La Bible est-elle un instrument de manipulation politique ?

Qu’est-ce que la Bible ?

La Bible est le premier support des religions chrétiennes et certains de ses textes sont très importants pour plusieurs religions (Judaïsme, Islam). Elle contient des récits historiques, des lois, des enseignements moraux, des poèmes et des prophéties. Pour les croyants, elle est considérée comme inspirée par la parole de Dieu et une source d’autorité, de guidance spirituelle.

Historiquement, le pentateuque, le premier ensemble de textes de la Bible, est attribué à Moïse.

Cependant, Spinoza a mis en doute cette attribution, en faisant remarquer que Moïse n’a pas pu décrire sa propre mort qui figure dans le texte.

On notera d’ailleurs qu’aucun texte du pentateuque ne revendique un auteur et ne laisse apparaître aucun auteur écrivant à la première personne. Il est très difficile d’établir l’origine des textes qui compose la Bible. Les spécialistes disent, par exemple pour l’Ancien Testament, qu’il y a eu compilation de traditions orales de différents peuples (Israélites, Mésopotamiens, Égyptiens…) mise par écrit et développée progressivement.

Les textes ont été écrits par de nombreux scribes sur plus de 1 000 ans, ils sont le résultat de sélections et d’augmentations successives, qui créent les textes définitifs des différentes parties. Les scribes n’étaient pas des copistes serviles, mais ont cherché à rendre les textes plus compréhensibles. Finalement, les spécialistes constatent qu’il n’existe pas de source unique et que le pentateuque, par exemple, intègre deux traditions, deux récits différents, ainsi on a deux créations, deux déluges. De nombreux textes ont des versions différentes, avec des versets en plus en moins, voire des ajouts jusqu’à 1/2 page, des corrections. La pluralité de textes montre que les scribes étaient des éditeurs, voire en partie des auteurs.

La Bible face à l’histoire et l’archéologie

L’Ancien Testament contient un certain nombre de récits sur l’histoire des Israélites, il couvre en particulier les épisodes suivants :

  • l’installation d’Abraham en Canaan (vers −2100) ;
  • l’exode d’Égypte sous Moïse (vers −1300) ;
  • la conquête de Canaan sous Josué le successeur de Moïse ;
  • la création d’un grand royaume unifié et prospère sous David et Salomon (−970/−931) ;
  • la séparation en deux royaumes (Israël qui est conquis par les Assyriens en −722, et Juda qui reste indépendant avec notamment un grand roi : Josias −639/−609) ;
  • la conquête de Juda par Nabuchodonosor en −597, la destruction du premier temple de Jérusalem et l’exil à Babylone ;
  • le retour d’exil après la prise de Babylone par le roi perse Cyrus le grand et la construction d’un nouveau temple à Jérusalem en −538…

Cependant, les récits de l’Ancien Testament ne sont pas toujours validés par d’autres sources historiques ou archéologiques. Par exemple :

— Abraham d’après les textes est censé vivre à l’âge du bronze et fréquenter des sites comme Sichem, Béthel, Beersheba… mais ces sites ne contiennent aucune trace datant de cette époque.

— La première mention d’Israël se trouve sur la stèle du Pharaon Mérenptah datée de 1207 av. J.-C.

— La conquête de Canaan ne peut qu’être postérieure à l’époque des Lettres d’Amarna qui ignorent Israël (−1350), et antérieure à la stèle de Mérenptah.

— Les rois David et Salomon auraient vécu autour du Xe siècle av. J.-C., or ni l’un ni l’autre ne figurent dans un texte égyptien ou mésopotamien, et on n’a pas découvert le moindre vestige de constructions de cette époque à Jérusalem.

Finalement, les spécialistes insistent sur le fait que nombre de récits de l’histoire des Israélites dans l’Ancien Testament sont des légendes. Par exemple, l’histoire de Moïse « bébé sauvé des eaux » – c’est ce que ce nom signifie – est copiée de la légende de Sargon roi d’Akkad mort en −2279 ; ou le fait que Moïse selon la tradition serait mort à 120 ans.

Pourquoi a-t-on écrit la Bible ?

Toutes les communautés ont leurs histoires transmises de génération en génération, ce sont souvent des contes populaires incarnant le savoir collectif de peuples primitifs ou préscientifiques en tant qu’héritage culturel. Ces histoires sont des récits largement crus qui ne correspondent pas forcément à la réalité, mais qui du fait de leur partage peuvent mobiliser, fédérer.

