
Par Gad Amar,
[6 septembre 2025]
Le projet actuel et son histoire
L’échec passé d’une coexistence de deux États, chrétien et musulman, dans un même pays d’Europe devrait faire réfléchir tout le monde, en particulier les Européens et davantage encore les Français et les Espagnols qui furent les premiers concernés.
L’actualité de cette réflexion s’impose face au projet avancé par la France le 24 juillet 2025 d’un vote, à la prochaine session de l’Assemblée Générale de l’ONU du 9 au 23 septembre 2025, pour la création de l’État de Palestine.
Ce projet vise en pratique àimposer la cohabitation de deux États, juif et musulman, dans un petit territoire de 28 165 km² du Proche Orient qui comprend l’État d’Israël (22 145 km²) et des « territoires palestiniens » (6 020 km²) contrôlés par Israël.
Le pays d’Europe qui a subi l’expérience d’une telle cohabitation est l’Espagne.
Bien avant l’annonce faite par la France, une grande majorité de pays avaient reconnu un État de Palestine. Le processus, entamé à Alger le 15 novembre 1988, avait obtenu l’adhésion de 75 États dans les jours qui suivirent. Le 5 février 2025, 148 pays sur 193 États membres de l’ONU avaient déjà reconnu l’État de Palestine. L’annonce du projet de la France a fini par convaincre de nombreux pays européens d’y adhérer, dans le contexte de la guerre actuelle de Gaza et d’une forte agitation pro palestinienne de masses musulmanes et d’extrême gauche dans les pays d’Europe (voir Wikipédia, Liste des pays reconnaissant l’État de Palestine).
« Chaque chose a son heure sous le ciel » (Ecclésiaste 3,1)
La proposition par le président français Emmanuel Macron de créer un État palestinien, a priori inspirée par une empathie pour les Palestiniens mais non moins empreinte d’une certaine désinvolture, pêche en tous cas par une sous-évaluation obstinée de la situation actuelle. Elle pourrait être motivée par le désir de la France de se placer au centre du jeu d’influence des puissances étrangères au Proche Orient.
Après la perte de toute influence dans la relation Françafrique, puis récemment dans ses efforts d’arbitrage au Liban, elle tente de nouveau sa chance en contrariant Israël.
La proclamation ou la création théorique d’un État palestinien dans le cadre de la solution à deux États n’est aujourd’hui une bonne solution pour aucune des deux parties. La clameur qui monte des manifestations pro palestiniennes dans le monde entier exige un seul État, uniquement palestinien, et personne ne pourra éteindre ce bouillonnement fanatique qui trouve son origine dans un héritage jihadiste.
Et à moins d’un miracle, on ne voit pas aujourd’hui qu’un jeune État palestinien échapperait à un pouvoir totalitaire, intégriste et corrompu.
Comme dans toutes les dictatures du monde, ce pouvoir n’aurait d’autre choix pour se légitimer que dresser devant son peuple l’ennemi perpétuel fantasmé, Israël, justifiant ainsi le Jihad. Et il ne serait pas meilleur pour son peuple que le gouvernement du Hamas à Gaza ou l’État islamique d’Iran.
La preuve ? Cet État idéal aurait pu voir le jour dans le territoire de Gaza, libre depuis 2005, auto-géré et aidé par le monde entier y compris par Israël.
La Cisjordanie fonctionne selon une idéologie identique.
C’est la voie du Jihad qui règne dans ces deux territoires, celle qui anéantit tout espoir de voir s’imposer la tolérance et une cohabitation de bons voisins avec Israël.
Et depuis l’attaque terroriste du 7 octobre 2023 rien n’a changé, ni dans la rhétorique ni dans les actes des Palestiniens des deux territoires ou de leurs chefs.
S’ils avaient un État renonceraient-ils au Jihad, principe fondamental dans leur religion, aujourd’hui profondément ancré en eux ?
Il paraît vital de s’en assurer avant de les gratifier d’un pays qui pourrait se transformer, comme ce fut le cas à Gaza, en base militaire pour cette guerre perpétuelle qu’est le Jihad
Mais par la voix de son président, la France ne semble pas se soucier d’un avenir pacifique, démocratique et prospère du peuple palestinien.
