Citoyenneté humaniste et humanitaire dévoyé

Par Liliane Messika,
[12 avril 2026]

L’Homme singulier et pluriel

En philosophie, l’humanité désigne à la fois l’ensemble des êtres humains (le genre humain) et l’assortiment des qualités éthiques (bienveillance, compassion) et culturelles qui les définissent. Dans le premier sens, le contraire d’humain est « animal » et le propre de l’Homme serait le rire. Dans le deuxième cas, la qualité de l’Homme est l’humanisme et son contraire est « barbarie ». Preuve que la philosophie pédale dans des limbes bien éloignés du pain quotidien de l’humanité souffrante…

Démonstration par L’Humanité, quotidien vantant le paradis des peuples affamés, où l’homologue de cette presse quotidienne s’appelait « vérité », Pravda en VO., paradoxe en linguistique et injonction paradoxale en psychologie.

Nos ancêtres les Gaulois, qui parlaient latin pour avoir été colonisés par les Romains, avaient leurs humanistes, au nombre desquels Cicéron. Marcus Tullius Cicero fut assassiné sur l’ordre d’un homo sapiens tyran par un homo habilis (au maniement des armes). Un des crimes du théoricien de l’éloquence était d’avoir postulé que l’idéal de l’Homme était l’Homo humanissimus, l’homme très humain, c’est-à-dire à la fois bipède très cultivé et citoyen parfaitement accompli.

La répétition sémantique n’était ni bégaiement ni pléonasme, mais conjonction des deux sens évoqués ci-dessus : rien ne sert d’être homme, il faut être humain à point. Autrement dit, l’humanité véritable se manifeste dans le perfectionnement culturel et moral que l’homme ajoute à ses talents personnels.

Observons qu’au pluriel, les humanités n’ont plus trait à l’humain mais à un corpus de connaissances d’icelui qui le rendent humanissimus : l’ensemble des disciplines littéraires, philosophiques, historiques et artistiques issues de l’Antiquité grecque et latine qui, avant l’Intelligence Artificielle, servait à former l’esprit critique et la culture générale de l’homme (mais rarement de la femme).

Pour autant, l’homme est avant tout un animal social. Johann Gottlieb Fichte, admirateur de son compatriote Kant, estimait que « L’homme (ainsi que tous les êtres finis en général) ne devient homme que parmi les hommes ». Simone de Beauvoir lui a répondu que l’on « ne naît pas femme, on le devient », une phrase sibylline et prétentieuse que chacun peut interpréter comme il l’entend (sauf pour les sourds, bien entendu, pom pom !)

Moins intellectuel, mais aussi rigoureux que les précédents dans son observation de l’humanité, Charlie Brown1 avait l’aphorisme radical : « J’aime l’humanité ; ce sont les gens que je déteste ». Nous le verrons, le ciment des nouveaux humanistes est la haine sélective.

George Orwell a inventé le « newspeak » en 1949, dans son roman prémonitoire, 1984. La novlangue est devenue l’idiome le plus parlé par la caste hors sol des pipoles français (politiques, journalistes, artistes et humanitaires). Il n’est donc pas surprenant que leur dictionnaire ait remplacé humanité par humanisme, puis par « humanitaire », dont la définition officielle est synonyme de « solidarité », quand la réalité en fait un catalogue de vœux pieux destinés à des migrants lointains, idéalisés et infantilisés.

En témoignent certains mouvements islamo-gauchistes violents, conjuguant antisémitisme et écologisme, qui financent activement le terrorisme tout en se… baptisant Humani’Terre2.

Que dirait Victor Hugo s’il voyait ce qu’est devenu son rêve une fois réalisé : « Ne soyons plus Anglais ni Français ni Allemands. Soyons européens. Ne soyons plus européens, soyons hommes. Soyons l’humanité ». La licence poétique peut oublier que les hommes, comme les arbres, ont besoin d’un tuteur pour croître et d’un territoire pour s’épanouir. La réalité n’a pas ce choix.

Au siècle dernier, le poète Georges Brassens raillait « les imbéciles heureux qui sont nés quelque part ». Cela ne l’empêchait pas de manier la langue française comme Paganini son violon et de souhaiter être enterré sur la plage de Sète.