Ses histoires remplissent quatre fonctions principales : expliquer l’inexplicable, répondre aux espoirs de la communauté, instruire moralement, distraire.

L’Ancien Testament correspond exactement à ce type d’histoires fédératrices d’une communauté. Une théorie voudrait que Josias ait voulu intégrer les royaumes d’Israël et de Juda (une terre, un peuple, mais 2 royaumes à l’époque) et qu’il ait pour cela fait éditer un livre (le livre de la loi) qui compilait les traditions, récits… des deux royaumes pour mieux les associer.

C’était un projet politique qui n’a pas abouti du fait de la mort de Josias lors de la bataille de Megiddo contre le pharaon Néchao II.

Josias est mort, mais son idée politique de fédérer une communauté autour d’un texte a fait florès au moyen orient et donné naissance à ce que l’on appelle les « religions du livre ». Cependant on notera que de nombreuses religions comme l’hindouisme, les religions proche-orientales antiques où, par extension, certaines religions africaines accordent aussi une importance primordiale à des « textes sacrés » pour une communauté. L’idée de fédérer des personnes autour d’une religion que l’on peut instrumentaliser avec un Dieu créateur du monde et juge des hommes est très efficace pour définir des normes de comportement et ainsi guider/manipuler une communauté.

En conclusion

Je pense que la Bible contient surtout des fables, support de religions instrumentalisées à des fins politiques, mais j’ai conscience que les lignes ci-dessus ne le démontrent pas vraiment. Donc pour ceux qui veulent aller plus loin je conseille de lire mon texte plus complet sur ce sujet intitulé « Propos sur la Bible » que j’ai écrit après une lecture attentive de l’Ancien et du Nouveau Testament : cliquez ici.

Pour finir, savez-vous pourquoi l’apôtre Pierre a-t-il renié Jésus par 3 fois ? C’est qu’il ne lui pardonnait pas d’avoir guéri sa belle-mère ! MB

Michel Bruley, MABATIM.INFO


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4 commentaires

  1. Les critiques s’attachent à des détails mais pas au fond, la bible a-t-elle été créée dans un objectif politique de mobilisation d’une communauté.

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  2. D’après mon information, les égyptiens au temps des pharaons étaient les rois des Fake News. Alors prendre leurs inscriptions comme référence historique me paraît aussi incongru que vos conclusions sur la véracité du texte biblique.

    La langue hébraïque, avec un nombre de racines limité, se prête aisément aux interprétations, du fait des homonymes et des anagrammes possibles. D’après la multitude de travaux et d’études réalisées depuis une trentaine de siècles, il ressort que la culture hébraïque a cerné à peu près correctement la validité et l’intérêt du texte biblique.

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  3. Désolée – il y a beaucoup d’erreurs dans votre article : à commencer par Moïse. Je vous conseille de lire mon érude : Le canular de l’invention du peuple juif – Vous y trouverez une chronologie plus fiable

         La conviction ancienne, en quelque sorte précritique, considère que les cinq premiers livres de la Bible (Le Pentateuque ou la Torah) avaient eu Moïse pour auteur : On remonte ainsi aux origines d’Israël, aux temps de la sortie d’Égypte (XIIIe-XIIe s. av.) Les autres livres bibliques sont alors datés en fonction de leurs supposés auteurs. On connaît là-dessus un passage du Talmud de Babylone, dans le traité Baba Batra aux pages 14b et 15a :

         « Qui a rédigé les Écritures ? Moïse a rédigé son livre, la Paracha de Balaam (Nb 22) et Job. Josué a rédigé le livre qui porte son nom et les huit [derniers] versets de la Torah. Samuel a rédigé le livre qui porte son nom, ainsi que le livre des Juges et Ruth. David a rédigé le livre des Psaumes en y incluant les œuvres des Anciens, à savoir : Adam, Melkisédek, Abraham, Moïse, Heyman, Yédotoun, Assaf, et les trois fils de Corée. Jérémie a rédigé le livre qui porte son nom, le livre des Rois et Lamentations.

         Ezéchias et son tribunal ont rédigé Isaïe, Proverbes, Cantique des cantiques et le Qohelet. Les hommes de la Grande Assemblée ont rédigé Ézéchiel, les Douze petits prophètes, Daniel et le rouleau d’Esther. Esdras a rédigé le livre qui porte son nom et les généalogies du livre des Chroniques jusqu’à sa propre époque. Ceci confirme l’opinion de Rab, ainsi que Rab Juda l’a rapportée au nom de Rab : Esdras n’a pas quitté Babylone pour Erets Israël avant d’avoir rédigé sa propre généalogie. Qui donc a terminé ? Néhémie fils de Hacaliah.

