
Par Simone Rodan,
[26 février 2026]
Le 20 février 2026, cinq personnes ont été mises en examen en France pour avoir acheminé au moins quarante-sept millions de dollars vers le Hamas sous couvert d’aide humanitaire.
L’homme au cœur du dossier est aussi le même qui a obtenu le mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale contre le Premier ministre israélien. Ce n’est pas une coïncidence.
Le 20 février 2026, le Parquet national antiterroriste a formellement mis en examen cinq personnes pour
- « financement d’une entreprise terroriste »,
- « abus de confiance aggravé en bande organisée »
- et « blanchiment en lien avec une entreprise terroriste ».
Ces cinq suspects gravitent autour des associations Humani’Terre et Soutien Humani’Terre, deux organisations qui présentaient leur mission comme la collecte de dons pour les Palestiniens.
Le chiffre saisi : quarante millions d’euros, dont plus de cinq millions en espèces retrouvés dans les locaux de l’association à Paris, Lille, Lyon et Marseille.
De l’argent liquide, dissimulé dans des bureaux associatifs financés en partie par des subventions publiques françaises. L’enquête avait été ouverte le 3 novembre 2023, moins d’un mois après les attaques du Hamas en Israël. Les premières perquisitions avaient eu lieu en janvier 2024.
Parmi les personnes visées se trouve Khaled al-Shouli, avocat jordanien de soixante ans.
Son nom était déjà apparu lors du gel des avoirs ordonné par le ministère de l’Intérieur en juin 2024. Mais al-Shouli n’est pas un simple gestionnaire de fonds occultes :
En août 2024, il figure parmi les avocats qui soumettent à la Cour pénale internationale une pétition réclamant l’arrestation du Premier ministre Benjamin Netanyahu.
Cette démarche, combinée à d’autres procédures parallèles, aboutit directement au mandat d’arrêt émis par la CPI en novembre 2024.
En juin 2023, il avait lui-même levé le voile sur sa cohérence interne : ce recours à la CPI était, selon ses propres déclarations, une forme de « résistance » à l’« occupation », et cette résistance, précisait-il, « justifiait toutes ses formes » – formule dont nul n’ignore qu’elle inclut la violence.
Ce que révèle le cas al-Shouli ne se réduit pas à un individu. Il illustre une doctrine.
Les réseaux proches du Hamas et des Frères musulmans ont compris, depuis au moins deux décennies, que le rapport de forces militaire ne leur serait jamais suffisant.
Ils ont donc développé une stratégie à plusieurs niveaux, dans laquelle le droit international, les organisations humanitaires et les structures de défense des droits de l’homme ne sont pas des contraintes à contourner – ce sont des outils à conquérir.

L’argent collecté sous couvert d’aide aux Palestiniens finance des opérations terroristes. Les avocats qui gèrent ces flux humanitaires douteux instrumentalisent simultanément la CPI. Les associations caritatives servent de façades au blanchiment…
Pour comprendre l’ampleur de ce qui vient d’être démantelé, il faut remonter vingt-deux ans en arrière.
Humani’Terre n’est pas une création récente. C’est la dernière incarnation d’une opération de financement dont les racines remontent au début des années 2000.
En août 2003, le Trésor américain désigne le Comité de bienfaisance et de secours aux Palestiniens – le CBSP – comme « principal collecteur de fonds pour le Hamas en France ».
Le Canada procède à la même désignation. La France ouvre une enquête préliminaire. Et puis rien.
Le CBSP n’est pas dissous. Ses dirigeants ne sont pas poursuivis. L’organisation continue d’opérer.

En 2018, elle se rebaptise simplement Humani’Terre. Mêmes numéros de téléphone. Mêmes adresses. Mêmes personnels clés. La continuité est totale. L’impunité, absolue. Et l’État français, qui avait tous les éléments en main depuis vingt ans, n’a rien fait…
Pour saisir la profondeur de cet enracinement, il faut suivre la chaîne entière.
Le Hamas est, selon sa propre charte, la branche palestinienne des Frères musulmans.
En France, les Frères opèrent principalement à travers Musulmans de France – anciennement l’UOIF – que les autorités identifient comme le principal vecteur idéologique de la confrérie dans le pays.
L’UOIF était une organisation partenaire officielle du CBSP. Le CBSP est devenu Humani’Terre. Et le président d’Humani’Terre était le trésorier de l’UOIF. La structure est concentrique, les personnels sont interchangeables, et les missions se superposent. Ce n’est pas un réseau informel. C’est une architecture.
En février 2024, une chaîne d’information israélienne diffuse des images prises à l’intérieur d’un tunnel du Hamas, sous Gaza :
- On y distingue un scooter motorisé portant le logo d’Humani’Terre.
- Ce scooter se trouve dans un tunnel de commandement utilisé par les opératifs du Hamas pour circuler entre les caches d’armes et les zones de détention des otages israéliens.

