Le « Padamalgam », fils spirituel du « Génocidedespalestiniens »

Padamalgam.jpgPar Liliane Messika*

Malgré l’évidence des chiffres…
Il y a encore en France une bonne part des médias (ne lisez pas « Madiapart », ce n’est pas du verlan !) qui veulent faire prendre aux Français des vessies pour des lanternes et la violence des islamistes pour une réaction à la misère et au racisme.

On ne sait pas, de la presse et des politiques, lequel est la poule et lequel l’œuf, mais certains partis font également leur miel (OK, pas les poules) en convainquant les immigrés de la troisième génération qu’ils sont le lumpenproletariat du XXIe siècle. Marketing pour gonfler le lectorat ou clientélisme pour satisfaire un type de militants ?

En tout cas, si cela nous conduit à la guerre civile, cela ne gêne ni les uns ni les autres : on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs (revoilà nos gallinacées !)

Les Insoumis de la République, euh les Indigents de la Rhétorique, euh non, la France Irascible… bref, cette collection de bobos intellos à qui le réflexe tient lieu de réflexion, a besoin d’une victime pour alimenter son fonds de commerce et sa soif de reconnaissance, voire de pouvoir.

Avant de trouver sur le sol national de quoi satisfaire leurs consommateurs, ils étaient obligés d’importer la juste-lutte-du-peuple-palestinien avec ses nombreux produits dérivés : Gaza-prison-à-ciel-ouvert, Flottille de la paix armée jusqu’aux dents, Mort-aux-juifs, Bédéhesse et surtout, en tête de gondole, le Génocide-des-Palestiniens, un bestseller régulièrement réédité.

Une fois que nos compatriotes avaient gobé l’appât du génocide palestinien, leur faire avaler l’hameçon de la misère poussant au djihad les adeptes de la religion de paix et de tolérance n’était plus qu’une formalité.

Qu’importent les chiffres : quand on hait on ne compte pas !
Nonobstant les slogans des militants, en effet, le génocide des Palestiniens est bien plus singulier que la Shoah.

Les nazis ont exterminé six millions de Juifs sur les quatorze millions que comptait alors la planète. Leur entreprise industrielle était fort justement baptisée « solution finale ». Si elle n’a pas été conduite jusqu’à son terme, c’est du fait de la victoire des Alliés, pas par manque de motivation.

A l’inverse, le pseudo-génocide chimérique auquel Israël aurait soumis les Palestiniens a multiplié leur population par six. MULTIPLIÉ, oui !

En 1967, les Israéliens ont pris le contrôle de Gaza (alors sous administration égyptienne) et de la Cisjordanie (alors annexée par la Jordanie, elle-même constituée des trois quarts de la Palestine mandataire). A cette date, les « réfugiés palestiniens » étaient un peu plus d’un million. Aujourd’hui, ils sont près de 6 millions. Sans compter les Arabes israéliens, une population d’un million et demi d’habitants.

Palestinian+Holocaust.jpgGénocide et Islamophobie sont les mamelles fantasmatiques des militants
Il y a donc sur le tiers de ce qui était destiné à devenir le Foyer National Juif, 7,5 millions de musulmans « génocidés » et « apartheidisés ». Les premiers ont un revenu moyen 5 à 100 fois supérieur à celui de leurs coreligionnaires dans la plupart des pays arabes alentours. Les seconds sont égaux en droits à leurs compatriotes juifs, chrétiens, athées, bouddhistes, bah’ai, azédis et autres.

En termes d’écart entre réalité et perception de la réalité, on est tenté de comparer les musulmans d’Israël et des Territoires palestiniens avec leurs homologues français. N’oublions pas que nos compatriotes droitdelhommistes, en mal de petits pauvres à qui tricoter des mitaines, les plaignent de n’avoir d’autre solution que le djihad pour manger à leur faim.

