Pour en finir avec l’exception palestinienne

par Caroline B. Glick*

26 septembre 2016

Jamais, il ne s’est agi de construire la « Palestine »

Source: Ending the Palestinian exception , Jerusalem Post

israel_and_palestine_peaceRudolph Giuliani : « rejeter totalement la solution à deux états en Israël »
Un peu avant le premier débat présidentiel, Rudolph Giuliani – précédent maire de New York et conseiller du candidat Donald Trump – a prononcé un discours à la conférence annuelle du « Israeli American Council ». Quatre jours d’une intense préparation du débat avec Trump avaient précédé l’échange. Giuliani insistait sur le fait que le moment était venu pour les États Unis de « rejeter totalement la solution à deux états en Israël »

On peut seulement espérer qu’indépendamment du vainqueur de l’élection de novembre, la déclaration de Giuliani devienne la position officielle de la prochaine administration[1].

La position palestinienne
Dans son discours devant l’Assemblée Générale de l’ONU (en septembre 2016), le chef de l’Organisation de Libération de la Palestine et du Fatah ainsi que président non élu de l’Autorité Palestinienne le Président Mahmoud Abbas a dit plusieurs choses pour faire comprendre le point essentiel qu’il n’est pas intéressé à la paix avec Israël mais à sa destruction. Néanmoins, une exigence particulière demeure.

Elle demeure non parce que c’est une nouvelle exigence, mais parce qu’elle est constante.

Abbas le répète tout le temps, et ses conseillers le répètent tout le temps. Ils le disent aussi bien aux Palestiniens qu’aux audiences internationales, et ils en retirent toujours un soutien, ou au moins de la sympathie.

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Abbas exige qu’Israël cesse d’arrêter les terroristes palestiniens et qu’elle libère tous les terroristes palestiniens de ses prisons. Ainsi, il exige qu’Israël permette à des milliers de terroristes condamnés de ressortir libres, et qu’elle s’abstienne de toute action contre les terroristes impliqués dans la préparation et l’exécutons de meurtre de ses citoyens.

Une majorité écrasante de Palestiniens soutient cette exigence. Le gouvernement américain la soutient également.

Libération de 104 terroristes en 2013-14
Pendant la période 2013-14 où le Secrétaire d’État Kerry tentait en vain de relancer le processus de paix, le Président Obama a fait sienne l’exigence d’Abbas de libérer 104 terroristes ayant du sang sur les mains, comme une condition préalable à des négociations avec l’État juif.

Cédant aux pressions américaines, Israël a libéré 78 prisonniers en trois phases. Avant la quatrième phase déjà planifiée, Abbas et ses conseillers se sont vantés de ce qu’ils mettraient fin aux discussions avec Israël dès que le dernier groupe de terroristes ayant du sang sur les mains seraient libres.

Ainsi, ils admettaient que les négociations, telles qu’elles étaient, n’étaient rien de plus qu’un moyen d’atteindre leur but : celui de libérer des meurtriers.

Plutôt que de condamner Abbas et ses collègues de leur cynique mauvaise foi et de leur repoussante immoralité, l’administration Obama réprimandait Israël pour son refus de continuer ce jeu de dupes. Lorsqu’Israël répliqua aux déclarations palestiniennes qu’elle refusait de libérer le dernier groupe de 26 prisonniers condamnés, l’administration a accusé Israël de rompre les termes des négociations.

Obama, Kerry et leurs conseillers tinrent Israël responsable de l’échec des pourparlers.

Il est important de comprendre ce que l’exigence d’élargissement de terroristes dit d’Abbas. Il est important de méditer ce que le soutien écrasant de la majorité des Palestiniens à cette exigence dit d’eux en tant que société.

Et il convient de méditer également la rationalité stratégique et la stature morale d’un gouvernement américain qui soutient cette position.

En ce qui concerne Abbas et les Palestiniens, leur refus de considérer des meurtriers de masse comme criminels est riche d’enseignement sur ce qu’ils sont et sur ce qu’ils veulent.

 

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Logo de la Palestine à l’ONU. Où est Israël?

Le mouvement « national » palestinien a-t-il jamais consisté en une libération nationale ?

Le mouvement national palestinien qu’ils sont parvenus à incarner n’a jamais consisté en le désir profondément ancré d’une libération nationale, ni de la construction de la « Palestine ».

 

Dès l’instant où elle a été créée par Amin el-Husseini en 1920, l’identité palestinienne a consisté en la négation du mouvement juif de libération nationale, le sionisme. Et depuis l’indépendance d’Israël en 1948, les Palestiniens se sont définis par leur engagement collectif de détruire l’État juif, d’où leur soutien aux terroristes qui tuent des Juifs.

L’héritier de Husseini, Yasser Arafat, partageait ce point de vue que le terrorisme était à la fois un but stratégique en soi, et un moyen d’atteindre la fin ultime du mouvement palestinien, c’est-à-dire l’éradication violente d’Israël.

En tant qu’héritier de ces deux hommes, Abbas, ainsi que ses parfois partenaires parfois rivaux du Hamas, n’a jamais été intéressé à construire quoi que ce soit.

Et l’économie palestinienne dans tout ça ?
Voyez ce qui est mollement désigné comme l’« économie palestinienne ».

Dans un article publié cette semaine (septembre 2016) par le journal en ligne Mida[2], l’économiste Uri Redler démontre que l’économie palestinienne n’est pas une vraie économie. C’est un racket d’extorsion.

