Robert Kennedy a la réponse aux questions que ne se pose pas Joe-Dalton Barrot

Par Liliane Messika,
[30 août 2026]

Barrot Jean-Noël est le ministre des Affaires étrangères français. Sa spécialité est l’Israël-bashing. Quand il parle de ce petit pays qui l’occupe obsessionnellement, il arbore une mimique hargneuse à la Joe Dalton.

Robert Kennedy Jr, lui, est secrétaire à la Santé et aux Services sociaux des États-Unis depuis 2025. Il est le neveu de l’ancien président américain qui a, comme son propre père, été assassiné.

Interviewé sur Fox News, qui est aux États-Unis ce que CNews est à la France et ce que Lucifer est aux chrétiens, Robert Kennedy Junior1 a donné un certain nombre de chiffres que doivent connaître Macron et son mini-ministre, mais qu’ils taisent, préférant reprendre en chœur les inventions des cosaques et des nazislamistes.

On a des réponses, quelqu’un a-t-il les questions ?

Combien d’Arabes vivaient en 1948 dans la Palestine mandataire ?

Les Britanniques avaient fait plusieurs recensements pendant leur mandat, le premier en 1922, puis, en novembre 1931, celui qui est considéré comme le plus important pour les études démographiques de la Palestine mandataire.

Les chiffres de 19312 donnaient une population totale de 1 035 821 personnes, réparties entre les musulmans (759 712), les juifs (174 610), les chrétiens (91 398) et les « autres » (10 101).

Ces résultats datent de 1931 et on peut les comparer avec les chiffres fournis, en 1949, par l’UNRWA, l’agence chargée de traiter les « réfugiés palestiniens » comme des VIP par rapport à tous les autres (des dizaines ou des centaines de millions, selon les époques) dont s’occupait (et s’occupe toujours) le Haut-Commissariat aux réfugiés.

L’UNRWA, dont le financement était adossé au nombre de ses bénéficiaires, avait intérêt à gonfler les chiffres. Pourtant, elle mentionne sur son site un nombre inférieur à celui des Britanniques : « plus de 700 000 ».3…

Cela peut s’expliquer par l’espérance de vie très courte et la mortalité infantile très élevée4 qui précédaient « l’occupation », c’est-à-dire le partage de l’ONU, accepté par les Juifs et refusé par les Arabes.

Rappelons, pour les étourdis, que le premier refus de la solution à deux États date de 1947 et qu’il provenait de la Ligue Arabe, s’exprimant au nom des « Arabes » en général (puisque ceux de la Palestine mandataire ne se distinguaient en rien des autres Arabes de la région).

Le jour de la déclaration d’indépendance de l’État d’Israël, deuxième du nom, les armées de cinq pays l’envahirent : Syrie, Liban, Irak, Jordanie et Égypte.

Le résultat fut la Naqba, (« la catastrophe » en arabe) c’est-à-dire leur échec à « jeter les Juifs à la mer », selon le slogan en vogue à l’époque, remplacé aujourd’hui par « libérons la Palestine de la rivière à la mer »…

Au départ des Britanniques, les pays agresseurs avaient invité par radio leurs frères à évacuer le terrain pour ne pas encombrer le champ de bataille. Les habitants de la Palestine ex-mandataire avaient été invités à passer le week-end chez leurs voisins. Cela tombait bien : le 14 mai 1948 était un vendredi, le jour du seigneur pour les musulmans.

Après la défaite des armées arabes, il n’était pas question que les invités confondissent tourisme et immigration, aussi furent-ils rapidement déclarés personæ non gratæ chez leurs hôtes et acquirent donc le statut (qu’ont toujours leurs descendants depuis quatre générations) de « réfugiés palestiniens »…

Les 156 000 autres restèrent sur place, soit parce qu’ils étaient plus malins, soit parce qu’ils n’avaient pas entendu les appels à l’évacuation.

Ils devinrent, eux, citoyens du jeune État et reçurent aussitôt la liberté (de parole, de culte, de vote, de presse et tutti quanti), l’égalité (avec les citoyens juifs) et la fraternité (avec les voisins qui l’acceptaient).

