Le politiquement correct tue des Noirs, des Juifs, et la vérité

Avignon Juin 2022

Itinéraire d’un génie de Harlem à Harvard

Aux États-Unis, le politiquement a tué surtout des Noirs. En France, il semble que ce soit le sentiment d’antisémitisme qui tue des Juifs

Un site américain au nom provocateur, Common Sense, convoque le bon sens en pleine pandémie de wokisme. C’est courageux. Il publie les empêcheurs de penser en rond.

Chez les intellos, il présente Roland Fryer, prof à Harvard. Titularisé à 30 ans, il a été le plus jeune Noir à obtenir ce statut. En 2011, il avait reçu une Bourse de la Fondation MacArthur, alias la « Bourse des génies », accordée à des étudiants faisant preuve d’une créativité hors norme. Son génie a été confirmé, en 2015, quand il s’est trouvé le premier Black à remporter la médaille John Bates Clark, la plus prestigieuse après le Nobel, octroyée tous les ans à l’économiste de moins de 40 ans le plus prometteur.

Les médaillés Bates Clark et les boursiers MacArthur ont en commun de penser en dehors de la boîte, loin du conformisme intellectuel de plus en plus pratiqué dans l’establishment américain.

Roland Fryer a donné raison aux jurés des bourses et des médailles : en 2011, il a monté un programme pour les petits déshérités de Harlem. Il avait calculé que les filles avaient 17 fois plus de « chances » que leurs condisciples blanches des beaux quartiers de se retrouver enceintes avant leur majorité et que les élèves des deux sexes accusaient, vis-à-vis des écoles privées blanches, un retard apparemment infranchissable. En trois ans, la courbe de réussite des Noirs de son programme avait rejoint, puis dépassé celle des meilleurs établissements new-yorkais. Preuve que leur apprendre à pécher était plus efficace que de leur fournir du poisson et de la compassion.

Pour questionner les évidences, faut être génial

En 2017, le statisticien génial s’est demandé sur quoi s’appuyaient les revendications de Black Lives Matter : les Noirs étaient-ils vraiment victimes au faciès d’une police raciste ? Comme ces slogans n’étaient confirmés par aucune base de données, il a initié une recherche, avec ses étudiants d’Harvard. Quand les chiffres ont infirmé la théorie, il a été en butte à l’animosité de deux collègues, également noirs, qui faisaient carrière sur fond de victimisation ontologique des Noirs, en faisant payer aux Blancs leur privilège originel.

« Je trouve insultant que des gens falsifient la vérité parce qu’ils croient que cela nous aidera. C’est eux-mêmes qu’ils essaient d’aider !1» avait-il déclaré.

Ses chers collègues ne le lui ont pas pardonné. Une plainte pour harcèlement sexuel de la part d’une ex-assistante licenciée pour incompétence leur a donné l’occasion de l’enfoncer : au lieu de la formation au management à laquelle la Direction voulait le condamner, ses confrères ont insisté pour qu’il soit suspendu ad æternam, que son labo de recherches soit fermé et ses étudiants dispersés.

L’enfer est pavé de bonnes intentions, mais sous les pavés, il n’y a pas la plage, il y a souvent l’ego des professionnels de la fraternité.

Cachez ces chiffres qui contredisent l’idéologie !

Dans la catégorie bon sens, Zac Kriegman est emblématique. Il a dirigé le service Données & Statistiques de Reuters pendant sept ans. Il gagnait plus de 350 000 $ par an et était très bien noté, jusqu’en 2021, quand il est « tombé sur une très grosse histoire. Il s’agissait des Noirs américains abattus dans tout le pays et de la manière dont nous rendions compte de cette violence. Nous avions parlé sans arrêt de race et de brutalité policière.2 »

Pensant vérifier que les chiffres correspondaient bien aux récits de l’agence, il est tombé sur l’étude de Roland Fryer. Non seulement la police américaine ne tirait PAS plus facilement sur les Noirs, mais les Blancs en étaient victimes 7 % plus souvent qu’eux3. Malgré cela, les campagnes anti-flics, ont continué, y compris chez Reuters, jusques et y compris dans les courriers internes échangés entre les salariés. « Personne ne remettait en cause l’essentialisme racial ou la pensée de groupe. »

Les voleurs battent les gendarmes à plate couture

L’effet Ferguson se fait sentir aux USA, depuis 2014, dans la foulée de l’affaire Michael Brown, un Noir tué par un flic à Ferguson : après ce drame, 75 % des policiers américains ont déclaré hésiter à recourir à la force et 72% à arrêter les suspects4. Après la mort de George Floyd, Paul Cassell, professeur à la faculté de droit de l’Utah, avait décrit une autre conséquence des émeutes : « l’effet Minneapolis ». Le conseil municipal de cette ville avait voté le démantèlement de la police et la réduction de son budget. « Suite à cette mesure, en juin et juillet 2020, environ 710 victimes supplémentaires ont été assassinées et plus de 2 800 personnes se sont fait tirer dessus.5 »

En 2020, le FBI a annoncé que les homicides avaient augmenté de 30 % par rapport aux 16 425 de 2019 et qu’ils touchaient 53 % de Noirs6.