Contradiction pour contradictions, celle de Brassens ne nuisait à personne, surtout comparée aux énormités d’un candidat à la présidence de la république qui jugeait inexistante la culture française (« il y a une culture en France et elle est diverse » 3) et qui jurait n’avoir jamais vu « l’art français », mais qui identifiait clairement la politique française du XIXe siècle à un « crime contre l’humanité »4, notion qui n’a vu le jour qu’en 1946.

Quels rapports entretient la citoyenneté avec l’humanité ?

La citoyenneté est la reconnaissance factuelle par un État du statut de citoyen, accordé en fonction de critères différents selon les États, à des individus à qui cela permet de jouir, dans l’État dont ils relèvent, des droits civils et politiques. Dans les démocraties, ce statut garantit un certain nombre de libertés, dont celle de choisir ses dirigeants. Quel que soit le pays, le droit de vote y est réservé aux citoyens et interdit aux étrangers

La citoyenneté est une voie à double sens : elle lie juridiquement et politiquement un individu à un État, lui conférant la nationalité, des droits (vote, libertés fondamentales, protection), mais aussi des devoirs (respect des lois, impôts).

Le rapport entre citoyenneté singulière et humanité globale est celui qui oppose le sédentaire au nomade, la cigale à la fourmi ou le patriote au jetsetter.

Depuis le milieu du XXe siècle, plus l’individu s’est éloigné de l’idéal démocratique et plus l’adjectif « citoyen » a envahi des domaines contigus à son essence : un « comportement citoyen » implique désormais un civisme admirable à force d’être devenu rare et une « taxe citoyenne » prétend concilier l’éthique avec la seule fonction d’un impôt : la rentabilité.

Le philosophe Alain estimait que les deux vertus du citoyen étaient la résistance et l’obéissance : « Par l’obéissance, il assure l’ordre ; par la résistance, il assure la liberté. […] La liberté ne va pas sans l’ordre ; l’ordre ne vaut rien sans la liberté» 5

Alain est mort en 1951, ceci explique cela.

Pour les Martiens non titulaires de la citoyenneté française, précisons qu’aujourd’hui, dans ce pays, la résistance signifie l’opposition systématique à l’ordre établi et à ses représentants. Rappelons-leur aussi qu’en l’état actuel de la législation, ils n’ont aucune chance d’obtenir le droit de vote, car il est strictement réservé aux Terriens. Mais pas à TOUS les Terriens : une même injustice prive les animaux de l’accès au suffrage universel. Certains élus de la République contestent cette discrimination avec beaucoup plus de vigueur que celle qui accable les femmes et les non-musulmans en terre d’islam…

Depuis 1968, il est interdit d’interdire, sauf le patriotisme

Après la Révolution des pavés, il était devenu de bon ton de s’affirmer « citoyen du monde », donc de partout, c’est-à-dire de nulle part. Cela impliquait une posture morale consistant à prétendre placer les intérêts de l’humanité au-dessus de tout (sauf de soi-même).

Dans la même optique, bien des adorateurs de Gaia envisagent sereinement de détruire une portion congrue de l’humanité afin de protéger la Terre de ses méfaits. Les plus modérés se contentent d’inciter à la dénatalité par une propagande assenée dès la maternelle6.

Ce qui va sans dire va encore mieux en le disant, les bien-pensants prêts à l’extermination de masse, calcifiés dans leurs croyances de luxe, n’ont jamais cessé de se voir comme des pacifistes. Question de poing de vue, probablement…

La citoyenneté française issue de la Révolution valsait à trois temps : liberté, égalité et fraternité. La Constitution de 1958 y a ajouté la laïcité : Article 1 – « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale ». Pour autant, cette addition, qui équilibrait les valeurs françaises en rendant la devise nationale quadrupède, ne figure pas encore au fronton des bâtiments publics.