*** Lire les articles de Liliane Messika ***

Où est l’apartheid ? Les té-cis sont-elles réellement des ghettos ?
Entre 2005 où le programme Borloo PNRU prévoyait d’affecter 46,5 milliards d’euros au logement social et 2015 où Valls a stigmatisé les communes qui n’en atteignaient pas le quota de 25 %, on a vu plusieurs programmes de sauvetage de la banlieue. En 2008, le plan « espoir banlieue » de Fadela Amara a été doté d’un investissement d’un milliard d’euros puis, en 2013, les « emplois francs » ont permis aux entreprises de toucher 5000 € par tête de jeune non diplômé embauché.

Cela ne fait pas des banlieues parisiennes un paradis fiscal, mais en montrant la fausseté des accusations « de ghettos abandonnés par l’État », cela relativise la culpabilité qu’on essaie d’instiller chez les Français lambda prétendument favorisés.

Si Apartheid il y avait, ce serait mieux ailleurs que dans le 9-3 et le 9-4. Eh bien non. Au contraire : le sociologue Dominique Lorrain nous a mis le doigt en 2014, sur un apartheid bien différent de celui qui occupe les Indignés chroniques.

Avec un revenu supérieur de 20% à celui des habitants de Verdun, les Villiérains du quartier des Hautes Noues (94350) reçoivent des investissements publics mille fois supérieurs.[1]

Pourquoi les Verdunois ne se lancent-ils pas dans l’assassinat en masse, alors ?

Ghetto cité.jpgOn nous aurait menti ?
Pas vraiment. C’est un autre processus qui est à l’œuvre.

Saint Thomas ne croyait que ce qu’il voyait, les journalistes et les Bobolivariens, c’est l’inverse : ils ne VOIENT que ce qu’ils CROIENT.

Alors une mosquée taguée, c’est la preuve d’une islamophobie galopante, mais une Juive défenestrée au cri de « Allah hou Akbar » ou bien une famille séquestrée et torturée parce que on « prend chez les Juifs pour donner aux pauvres », ce n’est pas de l’antisémitisme.

D’ailleurs, dès qu’un attentat est commis au nom d’Allah, une grande partie de la classe politique condamne cet acte-qui-n’a-rien-à-voir-avec-l’islam et menace les victimes ou les témoins des pires foudres au nom du Padamalgam.

Mais de quand date la dernière fois (ou la première, d’ailleurs) où les Français ont considéré l’ensemble des musulmans comme responsables des crimes de quelques-uns ? Jamais ! Hélas, la réalité ne leur épargne pas les procès d’intention !

Bien sûr, certains Français sont racistes et il est plus difficiles pour un Black ou un Beur de louer un appartement ou de trouver un emploi que pour une blondinette. Mais cela a toujours été le cas pour tous les immigrés : les Ritals, les Polaks, les Youpins, les Niakoués, les Porthos, les Pieds-noirs se sont fait successivement tabasser lors des immigrations précédentes. Ceux d’aujourd’hui sont beaucoup mieux protégés, l’État ayant mis en place un arsenal judiciaire qui permet de respecter l’égalité des droits et de sanctionner les dérapages.

On pourrait ouvrir les yeux ?
On pourrait, mais ce n’est pas politiquement correct. Pour autant, il n’est pas exclu que cela finisse par arriver : les attentats à répétition ont rendu plus indigeste le mantra sur la religion de paix et de tolérance ; les territoires perdus de la république sont de plus en plus étendus, trop pour que l’on continue à accuser de délire ceux qui les décrivent depuis dix ans. Alors le pire n’est pas toujours sûr.

Certes, il n’y a pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir, mais il n’y a pas d’aveugles qui n’aient pas envie d’ouvrir les yeux ! LM♦

Logo Liliane Messika[1] Christophe Guilluy : «Le 93 n’est pas un espace de relégation, mais le cœur de l’aire parisienne»
* Liliane Messika est écrivain (http://www.lili-ecritures.com/)

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4 commentaires

  1. A lire dans toutes les chaumières bobos. Le « une bonne part des médias (ne lisez pas « Madiapart », ce n’est pas du verlan !) » est une trouvaille géniale.
    Marc

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