Elle renvoie dos à dos Israéliens et Palestiniens, juifs et musulmans, dans une situation qui ne favorise pas la paix et la prospérité.
L’antisémitisme est devenu la norme en France, le Président l’ignore. Une désinvolture qui témoigne de la fuite en avant d’un président devant la situation économique et politique très compliquée dans laquelle il a placé son pays.
« Pourquoi les peuples s’agitent et méditent de vains projets ? » (Psaume 2,1)
Les manifestations pro palestiniennes quasi quotidiennes dans les pays occidentaux chrétiens dans lesquels vit une communauté juive visible, mais pas dans les pays musulmans dépourvus tous de toute population juive, témoignent de leur ressort antisémite.
Si l’on va plus loin, on y aperçoit la théologie chrétienne dépassée de la substitution, dans sa version musulmane toujours vivante de la Oumma (le peuple musulman), proclamée « la meilleure » parmi toutes par le Coran (3,110).
Cette théologie, un héritage bien ancré,
nourrit dans les banlieues le fantasme d’une substitution sociale aux Juifs.
À propos de « ce doux poison », écrit un commentateur moderne du Coran (Dr Al-Ajami) :
« Quoi de plus réconfortant lorsqu’on est en bas de l’échelle sociale et quoi de plus triomphant quand on domine ? »
Il s’agit à l’origine d’une déviation de la qualité de « peuple élu » accordée au peuple d’Israël par le Dieu Un et exprimée dans la Bible à une époque où le seul peuple monothéiste était le peuple d’Israël. Tous ceux qui élisent le Dieu Un, Père de tous les hommes sans distinction, sont en réalité également élus par Dieu.
Ce fantasme de substitution est à l’origine de cette campagne d’inversion des valeurs et des rôles, où des Palestiniens fomentateurs et acteurs du génocide du 7 octobre 2023 sont transformés en victimes d’un apartheid et d’un génocide inventés.
Une guerre de cent ans et ses racines
M. Macron attend des Juifs de France que, selon leur tradition universaliste, ils adhèrent à son projet. Effectivement, une tradition universaliste juive d’un monde messianique futur existe, dans lequel les peuples vivront en paix les uns avec les autres.
Deux courants universalistes partagent le judaïsme aujourd’hui,
– ceux qui croient ce temps déjà présent
– et ceux qui pensent qu’il n’est pas advenu.
Les premiers ont été massacrés de manière barbare et atroce par le Hamas le 7 octobre 2023, ne restent plus que les seconds qu’on appelle dédaigneusement messianistes.
Certains proclament que cette guerre est trop longue, qui dure depuis presque deux ans.
En réalité, elle a commencé avec les pogroms des musulmans contre les Juifs en 1929.
Elle a donc bientôt cent ans et peut être comparée à une autre guerre de cent ans, en Terre Sainte, il y a 25 siècles. À leur retour de 50 ans d’exil en Babylonie, après l’Édit de Cyrus de -539, les Juifs subirent pendant 100 ans le harcèlement des populations étrangères installées en Terre Sainte par des envahisseurs assyriens et d’autres populations récemment établies dans le pays. Ce siècle ne s’acheva qu’avec la restauration des murailles de Jérusalem par Néhémie, qui assurèrent enfin la sécurité des habitants et permirent à la ville de se développer.
– L’agitation du monde musulman face à la guerre de Gaza prend ses origines dans une de leurs règles, qui interdit au juif de se défendre s’il est agressé.
– Il y a une autre règle : la période préislamique en Arabie s’appelle la Jahiliyya (l’Ignorance). Selon ce principe tout ce qui précède l’islam doit être oublié et effacé. Ainsi en est-il du judaïsme.
La solution à deux États au regard de l’Histoire de l’Europe
La réflexion que nous proposons ici est a priori neutre, car les Espagnols chrétiens et les Jihadistes musulmans notamment almohades ont maltraité les Juifs d’Espagne avec une égale inhumanité.
– Les Espagnols ont tyrannisé les Juifs à la veille de l’invasion de l’Espagne par les armées arabes (conversions forcées, interdictions de synagogues), puis les ont expulsés en 1492, par intolérance religieuse et antisémitisme.
