
Par Yves Mamou,
[11 janvier 2026]
Le président Donald Trump a annoncé le 7 janvier, que les États-Unis allaient se retirer de 66 organisations et traités internationaux. Nombre de ces organismes sont dédiés au climat– Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) ; GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) – et à ses annexes comme les énergies renouvelables, les océans et l’eau. La moitié (31) de ces entités appartiennent à l’ONU (UNFPA, ONU Femmes, CNUCED, programmes sur la démocratie, le développement, la paix, etc.).
La présence des États-Unis au sein de ces organismes a été jugée « contraire aux intérêts américains ». La Maison-Blanche a souhaité rompre avec les « agendas mondialistes » qui « érodent la souveraineté » des États-Unis.
Ces mesures relèvent de la « diversité » et du wokisme, deux domaines idéologiques contre lesquels l’administration actuelle est en lutte.
« L’époque où des milliards de dollars d’argent public finançaient des intérêts étrangers au détriment de nos concitoyens est révolue », a ajouté Marco Rubio, secrétaire d’État. dans un communiqué.
Donald Trump et Marco Rubio ont également présenté ces structures comme redondantes, mal gérées, ou prises en otages par des États adversaires des États-Unis.
Un processus ancien
Comme ce blog, Décryptages, l’a souligné à plusieurs reprises depuis un an – ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici –,

La démarche trumpienne doit s’analyser comme un retour à l’État-nation qui a cessé d’être la norme en Occident depuis presque quarante ans...
D’autres retraits d’organismes multilatéraux ont déjà eu lieu, comme le Conseil des droits de l’homme de l’ONU (2018), l’Organisation mondiale de la santé (OMS, 2025), l’UNRWA (l’agence des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine au Proche-Orient, 2025), et l’UNESCO (l’agence culturelle des Nations Unies ; 2018 et 2026), sans oublier l’accord de Paris sur le climat (2025)
REJET DE L’ONU ? OU REJET DE L’IDÉOLOGISATION DU CLIMAT ?
Les États-Unis sont-ils hostiles à l’ONU et au multilatéralisme en général ? Ou à la politique climatique menée par l’ONU ?
Multilatéralisme et climat ne sont ni équivalents, ni secondaires l’un par rapport à l’autre. Mais ils sont imbriqués l’un dans l’autre.
Une chose est sûre, l’administration Trump est hostile au multilatéralisme climatique.
1 – L’hostilité de Donald Trump à la gouvernance climatique internationale joue à trois niveaux :
a) Au plan scientifique.
« Auparavant, ils disaient “échauffement climatique” et aujourd’hui ils disent “changement climatique”. Là est “l’arnaque” », déclarait publiquement Trump en septembre 2025.
Pour Donald Trump, il n’existe aucune preuve tangible d’un trouble climatique créé par l’activité humaine ; mais il existe une idéologie qui affirme que l’homme est à l’origine de tous les maux.
Le récit trumpien est le suivant :
Des élites académiques, des ONG et des agences internationales ont transformé une hypothèse scientifique en consensus moral ; puis ont exporté cette hypothèse dans des forums faiblement démocratiques (ONU), lesquels ont fait du climat une contrainte juridique et économique permettant de contourner les parlements, d’imposer des politiques impopulaires, et de neutraliser l’alternance démocratique.
b) Le changement climatique est « la plus grande escroquerie jamais perpétrée contre le monde », a déclaré Trump devant l’Assemblée générale des Nations Unies en septembre 2025.
c) Au plan économique : tous les mécanismes de redistribution imaginés pour réduire le réchauffement climatique sont défavorables aux États-Unis au plan économique. L’annonce du retrait des États-Unis de l’accord de Paris en 2017 était motivée ainsi :
- « perte de 2,7 millions d’emplois d’ici 2025 » ;
- « baisse de production dans les secteurs suivants : papier (-12 %), ciment (-23 %), sidérurgie (-38 %), charbon (-86 %) et gaz naturel (-31 %) » ;
- « 3 000 milliards de dollars de PIB perdus et 6,5 millions d’emplois industriels supprimés ».
Ces mêmes Accords climatiques se révèlent très indulgents envers la Chine et l’Inde :
– « La Chine sera autorisée à construire des centaines de centrales à charbon supplémentaires. Nous, en revanche, ne pouvons pas en construire […]
– L’Inde sera autorisée à doubler sa production de charbon d’ici 2020. […] Et nous, on est censés supprimer la nôtre !
– Même l’Europe est autorisée à poursuivre la construction de centrales à charbon » s’exclamait Trump en 2017.
Au plan politique, des bureaucraties transnationales non élues émergent qui prennent le pas sur les nations.
« Nous cesserons de subventionner les bureaucrates mondialistes qui agissent contre nos intérêts », a déclaré le secrétaire d’État Marco Rubio.
D’autant que ces organisations sont « coûteuses, inefficaces et nuisibles » aux intérêts américains. Notre pays ne financera plus des organisations radicales comme le Green Climate Fund (GCF) dont les objectifs vont à l’encontre du fait qu’une énergie abordable et fiable est fondamentale pour la croissance économique et la réduction de la pauvreté », a déclaré Scott Bessent, secrétaire du Trésor au sein de l’administration Trump.
2 – S’attaquer à l’idéologie climatique, oblige d’attaquer l’ONU
Une certaine malveillance médiatique présente le président Donald Trump comme opposé à toute forme de coopération internationale. Ou comme une personne qui préfère des « deals » plutôt que des accords normés et normatifs.
Là réalité est que l’administration américaine pense que l’Organisation des Nations Unies a cessé d’être un outil fiable.
a) Les arènes internationales ont des logiques perverties
Depuis longtemps, les think tanks conservateurs américains analysent les arènes internationales comme des foires d’empoigne très éloignées des idéaux de l’après seconde guerre mondiale.
« Les Russes, les Cubains et les Iraniens tirent les ficelles de l’institution pour piéger leurs adversaires. L’Iran a mené l’Agence internationale de l’énergie atomique en bateau, et aucun pays ne maîtrise mieux les rouages du Conseil de sécurité que la Russie, à l’exception peut-être de la France. Depuis des décennies, les Cubains utilisent l’ONU comme tribune pour attaquer les États-Unis tout en se protégeant des critiques concernant leurs violations des droits de l’homme. La Russie utilise souvent le Conseil de sécurité pour faire échouer les initiatives américaines. La Chine agit de même. Le G-77 et les blocs islamiques ont usé de leur influence pour inventer des concepts internationaux pernicieux tels que « l’islamophobie » afin de saper la liberté d’expression » etc explique La Heritage Foundation.

