
Par Ada Shlaen,
[20 avril 2026]
Des vingt arrondissements de Paris, celui que je dois connaître le mieux est le dix-septième, qui s’étend au nord-ouest de la capitale. Cette connaissance s’explique par mes années de scolarité au lycée Honoré-de-Balzac, le plus grand lycée parisien, bâti sur des anciennes fortifications et qui longe une partie des boulevards des Maréchaux. De plus, j’y reviens souvent pour voir des amis qui y habitent depuis bien longtemps.
Il y a quelques mois, en remontant la rue Cardinet vers l’Avenue de Clichy, j’ai levé la tête et remarqué la plaque d’une petite rue qui partait sur ma gauche. J’ai lu alors :
« Rue René Blum
1878 – 1942
Directeur de théâtre et d’opéra
Assassiné à Auschwitz »

J’ai immédiatement compris qu’il devait exister un lien familial entre Léon Blum, devenu en 1936, après la victoire aux élections législatives du Front Populaire, le Président du Conseil et René Blum, mentionné sur la plaque bleue, mais sur le moment je n’aurais pas pu préciser sa nature. Ayant supposé avec raison, que Léon et René, faisaient partie de la même famille, je souhaitais préciser ce lien et replacer sa vie dans son cadre historique. Je voulais surtout connaître les circonstances de sa mort tragique.
J’avoue bien humblement que j’avais une idée assez vague de l’histoire de la famille Blum, ces Juifs alsaciens qui s’installèrent à Paris, bien avant 1871, quand cette région, à la suite de la malheureuse guerre de 1869-70 entre la France du Second Empire et le royaume de Prusse, fut annexée par la coalition d’États allemands qui formeront bientôt l’Empire germanique, proclamé le 18 janvier 1871 dans la galerie des Glaces à Versailles.
À l’époque du triomphe de cette nouvelle puissance européenne, la famille Blum était déjà installée à Paris. Le père de famille, Abraham, né le 22 juillet 1831 à Westhoffen, dans le département du Bas-Rhin, vint à Paris à la fin des années 1840 et assez rapidement francisa son prénom en « Auguste ». Avec ses frères Henri et Émile il s’engagea dans le commerce de gros en passementerie, surtout des rubans et des soieries. Après quelque temps il devint l’unique propriétaire du magasin qui se trouvait à l’époque au 151, rue Saint-Denis.
Auguste put profiter des meilleures années du règne de Napoléon III, quand le pays connut une période du développement économique assez remarquable avec l’accroissement régulier du niveau de vie, surtout dans les couches moyennes de la population urbaine. En 1870, juste avant sa chute, le Second Empire rattrapa même son retard industriel sur le Royaume-Uni !
Au premier abord, son activité pourrait paraître un peu futile, peut-on vivre décemment et de plus assurer une vie confortable à une famille grâce aux rubans de soie ? Mais il suffit d’examiner des tableaux de l’époque, pour comprendre que son choix fut fort judicieux ! Prenons par exemple les œuvres du peintre Auguste Toulmouche1; très célèbre à l’époque du Second Empire et tout à fait injustement tombé dans l’oubli de nos jours.
En regardant ses portraits féminins, vous comprendrez facilement que la soie et les dentelles peuvent coûter une fortune et qu’Auguste Blum avait agi en homme très avisé.
Pour finir, cette entreprise familiale s’était avérée comme très solide ; après sa mort, en 1921, elle est restée active encore vingt ans sous la direction de ses fils et fut fermée seulement pendant l’occupation allemande, subissant la spoliation en 1941.
En 1869 Abraham Blum épousa Marie Adèle Alice Picart, qui était aussi de religion juive, née à Paris, dans une famille qui venait également de l’est de la France. Ils habiteront pendant de longues années au-dessus du magasin au 151, rue Saint-Denis où leurs cinq fils verront le jour. En 1883, les soieries Blum seront transférées dans un local plus spacieux, au 57 de la rue Réaumur, mais la famille garda son habitation de la rue Saint-Denis.

Les naissances des enfants Blum étaient assez rapprochées ; entre l’aîné Lucien, né en 1869 et René, venu au monde en 1878, il n’y a même pas dix ans de différence. Le puîné, Léon, était né en 1872, suivi en 1875 par Marcel, puis en 1877 par Georges.
Cette différence d’âge, relativement modeste, explique probablement leur attachement mutuel, ils auraient pu partager la maxime des Mousquetaires d’Alexandre Dumas : « Un pour tous, tous pour un ».
Les Blum suivaient les commandements de la religion juive, les fêtes juives étaient respectées, la nourriture était casher et les garçons ont fait leur bar-mitzvah.
- La mère de famille fort pieuse, faisait ses prières quotidiennes ;
- son époux, aussi très croyant, fréquentait la synagogue lors des shabbats. La fête de Pessa’h, quand le repas traditionnel réunissait toute la famille, était célébrée avec solennité toute particulière.
