Israël : l’arnaque historique du militant Backmann

arnaqueurLe 13 avril 2019, sous le titre : « Palestine : l’arnaque historique du plan de paix américain (Réseau International) », René Backmann, ci-devant mammouth radicalisé de l’Obs devenu blogueur médiapartiste, décryptait un document que personne n’a lu, pas même lui, à la sauce de son antisionisme viscéral.

«‘’L’accord du siècle’’ de Trump » explique cet allergique à Israël, qui dégaine la pensée du président américain plus vite que l’intéressé, « devait rompre avec le consensus diplomatique. Il va bien au-delà en niant la plupart des droits nationaux reconnus aux Palestiniens par la légalité internationale, et en mettant un terme au projet d’État palestinien avec Jérusalem comme capitale. (Mediapart) »

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Exégèse d’un acte d’accusation sans preuve

Trump et son chef de la diplomatie, Mike Pompeo, ont fait, à plusieurs reprises, le même constat que Vouzémoi : cela fait 70 ans que ce conflit dure et que les Palestiniens refusent systématiquement toutes les propositions. À l’époque où le « peuple palestinien » se revendiquait comme « syrien du sud », c’était la Ligue arabe qui s’occupait de ces refus. Elle réfuta successivement la partition en deux États, l’un juif, l’autre arabe, des 22% de la Palestine mandataire (amputée des 78% offerts à la Jordanie par la Grande-Bretagne), puis après la victoire inattendue de l’État juif, attaqué le jour de sa naissance par cinq pays arabes, sa proposition d’échanger « la terre contre la paix » ; ensuite, au lendemain de la Guerre des six jours, elle opposa les « trois NON de Khartoum » aux demandes de négociations. À partir de 1967, les Égyptiens de Gaza et les Jordaniens de Judée-Samarie découvrirent qu’ils formaient un peuple. Ils n’eurent donc plus besoin d’intermédiaires pour s’acharner à refuser toute opportunité de créer un État vivant en paix avec ses voisins en 1973, après la Guerre de Kippour.

Malgré cela, la paix a fini par être signée entre Israël et ses voisins les plus réalistes : l’Égypte (26 mars 1979) et la Jordanie (26 octobre 1994). Un traité a brièvement existé avec le Liban : signé et ratifié par le gouvernement libanais le 17 mai 1983, il a été dénoncé le 5 mars 1984 sous la pression de la Syrie[1].

Mais de paix avec les Palestiniens, point : ces derniers ont clairement démontré qu’ils préfèrent vivre dans la misère en rayant Israël de la carte, plutôt que dans l’opulence à ses côtés.

L’an 2000 mérite un traitement VIP

C’est en 2000 que les Palestiniens démontrèrent avec le plus de clarté leur refus de la paix et d’un État. En juillet de cette année-là, au moment des discussions de Camp David entre Ehud Barak, chef du gouvernement israélien, et Arafat, chef de l’Autorité Palestinienne, les Palestiniens contrôlaient 97% des territoires de Cisjordanie et de la bande de Gaza. Sept ans après les Accords d’Oslo, malgré la persistance du terrorisme qu’Arafat s’était engagé à faire cesser (mais qui continuait à tuer et blesser des centaines de civils israéliens), le gouvernement de Barak s’engageait vers un compromis historique. Il acceptait, à partir des « paramètres de Clinton » et en dépit de très vives critiques internes, des concessions qu’aucun gouvernement israélien n’avait faites jusqu’alors :

  • Échange de 1 à 3% du territoire israélien d’avant 1967 contre 4 à 6% de la Cisjordanie pour y regrouper entre 70 et 90% des habitants des principales implantations juives de Cisjordanie. Le reste serait évacué et les Palestiniens disposeraient ainsi de 97% de leur territoire ;
  • Partage de Jérusalem entre l’État d’Israël et un futur État souverain de Palestine, selon une formule de Clinton : « tout ce qui est Arabe est Palestinien, tout ce qui est Juif est Israélien »;
  • Souveraineté palestinienne sur le Mont du Temple[2], israélienne sur le Mur des Lamentations ;
  • Acceptation par Israël du principe d’un retour à l’intérieur de ses frontières de 1967, d’une partie des réfugiés de 1948 « selon ses lois souveraines »;
  • Création d’un État palestinien non militarisé mais pouvant disposer d’armes définies dans les accords de paix.