En revanche, le Musée de l’Histoire de l’Immigration parisien l’ignore superbement et la remplace par « la diversité ». Il faut voir là un choix idéologique séparatiste plutôt qu’un élargissement du concept, car les diversitaires sont ceux qui rassemblent le plus grand nombre de défenseurs de l’inégalité (entre hommes et femmes, entre musulmans et non-musulmans, entre Blancs, juifs et nous7…)

Dans le musée consacré aux descendants français de l’esclavage (adaptation de l’Américain8) « La modernité se mesure à l’aune du respect des droits humains, des appartenances multiples, des identités complexes et composites. » 9

Aux siècles passés, la religion avait vocation à rassembler (religare). En 2026 à la Porte Dorée, elle fractionne. Mais il ne s’agit pas de la même religion.

Renommons cet édifice « Musée de l’histoire de l’immigration et de la grosse rigolade », car son site regrette un passé que, par ailleurs, ses fondateurs vomissent : « à la fin du XIXe siècleLes dirigeants de la France connaissaient ses principes unificateurs et avaient appris à les appliquer avec souplesse et pragmatisme. C’est cet esprit qui fait défaut aujourd’hui. »

La Belgique, patrie du surréalisme, est dépassée sur sa gauche par la France, championne du monde du délire. Dans le guide Planet Bleue 2026 destiné aux Martiens, on peut lire : « Voilà des années que la France vit dans un régime de fiction, où des personnes violentes terrorisent en toute impunité, au nom d’une menace qui n’existe que dans leur tête, toute personne qui ne pense pas comme elles. »10

Si on ne peut l’égaler, détruisons-le !

Les dirigeants des démocraties molles, dont l’occupant actuel de l’Élysée est l’archétype, considèrent que leurs choix sont de nature quasi-divine et que leur trajectoire vaut destinée souhaitable pour l’humanité.

La faiblesse de Jujupiter, déguisée en humanisme, et ses reculades, étiquetées négociations, ont transformé la France en un pays en voie de sous-développement et, à l’international, en étalon du ridicule.

Dernier exemple en date : Mme Francesca Albanese, antisémite atrabilaire sélectionnée par l’Organisation des Nations-Unies sur cette « qualité » afin de statuer sur les responsabilités respectives du peuple qu’elle adore et du peuple qu’elle abhorre, a publiquement déclaré que « nous, comme humains, avons un ennemi commun » qui génocide les Palestiniens. (Elle n’a pas nommé ledit peuple, mais il ne faut pas être grand mamamouchi pour deviner que ce n’est pas celui qu’elle adore).

Ce dérapage très contrôlé étant la énième version des remarques libéralement antisémites de Mme Albanese, le ministre des Affaires étrangères et une cinquantaine de parlementaires français ont demandé sa démission. Leur rodomontade s’est diluée dans l’éther dès que la récidiviste a plaidé l’incompréhension : l’ennemi de l’humanité qu’elle incriminait n’était pas l’État génocideur de Palestiniens, mais le syssstème qui permettait à un État de génocider les Palestiniens.

L’observatoire juif de France a communiqué ses conclusions sur l’affaire : « la France donne trop souvent le sentiment d’une neutralité sélective : exigeante et prompte lorsqu’il s’agit de dénoncer Israël, prudente et atténuée lorsqu’une titulaire de mandat onusien recourt à une rhétorique de désignation ennemie. Cette asymétrie n’est pas une nuance diplomatique : c’est une faute politique et morale. »11

Rien n’est donc plus haïssable aux yeux du Président des clowns ci-dessus qu’un État-nation possédant assez de racines pour que ses ailes le propulsent à une place de leader dans des disciplines de pointe, malgré son absence de matières premières. Rien de plus haïssable, sauf le dirigeant largement élu de ce pays, qui défend ses citoyens et préfère être haï vivant, plutôt qu’apprécié mort. L’aversion macronienne pour le Premier ministre israélien n’est certainement pas le produit d’un simple antisémitisme mondain : l’homoncule y met trop de passion et y revient trop souvent. On voit bien que le noyau de sa haine est en permanence arrosé par l’aigre jus d’une jalousie maladive.

Les citoyens sont souvent confondus avec leur État. Quand on personnifie la France au sujet d’une décision, on sait bien que la France officielle ne représente qu’une majorité d’entre eux. Mais les décisions prises par « la France » impactent tous les Français, pas seulement ceux qui ont cru à des promesses électorales.

