
Par Serge Siksik,
[Tel Aviv le 9 octobre 2025]
Dans le champ de la psychanalyse, l’identification projective désigne ce mécanisme par lequel un individu, incapable de supporter une part de lui-même, la projette sur l’autre et cherche ensuite à l’y contraindre. Ce n’est plus une simple imitation, mais une tentative d’habiter la place d’autrui, de dissoudre la frontière entre soi et l’autre.
Appliqué au domaine collectif, ce processus devient redoutable :
Il engendre la volonté de se substituer à l’autre, d’occuper non seulement son espace, mais son identité, son histoire, son rôle symbolique.
C’est ce que l’on pourrait appeler une usurpation psychique, une colonisation de la mémoire.
Ce phénomène n’est pas théorique ; il s’incarne pleinement dans le récit palestinien moderne.
On ne naît pas « palestinien », on le devient – politiquement, artificiellement, par un long travail d’appropriation narrative et symbolique.
Ce qui s’est joué depuis 1948 n’est pas seulement un conflit territorial : c’est une tentative de colonisation du récit juif, un effort constant pour absorber la mémoire de l’autre et lui voler sa légitimité.
Le véritable enjeu n’a jamais été la terre, mais la mémoire, qui a le droit de dire : « j’étais là avant toi ? »
En 1948, au soir de l’indépendance d’Israël, le monde arabe refuse l’existence du jeune État et choisit la guerre. Les Arabes vivant sur le territoire ne se désignent pas encore comme « Palestiniens » ; ce terme sera inventé plus tard, en 1964, sous l’impulsion du KGB et de l’Égyptien Yasser Arafat, pour donner à la cause arabe une façade d’antiquité.
Ce fut le premier acte d’une gigantesque fabrication identitaire : transformer des populations venues d’Égypte, de Syrie, du Liban ou de Transjordanie en prétendus « descendants des Cananéens ».
Cette usurpation n’est pas née du hasard :
Elle répond à un vide, à un manque, à cette impossibilité d’assumer une identité propre.
Ne pouvant se définir positivement, on se définit contre l’autre. Le sujet vide cherche une identité pleine ; il vide alors celle du voisin pour s’y installer.
Ce n’est plus « je veux être comme toi », c’est « je suis toi ». C’est une jalousie ontologique : l’autre existe trop, il faut donc le réduire, l’imiter, puis le nier.
Ceux de ma génération se souviendront du chef-d’œuvre de Joseph Losey, The Servant. Dans ce film, le domestique s’installe peu à peu dans la maison de son maître, prend ses repères, contrôle les lieux, jusqu’à inverser les rôles et faire croire que la maison lui appartient.
Le maître, paralysé par son angélisme, finit par douter de lui-même – comme certains Israéliens prêts à céder leur terre à leurs ennemis au nom d’une paix illusoire, d’un bon voisinage chimérique.
Et la candeur, alors, devient irresponsabilité, aveuglement, absurdité.
De la même manière, les inventeurs du « peuple palestinien » se sont installés dans la maison du maître juif : ils ont emprunté sa souffrance, son vocabulaire, ses symboles, sa légitimité, jusqu’à son rapport à la terre.
Les tombeaux des patriarches deviennent « sites palestiniens », Jérusalem devient « ville arabe », le Temple devient « mosquée volée ».
Tout ce qui appartient au peuple juif depuis quatre millénaires est rebaptisé, redéposé, renommé. Le vol n’est plus clandestin : il est institutionnalisé.
Le squatter finit par dire : « Cette maison est la mienne, c’est lui l’intrus. » Et le monde, fasciné par le récit du valet, commence à douter du propriétaire.
La Nakba, littéralement « catastrophe », fut le pivot de cette inversion. En 1948, les dirigeants arabes appellent les populations locales à fuir, le temps « d’écraser les Juifs et de rentrer ensuite ». Ils perdent la guerre ; les fuyards deviennent instrument politique, et l’exode volontaire se mue en mythe fondateur. Le mot Nakba inverse la causalité :
Ce n’est plus la guerre déclenchée contre Israël qui provoque la fuite, c’est la naissance d’Israël qui devient le crime originel.
La Nakba n’est pas un événement historique : c’est une opération de transfert de culpabilité à l’échelle planétaire, une mécanique d’inversion accusatoire. Le bourreau s’y déguise en victime, et la victime en oppresseur.
René Girard a nommé ce mécanisme « désir mimétique » : on ne désire pas ce que possède l’autre, mais ce qu’il est.
Le monde palestinien désire le statut juif : peuple élu, peuple persécuté, peuple ressuscité. Il veut, lui aussi, un exil, une Shoah, un retour.