Un grain de sable nommé Chirac

Après avoir affirmé qu’il allait signer l’accord, Yasser Arafat rendit visite au Président Chirac, à Paris. À son retour, il rejeta ces offres sans avancer de contre-proposition, contrevenant au principe même d’une négociation, qui est que chaque refus soit suivi d’une contre-proposition. Pas de contre-proposition, mais une liste d’exigences[3] dont une, aussi inflexible qu’inacceptable pour les Israéliens, était le retour à l’intérieur des frontières de l’État hébreu de tous les réfugiés palestiniens de 1948 et de leurs descendants et l’obligation d’adapter les lois israéliennes afin d’inclure ce droit au retour, illimité en nombre de personnes et en durée[4].

Autrement dit, transformation immédiate de l’État juif en un État arabe avec une minorité juive. Sans le nier, l’Autorité Palestinienne nuançait ce constat : « La reconnaissance israélienne du droit au retour des Palestiniens ne signifie pas que tous les réfugiés exerceront ce droit. … Il se peut que de nombreux réfugiés choisissent 1) de s’établir dans un pays tiers 2) de s’établir dans une nouvelle Palestine indépendante (bien qu’ils soient originaires de la région de la Palestine devenue aujourd’hui Israël) ou 3) de régulariser leur statut légal dans le pays d’accueil où ils résident actuellement. (Autorité palestinienne) »

Franchement, à quoi rimait ce « droit au retour » de tous les Palestiniens et leurs descendants à l’intérieur d’Israël et non dans l’État de Palestine ? Pourquoi vouloir un État si c’est pour peupler le pays voisin ?

Lors de sa dernière conversation avec Clinton, Arafat le qualifia de « grand homme ». « Des clous ! », répondit Clinton, « je ne suis qu’un raté et c’est à vous que je le dois ! [5]»

Un mois plus tard, la deuxième Intifada éclatait, au prétexte qu’un député israélien osait fouler le Mont du Temple (alias « l’esplanade des mosquées », en médias palestinolâtres dans le texte).

Un expert en matière de médias et de propagande, Armand Laferrère, écrivait en 2003, dans la revue Commentaire « Les media français ont toujours refusé de mentionner la déclaration de M. Imad Falouji, ministre de la communication de l’Autorité Palestinienne, qui a déclaré, le 5 décembre 2000, devant la télévision palestinienne : ‘’ceux qui attribuent l’Intifada à la visite du haïssable Sharon à la mosquée Al Aqsa se trompent (…) Cette Intifada était planifiée depuis le retour du Président [Arafat] des négociations de Camp David [juillet 2000] où il a tenu bon face à Clinton.’’ (Cairn Info) » Eh oui : Sharon était trop utile dans le rôle du Croquemitaine universel pour que l’on accepte de regarder les faits en face.

Après Arafat, Mahmoud Abbas a repris le flambeau du refus

En septembre 2008, Ehud Olmert, alors chef du gouvernement israélien, avait proposé à Abbas la création d’un État palestinien indépendant comprenant la Bande de Gaza et la quasi-totalité de la Cisjordanie. Les parties de cette dernière conservées par Israël auraient été compensées jusqu’à atteindre 99,5% de la superficie précédente et un tunnel aurait été construit pour relier les deux entités, dont la capitale aurait été Jérusalem-Est. Olmert avait également accepté le retour de 5000 réfugiés arabes en Israël. Abbas l’a raconté à la chaîne israélienne Arutz 10, qui l’interviewait, en novembre 2015. « Israël devait annexer 6,3% de la Judée-Samarie contre 5,8% de terres d’Israël. Qu’avez-vous répondu ? » lui a demandé le journaliste. « J’ai rejeté la proposition d’emblée. (Koide9enIsrael) »

Le 16 avril 2019, Saeb Erekat, le plus célèbre négociateur des Désaccords de paix palestinien, reconnaissait, à la télévision palestinienne que, en 2008, Ehud Olmert, avait accepté toutes les demandes palestiniennes et qu’il avait même offert à Abbas plus que l’ensemble de la Cisjordanie[6] et de la bande de Gaza[7].