– Les musulmans ont fait subir aux juifs la maltraitance de la Dhimma, une « protection » accordée à des citoyens préalablement déclarés illégaux au prétexte qu’ils n’ont pas adhéré à une religion nouvelle, présentée et imposée par des combattants violents plutôt analphabètes.
Les leçons de l’histoire européenne devraient servir à tous, en particulier aux Européens. Il s’agit de réveiller les souvenirs d’un passé européen tumultueux, un passé précisément espagnol, dans lequel la solution à deux États, l’un chrétien et l’autre musulman jihadiste n’a pu prospérer.
L’histoire commence en 711. 4/5° de l’Espagne et le sud de la France sont envahis par des Jihadistes arabes épaulés par des Berbères récemment islamisés. Les Arabes sont arrêtés en France par Charles Martel en 732. Le 1/5° de l’Espagne resté indépendant se lève en 1037, après trois siècles d’occupation, pour une guerre de reconquête qui va durer quatre siècles et demi (1037-1492). L’Espagne aurait pu s’accommoder de la présence depuis 1350 du royaume de Grenade au sud, moins menaçant qu’autrefois, et mis sous la tutelle du royaume chrétien de Castille, mais l’histoire passée sans doute faite de violences la conduit à l’éradiquer.
On ne doit pas se faire d’illusion : les Jihadistes de jadis n’étaient pas meilleurs que les Jihadistes d’aujourd’hui, ceux de Daech et du Hamas.
Les Espagnols ont sans doute estimé que le démon du Jihad pourrait se réveiller un jour – et avec plus de force – à partir du royaume de Grenade.
Au Jihad musulman qui permit la conquête de l’Espagne en 711-716 répondit la croisade chrétienne qui finit par récupérer tout le pays en 1492.
Mais l’Histoire n’avait pas encore dit son dernier mot. Le Jihad se poursuivit en mer, par l’activité de pirates et corsaires pendant trois siècles, entre l’Espagne et les autres pays d’Europe d’un côté, le Maroc et l’Algérie de l’autre et l’entrée en lice de l’empire ottoman. Si le Jihad des corsaires nord africains n’ambitionnait plus de conquérir des terres chrétiennes en Europe occidentale depuis 1492, l’empire ottoman y suppléait déjà, ayant largement entamé la conquête de pays chrétiens de l’Europe de l’Est depuis le XV° siècle. Par deux fois les jihadistes ottomans attaquèrent Vienne, en 1529, puis en 1683, par chance sans succès, et leur avance au cœur de l’Europe fut ainsi arrêtée.
Imagine-t-on jusqu’où ils seraient arrivés s’ils avaient pu réussir l’un de leurs deux sièges de la ville ?
Cette longue histoire doit être méditée. L’Europe chrétienne ne doit pas oublier qu’elle n’a pu récupérer son intégrité territoriale et sa sécurité que par miracle.
L’Europe de l’Ouest, Espagne, France, Belgique, Royaume-Uni, songent aujourd’hui à voter la création d’un État palestinien sans même s’assurer qu’il ne sera pas jihadiste, laissant à Israël seul la tâche impossible d’éradiquer cette philosophie de l’islam en particulier chez les Palestiniens.
Une observation devrait interpeller tous ces États, et notamment l’Espagne :
– Pourrait-on envisager aujourd’hui une solution à deux États en Europe, plus précisément en Espagne, non pour les Palestiniens mais pour les descendants des Arabes chassés d’Espagne par la reconquête chrétienne il y a cinq siècles ?
– Pourquoi ceux-ci, chassés il y a cinq siècles, auraient-ils moins de droits qu’une partie des Arabes palestiniens chassés pour les mêmes raisons il y a plus de 75 ans ?
– Pourquoi a minima ne pas rendre aux Arabes chassés d’Espagne leur ancien royaume de Grenade ?
Rappelons ici que les Sémites ont introduit la civilisation au sens propre en Espagne vingt siècles et non sept avant l’E.C. et que leur présence a ainsi duré trente-cinq siècles. En témoignent les noms de plusieurs grandes villes dans la péninsule ibérique, du nord au sud, de Barcelone à Cadix, et d’est en ouest, d’Almeria à Lisbonne. Le nom même de l’Espagne, jadis His-palis, tire son origine du « Grand Baal » Eth-Baal, célébré par le nom du « Fleuve du Grand », le Guad-al-Quivir qui traverse la ville de Séville, comparable au Fleuve Kébar de Babylonie cité par Ézéchiel, en akkadien Naru-Kabari, et au Nahr al-Kabir à la frontière nord du Liban avec la Syrie. Le nom d’origine de Séville est Esh-bilia, se référant aussi au Eth-Baal.
