Ségolène s’est encore royalement plantée…Elle espérait donc un maroquin

Ségolène Royal.jpgPar Liliane Messika

Elle est insubmersible
À peine Nicolas Hulot finissait-il d’annoncer sa démission sur les ondes, que Ségolène Royal faisait savoir « qu’elle n’était candidate à rien », clin d’œil complice. Deux jours plus tard, elle figurait sur la short-list officiellement officieuse des successeurs… Mais c’est de Rugy qui emporta le ouistiti. De Rugy est puni et la France l’a échappé belle.

On aurait tort de ne pas prendre au sérieux une femme qui échoue avec autant de constance et dont viennent d’être rendues publiques les dernières dépenses somptuaires… à fonds perdus (par et pour les contribuables).

Vivante illustration de la définition qu’Einstein donnait de la folie : « c’est de faire toujours la même chose en s’attendant chaque fois à un résultat différent », Ségolène Royal n’est folle que d’ambition.

Rien ne l’arrête, surtout pas la réalité, surtout pas ses échecs. On ne sait pas depuis quand elle rêve de devenir la première femme présidente de la république française en se regardant dans le miroir le matin, mais on voit bien qu’elle ne réussira plus jamais à penser à autre chose.

En même temps, comme dirait le Président actuel, vu que son ex a réussi à se placer au bon endroit au bon moment, pourquoi pas elle ?

Parce qu’elle a déjà eu sa chance, répondraient les audacieux nantis d’un minimum de bon sens. Elle s’est trouvée au bon endroit au bon moment. En 2006, alors qu’elle était présidente du Conseil régional de Poitou-Charentes (la première femme à ce poste) et porte-parole de l’Association des régions de France depuis 2 ans, elle a déclaré sa candidature à la candidature socialiste pour l’élection présidentielle.

Toc toc toc, qui qu’est là ?
Comme députée, elle ne s’était fait remarquer… que par sa discrétion : « La députée socialiste des Deux-Sèvres, élue depuis 1988, propulsée à la tête de la région Poitou-Charentes en 2004, n’est intervenue que sept fois dans l’Hémicycle depuis janvier 2004, un score qui la place au 469e rang des 577 députés. (…). La parlementaire est également invisible à la commission des Lois, où elle siège officiellement (L’Express). » 

En revanche, dans les couloirs du siège socialiste, rue de Solférino, on ne voyait qu’elle.

Elle avait face à elle deux poids lourds : Laurent Fabius et Dominique Strauss Kahn. Mais c’est elle qui faisait le buzz. Les médias adoraient l’idée d’une femme présidente : même les États-Unis n’en avaient pas encore eu une ! Ils la présentaient donc, sondage après sondage, comme la gagnante des urnes. C’est ce qui convainquit 60% des socialistes de lui accorder leur suffrage. Beaucoup renâclaient, mais n’osaient pas voter pour un autre candidat, puisque celle-ci était déjà virtuellement installée à l’Élysée.

Si Ségolène a une qualité, c’est bien l’opiniâtreté
Les militants s’étaient fait avoir. Prenant (comme leur candidate) l’image pour la réalité, ils avaient juste oublié un détail : les électeurs. Les médias leur avaient répété ad nauseam que l’élection était déjà jouée et gagnée et que, de surcroît, Sarkozy était haï par tout ce qui portait neurone dans le royaume. Le peuple n’a pas suivi. Quel abruti, ce peuple ! Sarkozy 53,06% – Royal 46,94.

Du coup les militants ont voté avec leur cœur lors de l’élection suivante, celle du premier secrétaire du PS et c’est bien une femme qui l’a emporté, mais l’ennemie de Ségolène !

Les militants, on ne les y reprendrait plus : au premier tour de la primaire socialiste suivante, ils n’ont été que 7% à voter pour l’ex-future-présidente-de-la-république-royale.

Elle avait bénéficié de circonstances favorables, mais c’est son ex qui s’est retrouvé au bon endroit au meilleur moment. Élu par défaut contre Sarkozy, il a fini son misérable quinquennat avec 4% d’opinions favorables.