Et puis, le 31 août 2014, c’est de la bouche du cheval lui-même que l’on apprit que l’Égypte avait offert de donner à l’Autorité Palestinienne 1.600 km² de terres contiguës à Gaza, dans le Sinaï, quintuplant ainsi la superficie de la Bande, afin que les Palestiniens y installent leur État. Mahmoud Abbas, auteur de cette révélation, affirmait avec fierté avoir rejeté cette offre. Car il y avait une contrepartie : les Palestiniens devaient abandonner leur exigence qu’Israël se réduise aux lignes d’armistice indéfendables de 1949. Al-Sissi avait souligné que la terre offerte par l’Égypte dans le Sinaï ferait plus que compenser le territoire concédé. « Ils [les Égyptiens] sont prêts à recevoir tous les réfugiés, et disent : ‘’Mettons fin à l’histoire des réfugiés’’, mais il est illogique de résoudre le problème aux dépens de l’Égypte. Nous refusons (Elmahdi Canablog» avait tranché Abbas. La compétition entre celui des dirigeants palestiniens qui réussira à accumuler le plus d’occasions manquées n’est pas terminée.

Le payeurs osent vouloir devenir des conseilleurs

Le 27 mars 2019, dans une vidéo (YouTube), Tom Harb, coprésident de la Coalition américaine du Moyen-Orient pour la démocratie, expliquait que les pays arabes en avaient assez de voir le même scénario se reproduire sans changement depuis 1947 et que, en l’absence de toute solution proposée par les Palestiniens, il était temps qu’ils s’occupent de leurs propres intérêts économiques et sécuritaires.

C’était déjà, en substance, ce qu’avait déclaré, plus brutalement, un an plus tôt, le prince Mohammed Ben Salmane d’Arabie saoudite : « Au cours des dernières décennies, le leadership palestinien a manqué une opportunité après l’autre et a rejeté toutes les propositions de paix qui lui ont été données. Il est temps que les Palestiniens acceptent les offres et acceptent de revenir à la table des négociations, ou qu’ils se taisent et arrêtent de se plaindre. (i24news) »

Bombardement de fake news

Le soldat Backmann n’est pas là pour rappeler d’embarrassants refus systématiques palestiniens à tous les plans de paix possibles, mais pour associer l’alpha et l’oméga de ses haines : Israël et le président Trump. Aussi mentionne-t-il ce qu’on appelle un « faux souvenir », ce phénomène psychologique qui se produit lorsqu’une personne se remémore un événement qui, en fait, n’a jamais eu lieu. C’est un processus généralement évoqué dans les affaires de viol, pas dans les analyses politiques, mais il n’est pas exclu qu’un jour ou l’autre, le journagandiste accuse Trump de l’avoir violé, ou l’État hébreu de lui avoir mis la main aux fesses.

En attendant, « on se souvient », écrit-il, « que l’administration Trump a déjà rompu, de manière spectaculaire, ‘’avec le consensus traditionnel’’, c’est-à-dire avec la tradition diplomatique américaine et le consensus juridique international en reconnaissant unilatéralement, le 6 décembre 2017, Jérusalem comme capitale d’Israël, en y transférant cinq mois plus tard son ambassade… »

