Et si le Hamas avait sauvé Israël ?

L’ex otage Mia Schem pose avec un tatouage « Nous danserons de nouveau 7.10.23 » (Instagram 9/12/2023)

Mahmoud Abu Rajab, rédacteur en chef du journal « Al Akhbar » de Nazareth a publié une analyse percutante sur les évènements du 7 octobre, ce massacre abject digne des pires pogroms des croisades en Occident, des cosaques de Russie, et des arabo-musulmans au Proche Orient. Le pire des pogroms depuis la seconde guerre mondiale, et pourtant, des atrocités il y en a eu !

— Le Farhoud en Irak ou 180 juifs ont été massacrés à Bagdad (officiellement, mais l’historien Bernard Lewis les estime à 600 tués), les biens pillés et les femmes violées ;

— Kfar Etzion, ce village de 200 habitants dont 50 enfants, fondé par des rescapés de la Shoah, a été rasé avant la déclaration d’indépendance, attaqué par des irréguliers arabes, il y eut 220 morts ;

— Le convoi médical se rendant à l’hôpital Hadassa de Jérusalem avec 78 médecins, infirmières et patient a été attaqué à Sheikh Jarrah, massacré et brûlé malgré les insignes du Maguen David Adom, la Croix Rouge israélienne.

Il y eut beaucoup d’autres tragédies, mais le pogrom du 7 octobre 2023 dépasse en nombre – 1450 juifs ont été massacrés – et en horreurs tous les massacres qui l’ont précédé.

Mahmoud Abu Rajab rappelle les persécutions des Juifs depuis Kichinev en 1903 et la naissance du sionisme, sur le 7 octobre il a écrit :

« Celui qui croit que le désastre qui a frappé l’État d’Israël est le début de sa fin se trompe. Ce désastre marque, à mon avis, le début d’un nouveau départ et renforce encore ma confiance dans le fait que l’État juif ne cessera pas de prospérer. Ce pogrom a ramené Israël (et les Juifs) au point de départ, à l’émergence du sionisme »

Avant le 7 octobre

Avant le 7 octobre, Israël était divisé, gauche contre droite, religieux contre laïques, séfarades contre ashkénazes, sionistes contre post-sionistes, opposants à Netanyahou contre partisans, etc., le frère contre son frère…

Les manifestations étaient fréquentes, l’économie en était affectée, l’armée était touchée. La violence montait, la démocratie israélienne était mise en cause, on évoquait même le risque de guerre civile. Israël vivait, sans doute, la période la plus dangereuse de son histoire. La raison n’avait plus cours, la sécurité n’était plus assurée. Israël était au bord de l’implosion. Allait-il s’effondrer ?

Le Hamas a jugé opportune cette situation.

Son projet, celui des Frères Musulmans, est dans un premier temps, la destruction d’Israël, puis de tous les Juifs et l’installation de la supériorité de l’Islam radical, de la Charia et de la dhimma, sur le monde. La devise du Hamas est :

« Allah est notre objectif, le Prophète notre chef, le Coran notre Loi, le Djihad notre voie, la mort sur la voie d’Allah notre plus cher espoir ».

Le quotidien libanais L’Orient-le-jour décrit comment, depuis des mois, l’attaque barbare du 7 octobre a été minutieusement planifiée à Beyrouth entre le Hamas, le Hezbollah et l’Iran. 5000 missiles ont été lancés en une matinée sur les villes d’Israël pour déborder le dôme de fer ; simultanément3000 terroristes du Hamas suivis de près par des Gazaouis ont envahi les villes et les villages du sud d’Israël, tuant, violant, torturant, brûlant tout sur leur passage.

Des chercheurs américains ont révélé que, dans le même temps, des traders ont réalisé en quelques jours des milliards de dollars de bénéfice sur les actions israéliennes en misant sur la guerre. Les dirigeants milliardaires du Hamas et leurs amis ont-ils fait de la guerre un instrument financier ? Il serait intéressant de connaître le nom de ceux qui ont profité de ce délit d’initié.

