
Par Yéochoua Sultan,
[3 novembre 2025]
Pinhas Yéhezkéli est un ancien commissaire divisionnaire de police. Notamment commentateur politique, il intervient dans différents médias. La Procureure de l’armée vient d’être arrêtée. Elle est interrogée pour dissimulation voire falsification de preuves.
Vraisemblablement, il doit exister des éléments nouveaux dans l’affaire de la base de Sdé Teiman, qui a éclaté en juillet 2024 :
Des réservistes chargés de surveiller des pogromistes du 7 octobre2023 sont accusés de sévices sur des prisonniers. L’affaire démarre par un film repris par la 12ᵉ chaîne, qui fait boule de neige à l’étranger jusqu’à inverser les rôles entre agressés et agresseurs.
Si Gaï Peleg du journal de la 12 prend l’information pour argent comptant, en revanche, Ayala Hassoun, de la 11, démontre qu’il s’agit d’un faux.
Peu importe, les réservistes visés sont brutalement arrêtés et mis sous silence.
À l’étranger, il semble que ce film sensationnel ne soit pas étranger à la recrudescence d’un antisémitisme autant virulent que vigoureux, qu’avait momentanément jugulé le malaise moral déclenché par le plus grand déferlement de violence contre des Juifs depuis la seconde Guerre mondiale.
On aurait pu se décourager et considérer qu’il n’y a plus aucune justice. Et la Procureure d’y aller de ses sermons :
« …le soldat, quels que soient les risques encourus, sait qu’il est assujetti à des ordres et à un code moral… nous sévirons et ne laisserons rien passer… en outre, il faut tenir compte du droit international, ça ne va pas se passer comme ça… » et ainsi de suite…
Mais voilà que, plus d’un an plus tard, comme une éclaircie au milieu d’un orage, on apprend que la Procureure est placée en vacances forcées, pour ne pas dire démise de ses fonctions. Et puisqu’elle est soupçonnée de tremper dans l’affaire de la fuite du film – car même s’il avait relayé des faits réels, l’affaire aurait dû être traitée loin des projecteurs – brusquement l’opinion se rappelle l’affaire du faux.
– Après la simulation d’un possible suicide (voiture personnelle abandonnée non loin de la mer, près de la plage séparée d’Herzliyya, au lieu dit « Plage de la falaise », mais l’intéressée retrouvée vivante vers 19 h dimanche 2 novembre.),
– et les oraisons funèbres précipitées de Chikma Bresler (vous savez, celle qui disait avant le 7 octobre 23 à Netanyahou qu’il n’aurait plus d’armée en cas de coup dur et qu’en effet il n’y a eu aucune réaction officielle pendant six heures ; celle qui voulait, avec l’aide de ses amis haut-placés, intimider la députée Tali Gotlib qui avait révélé publiquement que Mme Bresler est en couple avec un haut-placé du Shin Beth, et j’en passe et des meilleures pour reprendre une expression chère à l’oncle de notre nouveau chef du Renseignement intérieur) qui accusait toute la droite – toute – d’avoir provoqué la mort de son compagnon d’armes,
… Mme Tomer Yérouchalmi – Procureure de son statut – est enfin arrêtée.
Si la police a pu centraliser ses recherches grâce à son téléphone portable dont la dernière utilisation l’a conduite jusqu’au lieu où elle s’était garée, son appareil demeure introuvable1 et cette perte éveille de nouveaux soupçons.
Pour notre observateur, M. Yéhezkeli2, donc, il pourrait ne s’agir que de la partie visible de l’iceberg. Il soupçonne une conspiration. Complotiste !!!
Il s’explique sur Aroutz Tov, chaîne indépendante :
« Si je me fie aux informations diffusées par les médias en général, un médecin-chef, militant de l’extrême gauche, auteur d’une campagne internationale contre Israël, impliqué dans les mandats d’arrêts contre les membres du gouvernement, est le premier à s’être occupé du terroriste (prétendu victime des réservistes).
Il est l’auteur du certificat médical par lequel tout a commencé.
Pourtant, il est anesthésiste et non pathologiste.
Puis deux agents du Shin Beth se rendent à l’hôpital pour convaincre le terroriste qui soutient jusque-là qu’il n’a pas subi de sévices, contrairement à ce qui figure sur le document, de changer d’avis.
Si tous ces éléments sont véridiques, n’y aurait-il pas une tentative de notre élite de détourner notre attention du véritable problème, et de nous pousser à nous focaliser sur la Procureure ?
Est-ce que toute cette théorie du complot sera confirmée pour finir pour devenir un véritable complot, et quelles en seront les implications ? »
Pour le député du Likoud Moché Saada3, il est question de tout un édifice dont une première brique se serait déchaussée.
« Nous avons affaire à une association de malfaiteurs. Il ne s’agit pas seulement de la fuite d’une cassette, mais de la loi du silence.
Et qui se trouve à la tête de cette organisation ? La Conseillère juridique du gouvernement. »
Cette dernière n’en démord pas, cependant. S’accrochant aux cornes de l’Autel4, elle tient tête au ministre de la Justice, Yariv Lévin.
Pour elle, il ne dispose pas des prérogatives nécessaires pour la dessaisir de l’affaire de la Procure militaire, bien qu’elle n’ait rien fait depuis plus d’un an. Elle soutient que le seul personnel autorisé se compose d’elle-même, du Procureur de l’État, du chef du département des Enquêtes et du Renseignement.
Moché Saada ne s’est pas laissé impressionner et a rédigé à l’intention du ministre un avis juridique, étant donné que le point de vue de la Conseillère est frappé d’obsolescence en situation de grave manquement, ce qui est le cas en l’occurrence. Il s’explique :
« Qui doit ordonner l’arrestation et l’interrogatoire de la Procureure ? La Conseillère juridique.
Mais elle ne le fera jamais puisqu’ils se couvrent les uns les autres. J’ai contacté l’adjoint de la Procureure : “Vous savez que vous agissez contre la loi, que tout cela n’est que du bluff. Vous savez bien que vous êtes en conflit d’intérêt puisque la Procureure est votre supérieure hiérarchique. ”»
Saada évoque l’urgence. « On n’est plus dans la salle d’attente du médecin de famille, on est aux urgences. »
Néanmoins, malgré la rapidité relative de la mise en place de la procédure ayant conduit à la double-arrestation de la Procureure – sa seule démission du 31 octobre étant insuffisante – mais aussi du procureur militaire en chef, des éléments cruciaux restent introuvables, dont bien sûr le portable de la principale intéressée.
Moché Saada est néanmoins confiant, la justice est en cours.
(À suivre…) YS♦

Yéochoua Sultan, Vu sous cet angle
1 https://www.inn.co.il/news/682193
2 https://www.youtube.com/watch?v=o7TQtVu-v8Q
3 https://www.youtube.com/watch?v=SCpYQSGsz5M
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