Lorsqu’on a meilleure mémoire que M. Backmann, on se souvient aussi que, en 1984, sous la présidence de Ronald Reagan, le Congrès avait décidé qu’il n’hésiterait plus à « exprimer son soutien à la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël » (Panthéon Sorbonne). On peut aussi se rappeler que, fin 1988, l’ambassadeur américain en Israël avait acheté un lot de quatorze acres à Jérusalem Ouest pour y installer la future ambassade américaine et que, deux ans plus tard, le Congrès condamnait la « politique anti-israélienne » de George Bush (père) et l’accusait de geler le processus de paix au Moyen-Orient, alors que le Sénat reconnaissait unanimement Jérusalem comme la capitale indivisible et éternelle d’Israël (22 mars 1990). On se souvient que cette résolution a été réitérée le 6 mai 1992, pour le 25e anniversaire de la réunification de Jérusalem. Après Bush, son successeur, Bill Clinton, a également reconnu Jérusalem comme capitale officielle d’Israël, et pas en catimini, mais dans son discours électoral.

L’antisioniste rame, rame, à contre-courant de l’Histoire

En 1995, le sénateur du Kansas, Bob Dole, fut à l’initiative d’une loi visant à transférer l’ambassade à Jérusalem au plus tard en mai 1999, (date de la fin de la mise en place des Accords d’Oslo), dans un bâtiment dont la construction devait commencer fin 1996. Clinton y était opposé et il utilisa la clause de « sécurité nationale » pour repousser la date du transfert de l’ambassade et, pour commencer, celle de sa construction.

Ce déplacement de l’ambassade dans la capitale israélienne, voté en 1995, a donc été retardé, eu égard à la pusillanimité des Présidents américains successifs. Cela a changé à l’arrivée de Trump, le grossier personnage que tout le monde adore détester, mais qui a été élu quand même, en disant ce qu’il allait faire et en faisant ce qu’il avait dit qu’il ferait.

La démocratie, Backmann n’en a rien à battre

Pour quelle raison Backmann réduit-il le CV des conseillers de Trump pour le projet d’accord de paix à leur incompétence, à leur relation népotique avec le président et à des considérations financières ? « Jared Kushner, gendre de Trump et magnat de l’immobilier comme son beau-pèreAvocats d’affaires, Greenblatt et Friedman sont, comme Kushner, dépourvus de toute expérience diplomatique et de toute connaissance du Proche-Orient, en dehors d’Israël où ils sont financièrement engagés dans l’entreprise de colonisation. » Insinuez, insinuez, il en restera toujours quelque chose…

S’il admet que « des dirigeants arabes, notamment le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, le roi de Jordanie Abdallah II, les souverains des royaumes ou émirats du Golfe et surtout le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane (MBS), ami personnel de Kushner, ont été consultés et informés », c’est pour sous-entendre que leur implication n’est pas désintéressée : « Plusieurs d’entre eux sont d’ailleurs directement concernés par les dispositions du plan, et pas seulement pour participer à son financement. »

Backmann, lauréat d’une agrég’ d’antisionisme obtenue avec les félicitations du jury, considère Jared Kushner comme un crétin qui, lorsqu’il fait part de sa stratégie, le fait à l’insu de son plein gré : il l’a « révélé implicitement dans une interview accordée en juin 2018 au quotidien palestinien Al Qods : c’est au peuple palestinien et non à ses dirigeants qu’il entend s’adresser, c’est son adhésion et son soutien qu’il recherche en promettant aux Palestiniens, non un État indépendant, mais une économie prospère, et l’occasion d’améliorer leurs conditions de vie. »

A crétin, crétin et demi : sera-t-il plus efficace de continuer à s’aplatir devant des dirigeants qui figurent régulièrement dans la liste des hommes les plus riches du monde, qui affament leur population, qui l’utilisent comme boucliers humains et qui emprisonnent opposants et journalistes, ou bien d’essayer de motiver le peuple qui vit sous leur joug ? Mmmm, voyons, laissez Backmann réfléchir. Ça va prendre du temps…

