Autorité palestinienne : Ne pas changer une communication qui gagne

[20 novembre 2023]

L’Autorité palestinienne a perdu Gaza au profit du Hamas en 2007

Ce coup d’État militaire a coûté la vie à près de 200 fonctionnaires considérés par les révolutionnaires hamastiques comme des « collabos » au service du corrompu en chef, Mahmoud Abbas.

Depuis 16 ans, tous les sondages montrent que si des élections étaient organisées en Cisjordanie, le Hamas ne ferait qu’une bouchée de ce qui reste de pouvoir au cacique héritier de Yasser Arafat. C’est pourquoi Abbas, « Abou Mazen » pour les intimes, a eu la prudence de n’en organiser aucune, ce qui lui permettra, le 9 janvier prochain, de fêter gaillardement le dix-neuvième anniversaire de son mandat de quatre ans.

Un des critères qui avait incité Arafat à le nommer premier ministre, en mars 2003, était sa thèse révisionniste, rédigée en russe à Moscou, dans laquelle il expliquait que la Shoah, responsable de moins d’un million de morts, avait été conçue par les Juifs pour faciliter la création de l’État d’Israël (Wyman Institute).

Passé de vizir à calife à la mort d’Arafat (le 11 novembre 2004 à Paris), Abbas a constaté que le mensonge payait et il en a fait sa stratégie unique de communication depuis lors.

Entre deux ennemis, choisir le moindre

À part pour les mensonges et la corruption (le Monde), Abou Mazen n’est pas doué pour grand-chose. S’il a considéré qu’il valait mieux soutenir le Hamas qu’Israël dans sa communication, après la tentative génocidaire du premier contre le deuxième, il faut y voir une manœuvre politicienne induite par les résultats d’un sondage, à l’instar de celle du président français contredisant, en anglais, à la télévision britannique, ses propos tenus la veille en français dans l’Hexagone (FranceTV).

Mahmoud Abbas, lui, a recouru à sa formule unique : célafautojuifs. En l’espèce :

« les hélicoptères israéliens » ont tué les 364 jeunes qui assistaient au festival de musique Nova, ce que le Hamas a repris en le multipliant : « massacre commis par un avion de guerre israélien (i24news) ».

Certes, le premier hélicoptère de Tsahal n’a décollé pour le sud qu’à 11h12, alors que le massacre a commencé à 6h30, mais « les faits ne pénètrent pas dans le monde où vivent nos croyances, ils n’ont pas fait naître celles-ci, ils ne les détruisent pas. »1

La Terre n’est pas plate et l’armée israélienne n’a pas tué ses citoyens

Même si l’accusation, qui ajoute l’insulte à l’injure, n’était destinée qu’au marché intérieur palestinien, le premier ministre israélien a tenu à la démentir, pour ne pas la laisser sans contradiction vis-à-vis des consommateurs occidentaux de nazislamisme, qui sont friands de références complotistes antijuives.

Netanyahou a donc déclaré, dans un message vidéo :

« Le ministère palestinien des Affaires étrangères a publié un message scandaleux. Il a nié le fait que le Hamas ait perpétré le terrible massacre à Reïm et le rejette sur Israël. » (YouTube)

Rappelant qu’inverser la responsabilité du bourreau sur la victime était une méthode brevetée Abou Mazen, Netanyahou s’est ému que 44 jours n’aient pas suffi pour que le Président légitimement élu de l’Autorité palestinienne trouve le temps de condamner ce pogrome (ce qu’il se serait empressé de faire s’il avait eu plus tôt l’idée de l’attribuer à Tsahal) et il a ajouté :

« nous ne permettrons pas à ceux qui nient le terrorisme, soutiennent le terrorisme, financent le terrorisme et éduquent leurs enfants au terrorisme et à la destruction de l’État d’Israël, de gouverner dans la Bande de Gaza. Nous ne le permettrons pas. »

« Palestinien » et « lucide » ne sont pas forcément antithétiques

Bassam Tawil, un journaliste arabe musulman basé au Moyen-Orient, en est la preuve.