         « Le Maître a dit : Josué a rédigé le livre qui porte son nom et les huit derniers versets de la Torah. Cette affirmation est en accord avec l’autorité qui affirme que huit versets de la Torah ont été rédigés par Josué, comme il est dit : Moïse, serviteur de l’Éternel, mourut là (Dt 34,5). Est-il possible que Moïse après sa mort ait écrit les mots « Moïse mourut là » ? La vérité est en fait que Moïse a rédigé jusqu’à ce point, et qu’à partir de là, Josué avait continué et avait rédigé. Tel est l’avis de R. Yehuda ou, selon d’autres, de R. Nehemiah. (…)

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  4. Au musée, la « Maison de David »
    Une amie me dit, dans une conversation (sur l’origine des écritures alphabétiques dès les signes protosinaïtiques) que le royaume de David n’a pas existé, qu’il n’y a pas de témoignage archéologique en témoignant ! J’ai eu difficile d’avaler. Je lui ai promis un courriel, qui est devenu un texte que je tente toujours de raccourcir…
    Je me limite ici au roi David en visitant des musées. Israël n’a pas comme souvent ailleurs fait des monuments à l’honneur de… Les témoignages sont souvent indirects.
    Menachem Wecker, le 20 décembre 2014, nous emmène à New York, au « MET » (The Metropolitain Museum of Art – http://www.metmuseum.org). Faiblement éclairée, la pierre – ou la stèle – qui ne semble pas particulièrement intéressante, tout surtout si on la compare aux sphinx, aux bijoux et aux chaudrons nettement plus somptueux que l’on peut voir dans la même salle.Dans un message Twitter, la chroniqueuse d’art Lee Rosenbaum a décrit la pierre de 33 sur 40 cm datant de 830 avant JC, comme très « modeste ». « Il ne fait aucun doute qu’il s’agit d’un des objets les plus importants jamais trouvés en relation avec la Bible » a écrit Eran Arie, conservateur des périodes israélites et persanes au Musée d’Israël, pour le catalogue de l’exposition.
    Comme on peut s’y attendre avec une pierre datant de près de trois millénaires, il manque des morceaux. L’inscription a été traduite par le professeur français André Lemaire, épigraphiste à l’Ecole des Hautes Études de Paris : « … j’ai tué Achaz-Yahu, fils de Joram, roi de la Maison de David ». La traduction des 13 lignes du texte est pleine d’ellipses et d’additions entre crochets. Il est clair que le roi Hazael d’Aram-Tsova se vante d’avoir tué 70 rois, y compris celui d’Israël de la « Maison de David ». Le chiffre 70, cela veut dire « beaucoup », il est exagéré, même si Hazael avait effectivement la réputation d’être sans pitié. Les trous dans la pierre n’obstruent ni ne cachent l’inscription “BeiT DaViD”, ou « Maison de David ».
    Selon Spar, les spécialistes et les historiens de la Bible sont presque unanimes par rapport à ces lettres qui signifient « Maison de David ». « S’il est clair que David était le roi d’Israël, la preuve archéologique quant à l’étendue de son royaume reste incertaine », explique-t-il.
    Les autres monarques mentionnés sur la stèle de Tel Dan figurent bien dans la généalogie biblique. Ce document constitue la plus ancienne référence extra-biblique au roi David. Depuis cette découverte, l’ancien royaume de David revendique désormais sa réalité historique.
    Dans le catalogue de l’exposition du Met, Eran Arie du Musée d’Israël a écrit que l’évocation de David sur cette pierre, quelques 150 ans après son règne, équivaut à une « indication claire que la «Maison de David » était connue dans la région et que la réputation du roi n’était pas une invention littéraire d’une période plus tardive. Ceci, a-t-il ajouté, « valide clairement la description biblique d’une figure nommée David appelée à devenir le fondateur de la dynastie royale de Yehuda (Juda), à Jérusalem. »
    La journaliste et guide de la vieille ville de Jérusalem Laly Derai nous conduit sur les traces du roi David : Au cours de son histoire, Jérusalem fut détruite deux fois, 23 fois assiégée, attaquée 52 fois et prise et reprise 44 fois.Les découvertes concernant le palais du roi David ne se situent pas dans la Jérusalem actuelle, ni dans la nouvelle ville des quartiers ouest, ni même dans ce qu’on appelle la Vieille Ville et qui est
    sertie de remparts, mais plutôt la Cité de David située au sud du mont du Temple, à l’extérieur des remparts.