Backmann plus réfugiste que les réfugiés

Le destin national des réfugiés préoccupe bien plus l’antisioniste que leur vie quotidienne, surtout lorsque ces malheureux sont menacés « d’amélioration de leurs conditions de vie ». C’est un scannndâhl ! D’après des indiscrétions glanées auprès de certains pays arabes, « le droit au retour, même sous forme symbolique, des quelque 5,2 millions de réfugiés palestiniens dispersés dans le monde arabe, n’est même plus mentionné dans l’accord proposé, bien qu’il figure explicitement dans la résolution 194 des Nations unies. À Taba, en 2001, où la délégation israélienne avait récusé le « droit au retour », mais admis « le souhait de retour », les négociateurs des deux camps avaient envisagé, à titre symbolique, le retour sur quinze ans de 40.000 réfugiés dans le territoire de l’État de Palestine à créer. »

Il y a des gens peu doués pour les chiffres : les 40.000 réfugiés étaient ceux qu’Israël aurait autorisé à revenir sur SON territoire, pas dans le futur État de Palestine. Et ces 40.000 n’étaient qu’une broutille aux yeux d’Arafat, qui exigeait le retour EN ISRAËL, de 150.000 réfugiés PAR AN, SANS LIMITATION DE DURÉE.

Quand les dirigeants palestiniens parlent de droit au retour, c’est en Israël et précisément dans la maison idéalisée de l’aïeul qui y résidait. Lorsque l’État de Palestine sera créé, il accueillera autant de « réfugiés » de la 5ème génération qu’il voudra, cela ne regardera pas Israël.

Monsieur Backmann est scandalisé par ce refus du droit au retour, mais de nombreux petits doigts prétendent qu’il serait franchement horrifié si les colons français exigeaient que les pieds noirs retrouvent leur maison d’origine dans l’Algérie indépendante.

Et pourquoi son sens aigu de la justice ne se réveille-t-il pas quand, comme Gaza à l’heure actuelle, il est prévu par tous les négociateurs que la Cisjordanie soit aussi Judenrein ? 20% de la population israélienne est arabe (musulmane ou chrétienne). Gaza est 100% musulman. La population chrétienne de Cisjordanie s’étiole au rythme des persécutions qu’elle subit dès que les caméras ont fini de filmer avec attendrissement Abbas « fêtant Noël » à Bethléem…

« Lorsqu’on connaît l’importance politique et humaine des réfugiés, ‘’porteurs du pays natal’’, dans le mouvement national palestinien, lorsqu’on a en mémoire la place faite à leur destin dans les discussions, depuis Oslo, on imagine l’ampleur du renoncement auquel sont contraints par ce ‘’plan de paix’’ les Palestiniens. », s’émeut le palestinophile judéophobe, qui n’a pas lu ledit plan. Pourquoi ce renoncement-là est-il pire que celui des autres réfugiés, d’où qu’ils viennent, qui n’ont pas eu d’autre choix que de faire ce deuil et de se créer une vie ailleurs ? Pourquoi les 700.000 réfugiés palestiniens de 1948 sont-ils si ancrés dans le cœur backmannien qu’il ne reste plus la place pour une goutte de compassion pour les 800.000 Juifs chassés des pays arabes à la même époque ?

Backmann jubile : la paix n’aura pas lieu

Malgré la proposition d’Al-Sissi dont nous parlions plus haut, Backmann observe avec jubilation que le Président égyptien rétropédale : « La perspective d’ajouter à ses problèmes domestiques la surveillance d’un territoire sous contrôle d’une organisation issue des Frères musulmans et où s’activent aussi des partisans de l’Iran, pourrait compliquer ses relations avec Trump, qui vient de se montrer très généreux avec lui en matière de lutte antiterroriste. » Tiens, quand il enlève ses lunettes antisionistes, René Backmann est capable d’analyse. Voilà une nouvelle qu’elle est bonne : si les petits cochons ne le mangent pas, peut-être reconnaîtra-t-il qu’Al-Sissi craint de faire entrer le loup terroriste dans la bergerie qu’il a eu tant de mal à débarrasser du grand méchant Frère Musulman, lequel n’était pas étranger aux attentats conduits par les Palestiniens dans le Sinaï.