En se servant des données de la Banque Mondiale, Redler montre que l’économie palestinienne n’est qu’une illusion d’optique. Pendant ses 22 années d’existence, l’Autorité Palestinienne a presque entièrement détruit le secteur privé de Judée, Samarie et Gaza. Soixante quinze pour cent de son revenu fiscal provient des taxes indirectes collectées par Israël sur les importations. Quarante pour cent de son budget provient de donateurs. Seulement 18% de son revenu provient d’impôt direct, dont la majeure partie consiste en le prélèvement à la source de ses employés.

Depuis l’opération Bordure Protectrice en 2014, seulement 15% de l’aide à la reconstruction de Gaza a été utilisée pour des projets de reconstruction. Le reste de cet argent a été utilisé de façon discrétionnaire par le Hamas. Soixante dix pour cent des fonds provenaient des contribuables américains et européens. Ce qui signifie que les États Unis et l’Europe ont directement financé les terroristes du Hamas.

Il n’est pas surprenant que l’aide ait été détournée.

Et il n’est pas surprenant que les États Unis et l’Europe ont continué de fournir des fonds dont ils savaient qu’ils étaient détournés pas le Hamas.

ministry-of-economy-palestineNi le Hamas, ni le Fatah n’ont intérêt à développer une économie palestinienne.
Ce n’est pas le développement économique qui remplit les caisses, c’est le terrorisme. Les Palestiniens sous liberté économique ne dépendraient plus des Abbas, Hamas et consorts pour leurs vies. C’est pourquoi ces derniers bloquent tout chemin indépendant vers la prospérité.

Plutôt que de construire des routes, l’Autorité Palestinienne et le Hamas payent des gens pour tuer des Juifs. Plus vous tuez de Juifs, plus vous recevez d’argent.

Ils peuvent maintenir cette politique parce que les États Unis et l’Europe les payent pour qu’il en soit ainsi. Plus ils pratiquent le terrorisme, plus les Palestiniens obtiennent de couverture médiatique. Et plus ils obtiennent de couverture médiatique, plus ils reçoivent de financements par l’ONU et les gouvernements occidentaux pour faire avancer la cause de la « solution à deux états ».

Le Quatrième Protocol de Genève de 1949, socle du grief occidental contre Israël
Ceci nous ramène aux États Unis et l’Europe, et leur soutien sans faille des exigences palestiniennes concernant la libération des terroristes. Qu’en pensent-ils ? Ce mois-ci (septembre 2016), le professeur Eugene Kontorovich de la Northwestern University Law School et du Kohelet Forum, a publié un article sur l’interprétation générale par la communauté internationale du paragraphe 49(6) du Quatrième Protocol de Genève de 1949. La clause importante dispose qu’« une puissance occupante n’a pas le droit de déporter ou transférer une partie de sa propre population civile vers les territoires occupés ».

Comme le note Kontorovich, cette clause représente la base du leitmotiv de la communauté internationale sur l’illégalité des communautés israéliennes créées au-delà des lignes d’armistice de 1949 en Judée et Samarie.

Dit autrement, cela forme la base du grief occidental contre Israël, et, par extension, en faveur des Palestiniens.

La semaine dernière, pendant son discours devant l’assemblée générale de l’ONU, Obama a attaqué Israël pour son activité permanente de colonisation (en Anglais : settlement).

 

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Les Palestiniens relèvent de l’UNRWA et pas du HCR

Le protocole de Genève s’applique-t-il seulement à Israël ?
Kontorovich a enquêté sur les points de vue de la même communauté internationale sur des communautés créées par les citoyens d’une douzaine d’autres états sur des terres occupées par leurs gouvernements lors de conflits armés.

 

Il note que les activités de Marocains dans le Sahara occidental, de Turcs dans la partie nord de Chypre, d’Indonésiens au Timor oriental, et d’autres nationaux dans de nombreux autres territoires, sont légalement indifférentiables des activités d’Israël dans des zones anciennement jordaniennes dont il a pris le contrôle lors du conflit israélo-arabe de 1967. »

Pourtant, dans aucun de ces autres cas, ni l’ONU, les États-Unis, l’Europe, ni aucune autre autorité nationale ou internationale n’a jamais invoqué la Quatrième Convention de Genève ou prétendu que ces activités représentent une violation de la loi internationale. En d’autres mots, la base légale pour la criminalisation et la condamnation politique d’Israël par rapport aux Palestiniens est purement spécieuse et discriminatoire.

Dit autrement, le soutien américain à la solution à deux états, de même que celui de la communauté internationale, n’est qu’un moyen de discrimination contre Israël. Il ne fait avancer la cause de la paix et de la justice ni pour Israël, ni pour les Palestiniens. Il conforte simplement les gangsters terroristes à tuer des Israéliens en prenant en otage les Palestiniens et la communauté internationale.

Encore une fois, Giuliani a absolument raison.CG♦

c-glick-israeli-solution* Caroline Glick est une célèbre éditorialiste du Jerusalem Post. D’origine américaine, elle a réalisé son alyah en 1991. Excellente spécialiste de la politique intérieure américaine et des relations israélo-américaines, elle est opposée à la solution dite des deux états, et elle s’en explique dans son dernier ouvrage[3] (non disponible en français à ce jour).  La traduction, les illustrations et les intertitres sont de la rédaction. (NDLR)

[1] Depuis la rédaction de cet article, Donald Trump a remporté l’élection présidentielle
[2] « Une invention nommée économie palestinienne » (hébreu)
[3] The Israeli Solution: A One-State Plan for Peace in the Middle East,  Caroline Glick 2014

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