
Par Liliane Messika,
[5 janvier 2026]
Le 3 janvier 2026, les troupes envoyées par Trump au Venezuela ont capturé le président Nicolas Maduro qui, comme tous les dictateurs, vivait dans une forteresse militairement gardée. Les images de Maduro, menotté, emmené par des soldats américains vers une cellule en attendant d’être jugé ont fait le tour du monde.
Trump s’est félicité du succès de son opération, mais c’est Israël que la vice-présidente vénézuélienne a accusé.
Trump sidère l’Occident : il dit ce qu’il va faire et il le fait !
Cette cohérence inouïe entre le dire et le faire a provoqué des ictères cholestatiques chez les pays frères fascistes et chez les fascistes de tous les pays.
Le mot « fasciste » n’est pas employé à la légère et le Prix Nobel de la paix 2025 n’a pas été attribué pour rien à Corina Machado, une opposante à Maduro, que celui-ci a empêchée de se présenter aux élections.
Sa réélection à lui, le 29 juillet 2024, avait été vivement contestée dans le pays. Son adversaire était largement en tête dans les sondages et probablement dans les votes exprimés. Les résultats officiels avaient donné lieu à de nombreuses manifestations, suivies de violences de la part du réélu bananier. Les milices armées pro-gouvernementales, alias « los colectivos » (« les collectifs »), s’en sont donné à cœur joie : meurtres, arrestations, poursuites arbitraires, harcèlement d’opposants…
Outre les dégâts causés par leur psychopathologie mégalomaniaque, Maduro et son prédécesseur, Ugo Chavez, ont réussi l’exploit économique de ruiner un pays classé deuxième mondial en termes de réserves de pétrole brut, et la prouesse idéologique d’être, à presque 12 000 km de distance, les plus proches soutiens des mollahs iraniens. Des liaisons aériennes clandestines relient Téhéran à Caracas avec des cargos transportant des armes, de l’or, des matières interdites (potentiellement nucléaires) et des membres des gardiens de la révolution islamique (CGRI) iranienne et du Hezbollah. Si ces vols, « aeroterror » pour les intimes, ont suscité l’inquiétude de la communauté internationale, cela ne s’est traduit que par quelques murmures, car pour les dirigeants des démocraties molles, l’avenir de la planète, c’est le prochain suffrage et pendant le terrorisme, leurs affaires continuent.
C’est même la France qui avait inventé Instex, le mécanisme permettant de commercer avec l’Iran en contournant les sanctions américaines.
Le bulldozer Trump ayant succédé à Joe Bidon, la guerre à la drogue est l’un de ses objectifs.
Le nouveau shérif en ville (© Yves Mamou)
C’est dans le cadre de la lutte anti-drogue que Trump a envoyé la Delta Force exfiltrer, manu militari et sine lege onusienne1, Nicolas Maduro. Celui-ci devra répondre de l’accusation de direction d’« une campagne de narco terrorisme meurtrier contre les États-Unis et leurs citoyens », d’« acheminement de tonnes de cocaïne vers les États-Unis » et d’« alliance avec la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) ».
La NSS, stratégie de sécurité nationale, publiée début décembre, indiquait clairement que les États-Unis ne resteraient plus passifs pendant que des criminels bâtiraient des empires de la drogue visant principalement les jeunes Américains.
Cette démonstration de ce qu’est une action régalienne envoie, par la même occasion, un message aux mollahs iraniens, qui répriment leur population avec une violence inédite (1500 personnes exécutées par pendaison rien qu’en 2025). Les dirigeants européens envisagent, eux, de s’attaquer à ces criminels avec des nounours, des bougies et (peut-être) de molles protestations.
L’opération américaine sent le sioniste à plein nez
On ne prête qu’aux riches et, comme chacun sait, les Juifs possèdent les banques, les médias et les gouvernements du monde entier. Pensez, ma bonne dame, y sont 15 millions sur la planète, y z’ont donc aucune difficulté à se mettre 1,7 milliards de chrétiens dans la poche pour anéantir près de deux milliards de musulmans ! Leur colonialisme impérialiste est la cause de toutes les guerres dans le monde. Savez-vous que leur État représente 0,03 % de la superficie du Moyen-Orient ? 20 000 km ², 148èmes mondiaux sur 1932, vous voyez l’hyperpuissance !
