Par Liliane Messika,
[3 janvier 2026]
La propagande n’est plus ce qu’elle était

Dans les dictatures, la propagande est distribuée directement par des officines étatiques aux médias et au corps enseignant. Dans les démocraties, la méthode est plus discrète et s’adresse aux adultes.
Mais constatant le succès de l’éducation palestinienne, que ce soit à Gaza ou dans le territoire de l’Autorité palestinienne, des journagandistes professionnels ont créé Le Monde des Ados, qui a investi les esprits des élèves français de 10 à 15 ans, comme leur papa avait colonisé les salles des profs.
Ce jeune titre, qui se prétend « média de confiance pour informer vos ados »,décrit ainsi sa mission de cryptage extrême-gauchiste del’actualité :
« Chaque mercredi, c’est l’hebdo qui permet d’être au courant de l’essentiel ».
Qu’est-ce qu’il enseignait d’essentiel à l’école, Le Monde des ados, dans son numéro du 17 décembre 2025, soit trois jours après qu’une gamine de l’âge de ses lecteurs avait été tuée, à Sydney, par deux islamistes qui visaient des Juifs ?
Gaza sert à introduire un dossier sur « La Cisjordanie, un territoire occupé ». Le pogrom y figure en deux lignes d’un prologue qui en compte neuf :
« le 7 octobre 2023, le Hamas, une organisation terroriste palestinienne a attaqué Israël. »
Y a-t-il eu des victimes ? Oui, une seule, la paix :
« Cela a déclenché une guerre à Gaza. » (« Cela », pas le Hamas)
Les sept lignes suivantes font rapidement oublier Gaza et cet épisode malencontreux et sans conséquence, car le chiffon rouge destiné à susciter les réflexes antisém… euh, antisionistes, est aussitôt brandi avec son lot de « mots noirs »1 :
le gouvernement israélien est « le plus extrémiste de l’histoire ».
Pour mieux noyer le poisson, la date du 7 octobre 2023 sert de point d’appui à l’accusation contre l’État juif, qui mènerait, en « Cisjordanie occupée », « une politique de colonisation encore plus forte qu’avant. »
L’avantage d’un slogan par rapport à une information, voire une ré-information, c’est qu’il est agréable à l’oreille et qu’il se chante machinalement, comme un refrain, alors que l’Histoire demande un minimum de concentration intellectuelle.

Israël ne répond pas à la définition d’un colonisateur et son « occupation », temporaire, est autorisée par les Accords d’Oslo...
Mais pour éviter ces faits dérangeants, le mot magique « Gaza » est répété à chaque refrain du succès planétaire :
« Tuez les
Juifssionistes ! »
Les mots noirs ne sont pas réservés au marketing
Quand on parle à des adolescents, dont le sens de la nuance comporte surtout des pistes de progrès, peu de mots sont aussi noirs, aussi déclencheurs de violence, que « colonisation » et « extrême-droite », voire « très religieux ». Ce dernier, hors contexte de l’islam, relève de la beaufitude absolue en plus du chiffon rouge.
Parmi les stimuli pavloviens verbaux, citons aussi « ONU », qui est encore, pour les jeunes, un synonyme de « droit et justice ». Ce n’est évidemment pas Le Monde des Ados qui leur dira que le droit et la justice sont votés « démocratiquement » (1 État = 1 vote) par 96 dictatures et 71 démocraties et qu’ils n’aimeraient pas vivre dans un pays gouverné en fonction de ce rapport de forces.
Jamais Le Monde n’explique aux ados que
21 % de la population israélienne est constituée d’Arabes (musulmans et chrétiens) qui jouissent exactement des mêmes droits que les Juifs : un parti arabe islamiste a même appartenu au gouvernement israélien en 2021-22.
Chut ! Qui reprendrait en chœur « Apartheid », s’ils le savaient ?

