Les Israéliens seront-ils privés de père et de mère ?

Malgré le vote hostile d’un projet présenté au parlement israélien demandant que tous les documents administratifs soient modifiés sans préciser le sexe des parents, le ministre de la Défense Benny Gantz a demandé à Tsahal de modifier les formulaires que les soldats devront remplir, et de remplacer dorénavant les termes « Père » et « Mère » par « Parent n°1 » et « Parent n°2 », ceci pour ne pas embarrasser les enfants élevés par des couples homosexuels.

Benny Gantz a même demandé aux autres ministres Bleu-Blanc d’en faire de même dans leurs ministères respectifs.

Ce n’est pas qu’on ait découvert en Israël que les parents n’étaient d’aucun sexe, mais tout au contraire, qu’il arrivait désormais que les deux parents d’un enfant soient du même sexe, l’un et l’une des deux n’étant ni le géniteur ni la génitrice.

Il est donc apparu nécessaire et urgent de forger et de donner un nom adéquat à ce statut parental inédit dans l’histoire de l’humanité.

Quel nom donner à la femme qui s’est légalement engagée à élever l’enfant dont sa compagne, sa conjointe ou son épouse, est la génitrice et la mère ?

Quel nom donner à l’homme qui s’est légalement engagé à élever l’enfant dont son compagnon, son conjoint ou son époux, est le géniteur et le père ?

L’affaire est aussi délicate qu’elle est symbolique.

La solution la plus simple qui s’est présentée aux esprits paresseux a été d’effacer dans la nomination toutes les différences entre les personnes concernées, en nommant les géniteurs et génitrices indistinctement « parent 1 », et leur partenaire « parent 2 », qu’ils soient eux aussi hommes ou femmes.

Cette solution est la plus radicalement éradicatrice du sens des mots et des noms.

Elle efface toute différence entre les géniteurs et leurs associés, et toute différence entre hommes et femmes, tous confondus dans le mot passe-partout « parent ».

On remarquera au passage qu’on renoncera ainsi à mentionner la différence entre les deux sexes… par égard pour les couples parentaux homosexuels.

En ce qui me concerne, bien que n’étant concerné ni en tant qu’enfant de mes parents ni en tant que parent de mes enfants, j’aimerais me rendre utile face à ce défi sémantique, bien que je ne sois ni capable ni habilité à proposer des mots adéquats, ni pour la France ni pour Israël.

En revanche, je me sens en droit d’offrir gracieusement deux propositions aux Israéliens, sachant qu’ils connaissent tous le livre de la Genèse.

Ma première proposition est de se souvenir qu’au chapitre 2 de ce livre, l’homme s’est montré capable de donner un nom aux animaux, à chacun selon son espèce.

Je cite :

« Avec de la terre, le Seigneur Dieu modela toutes les bêtes des champs et tous les oiseaux du ciel, et il les amena vers l’homme pour voir quels noms il leur donnerait. C’étaient des êtres vivants, et l’homme donna un nom à chacun.
L’homme donna donc leurs noms à tous les animaux, aux oiseaux du ciel et à toutes les bêtes des champs
 ».

Le livre de la Genèse s’emploie d’ailleurs tout au long du récit de la Création à nommer les choses par le procédé de la différenciation.

Cette capacité de nommer par différenciation devrait permettre au peuple du Livre de donner un nom adapté à l’homme qui est le conjoint du père d’un enfant dans un couple parental homosexuel, ainsi qu’à la femme qui est la conjointe de la mère d’un enfant dans un couple homosexuel.

Mais si cette nomination se révélait aussi irréalisable que la formation d’une majorité stable à la Knesset, il existe un plan B (B comme Berechit bis).

Et c’est ma deuxième proposition :

il s’agit d’opérer une toute petite modification dans le livre de la Genèse.

Au lieu de l’expression qu’on trouve en Genèse 1, 27

« Dieu créa l’homme à son image, à sa semblance il le créa, il les créa homme et femme »,

… il suffira d’écrire :

« il les créa parent 1 et parent 2. »

Cette légère retouche au livre de la Genèse pourrait apporter la preuve que l’évolution des mentalités nous conduit vers une indifférenciation et donc vers une indistinction généralisée.

J’ajoute que si cette deuxième proposition est agréée et mise en application par l’État d’Israël qui est l’exécuteur testamentaire naturel des rédacteurs de la Genèse, je demanderai à faire partie de la société des auteurs de la Bible. Avec les droits d’auteur y afférant. AS♦

André Sénik, MABATIM.INFO

2 commentaires

  1. L’indifférenciation est devenue le but ultime des forcenés de l’égalitude. Ces nostalgiques refusent les limites, les conflits, la temporalité, l’altérité. Il ne doit plus y avoir de dissemblance, d’opposition et partant, plus de conflits. Car les conflits, c’est comme la guerre, c’est très méchant.

    L’omnipotence narcissique est menacée par nos limites, celles que nous imposent nos manques, nos échecs, nos pertes, nos deuils, tous aléas dont la vie n’est point avare. Il convient donc de les nier, à commencer par les différences entre les sexes, ce qui éliminera la domination masculine. On niera aussi les différences de générations, symbole de l’autorité (forcément oppressive). Du coup, voici la temporalité évacuée comme par magie.

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