C’est cette hégémonie que la vice-présidente vénézuélienne, Delcy Rodríguez, dénonce, quand elle juge qu’Israël est à l’origine du malheur auquel est confronté le tout petit père du peuple bolivarien.
Lors d’une allocution télévisée, elle a affirmé qu’Israël était responsable de l’agression étrangère contre le Venezuela. Elle s’était entourée des principaux responsables de la clique Maduro, notamment le président de l’Assemblée nationale Jorge Rodríguez, le ministre de l’Intérieur Diosdado Cabello et le ministre de la Défense Vladimir Padrino López.
L’union fait la force et, dans les dictatures, le récit des dirigeants peut se passer de la réalité, aussi une opération du 3ᵉ plus grand pays du monde peut-elle être décrite comme une « attaque sioniste ».
Dès qu’une crise difficile à surmonter survient dans un pays islamiste ou communiste, on sort le loup hébrou du placard : « L’attaque contre le Venezuela est sioniste ».
La preuve en est d’ailleurs apportée par l’approbation des premiers humanistes qui ont affirmé leur soutien inébranlable à la « démocratie » vénézuélienne : Iran, Chine, Russie, Corée du Nord…

En novembre 2025, pendant les échanges de menaces entre son pays et les États-Unis, le leader maximo lui-même avait déjà utilisé cette grosse ficelle usée jusqu’à la corde. Il avait accusé les « sionistes d’extrême droite » de vouloir « livrer son pays aux démons », dans un discours complotiste parsemé de références à Jésus « niño mártir palestino » (enfant martyr palestinien), devant les Comités de base intégrale bolivarienne.
Certains journalistes prennent la peine de signaler que les accusateurs n’ont jamais apporté le début de la moindre preuve à leurs théories foireuses.
Il faut des preuves, maintenant, pour organiser une corrida contre un bouc émissaire ?
Lendemains qui chantent la Carmagnole
La société vénézuélienne n’est pas aussi différente de notre extrême-gauche qu’on le croit. D’une part, l’ascenseur social y fonctionne aussi bien qu’en France. Nicolas Maduro en est la vivante preuve : conducteur de bus, puis responsable syndical, il est arrivé au sommet sans passer par la case ENA.
Nous avons le même à la maison : Sébastien Delogu, ancien chauffeur de taxi, puis agitateur anti-Uber, est devenu le chauffeur du bolivarien marseillais, qualification suffisante pour accéder à l’hémicycle. Lui n’est même pas passé par la case Histoire niveau CM2.
Ils ont aussi en commun une haine pathologique des Juifs, qu’ils sont capables d’accuser de tout et n’importe quoi, en tout temps et en tous lieux.
L’hystérie palestiniste a fait sauter les sphincters de leur antisémitisme, comme en a témoigné par l’exemple Demeuré Caron sur X :
« Les États-Unis sont quand même beaucoup plus doux qu’Israël : les Israéliens ne se seraient pas embarrassés à kidnapper Maduro et sa femme : ils les auraient réduits en poussière, avec une centaine de membres de leur famille, de leurs amis, de leurs connaissances et de gens qui passaient par là. »
Si on les récompensait tous les trois à la mesure de leur délire, ils seraient dans un hôpital psychiatrique, vêtus d’une camisole de force et coiffés d’un entonnoir, en train de chanter « Los sionistas no pasaran ! » LM♦

Liliane Messika, Dreuz
1 Par la force militaire et sans la lettre de la loi onusienne… mais avec l’esprit des lois, de la Bible à Montesquieu : de « Maduro, ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas que l’on te fasse » à la nécessité de « limiter l’arbitraire et d’empêcher les abus liés à l’exercice de missions souveraines ».
2 Le premier est la Russie : 17 098 242 de km ², le Canada est deuxième avec 9 984 670 km ².
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