Quand on lui ferme la porte au nez, elle entre par la fenêtre
Juste après l’élection de Hollande à l’Élysée, elle a été battue aux législatives dans son fief de Charente-Maritime. Qu’à cela ne tienne, elle a … de l’entregent ? Des dossiers compromettants sur ses camarades ? Toujours est-il qu’on lui a octroyé le portefeuille de l’environnement, de 2014 à 2017, d’abord sous Manuel Valls, puis sous Bernard Cazeneuve. On la croit finie ? Que nenni ! Changement de président, Macron lui tricote sur mesures le poste d’« ambassadrice chargée de la négociation internationale pour les pôles arctique et antarctique. » Une moins imbue de sa personne serait morte de honte, pas elle. Elle persiste et signe. Comme elle aurait signé si on l’avait re-désignée au poste où elle avait déjà coûté si cher, comme elle avait signé la commande d’une « route solaire », toute en image royale et en gouffre financier.

Je, moi-même, personnellement…
« J’inaugure dans l’Orne la 1ère route solaire au monde : emplois, innovation technologique, #croissanceverte dans les territoires » twittait triomphalement Royal le 22 décembre 2016. Ce jour-là, elle inaugurait Wattway, un kilomètre de route sur laquelle étaient intégrées des cellules photovoltaïques visant à générer de l’électricité. 2800m2 de dalles au look de carrelage qui devaient produire l’équivalent de l’éclairage public d’une ville de 5000 habitants ? Waouh !

« Ce tronçon de route solaire permettra de renvoyer l’électricité produite sur le réseau Enedis. La production annuelle attendue est de 280 MWh. La production quotidienne d’électricité fluctuera en fonction de la météorologie et des saisons. En moyenne, la production électrique estimée atteindra 767 kWh par jour, avec des pics pouvant atteindre 1 500 kWh par jour en été. Un panneau indiquera la production d’énergie en temps réel ainsi que le cumul depuis l’installation. », indiquait le dossier de presse.

dollarAvant de rapporter, ça coûte. Combien, au fait ?
Le kilomètre expérimental a été produit à un coût pharaonique, euh, royal : 1800€/m2, soit 5 millions hors taxes sortis de la poche du contribuable français. Oui. 1800€ HT sortis de la poche de chacun des Français pour rapporter, peut-être, de quoi alimenter l’électricité de 5000 habitants du Perche. Mais les autres habitants du territoire, qui c’est-y qui paie leur électricité ?

Sauf que la moyenne de 767kWh, elle était dans l’imagination de Ségolène et dans l’image d’elle qu’elle a voulu transmettre, une chouette nana super écolo qui invente des systèmes d’électricité quasi gratuite, la transition énergétique comme si vous y étiez arrivés avant de démarrer. La moyenne, la vraie, celle des faits, elle s’est avérée de 409 kWh, un peu plus de la moitié de ce qui était prévu. Donc le kilomètre de route a produit 150 mégawattheures (MWh) d’électricité en un an pour un coût de route 30 fois plus élevé que l’asphalte (qui est de 60€/m2).

Au prix normal de l’électricité (40€/MWh), cette dépense a rapporté 6000€, soit un retour de 0,01% sur investissement. Comme le fait remarquer Jean-Paul Lilienfeld, qui en plus d’être un cinéaste génial, compte beaucoup mieux que moi… et que Madame Royal, « si la durée de vie de cette portion de route solaire est de 10 ans, elle délivrera au total 1500 MWh ce qui correspond à 3400 €/MWh (85 fois le prix du marché !) ». Re-waouh !

Les dépenses Royales en image environnementale ne s’arrêtent pas là !
Outre qu’elle a dépensé environ 20 millions d’euros dans la filière de la voiture électrique qu’elle voulait créer en Poitou-Charentes (Voir l’article bien documenté du Point), Dame Ségolène a « géré » (si l’on ose dire) la dépose des portiques destinés à la collecte de l’écotaxe. Ce projet mis en place en 2014 a été « suspendu sine die » quelques mois plus tard, sans avoir été utilisé une seule fois. Mort-né, le processus dont l’État attendait un retour sur investissement d’un milliard par an !

Un péage de transit poids lourds devait le remplacer, mais lui est décédé in utero.

173 portiques avaient été livrées, pour une facture de 15,2 millions d’euros. 986 panneaux de signalisation avaient été installés, 718 000 boîtiers GPS devaient être embarqués dans les poids lourds, 770 serveurs informatique étaient prévus avec un « environnement téléphonique dédié » installé à Metz.

