Coucher avec une punaise, c’est le rêve !

La beauté est dans les yeux de celui qui regarde

Qui n’a pas envié la laideur de deux amoureux dont le couple formait un tendre et beau spectacle ?

Gainsbarre dont, objectivement, chaque trait était peu harmonieux, dégageait, aux yeux de ses fans (et de ses femmes) un charme inégalable.

Si l’on en croit un proverbe, la beauté de l’âme embellirait les plus laids. L’âme relevant du registre de la transcendance, elle est interdite de séjour dans la sphère laïque. Ceux qu’elle est le plus susceptible de choquer sont, de toute façon, ceux qui font profession (de foi) de n’en pas avoir, ou de soumettre la leur aveuglément à un dieu guerrier.

Nous ne pousserons pas plus loin la recherche d’une vérification, mais pour autant, l’idée qu’une beauté intérieure compense la laideur de l’enveloppe corporelle ne manque pas de séduction.

Les anti-spécistes respectent toutes les créatures, sauf l’humain

La beauté est une notion éminemment subjective, qui dépend des yeux, du cœur et des hormones, chez les humains comme chez les animaux. Mais quid des rapports inter-espèces ?

En général, les quadrupèdes recouverts de fourrure inspirent un attendrissement souvent déplacé vis-à-vis d’espèces qui n’ont aucune raison d’être amicales à notre endroit : les petits de l’homme (euh, de « le.la parent.1.2.s humain.e.s) rêvent d’avoir pour ami un lionceau, un ourson ou un écureuil.

Pour donner du grain à moudre aux tenants de l’amoralement correct, rappelons que parmi les Canadiens qui n’ont pas encore été infectés par le Covid de la woke inculture, certains prétendent que l’écureuil n’est jamais qu’un rat avec une queue en fourrure.

Nos têtes blondes-brunes-rousses sont plus économes de leur affection vis-à-vis des insectes et des variétés que le commun des mortels désigne comme « nuisibles » : rats, blattes, punaises, on en passe et des moins ragoûtants, qui ne stimulent pas la pulsion caressante des bambins.

« Que voilà une répugnante discrimination raciste ! »

De là à exiger une politique de discrimination positive vis-à-vis des cafards, blattes, moustiques, mites, puces, punaises de lit, frelons, chenilles processionnaires, bactéries, virus et microbes, il n’y a qu’un pas… de fourmi. Tendez l’oreille ! Amis, entendez la mélopée lancinante de ceux qu’un mot, une pensée ou un soupçon peuvent offenser, blesser, meurtrir, traumatiser et conduire à exiger réparation sur les réseaux sociaux.

C’est sur ces autoroutes virtuelles qu’opère le tribunal des flagrants délires… Hélas Claude Villers et Pierre Desproges n’y exercent plus leur magistère. Aux irremplaçables a succédé une flopée d’associations représentant, chacune, un micro-segment de particularisme, chacune surenchérissant de victimisation exacerbée.

Parce que chez ces gens-là, Monsieur, il y a une sensibilité hors du commun, qui exige la même tendresse minimale universelle garantie pour tous et qui trouve moralement répréhensible le dégoût du rat d’égouts. Ils militent pour que les contrevenants soient sanctionnés avec la plus grande sévérité.

Nonobstant les bons sentiments, certaines situations exigent des actions

Paris est envahi par les rats et les administrés se plaignent à la régnante Hidalgo à la triste figure. À l’Hôtel de Ville de la capitale, Doña Chochotte est prise entre le marteau des porteurs de suffrages et l’enclume des alliances municipales qui l’obligent à faire des bizzes aux zélus zécolos.

On n’aimerait pas être à sa place.

Ni à celle de l’édile strasbourgeoise, Jeanne Barseghian, elle-même partie prenante de la minorité bien-pensante.

Celle qui a ravi la capitale européenne aux citoyens alités par le virus a paré au plus pressé : devant la prolifération des rats et des punaises de lit dans sa ville, elle a lancé, fin septembre dernier (2020) une « mission d’information et d’évaluation. »

En France, on ne prend jamais la moindre décision avant d’avoir fait le tour de la situation : évaluation, réévaluation, contre-évaluation, puis synthèse des évaluations précédentes, quitte à n’en tenir aucun compte.

On a vu ce que cela a donné avec le Covid, il n’y a aucune raison que les choses avancent plus vite pour une invasion de nuisibles. La mission lancée par la Maire Barseghian avait pour objectif de lui octroyer le temps d’évaluer le poids respectif des alliances et des nuisances au sein de son conseil municipal.

