Palestine Chronicle : « Boycotter les Juifs est antiraciste »

Militer pour un État de Palestine démocratique et vertueux n’est pas répréhensible. Pas plus que l’objection de conscience contre la guerre qu’on vous fait ou une manifestation contre la maladie qui vous attaque.

C’est peut-être un chouïa trop optimiste, mais passé un certain âge, croire au Père Noël l’est aussi et cela n’empêche personne de croire aux promesses électorales de Mélenchon.

En revanche, quand cela implique de punir toute personne née d’au moins un grand-parent juif, comme l’a fait Hitler, en épargnant celles qui renient l’État qui aurait pu sauver les victimes du Reich, comme le proposent les antisionistes militants, cela pose la question de l’antisémitisme. De façon aiguë.

L’antisémitisme en 3D s’appelle antisionisme

Natan Sharansky, ancien refuznik devenu ministre israélien, a défini les « 3D » qui permettent de distinguer la critique légitime d’Israël de l’antisémitisme.

Le premier D’ est celui de la délégitimation. C’est le fait d’accuser Israël, sans preuve, de conduites amorales. Exemple : l’accuser de génocide contre les Palestiniens, alors que leur population a été multipliée par plus de 7 depuis qu’Israël a pris la place de l’Égypte à Gaza et de la Jordanie en Judée-Samarie (alias Cisjordanie). Ou l’accuser d’apartheid alors que ses citoyens arabes votent, qu’ils ont plusieurs partis politiques représentés à la Knesset et même un parti au gouvernement.

Le deuxième D est ceux du Deux-poids/deux mesures. C’est soumettre Israël à des exigences qu’on ne demande à aucun autre pays. Exemple : trouver illégitime l’existence d’Israël, bien qu’elle résulte d’une partition décidée par l’ONU et d’une Résolution idem, mais trouver légitime celle du Pakistan, créé l’année avant Israël à la suite d’une partition décidée par l’ONU et d’une Résolution idem. Ou bien estimer son existence illégitime parce que fondée sur une appartenance religieuse, bien qu’il s’agisse de la revendication nationale d’un peuple vieux de 2000 ans alors que le Pakistan a voulu faire sécession de l’Inde sur la seule base de la religion musulmane et que les antisionistes n’y voient rien à redire.

Le troisième D est celui de la Diabolisation. C’est le fait de considérer tous les habitants d’Israël comme des criminels animés de mauvaises intentions. Exemple : le boycott de TOUS les Israéliens, fussent-ils opposants politiques, pianistes ou athlètes handicapés, dans toutes les occasions et sous toutes les latitudes.

Travaux dirigés contre Israël dans un exercice d’antisémitisme à peine déguisé

Ramzy Baroud est rédacteur en chef d’un site consacré à la défense de la Palestine. Il estime qu’il est inqualifiable de qualifier de raciste le mouvement BDS, au prétexte qu’il cible exclusivement Israël, ignorant toutes les nations du monde qui agissent de façon plus répréhensible que lui, notamment celles où l’esclavage est encore légal, celles où les femmes sont inférieures aux hommes et les non musulmans aux musulmans1.

Un candidat démocrate pour la mairie de New York aurait déclaré que BDS s’ancrait dans « la pensée et l’histoire antisémites ». Cela a déclenché l’ire du triste sire, qui a tenu à faire remonter l’origine du mouvement « Boycott, Désinvestissement, Sanctions contre Israël » à 1936, quand

« la Grande-Bretagne coloniale a soutenu les aspirations politiques des sionistes blancs européens qui visaient à établir une « patrie juive » en Palestine (Investig’action). »

Bon, en 1936, BDS n’était même pas dans les limbes, puisqu’il a été créé sept décennies plus tard, en 2005. Mais quand il s’agit de prouver que les Juifs sont racistes, on ne s’embarrasse pas de détails comme les faits, les chiffres ou les dates.

Et pour montrer sa bonne foi, le Baroud du déshonneur ouvre un large bec et accuse les sionistes d’être blancs et européens, deux crimes inexpiables à ses yeux.

