Des hominidés à la démocratie participative

Des australopithèques aux premières communautés humaines

Il semble que les australopithèques vivaient et se déplaçaient en petit groupe, probablement pour des raisons de défense. Nos plus proches cousins les chimpanzés sont des êtres sociaux vivant en groupe qui peuvent aller d’une dizaine d’individus à plusieurs dizaines (50 individus et exceptionnellement plus). Ceci laisse à penser que les plus anciens hommes (Habilis… Neandertal…) faisaient de même. Les spécialistes pensent qu’à partir de Sapiens les groupes sont devenus plus importants (150 ou plus) du fait d’une meilleure capacité de communication et que cela a contribué à son succès.

L’humanité a vécu la majeure partie de sa vie en tant que chasseurs-cueilleurs, Habilis était charognard et utilisait des éclats de pierre, Erectus a commencé à chasser et la consommation régulière de viande a favorisé la croissance de son cerveau. Néandertal avait un gros cerveau, dont la zone de la vue était très développée, son cerveau était plus gros que celui de Sapiens qui, lui, a la zone de la communication beaucoup plus développée. La corpulence et le cerveau de Neandertal lui imposaient un besoin en nourriture très important et pénalisant.

Sapiens va se révéler plus créatif que Neandertal, et les experts pensent que cela est dû à sa capacité de communiquer qui facilite les échanges d’expériences, de savoir-faire. Sapiens, dont l’apparition remonterait à 300 000 ans, s’est répandu hors d’Afrique il y a 70 000 ans et il y a moins de 10 000 ans, il domestique des plantes et des animaux (au-delà de la cueillette, entretien de plantes sauvages, domestication de cultures génétiquement distinctes, élevage sélectif…). En outre il devient sédentaire, développe l’agriculture, l’irrigation… et invente ce que l’on appelle une civilisation.

Des premières civilisations à l’impérialisme

Dès lors, la taille des communautés augmente et au Proche Orient on trouve aujourd’hui la trace de nombreux sites d’habitation de grandes tailles, comme Çatal Höyük dont on estime que, 7 000 ans av. J.-C., il abritait de 5000 à 10 000 personnes. À partir du Ve et IVe millénaire av. J.-C. on trouve des villes (des cités états) de plusieurs dizaines de milliers d’habitants et au IIIe millénaire av. J.-C., Sargon fonde l’Empire d’Akkad régentant ~1 million d’habitants ; en –221 l’empire des Qin compte 40 millions d’habitants ; à son zénith l’Empire romain aura ~100 millions de personnes soumises à l’impôt.

Ainsi l’homme est passé de groupes familiaux à des communautés, des cités états, des royaumes, des empires, ces derniers se caractérisant par de grands ensembles multiethniques, multiculturels, des systèmes économiques et de gouvernement plus complexes, une centralisation du pouvoir, un brassage culturel. L’empire a longtemps été apprécié, particulièrement par les historiens, comme une forme achevée de civilisation favorisant le métissage culturel et le syncrétisme, mais aujourd’hui l’impérialisme est considéré comme une insulte.

Du mâle dominant à la démocratie participative

En parallèle de l’accroissement de la taille des communautés, les formes de gouvernement se sont multipliées, comme à titre d’exemple :

  • Gouvernement d’un seul : mâle dominant, monarchie, tyran, autocrate,
  • Gouvernement d’une minorité : théocratie, oligarchie, féodalité,
  • Gouvernement d’une majorité : démocratie représentative,
  • Gouvernement de tous : démocratie participative.

Cette liste montre que si la taille des communautés a profondément changé au cours du temps, les formes de gouvernement restent les mêmes, toutes ont déjà été expérimentées il y a plus de 2 000 ans, et elles sont encore largement pratiquées aujourd’hui à travers le monde.

La démocratie participative a déjà existé, certaines cités grecques fonctionnaient en communauté de citoyens libres dotée d’institutions démocratiques qui prônait l’égalité entre les citoyens qui bénéficiaient du droit de participer directement à : la vie politique (débats, votes, charges publiques) ; la défense de la cité ; la vie culturelle et religieuse. Cependant il faut noter que dans ces cités la majorité des habitants étaient exclus de la citoyenneté du fait de conditions d’accès à la citoyenneté draconiennes (sexe – les femmes sont exclues –, naissance, âge, service militaire… ; les étrangers, les esclaves sont exclus). Ainsi au Ve siècle av. J.-C. seuls 30 000 Athéniens sont citoyens sur une population totale de 400 000 habitants (13 %).

La démocratie participative peut sembler souhaitable, mais elle est difficile compte tenu de la taille de nos communautés. Certains phosphorent sur les nouvelles possibilités d’information et de communication, mais au-delà de l’aspect technique de la participation, une des limites du fonctionnement de la démocratie participative réside dans la multiplicité, la complexité de nombreux sujets, de la difficulté de les appréhender et de trouver des solutions.

Pour terminer, trois citations à réfléchir :

« Tout ce qui fait partie de notre univers n’est ni simple, ni simplifiable, mais multidimensionnel, imprévisible et diversifié » Edgard Morin

« Le meilleur argument contre la démocratie reste une conversation de 5 minutes avec l’électeur moyen » Winston Churchill

« La liberté enfante l’anarchie, l’anarchie conduit au despotisme, et le despotisme ramène à la liberté » Balzac

MB♦

Michel Bruley, MABATIM.INFO

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