
par Marc Nacht,
[8 mai 2025]
Un peu âgé et boiteux, j’étais parvenu, canne en avant, à grimper dans le wagon. Ligne 8 : 18 stations de Filles du Calvaire jusqu’au terminus Balard.
Me propulsant dans le premier compresseur de voyageurs, maintenu debout par la pression partagée de l’entourage entre nichons et sacs à dos, hidjabs éventuels, plus ou moins visibles, l’ensemble tchatchant par oreillettes smartphonantes. Et voilà qu’un homme basané de haute taille se lève de son siège et me fait signe de m’y installer. Au bout d’une dizaine de stations je l’invitais à reprendre sa place, moi-même n’étant pas si loin du terminus. Mais d’un geste du bras il refusa ce partage.
Balard, enfin, recherche d’un taxi pour me déposer à l’Hôpital Georges-Pompidou où j’étais convoqué. Un taxi est libre, il me dépose et refuse d’être payé. Bonne chance me dit-il et au revoir.
Libéré des soins dont j’étais l’objet, je me rapatriai en bus pour me rapprocher de mon quartier. À peine entré dans le bus, une asiatique insiste pour me céder sa place. Ce n’est pas la première fois d’ailleurs, impossible pour moi de grimper dans un bus sans que, jeunes ou plus âgés, ne me cèdent une place assise.
J’ai noté tout cela en hommage à la gentillesse et au sens du respect pour le petit vieux que je suis, tremblotant un après-midi d’avril frisquet.
À Paris, il n’y a pas que des meurtres, des conduites périlleuses et des policiers toujours coupables d’avoir agi à leurs risques et périls pour les empêcher. MN♦

Marc Nacht, MABATIM.INFO
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