Le tout est attesté par la déclaration d’indépendance :

L’État d’Israël « sera fondé sur la liberté, la justice et la paix telles que l’ont préconisé les prophètes d’Israël ; il assurera une totale égalité de droits sociaux et politiques à tous ses citoyens, sans distinction de religion, de race ou de sexe. Il garantira la liberté de culte, de conscience, de langue, d’éducation et de culture ; il assurera la protection des Lieux Saints de toutes les religions et sera fidèle aux principes de la Charte des Nations-Unies. […] NOUS TENDONS LA MAIN, en signe de paix et de bon voisinage, à tous les pays voisins et à leurs peuples… »5

Que sont-ils devenus ces 156 000 Arabes de Palestine, le 15 mai 1948 ?

C’est là qu’intervient Robert Kennedy Jr.

  • Il sait qu’ils sont devenus citoyens d’une démocratie.
  • Il sait qu’en 2016, ils sont 2,1 millions, soit un peu plus de 20 % de la population totale.
  • Il sait qu’ils occupent toutes les strates de la société israélienne : beaucoup sont médecins (y compris chefs de services ou directeurs d’hôpitaux), ils sont universitaires, avocats, musiciens, sportifs, juges6…
  • Ils ont plusieurs partis à la Knesset (le parlement).
  • Un de ces partis a participé à une coalition gouvernementale en 2021-22.7

Les vrais génocides, apartheid et nettoyage ethnique

Robert Kennedy sait aussi qu’avant 1948, un million et quelque de Juifs vivaient dans les pays arabes en dhimmis (citoyens de seconde zone soumis à un impôt spécifique et à des persécutions codifiées par la charia, la loi islamique).

À partir de l’Indépendance d’Israël, ces juifs ont tous été tués ou chassés après que tous leurs biens ont été confisqués.

Aujourd’hui, ils sont moins de 15 000 dans tout le Moyen-Orient…

« Apartheid », dit Robert Kennedy Jr, vous avez dit « apartheid » ?

Non, personne ne dit apartheid pour parler du nettoyage ethnique des Juifs hors du Maghreb et du Machrek…

Kennedy a l’air d’avoir potassé ce dossier. Il sait ce qu’est un génocide et il voit que le génocide « des Juifs dans le monde entier, pas seulement de ceux d’Israël » est l’objectif du Hamas.

Il connaît aussi les chiffres de l’épuration ethnique génocidaire des chrétiens par les musulmans du Moyen-Orient :

« La population chrétienne à Gaza a baissé de 80 % en dix ans. »

Et, fait-il observer,

« Si Israël voulait commettre un génocide contre les Palestiniens, il n’aurait besoin que de quelques minutes. À l’inverse, leur population croît à un taux supérieur à celui de tous les pays arabes environnants. Si vous voulez voir un génocide, ce n’est pas Israël qu’il faut regarder, mais tous les pays arabes qui l’entourent. »

Les faits n’entrent pas dans le domaine de nos croyances, disait Marcel Proust.

Joe-Noël B. en est un vivant exemple. Économiste de formation et fils d’un politicien, il s’estime assez compétent en droit international pour juger que celui-ci est bafoué par tout ce que fait l’État juif8.

Il ignore donc que « le droit international » existe réellement et qu’il est constitué par l’ensemble des traités signés entre les États et non par les votes de l’ONU, dont l’électorat comprend 96 dictatures et 71 démocraties.9

Cette ignorance permet à Mister Barrot d’user des mots les plus durs pour stigmatiser Israël, parmi lesquels « famine » figure en bonne place.

Il devrait réfléchir (à une question posée par un homme politique allemand :

« Comment se fait-il que les Palestiniens soient toujours à court de nourriture et d’eau, mais jamais de missiles et de munitions ? »

Euh… Réfléchir, verbe intransitif ou transitif indirect : penser longuement. Ex : réfléchir à un problème.