Olivier Faure, député PS et auteur d’un rapport sur le coût de l’abandon du projet Écotaxe, a calculé que « les coûts de sortie du contrat pourraient dépasser le 1,2 milliard d’euros », c’est-à-dire 50 % de plus que le coût initial, à cause de contentieux juridiques avec des sociétés de télépéage (Le Parisien). La Cour des comptes, de son côté, parle de « gâchis patrimonial, social et industriel », et conclut son rapport par un constat amer : « Les dépenses fiscales défavorables au développement durable occupent un poids croissant, désormais supérieur à celui des dépenses favorables à l’environnement » (ici).

Les Français se font harceler non-stop au téléphone. C’est Royal !
Sa loi de « transition énergétique pour la croissance verte » a été publiée le 17 août 2015. C’est là que le gouvernement a dû se rendre compte dans quelle panade il s’était fourré en signant des objectifs d’augmentation de 50% de la capacité installée des énergies renouvelables d’ici 2023. C’est probablement ce qui explique, chers compatriotes, que votre fille n’est pas muette et que votre ligne téléphonique non plus, qui ne cesse de vous importuner avec des robots (humains ou pas) qui vous ressassent le même discours sur la nécessité de renforcer notre indépendance énergétique et de réduire nos émissions de gaz à effets de serre. Pour cela, votre interlocuteur peut, veut, doit, insiste absolument pour vous envoyer un « expert » qui vous donnera les pistes à suivre afin de tenir un engagement que vous n’avez pas pris.

Donner des exemples, oui. Suivre des conseils, ça va pas la tête ?
Harceler les citoyens pour qu’ils s’engagent dans des dépenses inutiles sur des projets qui ne tarderont pas à être abandonnés ne pose aucun problème de conscience à sa Royal altesse de l’écolo-attitude.

nucléaire Iran.jpgSuivre l’exemple de nos voisins ? Vous n’y pensez pas ! Les Anglais et les Espagnols sont des pragmatiques. C’est un défaut. La preuve, ils ont arrêté de soutenir l’énergie éolienne qui fait dépenser beaucoup et ne rapportera jamais que des ennuis. L’Allemagne aussi, d’ailleurs, que ses Verts ont plongée, à force de lois « environnementales », dans une pollution massive. Eh oui, ils ont déjà arrêté huit réacteurs nucléaires, c’est pas beau une victoire militante comme celle-là ? Le problème, c’est qu’ils ont quand même besoin d’électricité et que les énergies vertes coûtent trèèèès cher et chauffent trèèès peu. Alors ils sont revenus au charbon, vous vous souvenez, ce combustible qu’on a arrêté, il y a des décennies, parce qu’il était trop polluant. Si bien qu’un citoyen allemand rejette trois fois plus de CO2 que nos compatriotes, tout en payant son électricité 2 fois plus cher.

Mais c’est péché de soutenir le nucléaire… sauf quand il est iranien !
Si la doxa française voit dans le nucléaire un péché mortel, c’est en raison du risque que faisaient courir les accidents potentiels et de la pollution que risquaient de constituer les déchets… à la fin des années 1970.

Mais la Bible écolo n’est pas le Coran : on a le droit de la contextualiser, de la discuter et de l’amender en fonction de l’évolution de la technologie. Dommage qu’il y ait plus d’intégristes que de pratiquants dans cette religion polythéiste…

En tout cas, le nucléaire français n’a pas vocation à tuer, à l’inverse de celui des ayatollah (et là, je ne parle pas des écolo).

Un inspecteur de la Sureté nucléaire à la retraite (l’inspecteur, pas la sûreté), contestant un article peu rigoureux du Canard Enchaîné, écrivait le 13 août 2018 : « notre ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire) est la meilleure au monde, de par son indépendance, sa compétence, sa rigueur et sa neutralité… Ce n’était pas le cas au Japon… et encore moins à Tchernobyl, où elle était inexistante (ici). » Quant aux déchets, leur traitement lui aussi a fait des progrès qui rendent superfétatoire la transition énergétique dont on nous rebat les oreilles pour nous ruiner le portefeuille.

Logo Liliane MessikaLe jour où la France élira sa première Présidente, espérons que ce sera parce qu’elle aura des ambitions pour le pays, pas un ego personnel de la taille d’une éolienne ! LM♦

4 septembre 2018

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