« Les femmes juives en France », thèse

Par Delphine BarréThèse histoire recherche témoins2

Actuellement étudiante à l’Université de Paris Ouest Nanterre La Défense et habitant sur Versailles, je prépare une thèse de doctorat portant sur l’histoire des femmes juives en France des années 1930 à la fin des années 1940, et suis à la recherche de témoins.

A travers mes recherches, je souhaite mettre en avant le rôle des femmes face à des situations extrêmes et tenter de dégager une spécificité dans le vécu féminin, et ce notamment par l’exploitation de sources issues des archives dites « sociales », mais aussi en laissant une large place à la parole des victimes. Pour se faire, ma recherche se décomposera en trois grands axes principaux.

  • Il s’agira dans un premier temps de comprendre quels furent les différents parcours de ces femmes avant la guerre, en insistant sur la distinction entre les Juifs Français installés sur le territoire depuis plusieurs générations et les Juifs issus d’une émigration récente en provenance de l’Europe Orientale. La multiplicité des situations de ces femmes avant la période de guerre est déterminante car elle influe inexorablement sur la perception des évènements mais aussi sur leurs capacités à y faire face. Ainsi, dans leurs vies « d’avant », ces femmes surent déjà développer des stratégies de vie et parfois de survie, notamment pour les émigrées, qui sont essentielles dans la compréhension de leurs trajectoires futures pendant les heures sombres de l’Occupation.femmes juives thèse hakeshet
  • Le second temps de ma recherche portera sur les trajectoires de ces femmes pendant les années de guerre, avec le temps des persécutions, parfois du passage dans la clandestinité, puis, pour nombre d’entre elles, l’internement et la déportation dans les camps à l’Est. Là encore la pluralité des parcours est essentielle pour comprendre le processus génocidaire nazi. Parallèlement aux multiples camps d’internement français présents sur l’ensemble du territoire, trois camps nazis seront étudiés dans le cadre de cette recherche : Auschwitz Birkenau, épicentre de la destruction des Juifs d’Europe, Ravensbrück en tant que principal camp de femmes, et Bergen Belsen ayant accueilli les familles des prisonniers de guerre français. Parallèlement aux archives administratives, françaises et allemandes, les témoignages livrés par les survivantes apparaissent naturellement comme des sources fondamentales à cette recherche, en ce qu’ils recèlent le cœur de l’expérience de ces femmes et nous amènent, par un regard interne, au plus près des individus. Je souhaiterais ainsi comprendre l’impact au quotidien de cette violence, physique et psychologique, sur les déportées au prisme du genre, cropped-commemoration-de-l-holocauste1.jpget distinguer si les ressorts de survie déployés pour conserver leur humanité et transcender l’horreur jour après jour laissent émerger une spécificité féminine mais aussi nationale.
  • Enfin, parce que l’expérience extrême vécue par ces femmes a continué à résonner en elles bien après la Libération, il m’est apparu important de continuer à suivre les survivantes dans les années d’après-guerre afin de distinguer quels étaient les enjeux de leur reconstruction tant personnelle que matérielle, laissant émerger le poids et les conséquences de la Shoah sur des familles entières.

Au croisement de l’Histoire Juive, de l’Histoire de la Shoah et de l’Histoire des Femmes, cette recherche se veut être le miroir de la multiplicité des vécus de ces femmes Juives en France mais aussi de leur singularité au sein d’une société encore dominée par le regard des hommes. En laissant la parole à ces femmes, c’est travailler à renforcer la connaissance de l’expérience extrême que fut la Shoah tout en perpétuant le souvenir de ses disparus.

Si parmi vous, votre famille ou vos connaissances, des femmes Juives ayant vécu les épreuves de la guerre en France ou leurs proches souhaitent livrer leurs expériences, ils pourront faire entendre leurs voix à travers ce travail. Si vous disposez de documents d’archives ou de sources écrites, ils pourront également venir renforcer cette recherche. Je privilégie les entretiens en « chair et en os» avec tout témoin et suis également disponible pour venir présenter et discuter de mon travail. DB♦Delphine Barre-1

Contact : delphine.barre78@gmail.com – 06.58.76.62.33

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Un commentaire

  1. Trouver des témoins direct sera difficile à Delphine les femmes adultes de cette époque étaient nos mères et n’ont pas eu le privilège de vivre au delà de 120 ans que je sache, et songez que j’en ai plus de 70……

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