Le Mélenchon nouveau est réinventé

[15 novembre 2022]

Sous les pavés, Mélenchon à la page

Dans un entretien paru dans la Revue des Deux Mondes, Mélenchon a fait preuve d’érudition historique sur la Révolution de 1789, pour mieux réécrire le présent.

Thuriféraire de lui-même, l’homme dont le cœur balance entre Castro et Chavez se déclare opposé à la violence :

« l’expérience que nous avons, y compris dans ce siècle, y compris dans les cinquante dernières années, dont je suis un des protagonistes, c’est que la violence dite révolutionnaire appelle la violence du pouvoir et aboutit seulement à des vagues de répression contre-révolutionnaires. »

Cela ressemble comme deux gouttes de fiel à un raisonnement de la famille Padamalgam après un attentat islamiste. Mais la différence est fondamentale : les ratonnades espérées par les islamistes qui psalmodient cette chanson n’ont jamais eu lieu, la contre-violence, si. Jusqu’à la fin du XXᵉ siècle.

En France, aujourd’hui, c’est plutôt une valse à quatre temps : guet-apens violent – réaction ambiguë de la maréchaussée – victimisation – repentance. On laisse le soin au lecteur d’attribuer à chaque acte le casting des protagonistes.

Mélenchon ne sait plus à quelle provocation se vouer

Dans le même entretien, le Bolivaruchon se déclare prêt à participer, le cas échéant, à une nouvelle marche contre l’islamophobie. Lors de la précédente, en 2019, il avait entendu chanter la Marseillaise, mais pas scander « Mort aux Juifs ! »

Cette surdité sélective se double d’un strabisme divergent : depuis 2003, dans notre pays, 14 Juifs ont été tués, parce que juifs, par des musulmans1, mais ce sont les musulmans qu’il veut défendre et les Juifs dont il veut protéger la République :

la« génuflexion devant les ukases arrogants des communautaristes du CRIF : c’est non ! (le Monde) »

Les chiffres indiquent que 523 actes antisémites ont eu lieu en 2021, contre 617 en 2019 et 171 actes islamophobes contre 129 en 2019 (Ouest France). 523 sur moins d’un demi-million de personnes, 171 sur 6 millions.

Quelle conclusion en tire l’Insoumis soumis au vote des islamistes ?

Que« ceux qui sont hostiles à cette manifestation donnent un signe.… Ils se disent : oui on a le droit de tirer sur des musulmans à la sortie des mosquées. »

Un conte de fées défait par les faits

Heureusement, la catastrophe planifiée par les beaufs qui ne votent pas LFI ne s’est jamais produite. Mais on sent bien que cela relancerait la machine à padamalgamer et que Ibn Mélenchon en sortirait renforcé à l’insu de son plein gré.

Officiellement, il se contente de jouer les Cassandre et d’inventer une confusion, chez les méchants, entre le droit de critiquer une religion et celui d’insulter les musulmans. C’est pour défendre ces insultés potentiels qu’il se drape dans la vraie laïcité.

« J’en ferais autant pour les juifs ou n’importe quelle autre religion »,

ose celui qui, en 2014, félicitait les jeunes attaquants des synagogues parisiennes pour manifester leur soutien à Gaza :

« une jeunesse ayant su se mobiliser dans la discipline et incarner dignement les valeurs de la République […]. La République, c’est le contraire des communautés agressives qui font la leçon au reste du pays (Times of Israel). »

Quant au voile, qui vaut à des centaines de jeunes Iraniennes de périr torturées en prison, Mélenchon, côté cour des miracles, s’occupe « de la loi. Et il ne peut pas être question d’interdire de se mettre un foulard sur la tête ». D’autant qu’il ne remet pas en cause la loi qui « interdit que les signes religieux soient présents à l’école. Les mineurs doivent être à l’abri des pressions politiques, religieuses à l’école. Point final. »

Point final, sauf pour le voile, qui n’entre pas dans cette catégorie. La preuve : il, lui-même, personnellement, il a « des copines très pratiquantes qui n’ont pas de foulard sur la tête. »

Si Mélenchon n’était pas une bande de front républicain à lui tout seul, mais un clientéliste dont les convictions suivent la tendance des suffrages, cela se saurait ! LM

Liliane Messika, Causeur


1 Liste des Juifs tués par des musulmans en France de 2003 à 2022 :

  • Sébastien Selam, tué le 20 novembre 2003 à Paris par Adel Amastaibou.
  • Ilan Halimi kidnappé à Paris et torturé pendant 3 semaines en février 2006 par le Gang des Barbares mené par Youssouf Fofana.
  • Arieh (3 ans) et Gabriel (5 ans) Sandler, Myriam Monsenego (8 ans), Jonathan Sandler assassinés le 19 mars 2012 à Toulouse par Mohammed Merah.
  • Hyper Casher, 9 janvier 2015 : Yohan Cohen (20 ans), Philippe Braham (45 ans), François-Michel Saada (64 ans), Yoav Hattab (21 ans), assassinés par Amedy Coulibaly.
  • Sarah Halimi, 65 ans, tuée le 4 avril 2017 par Kobili Traoré.
  • Mireille Knoll, 85 ans, tuée le 23 mars 2018 par Yacine Mihoub.
  • Jérémy Cohen, handicapé 31 ans, lynché par des racailles, 16 février 2022 à Bobigny, achevé par un tram.
  • René Hadjadj, 89 ans, défenestré par Rachid Khechiche le 19 mai 2022 à Lyon.

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