À Lyon, le Hamas à l’honneur

Par Liliane Messika,
[16 janvier 2026]

Le 13 décembre 2026,la capitale des Gaules, célèbre pour ses quenelles de brochet, a révélé son palmarès des citoyens d’honneur 2025, dont un terroriste. Une partie de la population trouve saumâtre cette quenelle d’un autre type…

Retour sur un système de récompense réflexe

Le maire de Lyon a de grandes ambitions, mais ni le temps ni les moyens de mettre en œuvre une politique qui bénéficierait à ses administrés. Puisqu’il ne peut pas tout faire, il se contente de faire des choix. Celui d’un des citoyens d’honneur de sa ville s’avère au mieux hasardeux, au pire criminel. Associer le mot « humaniste » à un membre d’un mouvement terroriste responsable du plus grand pogrom depuis la fin de la deuxième guerre mondiale relève soit d’une ignorance désinvolte, soit d’un cynisme calculateur.

Système pavlovien

Nul n’ignore qu’à force de faire sonner une cloche avant de donner sa gamelle à un chien-cobaye, Ivan Petrovitch Pavlov avait obtenu que l’animal salive à la seule audition de la cloche. Son interprétation du phénomène était que les réactions acquises par l’apprentissage et l’habitude deviennent des réflexes lorsque le cerveau a enregistré le lien entre le signal sonore et l’action qui le suit. Cette théorie lui a valu le prix Nobel 1904 de physiologie.

Doucet, lui, joue plutôt dans la catégorie « cobaye canin » que « Prix Nobel ». En effet, il suffit de prononcer certains mots devant lui pour qu’il salive et sorte des médailles de son jabot.

Stimuli déclencheurs de son réflexe salivaire :« victime », « féminicide », « Ukraine », « réfugié », « palestinien », « Gaza » et « LGBTQIA+ », toujours associés à « pacifique ».

Il semblerait que nul ne puisse être à la fois victime d’un accident de la route ET coupable de vol à main armée, féminicide ET victime d’un attentat. En revanche, meurtrier barbare ET récipiendaire d’une médaille de citoyen d’honneur de la capitale des Gaules est OK.

La promo 2025 des honorés citoyens lugduniens témoigne du syndrome de Pavlov

Six promus.

Les deux premiers, Rukiye Leyla Süren et Ibrahim Özden Kaboğlu, sont turcs, mais leur pays n’est nommé, à plusieurs reprises, qu’en version originale : « Türkiye ». Pourquoi cet ostracisme ? La tête des Turcs défend les « victimes de féminicides » et le second a été accusé de « propagande terroriste » etde « diffusion de fausses informations ». Terroriste étant une qualité en patois Doucettement militant, il n’est pas besoin de discuter l’accusation. Ce serait même contre-productif, car on la soupçonne de justifier le traitement de faveur.

– « Chef Dsta’hyl, chef héréditaire du clan Likhts’amisyu de la nation Wet’suwet’en et un défenseur du droit de l’environnement et des peuples autochtones, (qui) lutte pacifiquement contre un projet de gazoduc qui traverse son territoire ». L’affaire se passe au Canada, ce que l’on devine grâce à la dernière phrase du panégyrique de ce Lyonnais d’honneur :

« Depuis le lancement du chantier, la nation Wet’suwet’en est victime d’actes d’intimidation, de menaces, de harcèlement, de surveillance illégale, de discrimination et de violences fondées sur le genre perpétrés par les autorités canadienneset les entreprises investies dans le projet. »

On notera que « chef héréditaire » répand, en français, un remugle de népotisme et que la « nation française » vous enverrait, ici, plutôt au bagne qu’au Panthéon Doucettien. Mais on sait depuis Pascal que ce qui est admirable au-delà des Pyrénées peut être criminel en deçà…

– « Victoria Amelina, écrivaine et militante des droits humains ukrainienne (posthume) » (sic). En réalité, c’est à titre posthume que cette Ukrainienne a transformé « l’acte d’écriture en acte de résistance ». Dommage que l’équipe Doucet ignore les militantes kurdes Leila Pashaei, Baran Saedi, Sohaila Motaei et Souma Mohammadrezaei, arrêtées en Iran pour avoir fêté la Journée des droits des femmes le 21 mars dernier. Hélas, résistantes vivantes contre une théocratie islamique meurtrière, elles n’avaient aucune chance de retenir l’attention du comité de sélection, qui s’avère plus anti-blasphème que pro-LGBT.

– De la même façon, Clare Byarugaba, militante ougandaise, défenseuse des droits des personnes LGBTQIA+, a mérité son titre en coordonnant « une coalition nationale de plus de cinquante organisations dont la lutte a permis l’invalidation de plusieurs lois criminalisant l’homosexualité. »

Une activiste des mêmes droits en Palestine eût mérité une palme d’or, si le but n’avait pas été de combattre les « lois criminalisant l’homosexualité SAUF dans les pays régis selon la charia, qu’il est haram de critiquer ».

– Enfin, la cerise sur le gâteau est la nomination de Hussam Abu Safiya, dont la principale qualité (pacifique, cela va sans dire) est d’être né dans un camp de réfugiés et d’être « l’une des figures emblématiques du système de santé de la Bande de Gaza. »

Il dirigeait, en effet l’hôpital Kamal Adwan, avant d’être arrêté pour incitation au terrorisme, voire pour terrorisme tout court (il aurait été colonel dans l’armée du Hamas).

Il a glorifié les attaques du 7 octobre sur ses réseaux, avec des références religieuses appelant au terrorisme et des images de parapentes, symbolisant les massacres de civils israéliens. L’équipe municipale n’a pas vu ou n’a pas voulu croire que son hôpital a été identifié comme un important QG du Hamas. Et pourtant…

En juillet 2025, lors d’une opération menée par l’armée israélienne dans et autour de cet hôpital, plus de 240 terroristes du Hamas et du Jihad islamique ont été appréhendés. Une vidéo de l’interrogatoire de l’un d’entre eux, Anas Muhammad Faiz Al-Sharif, a été diffusée. Il y détaille son rôle au sein du Hamas et l’activité des terroristes dans la zone de l’hôpital, notamment le transfert d’armes vers et depuis l’hôpital : les dirigeants du Hamas « pensent que l’hôpital est un refuge sûr pour eux, car l’armée israélienne ne le prendra jamais directement pour cible ».

Le choix Doucettement provocateur du maire de Lyon a fait bondir Caroline Yadan, députée des Français de l’étranger sur le pourtour méditerranéen :

Abu Safiya n’était pas le premier terroriste encensé par Doucet : le maire écolo avait inauguré son règne avec une invitation à Salah Hamouri, dont les Français croient que le prénom est LavocaFrancoIsraélien.

En réalité, Hamouri est terroriste, pas prisonnier politique comme les journagandistes de Libé-LeMonde-L’Huma-Télérama le prétendent.

Si on cherche vraiment son CV, on découvre qu’il a avoué avoir planifié l’assassinat du grand rabbin d’Israël en 2005.

Il est aussi l’un des dirigeants du FPLP, le Front populaire de Libération de la Palestine, qui est responsable, en France, de l’attentat contre la synagogue Copernic en 1980 (4 morts, dont des « Français innocents », et 46 blessés), en Israël de celui contre la synagogue de Har Nof en 2014 (5 victimes civiles égorgées) et un peu partout, d’innombrables autres.

Gregory Doucet, lui, n’est responsable de rien et ne se sent pas coupable de préférer le bien-être des Palestiniens à celui des Lyonnais. Rendez-vous le 22 mars pour voir s’il a raison… LM♦

Liliane Messika, Dreuz


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