Loi séparatisme : déjà une bavure

Un pasteur professe en notre pays

Une réflexion fort intéressante nous arrive d’Australie, sous la plume d’un pasteur. Mark Durie est le directeur fondateur de l’Institut pour l’éveil spirituel (Institute for Spiritual Awareness), chercheur au Centre pour l’étude de l’islam Arthur Jeffery à l’École de théologie de Melbourne et il écrit pour le Forum du Moyen-Orient (Middle East Forum).

Sa réflexion concerne la France et apporte un éclairage inattendu à la déliquescence intellectuelle et morale qui a conduit, dans notre pays, la lutte contre l’islamisme à se déliter en vague « défense des principes de la république » et, corollairement, les protestants à devenir les victimes collatérales d’une énième bavure idéologique.

En 2015, Durie était pasteur en son pays d’une modeste paroisse banlieusarde. Il avait reçu une directive de sa hiérarchie demandant que les pasteurs prennent des mesures pour cesser tout financement du djihad. Cela semblait absurde pour la religion anglicane, qui est à des années-lumière du djihad. Pas plus que l’absurdité, en France, onze ans plus tôt, d’avoir interdit la croix et la kippa.

Mais nous, c’était pour attaquer le voile : deux interdictions inutiles pour en cacher une autre, indispensable. À l’époque, il était primordial d’éviter de stigmatiser l’islam. C’était pourtant la seule religion dont un signe ostentatoire, véritable étendard identitaire, avait pour but politique d’obtenir la stigmatisation de ses ouailles, afin d’entraîner, dans un deuxième temps, toute la communauté à faire sécession.

Mais la directive, envoyée en 2015 à toutes les communautés religieuses d’Australie, ne concernait que celle (au singulier), dont l’un des cinq piliers est la Zakat (la charité), qui a pour but ultime de financer le djihad, autre pilier de la même religion.

Anecdote rigolote : en 1990, le Conseil islamique de l’État australien de Victoria levait des fonds pour le djihad en Afghanistan. Ses représentants ont affirmé plus tard, la main sur le cœur, que leur organisation ne sponsorisait que les « djihadistes non extrémistes (Mark Durie) ». En VO, cela s’appelle taqya, protection de la foi par le mensonge halal. Les djihadistes non extrémistes doivent être aussi nombreux que les soldats de métier objecteurs de conscience…

La loi de 1905 ne distingue pas les djihadistes des extrémistes

La France a construit sa laïcité sur la singularité de son histoire, qui a vu s’opposer frontalement l’Église et l’État, les curés en soutane et les hussards noirs de la république, le domaine des Cieux et l’ici-bas. Cela s’est conclu, en 1905, par une loi qui rendait à l’État ce qui revenait à César et au Pape ce qui concernait l’intimité des âmes et des confessionnaux :

« La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l’intérêt de l’ordre public (Fonction Publique). »

Cette loi définit des associations cultuelles, qui ont comme unique objet l’exercice public d’un culte, c’est-à-dire la célébration des cérémonies organisées en vue de l’accomplissement de certains rites ou de certaines pratiques par des personnes réunies par une même croyance religieuse.

Leurs activités débordent le culte, mais pas son environnement : acquisition, location, construction, aménagement et entretien des édifices servant au culte et entretien et formation des ministres et autres personnes participant à son exercice.

Ce qui va sans dire va encore mieux en l’inscrivant dans la loi : les activités d’une association cultuelle (cérémonies, processions et autres manifestations extérieures) doivent se dérouler dans le respect de l’ordre public et des libertés fondamentales.

Même si, aujourd’hui, de nombreux adeptes d’une religion en particulier imaginent que leurs droits n’ont pas de contrepartie, en réalité ce sont les devoirs qui donnent droit aux avantages accordés aux associations cultuelles, notamment la possibilité de recevoir des donations et des legs et l’exonération de la taxe foncière sur les propriétés bâties (Service Public).

Juridisme et pragmatisme, les deux mamelles des associations

Depuis 1981, un pacte tacite a été conclu entre l’État et les associations dites « loi de 1901 » : elles se chargent de tout ce dont l’État a choisi de ne pas s’occuper (le sport, la culture, les restos du cœur, le secours aux plus démunis, etc.)

Ces supplétifs de l’État y trouvent un bénéfice confortable en termes de subventions et d’avantages fiscaux pour leurs donataires, qui peuvent déduire directement de leur impôt sur le revenu 66 % du montant qu’ils ont versé à une ou des associations.

Ces associations sont donc devenues de facto des « partenaires sociétaux » qui, pour bénéficier de leurs subventions, doivent être déclarées d’utilité publique ou d’intérêt public.