Ménager la chèvre et le chou

La direction de la communication municipale a accouché d’un modèle tiré du registre choucroute à la biquette de Strasbourg :

« la mission d’information et d’évaluation pour la gestion du rat en ville et des animaux liminaires dans l’habitat mise en place par la ville doit permettre, pendant les six prochains mois, de mener des réflexions pour trouver des solutions adaptées et efficaces, pérennes, sans négliger la cause animale (20 Minutes). »

Les punaises de lit n’ont pas de fourrure qui puisse les rendre sympathiques et leurs piqûres provoquent une réaction cutanée violente sous forme de boursouflures rouges très irritantes. Si on les gratte, des infections peuvent survenir, qui laisseront des cicatrices. Sans compter la perte de sommeil et l’angoisse des piqûres à venir…

Même les bobos les plus écolos sont prêts à tout pour soigner ces bobos purulents et n’en pas encourir de nouveaux. Aussi un élu, évidemment de l’opposition (LR), Jean-Philippe Maurer, a-t-il constaté que le malheur des uns fait le bonheur des autres et que « Le traitement contre les punaises de lit constitue à présent le principal chiffre d’affaires d’un droguiste de la ville. »

Combattre les nuisibles grâce à la bienveillance

Si les nounours et les bougies viennent à bout des terroristes islamistes, pourquoi la bienveillance ne serait-elle pas l’arme de choix contre les punaises de lit ? C’est l’option qu’a préconisée l’adjoint Marc Offsess : il faudrait changer d’optique et promettre aux rats qu’ils n’auront pas notre haine. Ne touchons pas aux rongeurs, mais concentrons-nous sur les causes :

« Les comprendre, c’est déjà esquisser les solutions, c’est commencer à agir sur elles. Il faut changer de regard. »

Ah, mais au fait, les peluches ont-elles vraiment désarmé les terroristes ? {ATTENTION PROPOS VIOLENTS !}. Si nous étions au niveau de politiquement correct où sont tombés les médias d’outre-Atlantique, cet avertissement aurait immédiatement précédé la question ci-dessus.

En effet, elle contient un sous-entendu ironique. Ce substantif, comme son adjectif, sont classés armes de réflexion massive, interdites par la convention des Jeunes Glaives.

En revanche, l’info selon laquelle Boko Haram kidnappe régulièrement des écolières chrétiennes pour les vendre sur les marchés aux esclaves ne devrait pas subir le même sort, étant peu susceptible d’engendrer un choc émotionnel : Boko Haram est un groupe constitué de « racisés », donc de gentils djeun’s qui réagissent un peu brutalement, parce qu’on ne leur a pas assez fait sentir qu’on les aimait. Pas de quoi fouetter un rat.

Si les nuisibles sont indéracinables, effaçons leur nom

Strasbourg a la chance de disposer d’une « conseillère municipale déléguée aux animaux dans la ville. » Cette élue, Marie-Françoise Hamard, adepte d’une approche plus bienveillante vis-à-vis des rats, considère que la régulation douce est susceptible « d’assurer une gestion pérenne et efficace des animaux ».

Bien que les Français préfèrent, en général, donner des leçons à l’humanité entière, plutôt que prendre exemple sur leurs voisins, la déléguée aux animaux urbains a proposé que Strasbourg suive le modèle new-yorkais où,

« dans le métro, des tests contraceptifs pour les rongeurs ont été menés avec succès. »

Cinq mois ont passé depuis la mise en orbite de la mission d’évaluation. Ni les punaises ni les rats n’ont été sensibles à l’attention qu’on leur portait. Le 23 février 2021, ces derniers ont même eu l’honneur du titre d’un article de la PQR :

« Les rats rois des poubelles dans un immeuble du Neudorf (Dernières Nouvelles d’Alsace). »

Pourtant, les choses ne vont pas tarder à changer, car certains élus proposent de copier la méthode qui a fait ses preuves également vis-à-vis des zones de non-droit, rebaptisées Zones Urbaines Sensibles (SIG France), et des agressions contre les Français juifs, amollies en « conflits inter-communautaires. » Cela n’a fait disparaître ni les unes ni les autres, mais leurs appellations sont désormais contrôlées.

À Strasbourg, il n’y a plus de nuisibles. Seulement des « liminaires »

Une élue de l’opposition, Rebecca Breitman, attachée parlementaire et présidente de la section Alsace du Mouvement Européen[1], a mis les pieds dans le plat :

« Posons-nous les bonnes questions. Quelle est la priorité ? […] Il faut que l’on se reconcentre sur les vraies priorités, celles des gens qui sont dans des situations catastrophiques et peut-être pas celles des punaises de lit qui squattent l’oreiller de notre voisine et se demander si on doit l’appeler ‘voisine’, ‘colocatrice’… ça n’a aucun sens. »

Ça alors ! Il existe des gens qui considèrent leurs électeurs comme plus importants que les punaises de lit. Ça s’appelle la « préférence nationale » et c’est puni de la mort médiatique, attention !

On commence par chasser les rats au lieu de dresser les humains à les apprécier et on finit par acheter des vaccins au prix fort pour sauver sa population, au lieu de respecter strictement les consignes du mille-feuille para-responsabilités municipalo-départementalo-regionalo-franco-bruxellois ! CA♦

Cécile Attal, MABATIM.INFO


[1] Le Mouvement Européen – France se mobilise depuis 1950, à travers toutes les générations, pour faire vivre un débat public pluraliste sur l’Europe. Il déploie ses activités autour de la pédagogie, de l’organisation du débat entre les citoyens et de la formulation de propositions pour construire l’Europe.

Un commentaire

  1. Elle parle de de requalification pour s’habituer à « cohabiter au long court avec ces animaux ». Je propose de mettre quelques rats et une centaine de punaises de lit dans l’appartement de cette élue aux idées folles, elle prendra peut-être la mesure des bêtises de son discours. On marche sur la tête, les valeurs sont totalement inversées, « mère et père » ne sont plus la norme, etc, etc, dans quel monde voulons-nous vivre, celui en devenir fait peur…

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