Sans l’engagement des Haredim1, notre peuple est incomplet et vulnérable
תורה – הגנה – אחדות

Par Serge Siksik,
[Tel Aviv 17 sept 2025]
En Israël, chaque sirène, chaque missile, chaque attaque rappelle une vérité simple : nous sommes un seul peuple.
La guerre ne distingue pas entre Haredim et laïcs, entre Tel-Aviv et Bnei Brak. Elle frappe les Juifs parce qu’ils sont Juifs.
Dès lors, la question de l’enrôlement des Haredim n’est pas une polémique secondaire : c’est une question existentielle pour Israël.
Qu’on le dise clairement :
– l’étude de la Torah est un trésor vital, le poumon spirituel du peuple juif. Sans elle, Israël perd son âme.
– Mais sans défense, Israël perd sa vie. La Torah et l’armée ne s’opposent pas : elles se complètent. L’enjeu n’est pas d’éteindre la lumière de l’étude, mais de l’aménager pour que personne ne reste en dehors de l’effort collectif.
La philosophie juive place la responsabilité au centre de l’existence et elle doit être partagée. Emmanuel Levinas affirmait :
« Je suis responsable de l’autre plus que de tout autre. »
Être juif, c’est être lié au sort de son frère.
Dans une guerre où chaque maison, chaque famille est menacée, refuser d’assumer une part du fardeau revient à reporter ce poids sur d’autres.
La tradition résume cela en une formule : :
Kol Israel arevim ze bazé2 ,
« Tous les Juifs sont garants les uns des autres » (Chevouot 39a).
Cela signifie que chaque vie sauvée au front est aussi ma responsabilité. L’étude est une réponse spirituelle, mais elle ne peut devenir le seul recours.
En période de danger national, la responsabilité exige de conjuguer la Torah et l’action.
Pour comprendre le débat, il faut rappeler les arguments les plus souvent avancés par nos frères Haredim :
1. Primauté de la Torah
L’étude est perçue comme une protection spirituelle du peuple, aussi puissante – voire plus – que les armes. Le principe de Torato Omanuto (« son étude est son métier », Berakhot 35b) consacre cette idée d’une « armée spirituelle » qui défend Israël par la force de la Torah.
2. Préservation d’un monde fragile
Après la Shoah, des maîtres comme le ‘Hazon Ich ont plaidé pour protéger les jeunes des yeshivot afin de reconstruire un judaïsme menacé d’extinction. L’exemption négociée par Ben Gourion dans les années 1950 (quelques centaines d’étudiants seulement à l’époque) est présentée comme un devoir de sauvegarde qui reste, selon eux, d’actualité.
3. Incompatibilité avec l’armée
Tsahal est vue comme un environnement séculier à risques pour leur mode de vie : mixité hommes/femmes, discipline militaire incompatible avec l’étude continue, et surtout risque d’assimilation aux valeurs profanes et sionistes, jugées étrangères à leur conception du judaïsme.
4. Rapport ambigu à l’État d’Israël
Certains groupes (hassidiques ou lituaniens) considèrent que la souveraineté juive ne doit venir que du Mashia’h.
Dans cette perspective, l’État moderne n’est pas la réalisation de la promesse biblique, mais une construction provisoire, sans légitimité spirituelle pleine et entière.
5. Protection de leur continuité
Enfin, l’étude à plein temps est le pilier de leur organisation familiale et communautaire.
L’enrôlement des jeunes menacerait la stabilité de ce monde structuré autour de la yeshiva, et donc sa transmission.
Ces arguments doivent être entendus, car ils expriment une mémoire blessée et une fidélité sincère à la Torah…
…Mais ils ne peuvent plus, aujourd’hui, justifier une exemption massive.
Israël est à un tournant existentiel : la menace n’est pas théorique, elle est quotidienne. Les missiles, les tunnels, le terrorisme et les guerres récurrentes rappellent que
l’étude seule, sans défense, ne suffit pas à protéger nos enfants.
Ce n’est pas manquer de respect aux Haredim que de le dire : leur vocation spirituelle doit trouver un prolongement concret dans la défense du peuple.
Rester en dehors de l’effort collectif, c’est fragiliser l’unité qu’ils prétendent pourtant préserver.
Pour l’équilibre de notre société, il y a également un enjeu sociologique.
Une société où certains versent leur sang et d’autres en sont exempts devient vite une société fracturée.
La colère gronde, l’amertume s’installe, et l’unité nationale se fissure. Israël, qui vit encerclé par des ennemis, ne peut pas se permettre ce luxe.
Il existe pourtant des voies médianes :
• Des unités adaptées, permettant de concilier étude et service.