De nombreuses propositions de paix ont été faites à la partie palestinienne, dont une acceptait la quasi-intégralité de ses revendications. Elle a été refusée comme les autres…
Depuis, le titre de rap favori des adolescents est « De la rivière à la mer, la Palestine sera libre ». Il implique que le territoire israélien doit être extirpé du moindre Juif. Si Jésus revenait aujourd’hui, il serait considéré comme un « colon » haïssable.
Il ne s’agit pas d’un conflit territorial, mais exclusivement religieux, puisque, au moment de la rédaction, à Moscou, de la charte palestinienne originelle, il était bien spécifié que l’OLP ne revendiquait « ni la Bande de Gaza ni la rive occidentale du royaume hachémite de Jordanie » qui étaient déjà musulmanes.
Encore un « détail de l’Histoire » qui ne gagne pas à être connu, car il contredit le sentiment national palestinien supposé exister depuis Neandertal.
Les nombres peuvent aussi être des « mots noirs »
« 1 017 Palestinien·nes2 dont 221 enfants tués en Cisjordanie depuis 2023 ».
Le scandale n’est pas ces morts, mais le fait qu’il n’y ait eu que 59 tués israéliens.
Aucun de ces chiffres n’est sourcé. Ceux du côté palestinien étant toujours invérifiables, il se peut qu’en les divisant par 2 ou 3, on obtienne le nombre de terroristes abattus par l’armée israélienne, qui a poursuivi les brigades du Hamas jusqu’à Jénine. Mais des femmes et des enfants ? Peu probable : Tsahal sait qu’elle a trop à perdre (et l’Autorité palestinienne tout à gagner) si elle fait des victimes civiles. D’où les précautions qu’elle prend, « visant à minimiser le nombre de victimes collatérales ».
Puisqu’on parle de Jénine, cette ville a fait la Une du Monde et des autres, en 2002, car les Israéliens étaient accusés d’y avoir tué 500, non des milliers de Palestiniens, en majorité des femmes et des enfants :
« À Jénine, c’est pire qu’à Auschwitz » en avait conclu José Saramengo, prix Nobel de littérature.
– Quelques mois plus tard, un rapport de l’ONU publiait le bilan réel, approuvé par l’Autorité palestinienne et par l’armée israélienne : en tout, 52 Palestiniens avaient été tués, et 23 Israéliens.
Bien sûr, des « colons » commettent des délits ou des crimes contre des biens ou des personnes palestiniens. Les criminels juifs sont arrêtés et jugés par la justice israélienne. L’un d’entre eux est en prison à vie.
Le nom d’aucun d’entre eux n’a été donné à des écoles et aucun n’est célébré comme un héros dans les livres d’Histoire, que ce soit dans la Gaza du Hamas ou en « Cisjordanie occupée », où règne depuis 20 ans un Président élu pour 4 ans (autre précision oubliée par l’hebdo qui permet d’être au courant de l’essentiel).
Les chiffres à l’épreuve des maths
Le sujet de l’article est la « Cisjordanie ». Il s’agit, en réalité, de la Judée-Samarie. C’est sous ce nom tri millénaire qu’elle est mentionnée en 1947 dans la Résolution 181 de l’ONU :
« La frontière de la région accidentée de Samarie et de Judée part du Jourdain… »
Si plus de 20 % des Israéliens sont arabes, on ne trouve pas un seul juif dans les deux Palestine. Les seulement 59 morts évoqués sont probablement des victimes civiles d’attentats perpétrés, en Israël, par des Palestiniens.
D’autres détails sont passés sous silence :
- les différences entre égalité citoyenne du côté de la démocratie et nettoyage ethnique du côté des deux dictatures,
- les termes « occupation » et « colonisation » utilisés comme arguments d’autorité alors qu’ils sont des opinions infirmées par les faits et le Droit,
- celui des traités signés par les États, pas celui des idéologies majoritaires à l’ONU…
Qu’attend le ministère de l’Éducation nationale pour empêcher les propagandistes de semer la graine de la guerre civile dans les écoles ?
Lorsque les terroristes de Sydney ont tué 15 Juifs sur la plage de Bondi, le 14 décembre 2025, cela faisait plusieurs années qu’Israël avait mis en garde le gouvernement australien contre son laxisme vis-à-vis des « antisionistes ».
Depuis vingt ans, les 16 Juifs tués en France parce qu’ils étaient juifs, l’étaient presque tous à l’unité, sauf ceux de Toulouse en 2012 et ceux de l’Hyper Cacher en 2015.Tous ont été tués par des musulmans et la plupart en référence à la Palestine.
Les Juifs ne sont pas des fusibles qui protègent les autres Français.
Ils sont les canaris dans la mine : ceux qui meurent en avertissant du danger quand il est déjà trop tard. LM♦

Liliane Messika, Dreuz
1 Dans le business, mots qui ont une connotation désagréable, anxiogène ou négative dissuasive pour les clients.
2 Écrit en inclusif, c’est-à-dire excluant la possibilité de prononcer l’écrit, ce qui est particulièrement indiqué pour des élèves ayant déjà tendance à privilégier l’écran au texte…
En savoir plus sur MABATIM.INFO
Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.


Le Monde, Liberation et les médias du Sévice Public ne sont rien d’autre que les porte-voix de l’Etat « français », qui lui-même n’est rien d’autre qu’une vitrine de la mouvance islamonazie et indigéniste dont l’idéologie raciste, antisémite et criminelle est progressivement devenue une idéologie d’Etat. A tous les niveaux : scolaire et universitaire, médiatique, judiciaire etc….A fortiori depuis 2017 : l’année fatale. Schéma identique au Royaume-Désuni et dans d’autres pays de ce que certains nomment le « » »Monde Libre » » ». C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je n’ai pas été surpris par la reconnaissance d’un pseudo Etat « palestinien », c’est-à-dire en réalité d’un État du Hamas, par Emmanuel Macron et Keir Starmer. Ce soutien diplomatique à des SS islamistes s’inscrit logiquement dans le cadre de leur politique collaborationniste.
J’aimeJ’aime