Après le 7 octobre

Le Hamas fêtait sa victoire et promettait de recommencer autant de fois que nécessaire jusqu’à la destruction totale d’Israël. Le traumatisme fut gigantesque. Un instant sidéré par l’ampleur de l’attaque, Israël ne tarda pas à réagir.

L’urgence était de supprimer les terroristes infiltrés qui continuaient à massacrer, de tenter de récupérer les otages et d’éliminer les menaces. Les missiles qui ciblaient les populations civiles des villes d’Israël étaient incessants. Ils le sont toujours. Israël est encore contraint de se défendre simultanément contre le Hamas à Gaza, le Hezbollah au Liban et les attaques provenant également de Syrie et du Yémen.

« Ensemble nous gagnerons… »

En un instant, toutes les divisions ont été oubliées.

La recherche des responsabilités de l’échec remise à plus tard. En moins d’une journée, toute la nation a fait bloc, unie et solidaire. Les drapeaux ont fleuri sur les façades et les voitures, le slogan « ensemble nous gagnerons » a été affiché partout.

« Plus jamais ça » était la promesse d’Israël après la Shoah. La victoire sur les nazis islamistes qui veulent le détruire est la condition de la survie d’Israël.

La « Communauté internationale » après quelques larmes sur les civils israéliens torturés, assassinés, enlevés, s’est empressée de condamner Israël. Encore une fois, l’ONU, la Croix Rouge, Amnesty International et la plupart des ONG ont fait semblant de sangloter sur les Juifs morts mais ont condamné les Juifs qui se défendent, accordant ainsi le droit de tuer aux ennemis d’Israël.

L’épisode du bombardement de l’hôpital Al Shifa est intéressant. Quand un missile a atteint cet hôpital, le Hamas a accusé Israël et annoncé 800 Palestiniens tués. Quand Israël a prouvé que le missile était une erreur de tir des Palestiniens, le nombre de victimes a été réévalué à quelques dizaines. C’est le seul Hamas qui informe du nombre des morts gazaouis, repris sans contrôle par tous les médias. Si on applique le même ratio aux victimes des bombardements israéliens, ne faudrait-il pas diviser par dix le nombre annoncé de victimes ?

La guerre d’Israël est encore une guerre « à qui perd gagne ». Sa riposte militaire entraînera inévitablement une défaite médiatique et diplomatique, le triomphe du vaincu.

Le Hamas a tué la Palestine

Mahmoud Abu Rajab écrit dans sa conclusion ;

« Même si les Juifs du pays ont commencé à mener une vie d’insouciance, ce pogrom est venu les réveiller de leur sommeil et de leurs faux rêves de paix avec le Hamas. Ils reviennent maintenant à l’esprit de résistance et de fermeté qui leur a été inculqué par Jabotinsky et d’autres. Cet esprit du sionisme a commencé à palpiter à nouveau en eux après que beaucoup de Juifs l’ont oublié… ».

Mya, ex-otage: « Nous danserons encore… »

Difficilement mais sûrement Israël se remettra de cette épreuve douloureuse. La résilience reprendra le dessus, elle est déjà en cours, témoin Mya, l’otage libérée qui s’est fait tatouer sur le bras : « Nous danserons encore ».

Mais que deviendra Gaza et sa population actuellement sous l’emprise du Hamas ?

— Israël qui fournit l’eau et l’électricité à Gaza, à son ennemi, se posera forcément la question : pourquoi continuer ?

— Les travailleurs gazaouis étaient nombreux à travailler en Israël. Certains ont participé aux massacres ou ont renseigné les massacreurs. Ils n’auront plus de permis de travail en Israël. Le chômage, déjà important, explosera à Gaza.

— Les pays musulmans, L’Égypte, la Jordanie, les pays du Golfe, ont déjà eu maille à partir avec les Frères Musulmans qui ont tenté d’y prendre le pouvoir. Ils ne les aideront pas ou très peu ; ne lui restera que l’Iran liberticide, fauteur de guerres et de terrorisme.