    « Jérusalem, des montagnes l’entourent », écrit David dans ses Psaumes. Or, le seul endroit bordé de montagnes est précisément la Cité de David, entourée par le mont Moriah au nord, le mont des Oliviers à l’est, le mont Sion à l’ouest et les plateaux d’Abou Tor et d’Armon Hanatsiv au sud.
    Les premières fouilles dans ce qui est devenu aujourd’hui le  » Parc national de la cité de David  » datent du 19e siècle mais ces dernières années, la Cité de David est devenue une véritable mine de découvertes archéologiques qui nous font remonter quelque 3 000 ans en arrière, au temps du roi David. C’est à quelques dizaines de mètres du Kotel (mur des lamentations), que tout a commencé…
    Le second livre de Samuel évoque la prise de Jérusalem. La ville est alors une simple bourgade implantée sur des collines arides. Elle était occupée par le peuple Jébusien (une tribu cananéenne),
    La prise de la ville est évoquée brièvement par un seul verset au contenu peu explicite (2 Sam. 5,7-8) : « David s’empara de la forteresse de Sion, qui est la cité de David. Et David dit en ce jour- là : Quiconque veut frapper le Jébusien, qu’il atteigne le canal ».
    Ainsi, le 4 octobre 1867, un capitaine britannique, Charles Warren, membre de la seconde délégation du Fonds britannique dédié aux recherches sur la Palestine (PEF), visite la source du Gihon, le principal point d’eau alimentant Jérusalem. Cette source est l’une des plus abondantes des monts de Judée et approvisionnait toute la région. Or durant cette visite, Warren est intrigué par un trou, partiellement bouché, qui s’ouvre dans le plafond naturel d’une excavation de rochers. Il découvre une quinzaine de mètres plus haut une longue galerie de 28 mètres se dirigeant vers l’ouest. Elle débouche sur une salle voûtée dont le sol est jonché de poteries… Les habitants de la Cité de David auraient donc emprunté cette galerie souterraine pour atteindre l’entrée du puits d’où ils puisaient l’eau sans craindre d’être vus par les sentinelles des armées ennemies. Mais Warren va plus loin encore dans le temps puisqu’il affirme que ce canal est celui dont le roi David parle lorsqu’il lança son fameux défi durant la conquête de Jérusalem (II Samuel 5,7-8) : ‘ Quiconque veut frapper le Jébusite doit atteindre le canal ! ‘ . Imaginez un moment les soldats de David, torches et épées à la main, en train de marcher courbés dans ce tunnel pour atteindre la ville fortifiée et la conquérir de l’intérieur.
    Ce n’est que récemment qu’ont été mis à jour les dix derniers mètres de ce dédale. En 1995, des travaux d’aménagement en vue de rendre la galerie plus facilement accessible, révélèrent par hasard un nouveau passage inconnu. Les chercheurs Ronny Reich et Eli Shukron, du service des Antiquités d’Israël, explorèrent un tunnel, en pente très douce long de 533 mètres, sous la vieille ville. Son accès extérieur était, jadis, protégé par une tour de défense dont les vestiges furent découverts à cette occasion. Des céramiques trouvées dans ce tunnel ont permis d’établir qu’il date de bien avant l’époque du roi David, soit environ 1 800 années avant notre ère. Le long d’un parcours d’une quarantaine de minutes. Sur l’un des murs, une plaque commémorative reproduit l’inscription originale de l’époque. Cette plaque se trouve dans un musée de Turquie – relate en hébreu le jour mémorable où les foreurs se sont rejoints. L’inscription raconte l’histoire de la percée du tunnel et, particulièrement, la fin du forage mais bizarrement, on ne trouve aucune date ni titulature royale. Il est donc difficile de situer ce texte à part les données de la critique externe. En revanche, la Bible nous permet de situer cet événement de façon historique par trois occurrences bibliques:
    « Le reste des actes d’Ezéchias, toute sa vaillance, et comment il fit le bassin et l’aqueduc, et amena l’eau dans la ville, cela est écrit dans le livre des Chroniques des rois de Juda. » (2 Rois 20:20)
    « Ce fut aussi lui, Ezéchias, qui boucha la sortie supérieure des eaux de Guihôn et les dirigea en bas vers l’ouest de la cité de David. » (2 Chroniques 32:30)
    « Vous voyez les brèches nombreuses faites à la ville de David, vous faites provisions d’eau dans le bassin inférieur, vous comptez les maisons de Jérusalem et vous abattez les maisons pour fortifier la muraille. Vous faites un réservoir entre les deux murs, pour les eaux de l’ancien bassin. » (Esaie 22:9-11)
