Pour l’Iran, la négociation, c’est la guerre

Par Yves Mamou,
[29 mai 2026]

Pour les Iraniens, la négociation est la continuation de la guerre par d’autres moyens

Le 28 mai, le Wall Street Journal a annoncé des « échanges de tirs » entre l’Iran et les États-Unis, « pour la seconde fois en quelques jours ». Simultanément, le journal en ligne américain Axios a titré qu’ « un deal était imminent » entre les deux belligérants, l’Iran et les États-Unis.

Quelques jours auparavant, même scénario : les États-Unis ont frappé « des embarcations iraniennes qui tentaient de poser des mines » dans le détroit d’Ormuz – et ce alors même que les deux parties discutaient d’un accord potentiel pour mettre fin à la guerre et rouvrir le détroit d’Ormuz.

Peut-on continuer la guerre et négocier en même temps ?

La réponse est oui.

L’Iran pose des mines non pas en dépit des négociations, mais à cause d’elles.

Contrairement à ce qu’écrit le « New York Times, les échanges de tirs et la pose de mines marines dans le détroit d’Ormuz par les Iraniens « ne menacent pas les négociations » :
ILS SONT UN ÉLÉMENT CLÉ DE LA NÉGOCIATION..
..

Pour les Iraniens, le message est le suivant :

« Notre capacité de nuisance reste entière, vous devez comprendre que vous allez céder ». Plus les mines sont nombreuses, plus la réouverture du détroit d’Ormuz va prendre du temps, plus le coût économique et politique pour les États-Unis sera élevé.

Selon les États-Unis, cela pourrait prendre six mois.

Les États-Unis ripostent en envoyant les poseurs de mines par le fond et ils laissent l’armée israélienne affaiblir le Hezbollah au Liban et exécuter le nouveau chef militaire du Hamas, Mohammed Odeh, qui avait pris ses fonctions deux semaines après l’exécution de son de son prédécesseur…

Chacun veut négocier en position de force.

La diplomatie n’est pas une pause entre deux partenaires désireux d’arriver à une issue, mais la continuation de la guerre par d’autres moyens.
Négocier, c’est tenter de lasser l’adversaire et de lui extorquer des avantages en faisant l’économie de munitions…

Le cadre de la négociation

Les deux ennemis se tiennent mutuellement à la gorge. La question est de savoir qui va cesser de respirer en premier.

L’Iran pèse sur la planète en obstruant le détroit d’Ormuz. L’économie mondiale repose sur une chaîne d’approvisionnement planétaire. Le blocage par l’Iran d’exportations telles que les engrais, l’hélium et surtout le pétrole et le gaz a des répercussions à l’échelle planétaire.

Les mollahs disposent d’un atout politique considérable, car les médias et les Européens font de Donald Trump le principal responsable de la situation. En riposte, les États-Unis ont bloqué les exportations de pétrole iranien en direction de la Chine, ce qui prive le régime des mollahs de ressources pour calmer leur front intérieur, celui d’une population maltraitée, affamée, exsangue.

Les deux pays gèrent une crise où les outils de la guerre sont l’économie et la désinformation. L’amiral Brad Cooper, commandant du Commandement central américain (CENTCOM), qui dirige les opérations militaires au Moyen-Orient, Israël, a déclaré qu’il n’y a « aucun commerce » à destination ou en provenance des ports iraniens, ce qui « étouffe l’Iran sur le plan économique et constitue un levier important dans les négociations en cours ».

Et Marc Schulman, commentateur très connu en Israël note que

« De nombreux médias continuent de suggérer que les États-Unis et l’Iran sont parvenus à un accord, ou du moins à un cadre général, sous réserve de l’approbation finale du président Trump. Dans le même temps, les autorités iraniennes affirment publiquement que ces informations sont fausses et que Téhéran n’accepterait pas les conditions actuellement évoquées. Nous nous retrouvons donc une fois de plus dans l’ignorance de ce qui se trame en coulisses, et même quant à la réelle proximité d’un accord. » YM♦

Yves Mamou, Décryptages


Cet article est publié avec l’accord gracieux d’Yves Mamou auteur du bloc YVES MAMOU DÉCRYPTAGES


En savoir plus sur MABATIM.INFO

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

Laisser un commentaire. Il sera visible dès sa validation.