— L’OLP est en difficulté en Cisjordanie. Elle est prise entre l’hostilité, la rivalité avec le Hamas et ses problèmes de corruption et de terrorisme. Elle ne sera d’aucun secours.

— L’Europe et les États-Unis auront pris conscience que l’objectif du Hamas et des Frères Musulmans n’est pas la Palestine mais la conquête du monde au nom de l’Islam. Ils réfléchiront peut-être enfin, à qui profitent les millions déversés.

Il faut lire Youssef al-Mansi, ancien ministre du Hamas, qui déclare que ses dirigeants actuels sont fous et qu’ils ont ramené le territoire de Gaza 200 ans en arrière. D’après lui la population déteste le Hamas et ses sbires pour l’avoir exposée à la misère et à la guerre pendant que les chefs se mettaient à l’abri à l’étranger ou dans les tunnels.

Écouter encore Lucy Aharish, célèbre journaliste arabe israélienne qui dénonce les atrocités du Hamas, la corruption à Gaza qui opprime sa population, le déni de la réalité et la responsabilité de l’ONU.

On ignore si, à long terme, le Hamas par ses atrocités aura sauvé Israël, mais ce qui est certain c’est qu’il aura assassiné la Palestine. KF♦

Klod Frydman, MABATIM.INFO


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4 commentaires

  1. N’importe quoi. Je donnerais tout et le reste pour que ce massacre innommable n’ait pas eu lieu, pour que nos soldats, qui ont 20 ans, n’aient pas à sacrifier leur vie chaque jour que Dieu fait pour  »minimiser les pertes des populations » si viles.
    Quant à  »assassiner la Palestine », il était temps qu’on lui fasse la peau, non ? La cause palestiniaise, inventée par le KGB, a trompé les gauches du monde entier, en leur faisant croire que l’antisémitisme était l’avenir des peuples opprimés !!! Le Grand Mufti, que son nom soit maudit, a appris de ses amis les nazis comment massacrer les Juifs de Palestine et il a bien failli réussir ! Assassiner la Palestine, non mais je rêve… Il y a longtemps que c’est un vampire, un mort-vivant, et que ce que nous avons de plus urgent, en Israël et dans le monde libre, c’est de jeter son cadavre aux orties, aux poubelles de l’Histoire, et de bannir son fantôme de l’Inconscient collectif ! Cet avatar du nazisme doit être dénoncé comme tel, en français, en anglais, en hébreu et dans toutes les langues de la terre, et que ceux qui se sont lamentés sur le sort cruel des Juifs pendant la shoah sortent de leur hypnose, ce sont les mêmes qui ont fabriqué ce poison mortel, la cause palestinienne d’origine nazie !
    L’auteur de ce texte a utilement rappelé quelques pogroms, une goutte de sang dans un océan de massacres durant 3000 ans, il lui reste à comprendre que la Palestine est le nom d’un mensonge et une peste qui n’a que trop duré !
    La Palestine, c’est elle qui assassine !

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    • Je donnerais moi aussi n’importe quoi pour que ce massacre n’ait jamais eu lieu. Il n’empêche que la situation qui prévalait en Israël avant le 7 octobre était préoccupante. Pour le reste, et j’ai des commentaires par ailleurs, il apparaît que vous n’avez rien compris à cet article.

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      • Je vous donne entièrement raison Claude. Israël était au bord d’une implosion… Ce coup de griffe l’a réveillé et a remis les lignes tordues vers la ligne droite… vers la réalité qu’ils avaient simplement oubliée. Sans ce coup de griffe, c’est tout Israël qui serait détruit Halila. Shabbat shalom.

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        • Le coup de griffe, il est dans l’article, son paragraphe de conclusion, et surtout la dernière phrase : l’auteur ne déplore t-il pas cet  »assassinat de la Palestine » ?
          Comme on dit nous autres en latin, in cauda venenum.

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