Aux Européens, à l’Espagne et la France de bien méditer cette longue histoire de leurs propres pays, car nul ne sait ce que réservent les lendemains.
L’État juif, c’est l’Europe en miniature
L’Europe chrétienne a été attaquée par le Jihad sur deux fronts, à l’ouest par les Jihadistes venus du Maroc et à l’est par les Ottomans.
L’Europe fut prise en tenailles par cette guerre sans merci. Israël est pareillement pris en tenailles aujourd’hui, à l’ouest par le Jihad du Hamas à Gaza et à l’est par le Jihad du Fatah en Cisjordanie.
L’Europe fait face aujourd’hui à un défi sérieux du fait de l’immigration massive de musulmans, qui tiennent à leur religion et c’est leur droit. Mais des intégristes aussi font partie du voyage. De la même manière, Israël est défiée par les Arabes israéliens, dont une minorité se définit d’abord palestinienne, représentée par des élus plutôt anti-israéliens.
L’Europe de l’Ouest ne doit pas s’imaginer que son soutien à la création d’un État palestinien en Terre Sainte va définitivement écarter les menaces islamistes qui pèsent sur elle.
Un combat commun
Le combat contre le Jihad est l’affaire de tous et certes, d’abord, des musulmans eux-mêmes. Avec ses exécutants sur le terrain, ignorants et barbares, ce courant qui se réclame d’Allah devient irrémédiablement une offense à Allah. Il nuit à l’image et à la sainteté de l’islam qui devrait d’abord être une religion de paix et de fraternité avec toute l’humanité et surtout avec les deux autres religions monothéistes.
Les chrétiens croient que le Fils de Dieu s’est sacrifié pour les humains, les musulmans croient que le sacrifice des humains plaît à Dieu.
Au lieu de tels sacrifices, les humains devraient d’abord s’aimer et se tolérer entre eux, laissant Dieu faire son travail sans chercher à se substituer à Lui.
« Tu aimeras ton prochain comme toi-même »,ton prochain sans distinction d’aucune sorte, tel est le principe fondateur de toute la Loi de Moïse, disait un auteur du II° siècle.
Aimer son prochain, c’est aimer Dieu, le Dieu qui a créé l’homme par amour et qui ne lui dicte que l’amour du prochain. GA♦

Gad Amar, MABATIM.INFO
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Il n’y a pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre, et plus aveugle que celui qui ne veut pas voir.Bien sûr que tous ceux qui s’égosillent jusqu’à en perdre la voix savent que leur « solution à deux Etats » est un piège à cons auquel ils ne croient pas.L’UE qui finance les Israéliens de l’intérieur chargés de calomnier leur propre pays, le criminaliser et le présenter comme un « Etat d’apartheid » souhaite au fond d’elle-même, la disparition pure et simple d’Israël.En attendant, elle fait tout pour le présenter comme un Etat terroriste qui persécuterait les mendiants sans dignité qui passent leur temps à pleurnicher et à diffamer Israël.Leur prétendue « cause » n’intéresse pas du tout leurs « frères » qui n’en veulent pas chez eux. Israël devrait proclamer haut et fort qu’il n’y aura jamais « d’Etat palestinien » terroriste à quelques kilomètres de leur pays, et que les mendiants pleurnichards ont tellement raté d’occasions qu’il ne reste plus rien à leur proposer en dehors d’une annexion.Il reste à négocier avec la Jordanie, le retour de toute cette pourriture pour en finir avec ce problème créé par la Perfide Albion qui a volé le « Foyer Juif » et qui a laissé derrière sa colonisation criminelle, des Etats en guerre insolubles.
Combien de fois faudra-t-il répéter que ce conflit n’est pas territorial, il est purement religieux, les zarabes n’accepteront jamais d’avoir dans leur proximité un Etat Juif ???
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Excellent article brillant !
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