« La rhétorique et les actions de l’Autorité palestinienne montrent qu’elle partage avec le Hamas la responsabilité du massacre du 7 octobre. L’Autorité palestinienne et le Hamas ont inculqué à toute une génération de Palestiniens la glorification du terrorisme et l’impératif d’assassiner des Juifs et d’éliminer Israël. Comment une personne rationnelle peut-elle parler d’une « solution à deux États » alors qu’une majorité de Palestiniens pense qu’il n’y a rien de mal à brûler, décapiter et violer des Juifs, ou à faire mourir un bébé juif dans un four ? » (Gatestone) a-t-il écrit, le lendemain de l’affirmation surréaliste de Mahmoud Abbas.

Tawil rendait compte d’un sondage réalisé par AWRAD (acronyme en arabe de “le monde arabe pour la recherche et le développement”), effectué le 14 novembre 2023 auprès de la population palestinienne en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Ses résultats montraient que 59,3 % des Palestiniens soutiennent « sans réserve » les actions du Hamas le 7 octobre, que 15,7 % les soutiennent modérément et que moins de 13 % s’y opposent.

87,7 % des Cisjordaniens apprécient le Hamas, alors que seulement 10,2 % d’entre eux le désapprouvent.

Enfin, n’en déplaise aux dirigeants occidentaux qui sont plus palestinolâtres que les Palestiniens,

80 % des Palestiniens rejettent la « solution à deux États », car ils exigent l’ensemble du territoire : « du fleuve à la mer », autrement dit l’intégralité de l’État d’Israël, quelles que soient les frontières.

Est-ce qu’un seul média mainstream, à part Causeur, parlera de ce sondage aux Français ? LM♦

Liliane Messika, Causeur


1 Marcel Proust, À la recherche du temps perdu.


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3 commentaires

  1. Hitler Et les nazis ont dit ce qu’il ferait à propos des juifs : le monde ne l’a pas cru . Et ils l’ont fait
    Staline et les communistes mentaient et on l’a cru. Et ils l’on fait.
    L’Iran, le Hamas, le Hezbollah, l’AP écrivent et disent ce qu’ils veulent faire. Le monde laissera t il faire?
    Israël ne laissera pas faire et vitrifiera l’Iran si nécessaire.
    HBM et les signataires des accords d’Habrham l’ont bien compris.

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  2. Relire aussi, dans la Bible, ce qui concerne le Déluge. Coïncidence ou pas, le Hamas intitulait « Déluge d’Al Aqsa » son attaque du 7 octobre en l’an de grâce 2023 de l’ère chrétienne. Dans la logique de ce qui tient lieu de cerveau chez Mahmoud Abbas, 44 jours après les faits revendiqués avec fierté par le Hamas lui-même et ses soutiens de par le monde, ce nom est compatible avec des hélicoptères israéliens. Peu importe pour ce président puisque cela pourrait fonctionner. Il en a affirmé d’autres. Que l’on soit croyant ou athée, attention ! Avec la novlangue, l’inversion des valeurs, une humanité si nombreuse qui depuis des années marche sur la tête, les obstacles qui la séparent encore du précipice disparaissent les uns après les autres. Relire dans Wikipedia la description de l’explosion de la Tsar Bomba au-dessus de la Nouvelle-Zemble le 30 octobre 1961. Ce n’est pas de la religion ! C’est l’homme qui l’a fait. C’était « seulement » une expérience. Il y a déjà 62 ans. Un champignon qui atteint 64 km de haut. Une hutte soufflée à 500 km de distance. Si, D. préserve comme disent les religieux, une telle bombe explosait au-dessus de Paris, l’éclair serait visible à Marseille. L’engin spatial Voyager 1 lancé en 1977 par la NASA américaine a pris plus tard une « photo de famille » du Système solaire, à une distance d’environ 6 milliards de km. La Terre n’y est qu’un petit point bleu pâle (« a pale blue dot ») Aucun détail visible, encore moins le fait qu’à sa surface le mal s’appellerait de nos jours le bien et le bien s’appellerait le mal mais, même vu à cette distance, le point pourrait changer de couleur.

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  3. Relire 1984 d’Orwell. Tout y est: la novlangue, l’inversion des valeurs, le totalitarisme. Le temps joue contre le camp du bien car la contamination des esprits évolue de façon exponentielle. Effrayant…

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