Mais avant de connaître cette vie calme et tout à fait prospère, le jeune couple dut affronter une série d’événements dramatiques comme tous les habitants du pays et surtout des Parisiens :
la guerre contre la Prusse, la défaite militaire et la chute du Second Empire, le siège de la capitale et la Commune de Paris.
Auguste et sa jeune femme, ainsi que leur premier-né, Lucien, se retrouvèrent alors dans l’épicentre des événements qui transformèrent de fond en comble le pays et influencèrent même la vie politique et sociale de l’Europe.
Il existe évidemment une abondante historiographie, consacrée à la fin du Second Empire et à la Commune. Des livres sur cette période pourraient remplir des longues rangées des bibliothèques ; mais nous n’y trouverons pas des témoignages des membres de la famille Blum qui ont vu de leurs yeux le déroulement de ces événements. Pourtant Léon, le second fils du couple, né le 9 avril 1872, c’est-à-dire un an après toutes ces épreuves dramatiques, laissa un bref témoignage de la vie dans sa famille pendant le siège de Paris et surtout la Commune. Il devait vraisemblablement reprendre les récits de sa mère et de sa grand-mère.
Ces textes autobiographiques sont assez tardifs, écrits par un homme déjà adulte, engagé dans l’action publique au moment de l’affaire Dreyfus qui deviendra pour lui le début d’une longue carrière politique.
D’une part il exprime alors des sentiments très tendres envers sa mère, il use, pour la peindre, des mots gentils et affectueux :
« C’était l’être le plus juste que j’aie jamais connu, écrit-il. Je n’ai rencontré chez personne une telle intensité de scrupule. Elle poussait le sentiment de la justice jusqu’à la mélancolie… J’ai été élevé avec un frère un peu plus âgé que moi. Lorsque ma mère nous donnait des pommes pour notre goûter, elle coupait deux pommes en deux et remettait à chacun les moitiés de l’un et de l’autre fruit. »
Il exprime aussi une vraie fascination envers sa grand-mère qui tenait une librairie, place Dauphine, à proximité du Palais de Justice.
« La personne dont, enfant, j’ai subi la première influence, fut ma grand-mère maternelle. C’était une femme très influencée par George Sand, par Pierre Leroux. Elle avait pris sentimentalement part aux journées de juin 1848, elle était républicaine ardente sous l’Empire. En 1871, elle a été de cœur avec la Commune. Ses sœurs, plus “bourgeoises”, l’appelaient la “communarde”. À toute la fratrieelle apparaissait auréolée de romanesque révolutionnaire, vibrante, énergique, presque héroïne. »
Les cinq frères étaient très attachés à leurs parents et très liés entre eux. Curieusement le puîné, Léon était considéré par son entourage comme l’aîné, car tous reconnaissaient ses grands dons et ses capacités exceptionnelles. René, le benjamin, déclara même un jour à ses amis :
« Je suis le frère de Léon, voilà tout ».
Nous voyons ainsi que les jeunes Blum grandirent dans une famille assez aisée, où, au cours des années les conditions de vie s’amélioraient grandement. On peut même parler de leur ascension sociale indéniable, symbolisée par le déménagement pour une maison bien plus confortable à Enghien-les Bains.
Si les parents donnaient déjà un bon exemple de la réussite des Juifs français, ils pouvaient certainement espérer un avenir encore plus brillant pour leurs fils.
– Avec le temps Lucien et Marcel, rejoindront leur père, en donnant au magasin un nouveau souffle ;
– Georges voulait devenir médecin et entama des études scientifiques.
– Grâce à ses dons remarquables, Léon aura un parcours extrêmement brillant, même s’il n’était pas linéaire et semblait refléter une certaine indécision. Probablement, le jeune homme mettra beaucoup de temps avant de choisir sa voie, hésitant entre l’écriture et la carrière de haut fonctionnaire. Il devint bachelier à dix-sept ans, put se prévaloir d’un prix de philosophie au Concours général et intégra dans la foulée l’École Normale Supérieure. Ne voulant devenir ni chercheur, ni enseignant, il dut démissionner et entreprit des études juridiques pour obtenir en 1894 sa licence. L’année suivante il devint membre du Conseil d’Étatoù il fut, pendant vingt-cinq ans, un brillant « commissaire du gouvernement ». À l’époque il n’était pas attiré par la politique. Néanmoins, il écrivait pour des revues littéraires et publia ses articles dès 1891. On pouvait trouver sa signature dans plusieurs journaux littéraires de l’époque, surtout dans la Revue Blanche où il était chargé de la « Chronique des Livres ».