NB – L’utilité publique ne se prouve pas que par son utilité : l’entregent y fait beaucoup, surtout quand il s’agit des subventions. Ainsi la SNSM, la société nationale de sauvetage en mer, dont les bénévoles sauvent des vies, est d’utilité publique, mais elle ne reçoit pas de subventions, alors que Terra Nova ou la Fondation « La France s’engage » (créée en catimini par François Hollande à la fin de son mandat calamiteux) vivent largement grâce à l’État. La première est reconnue « d’intérêt général ». Elle décline les méthodes pour « prendre aux riches et donner aux pauvres », en prenant sa part au passage, ce qui se traduit sur sa page d’accueil par « produire des réflexions et diffuser des propositions politiques en France et en Europe (Terra Nova) ». La seconde, dont l’intérêt public reste à prouver, reçoit 87,4 millions d’euros du ministère de la Jeunesse et des Sports et 100 000 €/an pendant 5 ans par le ministère des Affaires étrangères (Capital).

Par-tenaires par-ticuliers

Leur utilité, les associations ne doivent la prouver qu’à leurs adhérents, quand elles ne dépendent pas des subventions publiques. Plus leur objet sera photogénique et plus les cotisations tomberont dans leur escarcelle. Ces dernières années, les migrants représentaient un excellent retour sur investissement, au point qu’il y avait plus d’offres de sauvetage que de candidats à l’exil. Certaines associations ont donc dû aller se fournir à la source.

C’est l’une de nos exceptions françaises que d’avoir des associations de défense des droits de l’homme qui, pour trouver des victimes à sauver, dealent avec des trafiquants qui les leur fournissent en leur extorquant le peu qu’ils possèdent (Remix et African Manager). L’UNODC (Office des Nations unies contre la drogue et le crime) évaluait le chiffre d’affaires des passeurs autour de 7 milliards de dollars en 2016 (l’équivalent de ce que l’UE avait dépensé cette année-là en aide humanitaire) (le Parisien).

En droit français une « association loi de 1901 » est une association à but non lucratif, c’est-à-dire un groupe d’au moins deux personnes qui « mettent en commun leurs connaissances ou leur activité dans un but autre que de partager des bénéfices ».

Cela a permis à la socialocratie de financer des officines pourvoyeuses de suffrages (SOS racisme et Touche pas à mon pote, pour ne citer que les plus connues), aux anciens apparatchiks de financer leur retraite et aux municipalités d’acheter la paix sociale en la sous-traitant à des associations non cultuelles, mais cependant ouvertement religieuses, qui bénéficient des avantages et des subventions de la loi de 1901.

Les protestants, victimes collatérales

Ce que Mark Durie, le pasteur australien, a bien compris, c’est que la plupart des mosquées se sont enregistrées, avec la complicité de leurs idiots utiles (voire de leurs acolytes assumés), en associations Loi 1901.

En revanche, les protestants, avec le sévère surmoi qui caractérise leur mouvement, ont tout fait dans les règles et dans les formes, si bien qu’ils représentent 80 % des associations cultuelles (en loi de 1905) dans notre pays.

Or, malgré les rodomontades macroniennes qui ont fini par succéder aux attentats, le pouvoir français a renoncé à tous les attributs de sa virilité, qu’il a troqués contre un voile de pusillanimité. Adieu l’usage légal de la force, vive la soumission au politiquement correct. Dans un pays se revendiquant « multiculturel », cela se réduit à la soumission au dogme éponyme et s’avère hypersensible à l’accusation d’islamophobie.

Après avoir juré de s’en prendre au terrorisme, notre président s’est rabattu sur le communautarisme, puis sur le séparatisme et il s’est finalement aplati sous le parapluie perméable de la « défense des principes de la république ».

L’avantage, pour notre ex-jésuite devenu un chef des armées volontairement désarmé, c’est que cette défense est assez floue pour ne viser personne, surtout pas l’islamisme politique, lequel ne vise pas à un séparatisme, mais à une totale mainmise sur nos institutions.

L’inconvénient, pour les associations protestantes (et pour elles seules), c’est qu’elles n’échapperont pas aux dispositions de la loi sécurité, qui n’affecteront en rien les islamistes.

Tout le monde il est bobo, tout le monde il est gentil

S’il y a des méchants islamistes, le pouvoir ne risque pas de les trouver : il ne les cherche pas, puisque par humanisme et gentillesse, il met toutes les religions dans le même sac. Et puis, les méchants ne le sont que parce qu’on ne les aime pas assez, ou qu’on ne le leur montre pas suffisamment. Si nous étions plus fraternels, ils le deviendraient aussi. Yakavoir comme l’Iran s’adoucit au contact des mamours de Biden !

De toute façon, si dans notre défense des principes de la république, nous faisons souffrir les protestants, ce n’est pas grave, d’abord parce qu’ils ne sont pas violents et ne nous le feront pas payer et ensuite parce que, faisant partie des « blancs et des juifs » (mais pas du « nous »1, le seul respectable), ils ont des choses à se faire pardonner.

La Saint-Barthélémy, peut-être ?

Ils ont du pain sur la planche : comme le remarquait Françoise Giroud, dans les années 1980, les Français ne pardonnaient pas la Shoah aux Juifs. Cela ne s’est pas arrangé : 40 ans plus tard, ils leur reprochent en plus d’en tirer parti ! LM♦

Liliane Messika, MABATIM.INFO

1 Les Blancs, les Juifs et nous, de Houria Bouteldja, ou tout sur le racisme systémique des antiracistes.

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