Éric Zemmour : « mes réponses à la Société juive de France »

Éric Zemmour, la chose aurait dû être un non-événement : un prétendant à la candidature suprême du pays. Un de plus. Mais ne voilà-t-il pas qu’il se mêle d’être juif. Rendons-le-lui : ça n’est pas de son fait si media et électorat ont d’emblée décidé de mettre en avant cette… particularité… Eric Zemmour, acceptons-en donc l’augure, est Juif. Trop pour ceux-ci. Pas suffisamment pour ceux-là. Juif de service. Juif antisémite. Il n’est pas favorable à la Loi Pleven, mais, quoi qu’il en soit, voilà qui nous aura permis de vérifier une constante de la société juive de France, laquelle, outre qu’elle s’est clivée à son sujet, répète à l’envi : Un Président juif ! Est-ce que ce sera bon pour nous ?

On ne savait pas si le candidat Zemmour l’avait comprise, cette préoccupation un peu… particulière, mais que l’actualité récente a hélas accrue.

Interrogeant Éric Zemmour, impossible de faire l’impasse sur ce que nous nommerons pudiquement les sujets polémiques : de ses déclarations concernant Pétain ou Dreyfus, de celle rapprochant avec une maladresse frisant l’indignité le choix du lieu de sépulture d’un M. Merah et de ses victimes juives :

À la question de savoir s’il pouvait en quelques mots repréciser ses positions vis-à-vis des enfants juifs assassinés à Toulouse et enterrés en Israël, mais encore concernant le gouvernement de Vichy, la politique de Pétain ou encore de l’affaire Dreyfus, Eric Zemmour nous a répondu :

Mise au point…

Éric Zemmour : Je suis le seul candidat qui a le courage de s’opposer frontalement et radicalement au djihadisme, lequel a fait plus de 264 morts dans notre pays ces 6 dernières années. Ce n’est pas pour rien que je suis menacé de mort par les djihadistes, et que je dois vivre sous protection policière depuis plusieurs années.

J’ai mis en avant le fait que les enfants Sandler sont enterrés en Israël parce que nos dirigeants ne parviennent plus à protéger les juifs dans notre pays : ni de leur vivant, ni même après leur mort – ce qui a conduit la famille d’Ilan Halimi à déplacer sa sépulture en Israël. C’est également le cas de nombreuses autres tombes juives, régulièrement profanées dans notre pays. J’ai rencontré le grand-père Sandler, qui a pris acte de mes regrets de l’avoir involontairement blessé, et qui a lui-même déclaré sur BFM qu’il ne supportait plus que les journalistes instrumentalisent son fils et ses petits-enfants dans le seul but de me nuire. Il sait d’ailleurs qui, dans notre pays, se bat pour que des drames comme l’attentat de l’école juive de Toulouse n’arrivent plus jamais.

S’agissant de Pétain, je ne l’ai jamais défendu. J’ai simplement expliqué que la situation des juifs en France n’a pas été la même que dans les autres pays occupés par Hitler. C’est un fait historique, confirmé par tous les historiens spécialistes de cette période. Ma propre famille a été victime des lois antisémites de Vichy, mon oncle a même été déporté en camp de concentration, m’accuser d’antisémitisme relève du délire et de la désinformation. C’est fou, malveillant et honteux. À la question de savoir s’il comprenait que ses propos aient pu choquer ou blesser la grande majorité de la communauté juive, le candidat de Reconquête ! nous dit :

Éric Zemmour : Je ne pense pas en avoir blessé « la grande majorité » comme vous dites. En réalité, je pense – l’expérience quotidienne et la réalité de ce pays nous l’indique – que la majorité des juifs de ce pays comprennent et adhèrent à mon discours.

Qui tue des juifs en France ces dix dernières années ? Qui menace ceux qui se promènent avec une kippa ? Qui a fait fuir les juifs des écoles de Seine Saint-Denis ? Qui a tué Mireille Knoll, Ilan Halimi, les Sandler, Sarah Halimi, Jeremy Cohen, Yohan Cohen, Philippe Braham, François-Michel Saada ? Nous sommes dans un pays où la police protège les écoles juives et les synagogues, donc je vous assure que les juifs ne sont pas choqués par mes propos ! Bien au contraire.