La comparaison entre la République française et l’État d’Israël illustre les relations entre humanisme, au sens de mondialisation impériale et citoyenneté, au sens d’individus dans un État-nation.

Dirigeants gériatriques et Histoire majuscule

La France est un « vieux pays dans un vieux continent, qui a connu les guerres, la barbarie et qui n’oublie pas »12, selon une formule qui enorgueillit tant son auteur, 23 ans après l’avoir prononcée, qu’il envisage d’escalader le perron de l’Élysée.

Mais si « la France » n’oublie pas, son ministre des Affaires étrangères de 2003 avait scotomisé les fondamentaux : la France n’a pas vaincu l’Allemagne hitlérienne. Elle ne doit sa place au sein du Conseil de sécurité de l’ONU qu’à l’intervention des États-Unis et à l’habileté du général de Gaulle pour faire oublier ce « détail ».

La France du Galouzeau de Villepin et, plus encore celle de Macron, font l’impasse sur le fait que la paix entre les deux ennemis de 1939-45 n’a été possible qu’une fois l’Allemagne dénazifiée.

On oublie aussi cette part essentielle de l’Histoire dans l’enseignement de la seconde guerre mondiale aux petits Français. Cela a fait éclore, dans l’inconscient collectif, l’idée que « La guerre, c’est toujours un ultime recours, c’est toujours un constat d’échec, c’est toujours la pire des solutions »13 et que la paix peut immanquablement s’obtenir par la diplomatie.

Pourtant, il suffit d’ouvrir les yeux pour constater que, s’il y a besoin de deux personnes pour danser le tango ou pour faire la paix, un seul État suffit à déclencher la guerre. Le meilleur exemple en est, justement, celle que la lâcheté française et anglaise, en septembre 1938 à Munich, n’a pas réussi à éviter : « Vous aviez à choisir entre la guerre et le déshonneur, vous avez choisi le déshonneur et vous aurez la guerre. »14

L’État d’Israël est un jeune État sur une terre où son peuple est le seul à en avoir jamais établi un15. Ce n’est pas la seule singularité de ses citoyens : il est le seul exemple d’un peuple ayant conservé toutes ses caractéristiques distinctives, malgré deux millénaires d’exil ponctués de persécutions et d’exterminations. Et son identité est si fort chevillée au corps de ses enfants qu’ils se précipitent pour le défendre les armes à la main, même au cours d’une crise politique majeure. Il existe plusieurs façons de dire « patriotisme » en hébreu, contre une seule en français qui se prononce avec un rictus dédaigneux.

Définition Larousse d’un peuple16 :

  1. Ensemble de personnes vivant en société sur un même territoire et unies par des liens culturels, des institutions politiques. Ex : le peuple français. (Le peuple est, avec le territoire et l’organisation politique, l’un des trois éléments constitutifs de l’État).
  2. Communauté de gens unis par leur origine, leur mode de vie, leur langue ou leur culture. Ex : la dispersion du peuple juif.

Le peuple juif est passé de la première à la deuxième définition, puis est revenu, en 1948, à la première. Depuis sa renaissance sur le lieu de son ancienne splendeur, le peuple de David et de Salomon a été incessamment attaqué par ses voisins : 1948, 1967, 1973, 2000, 2014, 2023… Il n’a jamais eu le choix entre la guerre et le déshonneur, mais toujours entre la survie et la disparition.

Pour autant, cela n’en fait pas un peuple ranci ou des Hébreux réfractaires au changement17, tant s’en faut : un nombre infini de découvertes issues de ses universités et de ses laboratoires profite à l’Humanité tout entière.

