
Par Liliane Messika
[28 février 2025]
Quand arrive sur le fil AFP une info triplement dérangeante, comment réagissent les médias ?
– Le Figaro et Libération publient, chacune avec un éclairage différent, cela va de soi.
– Le Parisien et des titres de la fachosphère aussi, ce qui est normal, puisque ce qui dérange Le Monde les arrange…
L’info :
le premier imam ouvertement gay au monde, a été tué par balle en Afrique du Sud.
« Dérangeant » : l’euphémisme du jour
Un imam ouvertement gay ? Ça, c’est l’oxymore qui tue ! En effet, l’islam n’est pas tendre avec les gays, désignés par l’euphémisme « le peuple de Lot » :
« Maudit est celui qui insulte son père, maudit est celui qui insulte sa mère, maudit est celui qui égorge pour un autre qu’Allah,maudit est celui qui change les limites des terres, maudit est celui qui égare un aveugle du chemin, maudit est celui qui a un rapport sexuel avec un animal, maudit est celui qui pratique l’acte du peuple de Lot ». (Rapporté par Ahmed et authentifié par cheikh Albani dans Sahih Al Jami n°5891)
D’après Jabir Ibn Abdillah, le Prophète a dit :
« Certes ce dont j’ai le plus peur pour ma communauté est l’acte du peuple de Lot ».
Et bis, et ter repetita placent :
D’après Abou Houreira (qu’Allah l’agrée), le Prophète (que la prière d’Allah et Son salut soient sur lui) a dit :
« Maudit est celui qui commet l’acte du peuple de Lot, maudit est celui qui commet l’acte du peuple de Lot, maudit est celui qui commet l’acte du peuple de Lot, maudit est celui qui sacrifie pour autre qu’Allah, maudit est celui qui a un rapport sexuel avec un animal, maudit est celui qui se comporte mal avec ses parents, maudit est celui qui change les limites de la terre et maudit est celui qui prétend descendre d’autres que de ses parents ».
Au pays arc-en-ciel, les LGBT musulmans font profil bas, comme partout
Muhsin Hendricks, imam de la mosquée Al Ghurbaah, à Wynberg en Afrique du Sud, avait fait de son établissement un lieu ouvert
« où les musulmans homosexuels et les femmes marginalisées peuvent pratiquer l’islam. Cette mosquée est un espace sûr pour ceux qui vivent à la périphérie de la société musulmane, souvent stigmatisés et ostracisés en raison de ce qu’ils sont, de la façon dont ils choisissent de s’identifier ».
À l’image de l’imam lui-même, qui avait fait son coming out il y a presque 20 ans (en 1996) et qui a continué à prêcher jusqu’à sa mort, à 58 ans, le 15 février 2025.
Son cas est assez rare pour avoir inspiré un documentariste, Richard Finn Gregory en 2022. Son long métrage, Le radical, a remporté le prix du meilleur film au AfryKamera African Festival 2024 après celui du Festival international du film LGBT de Grenoble en 2023, année où il avait été nominé au Sofia Pride Film Festival et à celui du African Human Rights Film Festival en 2022. Performance du cinéaste, mais avant tout de l’homme, qui recevait régulièrement des menaces du fait de sa sexualité, mais qui estimait « Le besoin d’être authentique… plus grand que la peur de mourir ».
Ce n’est pas à la mosquée, mais dans sa voiture qu’il a été tué par deux individus cagoulés. Une porte-parole de la police a confirmé l’authenticité d’une vidéo postée sur les médias sociaux qui semble démontrer une attaque ciblée. Mais « Le motif de l’assassinat est inconnu et fait partie de l’enquête en cours. »
Basané, gay et imam, il avait tout pour faire les Unes !
Ses qualités expliquent qu’il fasse défaut dans les médias : grâce à lui, les islamophiles français ont énoncé un nouveau théorème. Au lieu de « plus par plus égale plus », le résultat est désormais égale moins. Pour eux, être gay et imam, c’est cumuler deux qualités ontologiques.
Mais le soupçon d’avoir été tué pour cette combinaison de qualités au motif d’une qualité encore supérieure, l’islam, le rend invisible, inaudible et avec pour seule saveur l’amertume : « ça fait le jeu de l’extrême-droite ! » et entre deux maux le Wokistan choisit le pire de tout son chœur.
Non que les islamolâtres ignorassent l’intolérance agressive de leur parangon idéologique, simplement il faut savoir faire des sacrifices pour une cause supérieure, et l’islam est supérieur à toutes les autres idéologies, c’est Mahomet lui-même qui l’a dit !
Un noble verset du Coran stipule en effet la recette de l’omelette :
نْتُمْ خَيْرَ اُمَّةٍ اُخْرِجَتْ لِلنَّاسِ تَأْمُرُونَ بِالْمَعْرُوفِ وَتَنْهَوْنَ عَنِ
« Vous êtes la meilleure communauté qu’on ait fait surgir pour les hommes : vous ordonnez le halal, interdisez le haram… » (Al-‘Imrân, 110).
L’Afrique du Sud, c’est un Gaza tous les 18 mois !
En Afrique du Sud (62 millions d’habitants en 2022), d’après la police locale, il y a eu près de 28 000 meurtres enregistrés de février 2023 à 2024, soit plus de 75 homicides par jour.
À Gaza où les innocentes-victimes-des-bombardements-israéliens sont recensées par « le ministère de la Santé du Hamas », qui connaît la multiplication, mais pas l’addition, leur chiffre aurait atteint 41 909 en un an, soit une fois et demie ceux qui ont été tués par la criminalité sud-africaine.
On devrait donc en entendre parler proportionnellement, non ?
Non. Il est impossible d’en accuser les Juifs, donc cela ne mérite pas d’être évoqué. Pas un mot.
Mais, mais, au fait, l’Afrique du Sud n’est-elle pas le pays champion du monde de l’accusation de l’État des Juifs ? Coïncidence ?
La même logique qui vaut silence à l’imam assassiné prévaut pour la compassion vis-à-vis des victimes de la pauvreté (quand elles votent Le Pen ici et Trump là-bas), du racisme (anti-blanc) et de la transphobie (Karla Sofia Gascon pour nommer la victime).
Comme l’observe Caroline Fourest,
« quand le wokisme rencontre l’islamisme : tout tweet douteux se transforme en second degré, toute critique devient “islamophobe”, et le machisme est sanctuarisé : au nom du droit de l’artiste, et du respect dû à la religion. »
De là à conclure que
1) tous les gays ne sont pas égaux devant la mort et donc que
2) l’islamogauchisme n’est pas immunisé contre l’islamophobie,
il y a toute la distance qui sépare un martyr tué par les Juifs d’un musulman chargé d’une montagne de péchés, dont Allah n’échangera peut-être pas la place en enfer avec celle d’un juif ou d’un chrétien1. LM♦

1 D’après Abou Moussa (qu’Allah l’agrée), le Prophète (que la prière d’Allah et Son salut soient sur lui) a dit :
« Le jour du jugement des gens parmi les musulmans vont venir avec des péchés comme des montagnes, Allah va leur pardonner et va mettre leurs péchés sur les juifs et les chrétiens ».
(Rapporté par Mouslim dans son Sahih n°2767)[Muslim, riyad as-salihin n°432]
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