Le parcours du cadet de la famille, René, peut sembler assez chaotique et très éloigné des espoirs paternels. Son père le voyait dans une école de commerce ce qui pourrait être utile pour l’entreprise familiale. Or René qui avait fait une scolarité tout à fait satisfaisante, en passant par le prestigieux lycée Henri IV, s’intéressait surtout aux arts et à la littérature et n’avait aucune intention de suivre la voie qui contenterait Auguste Blum. S’il est allé en Angleterre pour entamer un cursus dans une école de commerce, c’était surtout pour apprendre l’anglais et le parler vraiment couramment, pressentant avec raison que la connaissance de cette langue pourrait lui être très utile.
L’adolescent lisait énormément, aimait le théâtre, la peinture, faisait des fréquentes apparitions dans les locaux de la rédaction de la Revue blanche, avec laquelle son frère Léon collaborait déjà et où paraissaient des contributions des grands écrivains et artistes de la fin du XIXe siècle. On y trouvait des signatures de Zola, Péguy, Apollinaire, Verlaine, Mallarmé, Jarry, Barrès, Marcel Proust et même des étrangers comme Ibsen ou Léon Tolstoï. La revue s’intéressait beaucoup aux arts, présentant la génération de jeunes peintres post-impressionnistes comme Toulouse-Lautrec, Gauguin, Bonnard, Vuillard ou Seurat et qui attiraient de plus en plus l’intérêt des critiques et de spectateurs. Il existe d’ailleurs un beau portrait de René, peint en 1912 par Édouard Vuillard.
Avec le temps René Blum deviendra un collaborateur d’une autre revue littéraire Gil Blas où on pouvait d’ailleurs retrouver les mêmes signatures.
De cette manière il connut Marcel Proust et en 1913, l’aidera même grandement à publier le premier tome de la Recherche, Du côté de chez Swann. Le roman sera refusé par plusieurs éditeurs, en premier lieu par Gallimard. L’auteur, sachant que l’éditeur Bernard Grasset était un ami de René Blum, s’adressa alors à lui, demandant de l’aider dans cette affaire, fort délicate :
« Cher ami, comme c’est assez rare que je sois en état de téléphoner, je crois préférable de vous dire par lettre le grand service que je voulais vous demander. Il concerne M. Grasset, l’éditeur dont vous êtes, je crois, l’ami. Je souhaiterais que M. Grasset publie, à mes frais (moi payant l’édition et la publicité) un important ouvrage que j’ai terminé. Je travaille depuis longtemps à cette œuvre. »

Effectivement, Grasset décida de publier ce premier tome de l’œuvre qui en comptera sept et qui enthousiasmera les lecteurs. Comme le livre devint rapidement introuvable, un nouveau contrat fut alors proposé à Marcel Proust, bien plus favorable, car des honoraires étaient prévus, tous les frais étant à la charge de l’éditeur.
Trois ans plus tard, au vu de ce succès, Gallimard voulut reprendre La Recherche ; évidemment les éditions Grasset ne voulaient pas laisser partir leur auteur qui se tourna vers René Blum qui joua les intermédiaires. Il obtint un accord entre les deux maisons d’édition et Marcel Proust, lequel de plus, en 1919, obtiendra le prix Goncourt.
Mais en été 1914 l’Europe doit affronter la guerre qui touchera la majorité des pays européens et qui au cours de quatre longues années débordera de plus en plus largement, touchant les autres continents.
Quand cette première guerre mondiale éclata, René Blum avait déjà 35 ans et n’était pas mobilisable. Il se porta pourtant volontaire. Sa connaissance de l’anglais explique son affectation comme traducteur auprès des militaires britanniques.
À ce titre il participa à la sanglante bataille de la Somme et il sauva à Corbie, près d’Amiens, plusieurs œuvres d’art et les reliques de l’abbatiale locale. En 1918 il obtint la Croix de guerre pour sa bravoure au front.
Une fois la paix revenue, René avait du mal à reprendre le fil de sa vie.
Il s’était lancé dans l’édition de livres d’art, dans l’organisation d’expositions mais ne récoltait que des succès d’estime.
Or à la fin de l’année 1924 il reçut une proposition de Raoul Gunsbourg, directeur du théâtre de Monte-Carlo qui allait changer complètement sa vie et lui apporter un grand succès, non seulement en Europe, mais aussi dans les autres pays européens et surtout aux États-Unis. Il devint alors le directeur artistique de ce théâtre, fondé en 1879 par le Prince Charles III de Monaco et conçu par Charles Garnier, l’architecte de l’Opéra de Paris.
René n’était pas mécontent de s’éloigner de la capitale où son frère aîné était en train de devenir un acteur de premier plan de la vie politique de l’époque. À dire vrai, Léon était toujours attiré par les problèmes sociaux, mais en tant qu’auditeur auprès du Conseil d’État, il était tenu à une réserve assez stricte. Pour cette raison, bien qu’il fût persuadé de son innocence, il n’a pas pu s’engager ouvertement dans la défense d’Alfred Dreyfus et s’était limité à une collaboration juridique avec ses avocats.
