Iran : Un site nucléaire attaqué par un drone

Source DEBKA
25 juin 2021

L’attaque par un drone d’une installation nucléaire près de la ville de Karaj en Iran, pourrait transformer la guerre secrète américano-israélienne contre l’Iran, en un conflit ouvert, au moyen de drones sophistiqués.

Si les informations fournies par des responsables iraniens au New York Times sont avérées, selon lesquelles l’attaque du jeudi matin 23 juin, où un drone quadrimoteur « Quadcopter » a tenté d’attaquer la centrale nucléaire près de la ville de Karaj City, 40 km au nord de Téhéran, drone qui aurait décollé d’un point près de la ville Nahon, nous entrons dans une nouvelle étape de la guerre secrète entre Israël et Iran. Cette étape nous rapproche inexorablement d’une conflagration directe entre les deux pays.

Peu importe qu’Israël soit directement impliqué dans le lancement du drone, ou que des iraniens travaillant pour les services secrets israéliens l’aient armé d’une charge explosive, voire d’un mini missile, puis l’aient lancé vers la cible. Les propos de l’ancien chef du Mossad, Yossi Cohen, recueillis le 10 juin, laissent entendre que la capture des archives nucléaires iraniens en avril 2018 à Téhéran, a été réalisée par du personnel du Mossad qui n’était pas israélien.

Le fait que les services secrets américains et israéliens soient en contact avec des cellules du mouvement d’opposition au régime des mollahs, Moudjahidine-e-Khalq, n’est pas un scoop en soi, ce que d’ailleurs les Iraniens affirment depuis longtemps. Toutefois, lancer un drone vers une installation nucléaire iranienne depuis le territoire iranien, est une action sans précédent et constitue, à elle seule, une révolution stratégique, potentiellement dangereuse.

Aujourd’hui, pour quelques centaines de dollars, il est possible d’acheter un drone quadrimoteur « Quadcopter », soit en ligne soit dans un magasin. Sur Internet on trouve des tutoriels pour équiper un drone d’une caméra, ou si l’engin est assez puissant, pour y ajouter une charge explosive. Il suffit ensuite de suivre sur un écran la trajectoire de l’engin, puis au moment opportun émettre un ordre au drone de larguer sa charge sur la cible choisie. Compte tenu d’une relative facilité d’action, le drone aurait pu être mis en œuvre soit par une cellule autonome du mouvement Mujahedin-e-Khalq, soit cette cellule aurait été actionnée par le Mossad ou la CIA, soit par les deux services de façon conjointe.

Le fait que des responsables iraniens aient parlé de l’attaque au New York Times, est en soit inhabituel. Cela indiquerait que les Iraniens n’ont aucune idée de qui est derrière cette attaque et qu’ils essaient de le découvrir. Il est évident que l’ayatollah Ali Khamenei et le nouveau président iranien Ibrahim Raisi ne peuvent absolument pas passer cette attaque sous silence. En l’occurrence, l’Iran essayera de perpétrer des représailles, probablement quelque part au Moyen-Orient contre des cibles américaines ou des attentats en Israël même.

En fait, c’est l’Iran qui a commencé les frappes de drones contre les forces américaines en Irak. Le 4 juin, un engin explosif iranien, envoyé par des milices chiites en Irak a attaqué la grande base aérienne américaine d’Ein al-Asad, près de la frontière irako-syrienne. Elle n’a pas fait de victimes, mais en revanche a causé des dommages considérables aux installations de la base. Ce mois-ci, des attaques aux engins explosifs ont également eu lieu dans la zone verte (quartier ultra sécurisé) de Bagdad. Lors des derniers contacts entre des experts américains et israéliens à Washington, il a été question des différentes options pour faire face aux attaques iraniennes.

Du point de vue militaire, de telles attaques ramènent la défense aérienne du domaine des missiles antiaériens sophistiqués au domaine de la défense aérienne classique. Le problème d’une telle guerre est le développement de radars capables de détecter une si petite cible. Ce n’est pas un hasard qu’une information ait fait état qu’Israël développait un système de faisceau laser embarqué sur des avions, capable d’abattre des engins volants sans pilote. Cependant, rendre un tel système opérationnel prendrait encore quelques années. Il est probable que cette question ait été soulevée dans les entretiens menés cette semaine à Washington par le chef d’état-major israélien, le général de division Aviv Kochavi, avec la direction militaire américaine. EG

Édouard Gris, MABATIM.INFO
Traduit et adaptation

Un commentaire

  1. Ces drones à « quelques centaines de dollars » sont d’avantage destinés à de l’observation.
    Pratiquant un peu dans mes loisirs le pilotage de ces engins on, arrive vite plutôt a des milliers d’euros , et la charge utile à emporter est insignifiante, en tout cas pas suffisante pour détruire des installations qui doivent résister à des bombardements.
    En tout cas oui, cette utilisation des drones devient incontournable dans les conflits et comme.le précise l’article, les détecter et les détruire devient un objectif prioritaire.

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