Syrie : De « l’eau dans le gaz » entre Nasrallah et Qassem Suleimani ?

time bomb.jpgUne information que vous ne trouverez pas dans les médias « mainstream ». De « l’eau dans le gaz » entre le Hezbollah et Qassem Suleimani, le commandant des Brigades Al-Quds. Celui-ci est devenu « persona non grata » pour le Hezbollah et les milices chiites irakiennes et afghanes qui combattent en Syrie. Le conflit a dégénéré jusqu’à provoquer des affrontements entre les milices chiites et l’armée syrienne, alliée de Suleimani. Avec, au milieu, les Russes qui jouent « les messieurs bons offices » et redécouvrent, à l’instar des Soviétiques en Afghanistan, cet « Orient compliqué », comme le qualifiait le général De Gaulle.

Les sources militaires et celles du renseignement rapportent à « Debka » qu’une profonde rupture est apparue, ces dernières semaines, entre le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah et le commandant des Brigades Al-Quds, le général Qassem Suleimani. Ces désaccords déstabilisent grandement les milices chiites pro-iraniennes en Syrie.

Voici les actions principales engagées par Nasrallah, suite à sa rupture avec Suleimani :

1/ Contrairement à ce que souhaitait Qassem Suleimani, et sans le consulter, Hassan Nasrallah a retiré de leurs bases, plus de la moitié des forces du Hezbollah ayant combattu en Syrie. Ce sont environ 5 000 soldats des forces du Hezbollah qui sont rentrés au Liban.

Ces forces étaient sous le commandement direct de Soleimani. Par conséquent, le général iranien a perdu la majeure partie des militaires aguerris, quasi professionnels, dont il disposait jusque-là. Par ailleurs, aucune des milices chiites irakiennes, afghanes ou pakistanaises en Syrie n’a la capacité opérationnelle, acquise par les forces spéciales du Hezbollah.

2/ Qassem Suleimani a adressé plusieurs messages demandant le retour d’une partie de ces forces en Syrie. Le cheikh Nasrallah a tout simplement ignoré ces requêtes. A ce jour, le chef du Hezbollah n’a donné aucune suite aux demandes pressantes du général iranien.

3/ Récemment, Qassem Suleimani a sollicité l’aide de personnalités haut placées du régime de Téhéran, et notamment celle de l’élite des Gardiens de la Révolution, afin de persuader Nasrallah de renvoyer les forces du Hezbollah en Syrie. Pour convaincre Nasrallah de revenir sur sa décision, les Iraniens ont argué qu’après cinq ans (depuis 2013) de participation à la guerre en Syrie, il serait politiquement néfaste pour l’image du Hezbollah de ne pas participer à la « mère des batailles », à Idlib, pour libérer le pays des « terroristes envoyés par les infidèles ».

Nasrallah-Soleimani.jpgJusqu’à présent, Nasrallah a rejeté toutes ces demandes. C’est la première fois depuis 12 ans, depuis la guerre du Liban en 2006, que Nasrallah ne s’est pas aligné sur les positions iraniennes.

4/ Depuis quelques temps, Nasrallah affiche ouvertement ses opinions quant à la stratégie militaire qu’adopte Suleimani en Syrie. Cette stratégie, qui consiste en la création d’un nombre maximal de camps et centres de commandement des « Brigades Al-Quds», est, selon Nasrallah, erronée. En effet, il soutient que le déploiement des forces sous le commandement de Suleimani ne sera pas en mesure de faire face à la puissance aérienne américaine et israélienne, et qu’en fin de compte, les moyens militaires mis en œuvre par Suleimani en Syrie seront réduits en poussière. Nasrallah souligne également l’infériorité opérationnelle des milices chiites alliées de Suleimani, et il les décrit comme une « force militaire en laquelle on ne peut pas avoir confiance ».

5/ Ce fossé entre Suleimani et Nasrallah n’est pas passé inaperçu des chefs des milices chiites en Syrie. Ces milices, en particulier irakiennes, considéraient le Hezbollah comme un allié stratégique dans le déploiement iranien en Syrie. À cela s’ajoute un désaccord quant à la tactique adoptée par Suleimani. En effet, après des années de coopération chaotique sur le terrain, les chefs de ces milices en Irak et en Syrie ont développé une opposition concernant le mode de commandement, et surtout le fait que Suleimani leur impose les mouvements militaires sous la forme d’ordres ne souffrant aucune contestation.

C’est pour cela que les chefs des milices préfèrent court-circuiter Suleimani et passer par Nasrallah à Beyrouth, dans l’espoir que celui-ci transmette leurs requêtes directement aux autorités iraniennes compétentes.

Nos sources militaires notent que le retrait du Hezbollah de Syrie orientale a été l’une des  causes des affrontements, qui ont débuté le 8 août dernier et se poursuivent actuellement, entre les forces de diverses milices chiites, commandées normalement par le général Qassim Suleimani, et des unités de l’armée syrienne, stationnées en Syrie orientale. En particulier à Deir ez-Zour et à Abu Kamal.

Au cours d’une série d’affrontements pour le contrôle de ces territoires, les deux parties, outre leurs armes personnelles, ont utilisé des pièces d’artillerie, des mortiers et des mitrailleuses lourdes. L’aggravation des combats, au cours desquels les deux camps ont eu des tués et des blessés, a contraint les forces de la police militaire russe à s’interposer entre les belligérants. Le fleuve Euphrate sert de ligne de démarcation. Les unités russes se sont postées sur les ponts enjambant le fleuve dans les régions de Deir ez-Zour et Abu Kamal.

A l’origine, ces forces russes étaient destinées à servir de force d’interposition dans les huit avant-postes le long de la frontière syro-israélienne, sur le plateau du Golan.

Traduit et adapté pour Mabatim par Edouard Gris EG♦

Edouard GrisSource DEBKA FILE du 03 septembre 2018 :
https://www.debka.co.il/קרע-וחילוקי-דעות-בין-מנהיג-חיזבאללה-נס
https://www.debka.com/rupture-between-irans-top-ally-nasrallah-and-its-top-general-soleimani/

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