L’oiseau noir

Notre Dame.jpgUn oiseau noir a traversé le ciel incendié de Notre-Dame. Peut-être était-il l’ange déchu, volatile gardien des enfers. Nul ne sait si son ombre n’avait pas brisé la flèche. Nul ne sait si l’oiseau noir était le dernier soupir de la mise à mort d’un Dieu abandonné.

Non , l’oiseau noir n’était ni insulte ni menace, mais qui pouvait lire la signature de ses ailes sur fond d’enfer ?

Et si l’oiseau noir était éclos d’une première flamme encore invisible ? Serait-il témoin de l‘ « accident » aussitôt clamé par le chœur des nonnes aux mille lucarnes muselant leur angoisse ?

Notre-Dame brûle sur fond de guerre morte.

Seuls les soldats du feu connaissaient l’ennemi au péril de leur vie.

N’en doutez pas, ceux qui ont fui l’Egypte pour retrouver la terre de leurs ancêtres acceptent le partage du pain amer avec l’étranger. Mais honte à l’étranger qui crache sur la pauvreté de ce don et blesse son hôte car celui-là se veut ennemi, telle est sa reconnaissance.

A tire-d’aile l’oiseau noir traverse le langage oublié. Il en chasse les mots qui n’ont cours que d’un jour de marché aux puces de l‘oubli de la langue. L’inclusif le débecte par l’obscénité de sa confusion sexuelle. Le genre fait pâlir la vie sur le chemin de la mort. Et l’oiseau noir se souvient des mots barrés par les dictatures, des mots tordus pour surtout ne rien dire, et des rêves interdits : Lingua Tertii Imperii, la langue du 3° Reich, qui « imprègne les mots et les formes syntaxiques de son poison ».

Vent debout, l’oiseau noir traverse les nuages pourris d’éoliennes aux pales d’argent meurtrières au nom de la pureté des airs. Vent debout, c’est sa terre qu’il survole avant qu’elle ne disparaisse sous les rapteurs solaires nourris au silicium de l’empire du Milieu.

Et l’oiseau noir reposant sur un arc boutant de Notre–Dame de Paris de claquer du bec en apprenant que sa belle incendiée devrait panser ses plaies avant l’âge de raison, non pour Dieu, non pour l’histoire, non pour l’esprit mais pour le profit des Jeux que l’on espère juteux[1]. D’un coup d’aile sur l’Olympe, le voilà picorant la barbe du vieux Zeus. MN♦

Marc Nacht, mabatim.info
Psychanalyste, écrivain

rose-jaune marc nacht[1] On frémit à l’idée de ce « Geste architectural contemporain », pour la restauration de la Flèche de Viollet-le–Duc, envisagé par Emmanuel Macron (17 avril) avec, on peut le supposer, la pleine adhésion d’Hidalgo. Attendons-nous à une séduisante proposition de Jeef Koons : un godmichet de 90 mètres, « une innovation de pointe » digne du grand projet de « Réinventer Paris » !

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