La Sécurité

La Société juive de France est inquiète, – à raison-, pour sa sécurité : agressions judéophobes de plus en plus fréquentes et de plus en plus banalisées, Conflit Israël-Palestine importé en France, dans nos écoles, nos universités, nos supermarchés avec un BDS qui traque les produits venus d’Israël, autant de haines véhiculées librement chaque samedi via des manifestations menées par Olivia Zemor et ses amis, de faits présentés avec un parti-pris flagrant lorsqu’ils ne sont pas… étouffés. Quelles mesures prendra-t-il pour assurer la sécurité des Juifs de France face à la montée des actes antisémites de ces dernières années, mais encore en quoi il se démarquait des autres. Par exemple, concernant la lutte contre l’antisémitisme, sera-t-il favorable à une criminalisation de l’antisionisme, démarche rejetée par le Président Macron ?

Éric Zemmour : On observe aujourd’hui en France que le vieil antisémitisme nationaliste a été remplacé par un antisémitisme arabo-musulman violent. J’ai écrit un livre sur la montée de cet antisémitisme violent il y a des années… Vous le savez peut-être, j’ai grandi à Montreuil puis à Drancy dans une famille juive et cela ne posait aucun problème. Les temps ont bien changé ! Les Français de confession juive ne vivent plus tranquilles dans nos banlieues depuis bien longtemps.

Regardez tous ces enfants contraints d’aller dans une école juive parce que l’école publique devient dangereuse pour eux. Regardez l’insécurité à Aulnay-sous-Bois, où la population juive a été divisée par 6 en une vingtaine d’années. Idem au Blanc-Mesnil, ou à Clichy-sous-Bois, où le nombre de familles juives est passé de 400 à 80. Il faut lire le livre de Noémie Halioua sur Sarcelles pour comprendre le harcèlement, les saccages et les menaces dont sont victimes les Français juifs dans ces quartiers.

Regardez l’explosion des départs en Israël à la suite des attentats djihadistes qui ont touché la France. Nous avons donc des Français juifs qui se sentent plus en sécurité au Moyen-Orient, dans un pays en guerre qu’au cœur de Paris. Cela devrait interpeller tous les Français !

Moi, cela m’interpelle et je crois profondément que la première façon de lutter contre l’antisémitisme est de lutter contre l’expansion de l’islam en commençant par fermer les mosquées les plus dangereuses, interdire les financements étrangers qui nourrissent les courants les plus violents, expulser les étrangers fichés S, etc. Nous vivons dans un pays où l’imam de Toulouse qui a appelé au meurtre des juifs a été relaxé sous prétexte « qu’il s’appuyait sur un verset religieux ». Combien de temps encore allons-nous supporter cela ? C’est un scandale. Je serai d’une fermeté sans faille avec ces criminels en puissance.

Je serai enfin du côté de la police et des victimes. Je veux un État qui redevienne intransigeant. Alors je rétablirai une justice ferme avec la mise en place de peines planchers en cas de violences, l’expulsion des délinquants étrangers ou la déchéance de nationalité et le renvoi au pays pour protéger définitivement notre société de ceux qui sont passés à l’acte. L’armement de la police municipale et la simplification des procédures judiciaires donneront une efficacité immédiate à cette action.

J’ai bien conscience aussi que l’antisionisme est devenu le nouveau visage de l’antisémitisme, celui scandé sur fond de « Allah Akbar » avec la complaisance des hommes politiques de gauche. J’y mettrai fin en luttant contre l’islamisme, mais je reste très précautionneux avec la liberté d’expression qui est déjà en péril dans notre pays.

Vous savez les juifs ont été chassés du Maghreb, leurs maisons, leurs synagogues ont été brûlées. Aujourd’hui la racaille et les djihadistes répètent l’histoire sur le sol français. Qui se bat contre cela ?

Plus largement, nous l’avons interrogé concernant son projet de lutte contre le terrorisme.

Lui rappelant que l’année 2022 marquait le 40ᵉ anniversaire de l’attentat antisémite de la rue des Rosiers et qu’il restait 3 suspects à arrêter, nous avons voulu savoir si, élu président, il gérerait cette question ; nous lui avons en même temps demandé s’il était favorable à une suspension de l’aide financière française aux Palestiniens tant que l’Autorité palestinienne ne mettrait pas un terme à l’incitation au terrorisme que constituait le versement par un Mahmoud Abbas d’un salaire à vie aux auteurs d’attaques terroristes.

Éric Zemmour : Je fais confiance à la justice française pour travailler en bonne intelligence avec la justice israélienne afin d’appréhender ces trois suspects. Les coupables doivent être punis.

