La petite mort d’une militante pro palestinienne

Par Liliane Messika,
[9 février 2026]

Il y a six mois, Zikra était jeune, jolie et idéaliste. Aujourd’hui, elle est toujours jeune et jolie, mais elle est désespérée et son militantisme a pris un coup dans l’aile.

Passage à l’acte militant

Zikra est une militante américaine propalestinienne. Elle a réalisé son rêve, en ouvrant un café à Ramallah, le 10 juin 2025. Pas un vulgaire café, mais un « art café », où les Palestiniens alentours de tous âges pouvaient trouver un « espace protégé » où ils pouvaient exprimer artistiquement : peinture, collages, mosaïque, voire objets décoratifs personnalisés. Le tout était financé par les économies personnelles de la militante et par de nombreuses contributions de sympathisants.

Elle avait le palestinisme chevillé au corps et rien n’aurait pu la combler autant que de vivre au milieu des plus damnés de la Terre et d’y être reconnue comme l’une des leurs.

Le problème, c’est que les Palestiniens l’ont bien compris et que c’est donc ainsi qu’ils l’ont traitée.

Surprise !

La société palestinienne est corrompue et la loi qui y est partout appliquée est celle du plus fort.

Zikra aurait pu le savoir avant de quitter les États-Unis pour son Éden fantasmatique, mais les militants pro palestiniens n’écoutent pas d’autre son de cloche que celui du muezzin. Tout le reste n’est que propagande.

Le rêve de Zikra a duré six mois

Elle a raconté sa mésaventure sur X.1

Pour installer son Art-Café, elle avait fait les choses dans les formes : deux contrats validés par des avocats, l’un pour le bail du bar et l’autre pour l’achat du mobilier. Il s’est rapidement avéré qu’aucun des deux n’avait le moindre poids contre les arnaques.

Pendant les six mois où son café a été en activité, elle a reçu la visite de la police palestinienne, qui voulait lui confisquer le mobilier, parce que celui qui lui avait sous-loué le local n’avait pas payé le loyer. Elle a finalement été expulsée. Quand elle a essayé de sauver les meubles en ré-installant son café au deuxième étage du même immeuble, la police l’a arrêtée. Elle est tombée des nues :

« C’est la première fois de ma vie que j’ai été arrêtée pour quelque chose que je n’avais pas fait. »

Bienvenue en Palestine !

Le type qui lui avait vendu le mobilier, un fonctionnaire de la sécurité au sein de l’Autorité palestinienne, l’avait accusée d’avoir volé le frigo et quelques bricoles qui n’avaient pas été saisies.

On ne lui a pas laissé le choix. Elle a revendu ce qui lui restait de possessions terrestres, mais n’a obtenu que 3 % de sa mise initiale. Elle est donc ruinée, sans travail et sans but, car elle a déjà réalisé le rêve de sa vie et ne trouve rien de motivant à revenir vaincue six mois après un départ glorieux vers son paradis imaginaire.

Pour autant, il lui est trop douloureux d’admettre qu’elle s’est trompée :

« Des gens méchants, il y en a partout. Je ne sais pas ce que je vais faire, peut-être rentrer aux États-Unis, ou bien recommencer ici… »

Zikra a subi un dommage minimal : plaie d’argent n’est pas mortelle. Si elle en avait tiré une leçon, ce n’aurait pas été cher payé. En tout cas, sans commune mesure avec les meurtres qui ont remercié les centaines de militants juifs pro palestiniens installés dans des kibboutzim en bordure de Gaza, pour être au plus près de ceux qu’ils voulaient aider et défendre. LM♦

Liliane Messika, Dreuz


1 https://twitter.com/i/status/2015309446436491690


En savoir plus sur MABATIM.INFO

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

Laisser un commentaire. Il sera visible dès sa validation.