Une association qui avait reçu trente mille euros de financement public français en 2022, dont le matériel se retrouve dans les infrastructures souterraines d’une organisation terroriste…
Le mois précédent, les enquêteurs avaient déjà perquisitionné ses locaux et saisi plus de trente-six millions d’euros. En juin 2024, l’État français ordonne le gel de ses avoirs – renouvelé en juin 2025.
Et comme si ce n’était pas assez sulfureux, le dossier prend une dimension politique supplémentaire avec le cas de Thomas Portes, député La France Insoumise.

– Le 5 octobre 2023 – quarante-huit heures avant les massacres du Hamas –, Portes se rend au Caire pour rencontrer Abu Amir Mutasen Eleiwa, l’un des dirigeants d’Humani’Terre.
– Il publie des photographies de la réunion sur ses réseaux sociaux, bras dessus bras dessous avec Eleiwa.
– Il est accompagné d’une délégation qui inclut Pierre Stambul, coprésident de l’Union Juive Française pour la Paix (UJFP) – organisation antisioniste, elle-même sous enquête pour financement du terrorisme.
– L’Égypte ayant bloqué le passage par Rafah, la délégation rencontre Eleiwa au Caire.
Deux jours plus tard, le Hamas déclenche son assaut. Les photographies sont demeurées en ligne.
L’UJFP elle-même se retrouve aujourd’hui dans l’œil du cyclone judiciaire. En août 2025, le Parquet national antiterroriste a ouvert une enquête préliminaire pour financement du terrorisme à la suite d’une plainte visant les transferts de fonds de l’association vers Gaza. La connexion avec Humani’Terreest directe et documentée :
Ces financements transitaient parAbu Amir Mutasen Eleiwa – le même homme que Portes et Stambul étaient venus rencontrer au Caire deux jours avant le 7 octobre, et qui est identifié comme relais local commun des deux organisations.
La banque Crédit Coopératif a fermé les comptes de l’UJFP. L’association conteste toute irrégularité, affirmant que ses envois de fonds relevaient de l’aide humanitaire aux civils.
C’est précisément cette ambiguïté – sincère chez certains, instrumentalisée chez d’autres – qui constitue le cœur du mécanisme que cette affaire met au jour.
En septembre 2025, Portes quitte une flottille de solidarité avec Gaza pour se rendre au Liban, où il rencontre des responsables du Front populaire de libération de la Palestine, organisation désignée comme terroriste par l’Union européenne et directement impliquée dans les attaques du 7 octobre.
Seize membres de l’Assemblée nationale déposent une plainte formelle contre lui au titre de l’article 40 du Code de procédure pénale.

En décembre 2025, l’enquête parlementaire le cite nommément, documentant ses relations avec la direction d’Humani’Terre et ses réunions avec des responsables du FPLP…
LFI, pour sa part, continue de refuser de qualifier le Hamas d’organisation terroriste, préférant les formulations « actes terroristes » ou « crimes de guerre ». Cette distinction sémantique, dans le contexte de l’affaire Humani’Terre, n’est pas neutre.
Ce que cette affaire révèle, dans son ensemble, c’est une stratégie de long terme qui a parfaitement compris les vulnérabilités des démocraties libérales.

Ces sociétés accordent une présomption de légitimité considérable à tout ce qui se présente sous les labels de l’humanitaire, des droits de l’homme et du droit international…
Ces labels créent des zones de protection quasi automatique, des espaces…
- où la vigilance se relâche,
- où les subventions publiques coulent,
- où les critiques sont immédiatement soupçonnées de mauvaise foi.
L’État français n’a pas agi en 2003, quand le Trésor américain a tiré la sonnette d’alarme.
Il n’a pas agi en 2018, quand l’organisation a simplement changé de nom en conservant tout le reste à l’identique.

La question qui mérite d’être posée, et à laquelle personne ne s’est encore véritablement attelé, est celle des mécanismes qui ont permis cette impunité prolongée :
- la naïveté idéologique,
- la pression des lobbies,
- la crainte des accusations d’islamophobie,
- ou simplement la capture progressive des institutions par les réseaux qu’elles étaient censées surveiller.
Ce que cette affaire démontre dépasse largement le cas israélien.
En investissant méthodiquement le droit international, l’humanitaire et les droits de l’homme, ces réseaux n’ont pas seulement financé le terrorisme – ils ont retourné contre elles-mêmes les institutions censées incarner la justice universelle.
La CPI, les ONG, les associations caritatives sont devenues des chevaux de Troie. Le dommage est double :
Israël en est la cible immédiate, mais ce sont les principes universels eux-mêmes qui sont vidés de leur sens.
Quand la justice devient une arme, c’est la justice qui perd. SR♦

Simone Rodan, Substack
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25 Ans pour attendre et que la realite sort. Et les services anti terroristes Francais ils ont encore dormis????? Honte a la France!!!!! La France Sponsor du Hamas=Terrorisme. ??? J’ai honte pour mon pays. Et notre president le beau « » »Coq » » » » Oui il a autre chose a faire. Et il garde toujours les frontieres ouvertes. C’est lui qui en dix ans a detruit la France…..
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