Comme vous, je veux lutter de toutes mes forces contre le financement du terrorisme. Il est intolérable que l’argent du contribuable français puisse servir une telle cause. Il est tout aussi insupportable que la France et l’Union européenne ne contrôlent pas suffisamment la manière dont l’Autorité palestinienne utilise les subventions qui lui sont octroyées. Cela doit cesser !

Éric Zemmour président respectera, nous n’en doutons pas, la séparation Justice-Exécutif : Verrons-nous sous sa présidence des procès faits à un Georges Bensoussan, ou, pire, un refus inique de procès comme il se fit pour Sarah Halimi ? Verrons-nous la méthode Assa Traoré s’avérer bien plus efficace que le comportement légitimiste de la société juive lors de l’affaire Sarah Halimi. En somme : Quel regard porte-t-il sur l’appareil judiciaire actuel ? Que pense-t-il de la manière dont sont menées les enquêtes, plus particulièrement concernant Sébastien Sellam, Ilan Halimi, Sarah Halimi, Mireille Knoll, ou, aujourd’hui, Jérémy Cohen, enquêtes qui donnent le sentiment d’assassins faiblement sanctionnés, et de crimes juridiquement mal qualifiés.

Éric Zemmour : Le motif antisémite est une évidence dans chacun des cas que vous citez. Il faut que la Justice le reconnaisse une bonne fois pour toutes. Tuer des Juifs en raison de leur religion, parce qu’ils sont juifs en France, cela devient une habitude en France.

Il faut dire la vérité. Ces crimes sont le fruit de la submersion migratoire dont la France est victime, qui importe sur son sol des conflits de civilisation qui n’ont pas lieu d’être et un islam intégriste qui porte en son sein un antisémitisme violent, encouragé par la complaisance des militants d’extrême gauche qui se sont soumis à l’islam.

Mes propositions n’ont qu’un seul but : traiter le mal à la racine. Je mettrai fin à l’immigration de masse et au laxisme judiciaire qui provoque tant d’insécurité. Je veux des rues pacifiées, je veux des quartiers où l’ordre règne. Je veux que les victimes ressortent des tribunaux avec le sentiment que la Justice protège les honnêtes citoyens et punit les délinquants et les criminels. Je protégerai les Français, et notamment ceux de confession juive qui sont aussi victimes de cette insécurité et cette immigration de masse.

Israël, État souverain et légitime

Quid, clairement, des relations de la France avec Israël si Eric Zemmour était élu : Rompra-t-il avec le discours du En même temps, osera-t-il se démarquer des votes honteux à l’ONU de la France, rare pays à pratiquer le double discours, défendra-t-il enfin le droit d’Israël à défendre sa légitimité.

Éric Zemmour : Israël est victime au sein des instances internationales d’une ambiguïté et d’un « deux poids, deux mesures » difficilement contestables. Vous ne verrez pas par exemple le mouvement BDS s’attaquer à la Chine ou à l’Iran. Il est tout aussi vrai que l’ONU a voté un nombre important de résolutions contre l’État juif.

Je tiens à le rappeler, Israël est un allié précieux et un peuple ami. Il faut le traiter comme tel. On peut critiquer certaines de ses politiques mais sans le diaboliser ni jamais porter atteinte à sa légitimité.

Je souligne également qu’Israël aide la France et l’Europe contre le terrorisme djihadiste. L’État hébreu a une compétence particulière en la matière. Il faut que nous collaborions davantage face à ce fléau.

Concernant le conflit israélo-arabe et les discussions sur ses frontières, je considère que la France doit jouer son rôle de puissance d’équilibre. Dans ce cadre, elle doit encourager toute médiation qui permettrait de sortir du conflit.

Éric Zemmour Président, Quid de son positionnement face à l’armement nucléaire. Quid de l’Iran ? Le nouvel accord nucléaire avec l’Iran inclurait la possibilité d’acheter du pétrole iranien : sera-t-il favorable à en importer tout en sachant que cela financerait les activités terroristes du régime iranien ?

Éric Zemmour : Israël est l’unique véritable démocratie au Moyen-Orient. Et même si Israël est un allié et un ami précieux de notre pays, la diplomatie commande aussi de discuter avec certains régimes autoritaires qui l’entourent, à l’image des accords d’Abraham signés sous l’égide de Donald Trump, accords que je salue et qui font progresser la paix dans la région.

Je relève que la quête nucléaire de l’Iran est ancienne : le Shah souhaitait déjà disposer de l’arme atomique. Toutes les grandes civilisations ont eu cette volonté : l’Inde, la Chine, les grandes puissances occidentales.