    Par les références bibliques, nous savons que ce grand tunnel est l’œuvre d’Ezéchias (vers la fin du VIIIe siècle av. J.-C.). La Bible a aidé à situer historiquement cette découverte archéologique et à identifier l’inscription.
    Lorsqu’en 701 avant notre ère, Jérusalem tente de se défendre face à au roi Sennachérib et à l’armée assyrienne qui approchent, le roi Ézéchias décide de protéger la source du Gihon en détournant ses eaux vers l’intérieur de la ville à l’aide d’un impressionnant système de tunnels et de petits canaux aquifères.
    http://www.louvrebible.org (copie) AO 1310 Non exposé
    Mais revenons à la Cité de David. Quelle était l’importance des fortifications ?
    Les Écritures nous parlent d’un bâtiment construit par David : « Hiram, roi de Tyr, envoya une députation à David avec du bois de cèdre, des charpentiers et des maçons, qui bâtirent une maison pour David », (II Samuel 5, 11).
    Les fouilles conduites à l’intérieur du périmètre de la cité de David en 1978 par le professeur israélien Yigal Shiloh, de l’Université Hébraïque de Jérusalem, ne révélèrent aucun vestige susceptible de s ‘apparenter à un palais antique.
    Quelques versets plus loin (5, 17-18), le livre de Samuel nous raconte la réaction de David lorsque
    la guerre avec les Philistins s’étendit jusqu’à Émek Réfaïm (le nom d’un quartier actuel de Jérusalem situé justement au sud-ouest de la Cité de David) : « Les Philistins, ayant su que David avait été oint comme roi d’Israël, montèrent tous pour chercher à le prendre ; David l’apprit et descendit vers la forteresse ».
    D’où David descendit-il ? la jeune archéologue israélienne Ayélet Mazar expliqua ce terme au sens simple et supposa que David quitta sa maison et descendit vers la forteresse.
    Un autre indice, fourni par d’anciennes fouilles, conduites dans les années 1960 par l’archéologue britannique Kathleen Kenyon. Sur le flan nord-est de la colline où la cité jébuséenne était bâtie, elle avait dégagé un important mur de soutènement, curieusement assemblé en forme d’escalier. Cette structure devait logiquement soutenir un monument important ayant justifié sa construction. Mais l’élément le plus déterminant fut la conversation qu’elle eut avec son grand-père en 1995, l’archéologue Benjamin Mazar. Ayélet Mazar est née d’une famille d’archéologues et avait étudié l’architecture phénicienne avant de se lancer sur les fouilles de l’ancienne Jérusalem. Son grand- père lui révéla que Kathleen Kenyon avait, au pied de ce mur en escalier, trouvé un volumineux chapiteau de colonne d’un mètre cinquante de long sculpté avec des motifs d’ornements enroulés en spirale caractéristique des constructions de l’ancienne Phénicie. L’indice d’une origine phénicienne permettait de faire le lien avec l’Ancien Testament, du fait que le palais biblique de David aurait précisément été l’oeuvre du Phénicien Hiram de Tyr.
    Aussi, Ayélet Mazar a conclut que la maison de David se trouvait en hauteur. En 2005 elle révèle la présence d’un édifice qu’elle surnomma  »le bâtiment aux grandes pierres », du nom de sa principale caractéristique : la présence de pierres énormes formant un mur colossal s’élevant sur six niveaux successifs et d’une largeur de 2,5 mètres.
    Les découvertes archéologiques sur le site ont permis à Ayélet Mazar de le dater du 10e siècle avant notre ère, l’époque de David et de son fils Salomon.
    Le  » bâtiment aux grandes pierres  » servit les Rois d’Israël jusqu’en l’an -586, date à laquelle le roi
    babylonien Nabuchodonosor détruisit le premier temple. Or, voilà que parmi les vestiges découverts dans ce secteur, Ayélet Mazar trouve une  » bulle  », une empreinte en argile laissée par un sceau portant le nom de l’un des principaux ministres du dernier roi de Yéhouda (Juda), Tsidkiyahou Sédécias. Le nom de ce ministre : Yehoukal ben Chlémiya Ben Chévi. Dans le Livre de Jérémie (37, 3), le texte nous décrit comment le roi envoya son fidèle ministre pour implorer le prophète de prier pour que Le Seigneur délivre son peuple des mains des Babyloniens.
