Le billet d’Eva Naccache : « DE GRASSE À VERSAILLES »

grasse-lavande_237[1]Par Eva Naccache

Quand on entend « Grasse », le mot « parfum » arrive à notre esprit.

Avant l’installation du Musée international du parfum, ces mots étaient déjà liés.

Dans la région, le sol est peu fertile, difficile à travailler, mais il y a de l’eau ; conditions favorables à l’élevage des animaux, puis au tannage des peaux.

Le cuir ne sent pas bon ; au 17e siècle, la mode est au cuir parfumé. Grasse se met au cuir parfumé ; on est alors tanneur-parfumeur…mais les impôts étant plus élevés pour le tannage que pour la parfumerie, on devient parfumeur-tanneur…..puis parfumeur.

**Retrouvez les billets d’Eva Naccache**

Les plantes se plaisent sur ces terrains, bien irrigués, sous un microclimat très doux. Quatre spécialités constituent tout d’abord la base olfactive des jardins de la région : jasmin, rose de mai, lavande et bigaradier (oranger sauvage). Plus tard d’autres fragrances s’ajoutent, locales ou exotiques : gardénia, tubéreuse, ylang ylang, patchouli.

Depuis le cours Honoré Cresp, on découvre la ville : le 19e siècle, paternaliste, a fait construire des maisons pour ses ouvriers, toutes semblables : on les repère encore dans la verdure.

Osmothèque de Versailles[1]
Osmothèque de Versailles
Monsieur Chiris, un industriel du parfum, allait chercher des fleurs en Afrique du nord. Il découvre l’architecture mozarabe et ses entrelacs aérés, cela convient parfaitement au séchage des fleurs, d’où l’aspect orientalisant de son usine à arabesques qui surprend parmi les maisons à utiles romaines.

Le « pays » a gardé sa spécificité, beaucoup des NEZ qui concoctent nos effluves étaient originaires de la région avant la création des osmothèques comme celle de Versailles.

Constant Viale, qui aime être appelé le berger des plantes, essaie de faire renaître l’atmosphère olfactive de sa région. Il parcourt la garrigue pour retrouver les espèces oubliées et les faire revivre dans son jardin, véritable arche de Noé des odeurs : tubéreuses sauvages à la forte fragrance de gardénia, narcisse-jonquille rappelant le genêt au printemps.

Le musée nous introduit d’abord dans un jardin de senteur, puis nous découvrons les accessoires de la coquetterie depuis l’antiquité avec un émouvant nécessaire de voyage ayant appartenu à la reine Marie-Antoinette.

Versaillais !! Allez, avec vos enfants, à l’osmothéque, avenue de Clagny, vous manipulerez, vous réveillerez vos sensations olfactives. Vous pourrez aussi vous souvenir du livre « Le Parfum ».

Visiter l’osmothèque de Versailles

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