Alors on fabrique tout cela de toutes pièces : les camps deviennent des « camps de réfugiés éternels », la souffrance est instrumentalisée, et l’Histoire juive pillée comme une banque de symboles.
Le Juif a survécu à tous les exils, reconstruit son État, ressuscité sa langue, retrouvé sa capitale.
Le Palestinien, lui, ne peut exister qu’en se définissant contre cela.
- Il n’a pas de passé, donc il vole celui d’autrui.
- Il n’a pas de mémoire, donc il falsifie celle du peuple qui en a trop.
- Il n’a pas de racines, donc il creuse dans celles d’Israël.
Le mimétisme, lorsqu’il ne reconnaît pas l’autre, se change en négation :
Pour « être le Juif », il faut que le Juif cesse d’être.
L’usurpation devient politique d’État, enseignée dans les écoles, diffusée dans les médias, sanctifiée à l’ONU. L’enfant palestinien apprend dès son plus jeune âge que son existence dépend de la disparition d’Israël.
Ce n’est pas une coexistence qu’on lui inculque, c’est une substitution.
Depuis plus de soixante-dix-sept ans, la planète entière participe à cette colonisation psychique :
– les universités, au nom d’un anticolonialisme sélectif, reprennent le récit inventé par l’OLP ;
– l’ONU vote des résolutions où l’Histoire juive est effacée ;
– et des foules scandent « Free Palestine » sans jamais avoir ouvert un livre d’histoire.
Le phénomène est redoutable parce qu’il agit sur les symboles :
Lorsqu’on vole au Juif son histoire, son nom, son lieu, on ne lui prend pas un bien, on lui prend sa légitimité.
C’est une colonisation de la mémoire, une manipulation de la conscience collective. Dans le langage de la psychologie moderne, nous sommes face à un « syndrome du double usurpateur » :
– vouloir prendre la place de l’autre
– tout en exigeant qu’il s’efface de la mémoire collective.
Le mensonge n’est plus un moyen : il devient une condition d’existence.
Cette guerre n’est plus militaire mais existentielle. Ce n’est plus la conquête d’un territoire, mais celle du sens.
Les Palestiniens ne combattent pas Israël pour vivre à côté de lui, mais pour prouver qu’il n’aurait jamais dû exister.
Le plus grand paradoxe de notre époque est que ceux qui accusent Israël de « colonialisme » mènent la plus vaste entreprise de colonisation symbolique jamais vue : celle du passé juif.
Face à cette offensive, le rôle d’Israël n’est pas de plaider coupable, mais de restaurer la vérité.
Les preuves archéologiques, bibliques, linguistiques et culturelles sont unanimes :
– Le lien du peuple juif à la Terre d’Israël précède de quatre millénaires l’apparition du mot « Palestine ».
– Jérusalem n’a jamais été la capitale d’aucun autre peuple.
– Toutes les prières juives, n’ont jamais cessé d’invoquer Jérusalem.
Ce ne sont pas des slogans : ce sont des racines profondes et étendues qui ne peuvent être arrachées par des mensonges nés dans les bureaux du KGB ou les couloirs de l’ONU.
L’usurpation identitaire palestinienne n’est pas un accident de l’Histoire, c’est son programme. Leur indépendance rêvée repose sur notre disparition.
C’est pourquoi ce combat n’est pas seulement politique, il est moral, spirituel et métaphysique :
Défendre la vérité du lien juif à sa terre, c’est défendre la vérité tout court.
Car dans ce siècle de confusion, le mensonge est devenu la dernière colonie à libérer.
Et comme dans The Servant, celui qui laisse le valet s’asseoir à sa place finira dépossédé – non par la force, mais par le consentement.
Celui qui cache la vérité, écrivait Nietzsche, finit toujours par être dévoré par elle… SS♦

Serge Siksik, MABATIM.INFO
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excellente analyse de ce phénomène qui a réussi à pervertir une grande partie des états…………mais confiance, les dirigeants israéliens ont tiré les leçons de ce massacre, et comme vous l’écrivez, Nietzsche a une phrase célèbre : « le fanatisme est la seule forme de volonté accessible aux faibles. », et de ce fait la fascination arabe à vouloir prendre la place des juifs en est bien le syndrome. Remerciements pour tous vos commentaires, je les suis avec délectation.
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Excellente analyse de ce phénomène hautement pathologique qu’est l’identification projective, défense psychique très archaïque décrite par Mélanie Klein grâce à l’étude des bébés.
L’application à un peuple entier par ses promoteurs pervers est en ce sens une vraie réussite, qui a même contaminé des continents.
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