Il n’y aurait donc pas de sionistes noirs ? C’est ballot, car Martin Luther King était l’un et l’autre. Souligner la couleur supposée des sionistes les assigne subliminalement au camp des ennemis des Noirs, voire des esclavagistes. Justement, l’auteur de la Palestine über Alles Chronicle cite le pasteur :

«  Nous savons par expérience douloureuse que la liberté n’est jamais donnée volontairement par l’oppresseur, elle doit être exigée par les opprimés. »

Connaissance des faits et reconnaissance de leurs auteurs

C’est justement parce que la liberté résulte d’une lutte que King était reconnaissant à tant d’amis et de groupes juifs d’avoir lutté à ses côtés, détail opportunément oublié par le BDS-ophile, mais pas par l’intéressé.

C’est ainsi que, en 1968, à l’occasion du 60ème anniversaire d’un de ses amis, le rabbin Heschel, le pasteur déclarait :

« Le rabbin Heschel nous a accompagnés dans beaucoup de nos luttes. Je me souviens de la marche de Selma à Montgomery, comment il s’est tenu à mes côtés et avec nous alors que nous affrontions cette situation de crise. » Et d’ajouter : « Je vois Israël comme, je n’hésite pas à le dire, l’un des plus grands avant-postes de la démocratie dans le monde et un merveilleux exemple de ce qui peut être fait, comment une terre désertique peut presque être transformée en une oasis de fraternité et de démocratie (Conversation avec Martin Luther King). »

Et pour les mal-comprenants, Martin Luther King avait déjà précisé sa pensée, l’année précédente, dans sa Lettre à un ami antisioniste (Licra) :

« Et qu’est l’antisionisme ? C’est le déni au peuple juif d’un droit fondamental que nous réclamons à juste titre pour le peuple d’Afrique et accordons librement à toutes les nations de la terre. C’est de la discrimination envers les Juifs, mon ami, parce qu’ils sont Juifs. En un mot, c’est de l’antisémitisme. »

Le rédac’ chef du Palestinolâtre Paper voit dans BDS un mouvement caritatif dévoué à « une nation assiégée et opprimée qui se bat pour ses droits humains les plus fondamentaux. »

L’idéologie à l’épreuve des faits

Observons Gaza, assiégée et opprimée, à qui la communauté internationale a déjà versé assez de subsides pour construire un Singapour ou un Hongkong méditerranéen. On y compte une population qui survit misérablement sous le joug de despotes richissimes basés au Qatar (Jforum). C’est probablement pour leurs visites chez le petit peuple qu’a été construit le ArcMed Hotel Almashtal Gaza, un cinq étoiles à faire pâlir d’envie les sœurs Hilton.2

Mahmoud Abbas, président à vie de la Cisjordanie, la Palestine concurrente, a compté à Gaza 800 millionnaires et 1700 quasi-millionaires, qui se sont engraissés grâce aux taxes prélevées sur tout ce qui passe par les tunnels destinés à attaquer Israël (Israel National News).

Examinons aussi l’autre Palestine, que les locaux dénomment Ramallah-Palestine, pour la distinguer de la « prison à ciel ouvert » dirigée par le Hamas.

La Coalition pour la situation de l’intégrité et la lutte contre la corruption en Palestine (AMAN) a publié son 14 rapport annuel sur l’état de l’intégrité et la lutte contre la corruption en Ramallah-Palestine en 2021. Voici ses conclusions, formulées en politiquement correct dans le texte :

« L’absence de réunion du Conseil législatif palestinien, la poursuite des divisions internes et le visible recul du respect des droits de l’homme ont constitué des facteurs négatifs perturbant le regard du peuple sur l’action des autorités et les efforts de lutte contre la corruption. (…) L’entrave permanente au processus de transfert pacifique du pouvoir, notamment en termes de tenue d’élections périodiques et le principe de l’égalité des chances pour l’accès aux fonctions publiques ont privé les citoyens du droit de choisir leurs représentants dans les institutions de gouvernance, ce qui constitue une violation de la Loi fondamentale. »

Championnats du monde d’escroquerie

En 2016, le pompon avait été atteint, ainsi décrit dans le rapport AMAN de l’époque :

« Le Trésor palestinien a versé des salaires à des centaines d’employés de la ‘Palestinian Airlines’, qui est une société gouvernementale dotée d’un conseil d’administration, dirigé par le ministre des transports. Le budget de cette « compagnie » est inclus dans le budget du ministère des Transports et du transport, sans aucun détail. »

Mais la compagnie n’existe pas.

