
Par Yves Mamou
[17 février 2025]
On ne combat pas des idéologies totalitaires avec des idées seulement. Il faut aussi les réprimer. Pour Trump, le « DEI » (Diversité Égalité Inclusion) est une figure de l’ennemi.
En 1979, les ayatollahs ont renversé le Shah, voilé les femmes et brandi le Coran pour signifier leur rejet de l’Occident, du progrès technique et de ses modes de vie. Cette « révolution islamique » a irradié sur l’ensemble du monde musulman. Et elle dure encore.
À peu près à la même époque, les Occidentaux se sont mis à ressentir les effets du manque de religion. Les églises se vidaient et les partis communistes perdaient leurs adhérents.
La gauche occidentale s’est alors mise à rêver de société ouverte, de main tendue, de fraternité multiculturelle et d’accueil de tous les réfugiés de la planète.
Cette société bisounours émergente est tombée raide dingue des Palestiniens et a considéré que toute personne qui objectait à l’invasion migratoire devait être combattue aussi vigoureusement que le nazisme.
La « révolution islamique » n’en finit pas d’électriser le monde musulman, mais en Occident, le spasme bisounours pourrait toucher à sa fin.
En novembre 2024, les Américains ont estimé qu’un monde sans frontières, en déclin industriel, et totalement ouvert à l’islam, à l’immigration de masse et au trafic de drogue, ne leur convenait pas. Ils ont alors envoyé Donald Trump à la Maison Blanche.
L’espace manque ici pour dresser un tableau complet de toutes les réponses que le nouveau président a apportées à la demande d’identité et de sécurité que lui faisait le peuple américain.
Mais l’un des premiers décrets du nouveau président a eu pour but de mettre hors la loi tout dispositif DEI : Diversité, Égalité, Inclusion.
Le DEI hors la loi.
Le DEI (Diversité, Égalité, Inclusion) n’était pas une politique officielle du parti Démocrate. Mais après que George Floyd, un Afro-Américain, ait été tué par un policier blanc à Minneapolis en 2020, après que des émeutes ont ensanglanté les grandes villes américaines, la gauche démocrate américaine a cédé aux sirènes du wokisme. Qu’est-ce que le « wokisme » ? Une lutte sans fin contre les discriminations ethniques et sexuelles.
Bien que les dispositifs de ségrégation aient été abolis dans les années 1960, les activistes de gauche et notamment les activités de gauche noirs comme Black Lives Matter, ont imposé l’idée que le racisme régnait en maître aux États-Unis.
Et ces guerriers de l’antiracisme ont réussi le coup de maître d’introduire des commissaires politiques DEI (Diversité, Égalité, Inclusion) à tous les coins de l’administration, des associations, des universités et aussi de bon nombre d’entreprises.
Ces programmes DEI tiennent pour acquis que la société américaine est structurellement raciste,
Qu’être Blanc est un « privilège » scandaleux et que les minorités sexuelles ou ethniques doivent recevoir un traitement privilégié à l’embauche, à la promotion, au salaire, à la formation professionnelle et dans tous les domaines de la vie sociale.
Le 21 janvier, au premier jour de sa prise de fonction, Donald Trump a signé un décret qui ordonne à toutes les agences fédérales de mettre fin « aux programmes DEI et aux préférences radicales et inutiles du gouvernement. À la place, seront réimposées les pratiques traditionnelles d’emploi fédéraux, qui « récompenseront l’initiative individuelle, les compétences, la performance et le travail acharné » : Le mérite plutôt que la discrimination positive.
Dans son discours d’investiture, Donald Trump a déclaré vouloir forger
« une société qui ne tient pas compte de la couleur de peau et qui est fondée sur le mérite ». « Ces programmes ont divisé les Américains en fonction de leur race, ont gaspillé l’argent des contribuables et ont donné lieu à une discrimination honteuse » a ajouté le président Trump.
Sur X, le milliardaire Elon Musk nommé à la tête du DOGE (Département pour l’efficacité gouvernementale) a déclaré que
la suppression des financements DEI avait généré entre le 21 janvier et le 9 février, une économie budgétaire supérieure à un milliard de dollars.
Une miette dans un programme de réduction des dépenses fédérales fixé à 1 000 milliards de dollars au moins. Mais une miette hautement symbolique.
Ce ne sont pas seulement les activités DEI officielles qui ont été mises hors la loi, mais aussi les DEI masquées :
toutes les initiatives qui comprennent les mots « activisme », « égalité des chances », « femmes » et qui pourraient indiquer des programmes DEI masqués, ont été interdits.
Comme toute vraie idéologie, le DEI a fonctionné parce que des gens y croyaient. Le New York Times, journal de la gauche bien-pensante, signale le cas de Diana Macias, écologiste forestière financée par la National Science Foundation à l’Université de Californie à Berkeley, qui s’inquiète des menaces qui pèsent sur son travail de recrutement de personnes issues des communautés tribales pour gérer l’environnement local. Mais l’article ne précise pas si ces personnes issues des communautés tribales disposent de compétences particulières et ancestrales qui les prédisposent à la gestion environnementale ou si elles sont recrutées uniquement sur un critère ethnique et formées ensuite à un travail dont elles ignoraient tout auparavant.
Au Fermilab, Samantha Abbott, une étudiante transgenre en physique se dit effondrée par la disparition d’un drapeau LGBT dans le hall de l’Institut. L’article du NYT ne précise pas si Mme Abbott a été admise au Fermilab en raison de ses talents de physicienne ou si elle cochait la case « minorités sexuelles » du DEI du Fermilab.
On remarquera que les disciplines sportives ou les Noirs excellent (basket-ball athlétisme…) ne disposent d’aucun DEI pour augmenter le nombre de Blancs.
Et le monde des affaires ?

…/… YM♦
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Wokism is Fascism pretending to be manners.
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