Liste non exhaustive dans le désordre alphabétique, thématique et chronologique : la clé USB, le drone, la tomate cerise, la PillCam (une capsule munie d’une mini-caméra pour explorer l’intérieur du corps), l’irrigation au goutte-à-goutte, la fenêtre solaire, Babysense (surveillance du nourrisson pour éviter la mort subite), Mobileye (aide électronique à la conduite), la Tulipe à Vent, (mini éolienne individuelle silencieuse, sans vibration, qui s’adapte aux changements de direction du vent), les panneaux solaires flottants, la chirurgie robotique du rachis, le moniteur cardiaque optique, Like-A-Fish (système qui permet d’extraire de l’air à partir d’eau), la caméra spatiale IMINT, Waze (GPS) et son cousin Moovit, les lunettes parlantes OrCam’s MyEye2, qui décrivent aux aveugles ce qu’ils ont devant eux…

Citoyenneté humaniste et humanitaire dévoyé

Le XXe siècle a été celui de deux guerres mondiales. Au sortir de la deuxième, le terme « der des der » étant déjà pris, c’est le « plus jamais ça » qui a gagné le concours des slogans. Il se référait à la Shoah, le génocide des Juifs, unique de sa catégorie, où une entreprise industrielle a été mise au point pour exterminer l’intégralité d’un peuple sur toute la surface de la Terre.

Les nazis ont failli réussir (les six millions de victimes juives qu’ils ont exterminées représentaient la moitié d’un peuple dépourvu de territoire autonome qui eût pu lui servir de refuge). Leurs successeurs ont plus de mal, car les Juifs sont revenus dans leur patrie historique et se sont donné les moyens de résister aux exterminateurs, d’où qu’ils viennent.

Au XXIe siècle, ces aspirants à la Solution finale ne manquent pas. Depuis 1979, lors du retour de son exil français de l’ayatollah Khomeini, ils sont financés par la République islamique d’Iran et sont basés un peu partout : en Iran même (Gardiens de la Révolution), au Liban (Hezbollah), à Gaza (Hamas), au Yémen (Houthis), en Judée-Samarie, alias Cisjordanie (Jihad islamique & co) et en Occident, où sévissent des palanquées d’idiots utiles à cette finalité.

La paix qui a suivi la seconde guerre mondiale a eu des conséquences psychologiques radicales sur les peuples, notamment un affaiblissement de la distinction entre le bien et le mal, particulièrement en Europe. L’élargissement de l’Union européenne se traduit par une dilution de ces notions dans le PPDC (plus petit dénominateur commun), dans le RS (relativisme symétrologique) et dans le CM (consensus mou).

Conséquence du PPDC : nous sommes tous humains et tous citoyens du monde, donc toutes les sociétés se valent et toutes les cultures sont égales.

Conséquence du RS : qui suis-je pour juger l’autre, dont je ne connais pas les codes et qui n’applique pas les miens, et pourquoi déciderais-je que mes valeurs sont meilleures que les options inverses que l’Autre respecte ?

Et enfin, jamais deux sans trois, le CM : certes, l’ONU est composée de 96 dictatures et 71 démocraties, mais nous respecterons toutes ses décisions, puisque nous l’avons nous-mêmes intronisée « droit international ».

Le précepte chrétien : « tu aimeras ton prochain comme toi-même » a, lui aussi, muté en « tu aimeras le lointain plus que ton prochain ». Les fidèles ont déserté les églises pour s’inscrire dans des associations humanitaires qui ont proliféré au point que l’offre en excède la demande.

La concurrence entre elles est de plus en plus rude. Certaines « assoces » se rendent outremer pour recruter des migrants afin d’avoir des victimes à défendre sur le sol national ; d’autres participent aux exactions de leurs protégés choisis par affinité idéologique.

Liste non exhaustive de conduites criminelles par des ONG sur les cinq dernières années18 :

  • 11 mars 2021 : « Trois ONG de sauvetage en mer accusées de complicité avec les passeurs criminels. »19
  • 2018-2020 : Oxfam, une des plus puissantes ONG du monde, « au cœur d’un scandale sexuel »20.
  • 25 mai 2022 : « Médecins sans Frontières accusée de « racisme institutionnel » par 1000 salariés. »
  • 6 août 2024 : « Une enquête de l’ONU révèle que 9 employés de l’UNRWA sont licenciés, qui « pourraient avoir » été impliqués dans l’attaque du 7 octobre. »21
  • 3 novembre 2024 : « MSF, une ONG en crise de neutralité face aux accusations de compromission. »22
  • 23 avril 2025 : « Infiltration massive du Hamas et d’autres organisations terroristes dans les rangs de l’UNRWA et utilisation systématique et préméditée de ses installations comme boucliers pour des activités terroristes contre Israël. »23
  • 25 août 2025 : « Des ONG accusées de s’autocensurer sur Gaza. »24
  • 27 octobre 2025 : « Enquête sur l’UNRWA25 pour entrave au contrôle américain sur les liens présumés de son personnel avec le Hamas. »26
  • Décembre 2025 : Médecins Sans Frontières (MSF) : « violations de la neutralité humanitaire et de la transparence organisationnelle lors des récentes opérations de conflit. »27
  • 20 février 2026, le Parquet national antiterroriste français a formellement mis en examen cinq membres de l’association Humani’Terre pour « financement d’une entreprise terroriste », « abus de confiance aggravé en bande organisée » et « blanchiment en lien avec une entreprise terroriste »28.