Wilfred Reilly, professeur de Sciences politiques à l’Université du Kentucky, a noté qu’entre 2014 et 2021, le nombre d’homicides de Noirs est passé d’environ 6 000 à 9 900, une augmentation de 63 %7 qu’il est logique de rapporter aux effets conjugués de Ferguson et de Minneapolis.

Zac Kriegman a vu les dépêches de Reuters omettre des détails-clef qui n’allaient pas dans le sens de BLM, puis diffuser carrément des mensonges.

Quand il a fini par se décider à en parler à ses collègues et à sa hiérarchie, il a d’abord été conspué, puis ostracisé et enfin viré.

Il a dû ressentir ce que ressentent les Juifs français quand ils lisent la rubrique Moyen-Orient de leurs journaux : une grande solitude !

Le pays des Droits de l’Homme a mauvaise réputation

Justement, une étude sortie le 22 juin 2022 montre que les Juifs français sont, de tous leurs coreligionnaires européens, les plus inquiets pour leur sécurité. Les médias hexagonaux qui en rendent compte sont tout surpris : ah bon ? Comment se fait-ce ? D’où sort cette phobie ?

Cette étude menée par l’Institute for Jewish Policy Research de Londres et la European Union Agency for Fondamental Rights, auprès de 16 000 Juifs européens en 2018, donnerait probablement des résultats encore plus étonnants pour les professionnels du politiquement correct, si les sondés étaient interviewés aujourd’hui : rien qu’en 2022, deux Juifs de plus ont été tués en France pour la seule raison de leur judéité (Jeremy Cohen en février et René Hadjadj en mai). Cela porte le total, depuis 2003, à 14.

L’antisémitisme, cela se reconnaît au brassard à croix gammée que portent les antisémites. Pas de brassard ? Pas d’antisémitisme

Mais il y a, chaque fois une « bonne raison » à ces assassinats qui ne sont jamais dus à de l’antisémitisme pur et simple. L’antisémitisme, cela se reconnaît au brassard à croix gammée que portent les antisémites. Pas de brassard ? Pas d’antisémitisme. De l’antisionisme, peut-être, mais ça n’a rien à voir : certes, c’est aussi une haine des Juifs, mais uniquement de ceux qui vivent en Israël, tous ceux qui vivent en Israël, sans aucune exception.

Demandez à BDS, ils vous expliqueront pourquoi ils veulent interdire la venue sur le sol français de tous les juifs israéliens, qu’ils soient de droite, de gauche ou sans opinion, cisgenres ou LGBT, orthodoxes, laïcs ou athées, qu’ils soient chanteurs, sportifs, scientifiques ou bénévoles dans des ONG d’aide aux handicapés, qu’ils votent colombe ou faucon, qu’ils viennent des villes ou des champs, bref tous, sans exception.

Bien sûr, n’étant pas tous aussi subtils que les idéologues de l’antisionisme, des antisémites de base tuent parfois des Juifs en France. Bon, c’est arrivé quatorze fois en moins de 20 ans, sur une population de presque un demi-million. C’est pas la mort ! Ah ben si, justement. La mort des Juifs. C’est aussi eux qui sont, au prorata, les champions de France des actes antireligieux : dans notre pays, 686 actes antichrétiens, 523 actes antisémites et 171 actes antimusulmans ont été commis en 20218.

Mais qu’importent les chiffres ? Les Juifs passent pour des chochottes paranos, alors que 523 faits sur une population inférieure à 500 000, ça veut dire plus d’un sur mille visé par des actes allant jusqu’au meurtre. À côté de cela, l’islamophobie est le fléau que le politiquement correct poursuit de sa vindicte, même si 171 faits sur une population de 6 millions et zéro meurtre, cela indique 0,0000285 risque par personne d’être touché par un acte d’islamophobie.

Le politiquement correct ne tue pas que des Noirs aux États-Unis, il tue aussi des Juifs en France. Sauf qu’ici comme là-bas, les Juifs sont considérés comme des Blancs coupables, jamais comme des victimes. Même les morts. LM♦

Liliane Messika, MABATIM.INFO


1 Vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=m8xWOlk3WIw

2 https://bariweiss.substack.com/p/i-criticized-blm-then-i-was-fired?s=r

3 https://ucr.fbi.gov/leoka/2019/topic-pages/tables/table-42.xls

4 Sondage – https://www.pewresearch.org/social-trends/2017/01/11/behind-the-badge/

5 https://www.dailymail.co.uk/news/article-8787457/Cuts-policing-led-710-murders-2-800-gunshot-victims-US.html

6 https://www.nytimes.com/2021/09/22/upshot/murder-rise-2020.html

7 https://radio.foxnews.com/2022/04/20/wilfred-reilly-black-lives-matter-has-led-to-a-63-jump-in-black-fatal-homicides/

8 https://www.ouest-france.fr/societe/faits-divers/pres-de-1-400-actes-antireligieux-en-2021-en-france-7e81d3fe-5cdd-11ec-b393-525214a0502c

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