Déjà, lorsque Sadate a signé la paix avec Béguin, en 1979, une condition sine qua non était son refus de récupérer Gaza, qui était pourtant, avant la Guerre des Six-jours, un territoire égyptien.

« En Jordanie, tout aussi dépendante de l’aide américaine, le roi, qui ne sous-estime pas l’écho déstabilisateur que pourrait avoir dans son royaume une explosion de colère en Palestine, semble tout aussi méfiant face aux intentions israéliennes sur la gestion des lieux saints musulmans que face aux ambitions saoudiennes ». Zut, René a retrouvé ses lunettes : la crainte du souverain hachémite serait justifiée par sa méfiance, aussi bien vis-à-vis des fourbes Israéliens que des ambitieux Saoudiens. C’est tout ?

L’étourdi a oublié un détail

Qu’est-ce que la Jordanie sinon 78% du territoire de la Palestine mandataire, sur laquelle les Anglais devaient garantir la création d’un « Foyer national pour le peuple juif sur la base du lien historique existant entre le peuple juif avec la Palestine dans le but de reconstruire leur foyer national dans ce pays » (Yale Law School) ?

Le mandat leur avait été confié par la SDN, l’ancêtre de l’ONU, en 1920. L’année suivante, ils firent cadeau de la partie située sur la rive orientale du Jourdain à l’émir Abdallah, en remerciement des services rendus pendant la première guerre mondiale. Cela n’a pas décoiffé un cheveu de la mise en plis du « Droit international », si sourcilleux quand Israël se défend contre 700 roquettes. On aimerait dire « autres temps, autres mœurs », mais si le coiffeur a changé, la laque est de plus en plus performante. Ce sont donc les 22% restants qui ont finalement été partagés par l’ONU pour y créer un État Juif et un État arabe. Et comme les Arabes de l’époque ont refusé cette partition, leurs arrière-arrière-petits-enfants sont toujours à la charge de la « communauté internationale ».

Cela fait 70 ans que ça dure. Pendant ce temps-là, Israël a reçu zéro subside de l’ONU pour ses réfugiés et est devenue la « start-up nation » dans laquelle Backmann craint de voir sombrer la Palestine, au détriment de ses dirigeants. On ne sait pas lequel sera le plus à plaindre si jamais la paix advenait malgré leurs efforts… Et si on finançait une cellule de soutien psychologique attendant, sur le qui-vive, de les soutenir en cas de bonheur de leurs protégés ? LM♦

Liliane Messika, mabatim.info

[1] Selon le texte de l’Accord, Israël se retirait des territoires qu’elle occupait au Liban et ce dernier s’engageait à contrôler sa frontière sud afin d’empêcher les miliciens palestiniens et libanais de commettre des attentats en territoire israélien. Des pressions syriennes sur le gouvernement libanais n’ont pas permis à cet accord d’être mis en application (Wikipedia).
[2] L’importante concession faite par Barak sur un lieu considéré comme le plus sacré par les Juifs croyants pesa certainement dans sa chute, quand Arafat refusa ses propositions.
[3] Dans sa conception et sa rédaction, la liste des exigences palestiniennes se présente comme l’acte de reddition sans condition qu’un vainqueur dicte à un vaincu. Sauf que c’était le vaincu qui dictait la reddition du vainqueur.
[4] Les Arabes ont toujours combattu la « Loi du Retour » israélienne et c’est en s’appuyant sur son existence qu’ils ont obtenu de l’ONU qu’elle assimile le sionisme à du racisme.
[5] MSNBC (télévision américaine) le 26 mars 2002.
Logo Liliane Messika[6] La Cisjordanie s’est appelée Judée-Samarie pendant près de trois millénaires, mais les médias français l’ont oublié en une seconde, il y a 50 ans.
[7] Interview sous-titrée en anglais : (YouTube)

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