Une semaine en juin…

Les tueurs dans les rues sous les acclamations des notables irakiens aux balcon. Photo Centre Begin-Sadate

[6 juin 2023]

Cette semaine se télescopent trois évènements qui n’ont apparemment pas avoir grand-chose entre eux et pourtant…

Le premier a eu lieu à Chavouot, le 1ᵉʳ et le 2 juin en 1941. Il s’agit du Farhoud (pogrom) de Bagdad. En 1941, il y avait 150 000 Juifs en Irak, dont 90 000 à Bagdad et 10 000 à Bassora1.

Comme dans les autres pays musulmans, les Juifs d’Irak ont été victimes à maintes reprises de violences, et de décrets ordonnant la destruction de leurs synagogues. Certains ont été forcés sous la menace de se convertir à l’islam. Bat Ye’or2 a écrit de nombreux livres à ce sujet.

Mais en 1941, la deuxième guerre mondiale bat son plein et les troupes anglaises sont prêtes à entrer dans Bagdad. Or, l’Irak est aux mains d’élites musulmanes pro-nazies. Leur violence s’est intensifiée depuis la grande révolte arabe de 1936 en Palestine mandataire3. Leur organisation est patronnée par le grand mufti de Jérusalem, Hadj Amin el Husseini, venu prêter main-forte dès 1939. Déjà, des lois antisémites sont promulguées, des écoles et le journal juif de Bagdad fermés. La communauté juive est contrainte de contribuer aux finances de la propagande nazie qui s’égosille en arabe en Irak mais aussi à Berlin. Les membres du mouvement pro-nazi « Al-Futwa » ont été organisés en gangs armés et ont reçu des pouvoirs de police pour agir contre les Juifs qui sont accusés d’espionnage au profit des Britanniques et qui de ce fait sont emprisonnés et torturés.

Quelques jours avant ce massacre de 1941, les maisons des Juifs ont été marquées d’une hamsa4 de couleur rouge par les gangs de jeunes nazis islamistes. Et donc, ce mélange détonnant de l’antisémitisme musulman et nazi, quelques heures avant l’arrivée des troupes britanniques, va provoquer un déferlement de haine qui fera plusieurs centaines de victimes, d’orphelins et bien évidemment la destruction et le pillage des maisons juives.

Un des survivants, Edi Mor a raconté que sa famille n’a dû sa survie qu’au courage d’un chauffeur de taxi musulman qui les a extirpés de la foule en colère, mais il se souvient des groupes de jeunes hommes qui se tenaient à tous les carrefours et assassinaient les Juifs qu’ils rencontraient. Il se souvient des têtes coupées brandies par la foule et des corps démembrés.

Sa famille échappe de peu à la mort et se terre pendant les deux jours du massacre. Les Anglais entreront le 2 juin au soir dans la ville, tandis que les Juifs survivants creusent une immense fosse commune.

Monument érigé à Ramat Gan en mémoire des victimes du Farhoud et des 13 Juifs pendus à Bagdad en 1969

Edi Mor arrivera en Israël par l’Alya clandestine qui lui fera traverser en camion et à pied l’Irak, la Syrie et le Liban pour arriver enfin à Métula.

Le deuxième de ces évènements est la guerre des Six Jours. Bien sûr c’est une éclatante victoire militaire sur des troupes ennemies bien plus nombreuses mais c’est surtout le contraire du Farhoud, un moment de soulagement, de joie et d’espoir.

« Nous pensions que nous allions tous y passer », m’avait dit une amie de ma mère,

Les enfants étaient chargés de remplir des sacs de sable, tandis que d’autres plus âgés creusaient des tranchées.

Nous étions tous de garde à l’hôpital, des files immenses de personnes venaient donner leur sangEt voilà qu’en 6 jours seulement, nous avions gagné, nous étions en vie et nous avions libéré Jérusalem

Le troisième d’entre eux s’est produit cette semaine :

Alors que nous sommes en paix avec notre voisin égyptien, un policier-terroriste égyptien est entré en territoire israélien par une des entrées de secours5. Il est arrivé jusqu’à une base du bataillon Caracal et a tué les deux sentinelles, Lia Ben Nun et Ouri Yitzhak Illouz, 19 ans. Quelques heures plus tard, il a fait une troisième victime, Ohad Dahan, 20 ans, lors de l’échange de feu qui s’ensuivit et où il fut enfin éliminé. Hélas la paix officielle entre Israël et l’Égypte n’a pas entamé l’antisémitisme des Égyptiens, antisémitisme encouragé par la presse et les médias du Caire.