Ne pas confondre avec la forme pronominale « se réfléchir » : être renvoyé par une surface. Ex : le Barrot rit de se voir réfléchi en son miroir. LM♦

Liliane Messika, Dreuz


1 www.foxnews.com/video/6399767193112

2 https://content.ecf.org.il/files/M00787_1931PalestineCensusPopulationFigures.pdf

3 www.unrwa.org/who-we-are?tid=85 – consulté le 27 août 2026.

4 Elle culminait à 45 ans et la mortalité infantile touchait 130 à 150 nourrissons sur 1000 naissances. McCarthy J., 1990 : The Population of Palestine. Population Statistics of the Late Ottoman Period and the Mandate, New York, Columbia University Press.

5 https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMDictionnaire/1441

6 Notamment un qui a mis en prison un ancien Président d’Israël – www.bbc.com/news/world-middle-east-12815941 et un Premier ministre – www.reuters.com/article/economy/factbox-israel-olmert-plagued-by-political-scandals-idUSL16259832/

7 https://information.tv5monde.com/international/israel-un-parti-arabe-dans-la-coalition-gouvernementale-une-premiere-historique-13063

8 https://www.facebook.com/reel/2423843464728507

9 https://atlasocio.com/classements/politique/democratie/classement-etats-par-indice-de-democratie-monde.php


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5 commentaires

  1. Salut Jean-Loup. Pour compléter il y a aussi tous les bisounours de gauche nourris à l’antiracisme idéologique, à la figure de l’arabe comme victime du vilain occident colonial et à la flemme intellectuelle de la foule qui, pour se sentir vibrer ensemble; préfère hurler ensemble plutôt que de laisser s’immiscer le doute.

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  2. Macron porte des lunettes bleues et JLM une écharpe rouge…mais leurs chemises sont brunes. Et elles sont identiques.

    Que ce soit en Europe de l’est ou au Proche-Orient, toute la politique étrangère de Macron et Barrot consiste à soutenir le mensonge et la barbarie. Or leur criminelle politique étrangère est le reflet de leur politique intérieure. Les nazis islamistes et palestinistes qui souhaitent la destruction d’Israël réservent peu ou prou le même sort aux pays occidentaux. En soutenant les ennemis les plus acharnés d’Israel, nos dirigeants criminels (*) (comptant parmi les plus criminels au monde) soutiennent donc de manière délibérée ceux ayant pour projet d’éradiquer leurs propres pays et leurs propres populations. Ce qu’ils ont déjà commencé à faire. Les pays occidentaux où flotte le drapeau palestinien (qui est la nouvelle croix gammée) vont disparaître dans le sang et l’horreur. Emmanuel Macron : « c’est mon projet ! »

    (*) français, britanniques, belges espagnols etc

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  3. La différence radicale de perception et d’expression au sujet de la crise du Moyen-Orient et du conflit persistant contre Israël, entre Barrot et Kennedy s’explique à mon avis par le fait suivant:

    La psyché Française a été formatée pendant des siècles trop nombreux, par l’enseignement catholique du mépris et de la culpabilité des juifs, tout étant toujours de leur faute.

    L’aggiornamento salutaire du concile Vatican II, avec la déclaration Nostra Aetate, de 1965, qui remet en question cette culture abusive du mépris et de la culpabilité des juifs, tarde à porter ses fruits.

    La France se déchristianise mais a du mal à se détacher de ses préjugés antisémites profondément inculqués au fil des siècles et qui l’aveuglent à la réalité (aveuglement suicidaire..). Elle est suicidairement islamophile par antisémitisme et tout y reste donc toujours de la faute des juifs, surtout pour les médiocres du genre de Barrot.

    Par contre, les USA ont été fondés par des intellectuels francs maçons, férus de culture biblique, pour offrir une alternative à la féodalité. en vigueur en Europe essentiellement catholique.

    Le protestantisme, qui remet salutairement en questions dogmes et pratiques, et a effectué un retour majeur vers la Bible hébraïque, y est très présent. Il a contribué à la naissance et à l’essor aux USA d’une culture civilisationnelle judéo-chrétienne vivante et fertile, que le Président Trump déclare vouloir défendre. Même des catholiques comme les Kennedy en font volontiers partie, et ont été heureusement préservés des préjugés antisémites qui plombent la France.

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