Par Marc Nacht,
[25 février 2026]

Nous pouvons lire ce qui suit, rapporté par Jacques Le Goff au chapitre IX de son ouvrage La civilisation de l’occident médiéval : Le sentiment d’insécurité.
« Ce qui domine la mentalité et la sensibilité des hommes du Moyen Âge, ce qui détermine l’essentiel de leurs attitudes, c’est le sentiment de leur insécurité. Insécurité matérielle et morale à laquelle, selon l’Église, il n’y a, comme on a vu, qu’un remède : s’appuyer sur la solidarité du groupe, des communautés dont on fait partie, éviter la rupture, par l’ambition ou la déchéance, de cette solidarité. Insécurité fondamentale qui est en définitive celle de la vie future qui n’est assurée à personne et que les bonnes œuvres et la bonne conduite ne garantissent jamais tout à fait.1 »
Ce « sentiment » pour l’auteur de ces lignes n’a rien d’une fantaisie. Il résulte de la « capacité de sentir et d’apprécier un ordre de choses ou de valeurs » (Le Robert).
C’est à l’opposé du déni insultant qu’un certain ministre de la Justice lui avait jadis opposé.
Insécurité « morale », qui évoque quelque résurgence nietzschéenne de Zarathoustra qui avait poussé les hommes devenus incapables de distinguer le bien du mal dans leur dernier retranchement.

C’est le cas des politiciens bavassant leurs condamnations des nervis assassins de Quentin Déranque alors qu’il s’agissait peu ou prou de leurs affiliés…
Et voilà nos « antifascistes » douloureusement embarqués sur un radeau de la Méduse à demi abandonné par son capitaine. Un petit mousse fera bien l’affaire pour beurrer les esprits soucieux.
Et quoi qu’il en soit, lorsque on fait eau de toutes parts, pleurer sur Gaza, assure d’une flottaison internationale.
Et voici ce qui par-delà les siècles fait écho à notre actualité.
« Les risques de damnation, le Diable aidant, sont si grands, et les chances de salut si faibles que la peur forcément l’emporte sur l’espérance. Le prédicateur franciscain Berthold de Regensburg, au XIIIe siècle, donne les chances de damnation à 100 000 pour 1 et l’image habituelle pour évaluer la proportion des élus et des damnés est celle de la petite troupe de Noé et de ses compagnons face à l’humanité massivement anéantie par le Déluge2 ».

Il est donc urgent de nous mettre à construire une nouvelle Arche (surtout pas électrique) face à l’écroulement babélien des repères civilisationnels…
Et Walter Benjamin pressentant la guerre de stigmatiser :
« Pauvres, voilà ce que nous sommes devenus. Pièce par pièce, nous avons dispersé l’héritage de l’humanité, nous avons dû laisser ce trésor au mont-de-piété, souvent pour un centième de sa valeur, en échange de la petite monnaie de l’actuel »3.
Petite monnaie du rejet de l’Histoire qui faisait constater par Pierre Nora
« …qu’il y a des lieux de mémoire parce qu’il n’y a plus d’histoire »4.

Voilà bien ce qui nous pousse à nous méfier d’autant plus de la camelote des commémorations officielles…
J’y verrais les diverses modalités des artifices et des dénégations face au réel de la diffusion d’un islamisme cool par les Frères musulmans et leur intelligence active de la taqiya auquel rien ne fut répondu de la part des gouvernements successifs – malgré les efforts louables de ceux qui furent chargés du Léviathan de l’Éducation nationale.
Mais au final c’est Molière qui l’emporte avec Tartuffe :
« Couvrez ce sein que je ne saurais voir ».
Nous renonçons à consulter le Coran sur la question… MN♦

Marc Nacht, MABATIM.INFO
1 Jacques Le Goff : Le sentiment d’insécurité, La civilisation de l’occident médiéval, Chapitre IX, Arthaud 1967
2 Op. Cit. Chapitre IX
3 Cf. Frédéric Pajak, Manifeste incertain. Les Éditions noir sur blanc. Lausanne.
4 France Culture, septembre 2022.
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