Le Billet d’Eva : LA SYNAGOGUE DE CARPENTRAS

Synagogue CarpentrasPar Eva Naccache

Le patrimoine juif du Comtat Venaissin est proposé pour le classement au patrimoine de l’UNESCO.

Les bâtiments de Carpentras furent classés dés 1924 par les Monuments Historiques.

La synagogue est édifiée en 1367 ; l’étroitesse de la « carrière », rues dans lesquelles sont confinés les juifs, conduit à une superposition en hauteur.

Depuis une placette bien provençale, des marches extérieures nous conduisent à un escalier monumental qui surprend, derrière une porte modeste.

A l’étage, une magnifique salle de prière : ferronneries à l’italienne, décor de style « rocaille » ; les coquilles et les volutes dorées se détachent sur un délicat fond vert, lustres de cristal à pampilles. Dans un angle, un fauteuil d’Elie, modèle réduit travaillé comme un chef d’œuvre d’artisan, ressemble à un jouet. L’ancienne théba[1], elle aussi dans le style baroque, est installée au niveau supérieur ; les femmes sont reléguées plus bas, motif des traditionnelles protestations des suffragettes de service et des réactions masculines non moins traditionnelles sur la place des femmes.

**Retrouvez les billets d’Eva Naccache**

Syna Carpentras plaqueNous découvrons ensuite, plus bas, prés d’une ancienne salle, non pas un mikvé[2] mais un ensemble : puits profond, neuf marches mènent à une nappe phréatique reliée à Fontaine de Vaucluse, un second escalier descend moins profondément, et une pompe (mécanisme du dix-neuvième siècle) ramène dans un «petit bain » l’eau du mikvé qui a été réchauffée grâce à un four à bois.

Un four destiné à la fabrication des matsot[3] succède à une grande salle mécanisée : une roue de près d’un mètre de diamètre fait avancer la pâte vers un rouleau métallique, hérissé de pointes qui vont perforer la surface de la matsa. A la fois étonnant et émouvant. La table de pétrissage a été offerte au quatorzième siècle : nom du donateur et date sont gravés dans la pierre.

Au dix-huitième siècle la communauté comprenait cinq cents personnes ; l’espace restreint autorisé aux juifs explique ces installations superposées pour utiliser au mieux l’espace sans léser les logements individuels.

En partant, nous faisons un détour par le cimetière, très bucolique, nous découvrons sous de vieux pins, en plus des sépultures humaines, une « guenizah[4] » Nous nous recueillons en souvenir des profanations récentes. EN

Eva Naccache[1] Autel
[2] Bain rituel
[3] Pains azymes (au singulier : matsa)
[4] Entrepôt d’objets ou livres religieux hors d’usage

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