Pessimisme raisonnable

  1. Trop de communication tue la communication et trop d’internationalisation ramène aux nations.
  2. Un peuple, comme les individus qui le constituent, est le produit de son Histoire et de sa culture. Ce principe est valable pour les Bac+15 comme pour les wesh-wesh, qui sont à la culture ce que MacDo est aux trois étoiles Michelin.
  3. La nature a horreur du vide et le comble avec la matière disponible la plus proche.

Pour les wesh-wesh, l’Histoire du monde commence à leur naissance. Pour les wesh-wesh+1, le Big Bang date de 1962, à l’indépendance de l’Algérie. Les Français qui sont allés à l’école (et leurs professeurs) reculent jusqu’à 1789 et à « liberté, égalité, fraternité », bien que la signification de ces mots ait évolué au point de les rendre inintelligibles.

Chaque peuple a ses références et ses valeurs. Celles des Juifs ont 5000 ans (leur calendrier affiche 5786 au compteur) et celles des musulmans, au calendrier hijri, 1447 années lunaires de 354 jours. Le calendrier sexagésimal des Chinois les place en 4723.

La morale juive se résume, d’après un Sage29 contemporain de Jésus, à « Ne fais point à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse ». Jésus y souscrivait et sur cette pierre, Pierre a bâti son église.

Le Coran et la charia, dont elle découle, donnent Mahomet en unique exemple : « fais ce que faisait et préconisait Mahomet et répands sa religion sur toute la planète. Tout le reste est interdit et te vaudra l’enfer. »

Dans l’Empire du Milieu, Confucius prêchait l’harmonie sociale et cosmique, qui ne peut survenir qu’en respectant les hiérarchies et les « cinq vertus » : la bienveillance, la droiture, la bienséance, la sagesse et la loyauté.

Lorsqu’une civilisation instaure le respect de l’Autre comme vertu cardinale et qu’une autre place dans cette position le prosélytisme « par le verbe, par le glaive ou par le ventre des femmes », on arrive à la situation présente des deux religions monothéistes qui revendiquent chacune plus ou moins un milliard et demi d’adeptes (l’islam beaucoup plus et le christianisme un peu moins).

Où se situent, dans cette configuration, la citoyenneté et l’humanité ?

Les sectes associatives se sont achalandées grâce aux vides laissés par les religions traditionnelles en piochant dans les peurs millénaristes et les haines millénaires, constituant un corpus écolo-antisémite. Ces peurs et ces haines transcendent les limites territoriales et morales avec d’autant plus de facilité que les digues des Histoires nationales ont cédé depuis les coups de boutoir de la mini révolution soixante-huitarde.

En abdiquant la citoyenneté, leurs membres ont aussi renoncé à leur humanité.

La barbarie est en marche.

À noter que l’Italienne Georgia Meloni a aussi énervé Macron en affirmant que la mort de Quentin était une blessure pour toute l’Europe.

Occupez-vous de vos affaires a répondu en substance le président.

Et la citoyenneté européenne qu’il nous vantait du matin au soir, alors, c’est fini ? Cette hyper-réactivité montre que l’exécutif est très embarrassé par la mort de ce jeune, qui contrevient à son récit canonique d’un danger de l’extrême-droite en France. Curieusement, le Président jupit’est rien est beaucoup moins réactif quand le gouvernement algérien feint de s’inquiéter pour ses ressortissants en France…

La souveraineté c’est comme l’autorité, le vivre-ensemble… ou la sexualité : moins on les pratique et plus on en parle ! LM♦

Liliane Messika, Dogma


1 Charlie Brown, vedette de Peanuts, la BD de Charles M. Schulz, qui a fait le bonheur de l’humanité occidentale au XXe siècle. Charlie est un petit garçon malchanceux, anxieux et déprimé, mais persévérant.