C’est notre vie ici :

Pour ne plus être des Juifs sans défense à la merci de n’importe quelle racaille nazie islamiste ou autre nous devons continuellement nous battre, gagner mais aussi en payer le prix.

Non, notre pays ne nous a pas été offert sur un plateau d’argent :

« Tout s’apaise sur cette terre, dans le soir rougeoyant
bordé de nuages.
Ici, se dresse la nation, au cœur déchiré mais vivant,
Pour recevoir son miracle, son unique miracle !
Prête pour la cérémonie, dressée face à la lune, en vêtements de fête et d’effroi.
Au-devant d’elle arrivent alors un jeune homme, une jeune fille. Ils s’avancent, face à leur nation.
Habillés simplement, un ceinturon, de lourdes chaussures, ils grimpent le sentier.
Ils marchent silencieux.
Ils ne se sont pas changés.
Ils n’ont lavé ni les traces de leur journée de travail ni celles d’une nuit passée au front.
Épuisés au plus au point, n’ayant pris aucun repos
pleins de cette fraîcheur de la jeunesse juive,
Ils approchent en silence et tous deux se tiennent droit.
Nul ne sait s’ils sont vivants ou morts criblés de balles.
En larmes, la nation leur demande :
— Qui donc êtes-vous ?
Et eux de répondre : – Nous sommes le plateau d’argent sur lequel la patrie juive t’est offerte.
Ainsi parlent-ils, écroulés à ses pieds, enveloppés de pénombre…
Et le reste sera conté dans les chroniques d’Israël. »
Nathan Alterman
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À bientôt, HB

Hannah, Boker Tov Yerushalaim


1 Bassora : Boker Tov Yerushalayim

2 Bat Ye’or (fille du Nil) ou Gisèle Littman-Orebi, a publié plusieurs ouvrages traitant spécifiquement des relations entre l’Europe et le monde arabe et de la situation des minorités juives et chrétiennes dans le monde islamique. Elle a élaboré dans ceux-ci deux thèses principales concernant le néologisme de dhimmitude, qui désigne la condition des dhimmis, c’est-à-dire des populations indigènes non musulmanes des pays conquis par le djihad auxquelles sont appliquées des lois discriminatoires (MABATIM. INFO).

3 La grande révolte arabe de 1936 : Le mouvement insurrectionnel juif hameri et Du palace hôtel au Waldorf Astoria

4 La ‘Hamsa, ou cinq en arabe. Alors qu’elle était peinte en lettres de sang pour désigner les maisons juives, il est ironique qu’elle symbolise la vie et la protection dans tout le monde oriental.

5 L’Égypte étant un pays avec lequel nous avons signé un traité de paix en 1979, les armées israéliennes et égyptiennes luttent conjointement contre les djihadistes et les trafiquants de drogues du Sinaï. Un mur de séparation a été construit à la frontière entre ces deux pays pour empêcher la circulation de drogues en provenance d’Égypte. Toutefois des entrées ou sorties de secours ont été insérées dans ce mur pour faciliter les mouvements des soldats israéliens en cas d’urgence. Il a été constaté qu’elles n’ont été pas entretenues et surveillées en permanence. Il semble que l’auteur de l’attaque était parfaitement au courant de cela, c’est pourquoi l’armée israélienne envisage actuellement de les fermer. Les entrées de secours sont des orifices de 80 centimètres dans la clôture, et elles sont réparties tous les quelques kilomètres, on les appelle « ouvertures logistiques ». (Israël 24/7)

6 Pour les hébraïsants, le texte en hébreu du poème de Nathan Alterman…


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Un commentaire

  1. Un tres bon texte .
    Oui aujourdhui , des jeunes juifs tombent encore , mais c est les armes a la main et debout en defendant leur terre .
    Yossef Trumpeldor l a dit et je le repete : il est bon pour notre peuple martyrisé d avoir la chance de se battre debout .

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