Je suis de manière générale défavorable à la prolifération nucléaire, y compris dans le cas de l’Iran. Ce serait un danger pour la stabilité régionale au Moyen-Orient, et d’autres pays pourraient alors décider de se doter de l’arme nucléaire, notamment l’Égypte ou la Turquie. Des négociations sont en cours entre les puissances du Conseil de sécurité et l’Iran. La France doit y jouer tout son rôle pour s’opposer à la prolifération nucléaire.

Concernant le nouvel accord nucléaire avec l’Iran qui inclurait la possibilité d’acheter du pétrole iranien, je n’y suis pas favorable pour les raisons que je viens d’évoquer. Je veux surtout faire de la France un pays souverain et autonome, ce qui implique qu’elle soit totalement indépendante d’un point de vue énergétique grâce au nucléaire civil.

La France a la chance de disposer d’un parc nucléaire développé, que je compte renforcer en construisant 14 nouveaux réacteurs EPR afin de réduire la dépendance de notre pays aux énergies fossiles.

Dans l’hypothèse où nous aurions besoin d’un approvisionnement en gaz pour combler certains usages, je pourrais bien sûr envisager un partenariat avec Israël, Chypre et la Grèce qui sont des pays amis et des partenaires économiques fiables.

Concernant le Hezbollah, j’affirme que c’est une organisation terroriste reconnue comme telle par l’Union européenne, qui a aussi eu des responsabilités dans l’attentat du Drakkar qui a tué plusieurs de nos militaires. Force est de constater que le Hezbollah a pris une importance croissante dans le fonctionnement politique du pays ce qui n’est pas sans poser de problème.

La pratique religieuse

Sous l’étendard de la laïcité, et de la lutte contre l’Islam radical et par souci d’égalité de traitement (interdiction du port du voile), il a déclaré qu’il interdirait le port de la kippa dans l’espace public. Confirme-t-il ? Quelles autres mesures prendra-t-il concernant les pratiques religieuses, de l’abattage rituel à la circoncision, pour des hommes et des femmes en rien prosélytes

Éric Zemmour : Le vrai sujet, c’est le voile. Plus largement pour assurer la discrétion de la religion nous interdirons la kippa dans l’espace public. La majorité des juifs de France ne peut plus porter la kippa sans se faire cracher dessus, par ailleurs, quand j’étais jeune on portait la kippa sous une casquette et ça nous allait très bien. Joseph Sitruk lui-même avait recommandé cela aux juifs en 2002 face à la montée de l’antisémitisme islamique.

Interdira-t-il l’abattage rituel ? La circoncision ? Plus généralement, va-t-il, Si Président, interférer dans l’organisation de la vie juive, qu’il s’agisse du Consistoire, des lieux de culte, du service funéraire, du financement des écoles…

Éric Zemmour : Je respecte absolument les libertés religieuses et ne compte pas interdire l’abattage rituel, ni la circoncision. Seule Marine Le Pen veut interdire l’abattage rituel et même l’importation de viande casher et hallal. Je suis totalement opposé à cette interdiction.

Je n’ignore pas les questions de souffrance animale, qui doivent se discuter directement avec les autorités religieuses. Mais ce qui est plus préoccupant pour moi, c’est la généralisation discrète du hallal qui arrive dans toutes les assiettes sans que les Français ne le sachent. Je ne veux pas d’une normalisation de la loi islamique et des coutumes arabo-musulmanes. C’est pourquoi je proposerai un étiquetage précis obligatoire, indiquant le mode d’abattage de l’animal. Ainsi, ceux qui ne veulent pas manger hallal et ceux qui se préoccupent du bien-être de l’animal pourront choisir en conscience. C’est leur droit ! SC

Sarah Cattan, Tribune Juive

Nous avons été 6, représentant la Presse dite « communautaire », à avoir travaillé à cet entretien :

  • Moshé Cohen, JForum
  • Jean-Patrick Grumberg, Israel24/7,
  • Jean-Marc Moskowicz, Europe Israël,
  • Alain Sayada, Israël Actualité,
  • Yohann Taïeb, Le Monde Juif,
  • Sarah Cattan, Tribune Juive

Les réponses telles que publiées sont le verbatim des mots du candidat.

Remerciements à S. B.

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Un commentaire

  1. Les juifs Français d’establishment feront comme les Polonais et Israélites de France, optimistes:
    ils ne bougeront pas. Les enfants vont à l’école…. et on ne peut pas fermer le magasin….

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