• Des missions civiles et/ou paramédicales, où les Haredim peuvent servir sans renoncer à leurs valeurs.
• Des cadres aménagés, respectant la vie de Torah tout en partageant le fardeau.
Le but n’est pas de forcer, mais d’équilibrer. La solidarité ne doit pas être un slogan, mais une réalité tangible. Si les Haredim participent, à leur manière, à l’effort commun, cela renforcera la cohésion d’Israël et fera taire l’amertume.
Rabbi Yehouda Loew, le Maharal de Prague, affirmait déjà qu’Israël n’est pas une addition d’individus, mais un corps vivant dont la Torah est l’âme.
Bien avant Émile Durkheim, le célèbre sociologue, le Maharal expliquait que la santé de la nation dépend de l’équilibre des fonctions. Aujourd’hui, le défi est précisément là :
Unir les forces spirituelles et matérielles d’Israël pour survivre et grandir.
Il existe également un enjeu religieux : marcher dans la voie des pères. On prétend parfois que la Torah exempterait les Haredim de tout effort militaire.
Mais l’histoire d’Israël dit autre chose.
• Abraham Avinou mena la guerre contre les rois pour sauver Lot (Genèse 14).
• Moïse leva les armées d’Israël contre Amalek.
• Josué conduisit le peuple dans la conquête de la terre.
• David, le doux chantre des Psaumes, fut aussi un guerrier courageux qui fit d’Israël une puissance.
Maïmonide écrivit dans le Mishné Torah (Hilkh’ot Melakhim) que la guerre défensive est une mitzvah qui engage tout Israël. Les maîtres modernes ont suivi cette ligne :
– le Rav Kook voyait dans la défense du peuple une mitzvah sacrée ;
– le Rav Soloveitchik enseignait que l’État impose des devoirs collectifs incontournables.
Jamais nos maîtres n’ont dit que l’étude devait annuler la responsabilité de défendre la vie.
Ils ont toujours conjugué prière et épée, Torah et action.
Du côté de l’ésotérisme nous avons un enjeu aussi : unir le haut et le bas.
Le Zohar nous apprend que l’unité d’Israël en bas conditionne l’unité des mondes en haut :
– Quand le peuple est divisé, la Shekhina se retire.
– Quand le peuple est uni, elle réside au milieu de lui.
L’exemption massive des Haredim ne crée pas seulement une faille sociologique : elle crée une fracture cosmique : elle empêche la Yihoud – l’union du haut et du bas.
À l’inverse, chaque soldat, chaque volontaire, devient un canal d’unité. L’armée d’Israël n’est pas seulement un corps terrestre : elle incarne l’union du peuple.
Les kabbalistes rappellent que la Shekhina accompagne Israël dans ses guerres.
Quand les Haredim trouveront leur place, adaptée, dans cet effort, cela sera un véritable tikoun, une réparation spirituelle et nationale.
Nous devons tout mettre en œuvre pour réaliser la mitzvah de l’unité. Le débat sur l’enrôlement des Haredim ne doit pas tourner à la caricature.
Ce n’est pas une lutte « Torah contre armée », ni « religieux contre laïcs ».
C’est un combat pour l’unité du peuple.
• Philosophiquement, il s’agit de responsabilité.
• Sociologiquement, il s’agit d’équilibre.
• Religieusement, il s’agit de marcher dans la voie d’Abraham, de Moïse et de David.
• Mystiquement, il s’agit de réparer le lien entre le haut et le bas.
Respecter les Haredim, ce n’est pas les dispenser, c’est leur faire confiance. C’est reconnaître qu’ils peuvent, eux aussi, être acteurs de la défense d’Israël.
L’étude doit continuer – elle est vitale – mais la vie du peuple doit primer.
Aujourd’hui, la mitzvah la plus urgente est celle de notre unité.
Torah et armée, livres et fusils, prière et responsabilité : Ensemble. Car c’est seulement ainsi que le peuple juif, un et indivisible, traversera l’épreuve et écrira la suite de son Histoire.
Allons vers les Haredim leur expliquer sans les heurter ! SS♦

Serge Siksik, MABATIM.INFO
1 Juifs orthodoxes
2 כָּל יִשְׂרָאֵל עֲרֵבִים זֶה בָּזֶה
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les sionistes religieux prient et travaillent , ils prient et combattent , c est l exemple a suivre , regardez ce que font nos freres a Elon moreh , ces heros sont exceptionnels , ils vivent la Thorah et defendent la terre et le peuple .
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👍👍👍👍🇮🇱🇮🇱🇮🇱 🇮🇱🇮🇱🇮🇱🇮🇱
שלום הבית, שלום בנינו, עם ישראל חי
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