2 www.lejdd.fr/Societe/financement-du-hamas-cinq-personnes-mises-en-examen-au-sein-dassociations-francaises-167054

3 www.youtube.com/watch?v=xncCLi6EabU

4 www.lemonde.fr/election-presidentielle-2017/article/2017/02/16/pour-macron-la-colonisation-fut-un-crime-contre-l-humanite_5080621_4854003.html

5 https://philosophe-alain.fr/propos/resistance-et-obeissance/

6 www.unenouvelleenergie.fr/quand-un-manuel-scolaire-incite-les-eleves-a-faire-moins-denfants-pour-sauver-la-planete/

7 Titre d’un ouvrage antiraciste, craché par une « racisée » professionnelle.

8 L’adaptation se distingue de la traduction par le fait qu’elle transforme le texte de départ pour le rendre compréhensible à la langue d’arrivée, dans laquelle le concept de base n’existe pas.

9 www.histoire-immigration.fr/être-francais-les-quatre-piliers-de-la-nationalite#

10 www.valeursactuelles.com/clubvaleurs/societe/de-clement-meric-a-quentin-deranque-une-decennie-dimpunite-pour-lextreme-gauche

11 https://ojdf.org/2026/02/onu-conseil-des-droits-de-lhomme-la-france-recule-et-entretient-une-neutralite-a-geometrie-variable

12 https://www.youtube.com/watch?v=Y6jZ6t9QtUo

13 Jacques Chirac, interview télévisée, 10 mars 2003.

14 Pour les Martiens de passage : citation de Winston Churchill.

15 Monarchie unifiée Saül, David, puis Salomon, (~1030-930 av. J.-C.). À la mort de Salomon, scission entre royaume d’Israël (~930 à 720 av. J.-C.) et royaume de Juda (~931 à 586 av. J.-C.)

16 www.larousse.fr/dictionnaires/francais/nation/53859

17 www.lemonde.fr/emmanuel-macron/article/2018/08/29/emmanuel-macron-compare-les-francais-a-des-gaulois-refractaires-au-changement_5347766_5008430.html

18 Texte écrit le 26 février 2026.

19 www.letemps.ch/monde/trois-ong-sauvetage-mer-accusees-complicite-passeurs-criminels

20 www.bbc.com/afrique/region-43108034

21 https://news.un.org/en/story/2024/08/1152841

22 www.lejdd.fr/international/enquete-medecins-sans-frontieres-une-ong-en-crise-de-neutralite-face-aux-accusations-de-compromission-151272

23 https://govextra.gov.il/media/d21mw2f3/the-connection-between-unrwa-and-hamas-280425.pdf

24 www.dw.com/fr/des-ong-accusées-de-sautocesurer-sur-gaza/a-73787539

25 UNRWA : filiale de l’ONU qui doublonne le HCR (Haut-Commissariat aux Réfugiés) au bénéfice exclusif des Palestiniens, les privilégiant largement par rapport à la masse et leur offrant des conditions inédites (statut héréditaire sans limite dans le temps, aucune condition d’exclusion, assistanat prioritaire…)

26 https://oversight.house.gov/release/comer-investigates-unrwa-for-obstructing-u-s-oversight-into-staffs-alleged-hamas-ties

27 https://govextra.gov.il/media/140dxl5x/consolidated-review-of-preliminary-findings-regarding-médecins-sans-frontières.pdf

28 www.lemonde.fr/societe/article/2026/02/21/cinq-personnes-soupconnees-de-faire-parvenir-des-fonds-au-hamas-par-le-biais-d-associations-francaises-mises-en-examen_6667723_3224.html

29 https://fr.chabad.org/library/article_cdo/aid/5917667/jewish/15-sages-paroles-de-Hillel-lAncien.htm


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