer par un Liban-bis, s’est coagulée pour lancer une campagne intitulée : « Facebook, il faut qu’on parle ».

Parler à Facebook pour faire taire les sionistes

Des gens aussi insoupçonnables d’antisémitisme que Linda Sarsour, Noam Chomsky, Peter Gabriel, Wallace Shawn, ou Jewish Voice for Peace et le CAIR (Conseil des relations américano-islamiques) y expliquent que

« La politique proposée déformerait trop facilement les conversations sur les sionistes – et par extension, le sionisme – comme intrinsèquement antisémites, nuisant aux utilisateurs de Facebook et sapant les efforts visant à démanteler le véritable antisémitisme et toutes les formes de racisme, d’extrémisme et d’oppression. »

La page d’accueil de leur campagne ne montre que des messages criminalisant le sionisme et les sionistes. Pourtant, leur aversion vis-à-vis du « véritable antisémitisme » n’est pas forcément une vue de l’esprit : d’abord, d’esprit ils n’ont point et ensuite, ce qu’ils appellent « antisémitisme véritable » est le résidu épsilonien de l’antisémitisme d’extrême-droite du XXᵉ siècle, le seul dont ils veulent bien reconnaître l’existence.

Eux n’ont pas, comme objectif, d’exterminer les six millions de Juifs européens déjà tués par Hitler, ils veulent seulement expurger le Moyen-Orient des sept millions de sionistes qui les narguent de leur succès, « entre le fleuve (Jourdain) et la mer (Méditerranée) », dans le territoire qu’ils revendiquent Judenrein pour y installer le califat de Palestine.

Vox donne de la voix : un exemple ?

Même dans les démocraties éclairées à la bougie, comme c’est le cas de la nôtre, où les juges disposent d’un Mur des cons, ils se doivent de respecter la loi.

Les arguments de Vox : usurpation des fonctions régaliennes, limitation des droits fondamentaux et censure des représentants publics de millions de citoyens, doivent avoir des équivalents dans la loi française.

La preuve : en décembre 2020, le sénateur Sébastien Meurant voyait son compte bloqué par Twitter pour « discrimination ». Il y a des cas où une telle décision serait justifiée. Elle l’aurait été contre ceux qui ont accablé Miss Provence, April Benayoun, insultée publiquement pour ce qu’elle était (née de père juif). À l’inverse, celui qui a été sanctionné est celui qui a pris sa défense, en la soutenant face à « l’islamisme conquérant qui se balade en violant nos lois impunément », illustré par la photo d’une femme portant une burqa. L’arrosoir a arrosé le défenseur de l’arrosée et l’arroseur a continué ses méfaits.

Mais le sénateur a porté plainte et Twitter a été condamné le 28 janvier 2021. L’avocat de Meurant a contesté le fait que le règlement auquel se référait l’entreprise américaine, c’est-à-dire son arbitrage de Twitter en matière de discrimination, fût opposable à la loi française : son client s’estime

« victime d’une discrimination en raison de ses opinions politiques (article 225-1 du code pénal) (le Figaro) »

et, de surcroît,

« ce règlement parfaitement subjectif et allant à l’encontre de l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme qui consacre la liberté d’expression. »

Les réseaux sociaux ne sont forts que de nos faiblesses et ne sont riches que de nos abonnements. Outre par le recours à la Loi, la censure profondément fasciste exercée par ces plateformes peut aussi être contrée par un argument capitaliste : la concurrence ! LM

Liliane Messika, MABATIM.INFO

6 commentaires

  1. Mon ami Modeste Monmari, m’a souvent dit que bien que déjà marié à Cécile.
    il avait épousé littérairement l’auteure. Je le comprends désormais et comme la polygamie est interdite en France, je vais lui répondre :Prem’s

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  2. Je n’ai rien dit…
    « Quand ils sont venus chercher les communistes,
    Je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste
    Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,
    Je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste
    Quand ils sont venus chercher les juifs,
    Je n’ai rien dit, je n’étais pas juif
    Quand ils sont venus chercher les catholiques,
    Je n’ai rien dit, j’étais protestant…
    … Puis ils sont venus me chercher,
    Et il ne restait plus personne pour dire quelque chose »
    Pasteur Martin Niemöller
    Président des Eglises réformées de Hesse-Wassau.
    Partisan de l’arrivée d’Hitler puis résistant.
    Déporté à Dachau de 1938 à 1945

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    • C’est, bien entendu, à ce texte du pasteur Niemoller que faisait référence le début de l’article en reprenant sa formulation « je n’ai rien dit ».

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  3. Albert Einstein nous avait prévenu : »Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire. »
    En plus il y a suffisamment de juifs pour nuire aux juifs sans que leurs ennemis interviennent.
    Malgré toutes les fraudes il est fort probables que Trump aurait été réélu si la majorité des juifs américains n’avaient pas voté démocrate.
    Depuis près de 6000 ans si le peuple juif existe encore ce n’est vraiment pas entièrement le fait de sa résilience.

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  4. Cet article démontre que nous sommes soumis à une pensée imposée. Pierre Doré avait « écrit en 1992 « le 5ème pouvoir » qui avait été un best-seller à l’époque. Pour lui c’était la ressource humaine. Qu’est-elle devenue ?

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