Monter des coopérations dans un tel contexte ne peut produire que des résultats (très) aléatoires…
b) qui menacent la souveraineté nationale
Dans le discours qu’il a prononcé à la 73ᵉ assemblée générale de l’ONU en 2018, Donald Trump a affirmé que
« Nous (les États-Unis) ne céderons jamais la souveraineté américaine à une bureaucratie mondiale non élue et irresponsable. L’Amérique est gouvernée par les Américains. Nous rejetons l’idéologie du mondialisme et nous adhérons à la doctrine du patriotisme. »
En 2018 encore, John Bolton, à l’époque conseiller à la sécurité nationale au sein de l’administration Trump, expliquait aux membres de la Federalist Society, que
La Cour pénale internationale (CPI)représentait« une menace inacceptable pour la souveraineté américaine et les intérêts de sécurité nationale des États-Unis ».
c) et courent le risque de passer sous le contrôle d’États voyous ou de terroristes
En 2020, en pleine pandémie de Covid-19, la première Administration Trump avait reproché à l’OMS d’être trop complaisante avec la Chine où étaient apparus les premiers cas de Covid-19.
« Les faux pas répétés de votre part et de votre organisation pour répondre à la pandémie ont coûté extrêmement cher au monde. La seule voie à suivre pour l’Organisation mondiale de la santé est de prouver son indépendance vis-à-vis de la Chine », avait écrit Donald Trump à l’OMS en 2020.
La facilité avec laquelle le mouvement terroriste palestinien Hamas a infiltré l’UNRWA, l’agence de l’ONU dédiée aux seuls réfugiés palestiniens, n’a pas adouci le jugement de l’administration Trump sur le multilatéralisme.
Inclure des pays totalitaires au sein de l’ordre international ne les a pas transformés en « partenaires responsables. La Stratégie de défense nationale de l’administration Trump en 2018, reconnaissait déjà l’échec de cette approche.
« La Chine et la Russie sapent aujourd’hui l’ordre international de l’intérieur du système en exploitant ses avantages tout en affaiblissant les principes et les règles du jeu »
CONCLUSION
L’ONU était supposée corriger le désordre du monde. Mais sa présence ajoute au désordre du monde.
Ce constat a amené l’administration Trump à se retirer d’organismes multilatéraux qui ne remplissent plus leur mission.
La rupture trumpienne ne vise pas à détruire l’ONU pour le plaisir mais à refuser de participer à une coopération instrumentalisée et manipulée qui affaiblit les démocraties et renforce les régimes totalitaires.
Ces retraits exposent les États-Unis à un isolement relatif, à une perte d’influence et à des critiques. Mais ils mettent en lumière un fait terrible :

Les démocraties occidentales ont cessé de représenter un modèle pour l’ensemble des pays d’Afrique, d’Amérique Latine ou d’Asie. YM♦

Yves Mamou, Décryptages
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Existe-t-il encore des « démocraties occidentales » ?…Les États-Unis, peut-être, à la rigueur. Un retour des « démocrates » islamonazis à la maison blanche sonnerait le glas de la démocratie nord-américaine ou de ce qu’il en reste.
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« Les démocraties occidentales ont cessé de représenter un modèle pour l’ensemble des pays d’Afrique, d’Amérique Latine ou d’Asie ». Oui , et après?
La démocratie est-elle un « modèle éternel », l’alpha et l’omega?
L’occident (global?) est-il un exemple paradisiaque?
La préoccupation climatique est-elle spécifique à l’occident?
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