Plus tard sous l’influence de Jean Jaurès avec qui il s’était lié d’amitié, il se rapprocha des socialistes, et dès 1905, adhéra à la Section française de l’Internationale Ouvrière (SFIO). Pourtant pendant des années il se tenait assez loin de la politique et préféra même cesser sa collaboration avec le journal l’Humanité, l’organe officiel de la CLIO.
Mais la politique le rattrape vraiment après la guerre en 1919, quand il fut élu député pour la première fois. Ensuite en 1920, il refusera de voter l’adhésion de la CLIO à l’Internationale communiste, qui était alors complètement aux ordres de Moscou et de son gouvernement bolchévique.
Ainsi dans la période entre les deux conflits mondiaux, Léon Blum fut considéré comme une personnalité du premier plan dans le paysage politique français et en juin 1936, grâce à la victoire du Front Populaire, il devient le Président du Conseil des Ministres2.
René en était très fier, mais il restait très discret et n’aimait pas reconnaître leurs liens familiaux en public.
À Monte-Carlo, en créant des nouveaux spectacles avec des distributions éclatantes, il réussit à remettre à flot le théâtre. Sur la scène du théâtre de la principauté allaient se produire des acteurs déjà très connus comme Harry Baur et de brillants débutants, comme Madeleine Renaud, Michel Simon, Pierre Blanchar.
En arrivant à Monte-Carlo il ne pensait certainement pas qu’il aurait à continuer l’œuvre d’un homme qu’il admirait depuis des longues années, à savoir Serge de Diaghilev, le célèbre créateur de Ballets russes, mort à Venise le 19 août 1929.
Il s’agissait de la célèbre compagnie d’opéra et surtout de ballet, créée en 1907 par ce même Diaghilev qui y avait introduit les meilleurs chanteurs et danseurs du Théâtre impérial Mariinski de Saint Pétersbourg. Elle devint mondialement connue après la tournée internationale de 1909 dont la partie la plus importante eut lieu à Paris, au théâtre Châtelet. René Blum a pu assister à l’époque à plusieurs représentations de cet ensemble, devenu depuis légendaire. Deux ans plus tard en 1911, Diaghilev fonda une troupe privée, qui sera nommée les Ballets russes et qui se fixera à Monte-Carlo et dans laquelle se produiront aux cours des années les meilleurs danseurs et chorégraphes du XXe siècle comme Tamara Karsavina, Ida Rubinstein, Anna Pavlova, Vaclav Nijinski, Serge Lifar ou bien Adolph Bolm,Boris Kochno, Georges Balanchine, Léonide Massine, Michel Fokine, Bronislava Nijinska…
Après la mort de Diaghilev, René Blum devint propriétaire et directeur artistique de cette compagnie prestigieuse qui sillonnait le monde pendant une dizaine d’années, faisant rêver des spectateurs de plus en plus nombreux.
À la fin des années 1930 René Blum se rendait bien compte de la situation de plus en plus difficile en Europe, il craignait l’éclatement d’une nouvelle guerre. Il décide alors de vendre sa compagnie à une agence américaine ce qui mettait à l’abri la plupart des artistes. Il n’en était plus le propriétaire, mais devait la diriger encore pendant un certain temps.
En 1940 malgré la situation politique très tendue, il réussit à organiser une dernière tournée pour la troupe aux États-Unis et il décida de l’accompagner.
La guerre commença pendant leur séjour, la plupart des artistes décidèrent alors de ne pas rentrer en Europe, mais René, malgré les avertissements de ses proches, préféra revenir à Paris. Il considérait que le fait de porter le nom « Blum » l’obligeait à être très exigeant envers lui-même.
Il fut arrêté par des policiers français le 12 décembre 1941, dans son appartement de l’avenue Bugeaud. Il sera emprisonné dans les camps de Compiègne, de Drancy, de Pithiviers, de Beaune-la-Rolande…
Il sera dans le convoi qui partit de Drancy le 28 septembre 1942 et pour arriver à Auschwitz quatre jours plus tard… AS♦

Ada Shlaen, MABATIM.INFO
1 Voir : Auguste Toulmouche : peintre de l’élégance et de la vie bourgeoise sous le Second empire – Une Brève Histoire d’Art
2 Il faut remarquer des attaques antisémites très fréquentes contre Léon Blum, surtout durant les années 1930. On peut citer par exemple une interpellation à la Chambre des députés, le 6 juin 1936, alors qu’il vient d’être désigné comme président du Conseil. Le député de l’Ardèche Xavier Vallat lance : « Pour la première fois, ce vieux pays gallo-romain sera gouverné par un Juif ».
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