La plus grande partie des milliards versés par l’Union Européenne et les États-Unis va dans la poche des tyrans.

L’aide européenne aux Palestiniens soupçonnée d’avoir été dilapidée ou perdue à cause de la corruption, se monte à plusieurs milliards d’euros, d’après un rapport accablant de la Cour des comptes européenne.

Bruxelles avait généreusement fait don à l’Autorité palestinienne de l’équivalent de 3,5 milliards d’euros pendant la période 2008-2012, mais comme nul ne demandait le moindre contrôle sur les sommes offertes, Mahmoud Abbas a dû croire qu’il s’agissait de son argent de poche. Quelle surprise quand une enquête a été diligentée ! Surprise pour les enquêteurs aussi, qui se sont aperçu que la gestion palestinienne souffrait de « lacunes importantes » et que l’UE avait omis de prendre des mesures pour atténuer « la corruption ou le fait que les fonds ne soient pas utilisés aux fins prévues. (the Times)»

Pour ne désespérer ni Billancourt ni la Cour des miracles où officient les Palestine Chronicles et consorts, le rapport n’a jamais été diffusé.

L’Iran est meilleur gestionnaire que nous

À l’inverse de la généreuse Europe, l’Iran est un payeur qui exige d’être un conseilleur : les mollahs mettent des conditions à leur sponsoring, qui doit servir à lutter contre le petit Satan, alias l’État juif.

Hassan Nasrallah est réfugié au Liban, où il est le chef de l’État dans l’État, le Hezbollah. Le 1,6 milliard de dollars qu’il a mis de côté, ne provient que marginalement de la manne iranienne. D’après l’ONG Global fight against terrorism funding (Lutte mondiale contre le financement du terrorisme), ils ont été soustraits aux subventions de l’UE ou volés directement dans les caisses de l’État libanais, qui est quasiment en état de cessation de paiement. L’argent est ensuite blanchi par des compagnies immobilières et des sociétés off-shore basées au Brésil, au Paraguay, à Hong Kong ou en Côte d’Ivoire (i24news).

Cela n’intéresse pas le Rouletabille qui roule des mécaniques pour la Palestine : après tout, cet argent a été soustrait à des Blancs européens, qui n’ont certainement que ce qu’ils méritent : s’ils voulaient de la considération, ils avaient qu’à naître Noirs !

L’important, en toutes choses, est d’accuser Israël de quelque chose, pas de pinailler sur les crimes des autres. LM

Liliane Messika, MABATIM.INFO


1 Ce sont d’ailleurs les mêmes.

2 Visite en vidéo sur https://vimeo.com/26288397

3 commentaires

  1. Fort Bien DIT ! Mais que FAIT-ON ?
    Comment soigner des QI à 145 comme Chomsky?
    Comment convaincre des Délirants Paranoïaques incurables selon les dernières données de la psychiatrie médicale et hors-thérapeutique Analytique tic! ?
    Alors au lieu de NIUS convaincre, Mous les Rationnels (juifs ou pas) !… Que faire?

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  2. Au sujet de la  » couleur  » des sionistes , j invite chaque abruti antisioniste ( y compris les bobos crypto juifs qui renient leurs peres ) a venir faire un tour dans ma ville a Hadera ou j ai fais mon alya : ils pourrons constater que les  » horribles sionistes avides de sang palestinien  » sont assez representatifs De tous les etres humains qui peuplent notre jolie planete : du blanc le plus clair au noir le plus sombre : ils sont tous juifs , membres de notre peuple – monde et sont tous des freres et des compatriotes que je suis heureux de cotoyer dans cette merveilleuse diversité .

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