    Des fouilles massives ont été entreprises par l’organisation  » Elad  » et l’Autorité nationale des Antiquités sur le site de la Cité de David. Les archéologues ont, mis à jour la piscine du Siloé, un gigantesque bassin dans laquelle les  » Olim La Réguel  » de l’époque biblique – les pèlerins se rendant à Jérusalem aux trois fêtes de Pessa’h, Chavouot et Souccot au temps du Second Temple de Jérusalem – se purifiaient avant de monter, toujours à pied, au Bet-Hamikdach. Or, tout près de ce bassin, les archéologues ont mis à jour une large rue menant directement au mont du Temple que les pèlerins empruntaient pour se rendre tout droit devant les entrées du Temple pour procéder ensuite aux sacrifices.
    Mais alors, Ayélet Mazar répond en livrant son hypothèse à propos de l’emplacement du palais. Dans un article paru en 1997 dans la revue Biblical Archaeology Review, Ayélet Mazar affirme que le peuple juif a ses origines dans cette ville : « Si certains considèrent comme trop spéculative l’hypothèse que je vais exposer dans cet article », écrivait-elle « ma réponse sera tout simplement : «Mettons-la à l’épreuve de la manière dont les archéologues vérifient leurs théories : par des fouilles ». C’est exactement ce qu’elle fit Ayélet Mazar début 2005, avec le soutien du Centre Shalem de Jérusalem, la Fondation de la Ville de David et l’Université hébraïque, et, elle a marqué un point. La découverte d’Ayélet Mazar est remarquable: une section de mur massif, qui court sur environ 30 mètres, d’ouest en est, avant de tourner à angle droit vers le sud. Ces traces de construction témoignent de l’existence d’un bâtiment de très grande dimension. Le bâtiment est placé directement sur le lit de la roche, le long de la façade nord de la ville, sans aucune strate archéologique sous-jacente. Ce qui indique que la structure, édifiée deux millénaires après la
    fondation de la ville, constituait une nouvelle expansion vers le nord des limites de la ville, conformément à ce que décrivent les textes bibliques, au sommet même de la montagne, une construction qui peut être le palais, dont parle 2 Samuel 5, 17 (voir aussi 2 Samuel 21, 15).
    Ces découvertes confirment, de manière étonnante, la théorie de Ayélet Mazar. L’endroit, la taille, le type et l’âge du bâtiment coïncident entièrement avec la description des textes. D’ailleurs, aucune autre découverte ne vient infirmer cette hypothèse. De plus, le bâtiment s’inscrit dans une époque antique où de telles constructions étaient extrêmement rares, et constituaient la plus grande sorte d’ouvrages publics.
    En outre, même si nous inclinons à admettre que de futures découvertes éventuelles puissent amener à une conclusion différente, il n’y a aucune raison de ne pas voir dans cette construction le palais de David. Le texte biblique décrit en détail l’édification, par David, d’un palais de type phénicien sur une montagne particulière, vers la fin du XIe et le début du Xe siècle avant J-C.
    C’est un édifice impressionnant, de type phénicien, situé sur le sommet de cette même montagne, localisé à l’aide du texte biblique et de découvertes archéologiques antérieures. (et il n’y a pas de construction antérieure sous l’édifice, c’est moi qui souligne)
    (D’après © Azure Mis en ligne le 09 décembre 2005, par M. Macina, sur le site upjf.org)
    Réaction agacée de l’archéologue réputé, Israël Finkelstein, auteur du best-seller, « La Bible dévoilée », qui relativise la portée de cette découverte. Un média rapporte l’extrait suivant de sa déclaration à l’AFP à ce sujet: « «Des dizaines d’empreintes de sceaux de l’époque ont déjà été découvertes, certaines s’avérant être des faux», rappelant que le musée du Louvre dispose de deux sceaux authentiques de Judée remontant à plus d’un siècle avant Sédécias. «Une telle découverte présente un intérêt mais elle ne bouleverse pas nos idées sur le royaume de Sédécias, dont l’archéologie a déjà prouvé l’existence, confirmant le récit biblique», a-t-il ajouté. En réalité, Finkestein prétend prouver par l’archéologie que les royaumes de David et de Salomon étaient de minuscules principautés, et que la chronologie ancienne que la Bible leur assigne est légendaire. (Menahem Macina, chercheur et auteur français à l’Université hébraïque de Jérusalem).
    La science archéologique et la foi en la Bible sont souvent analysées en terme de paradoxe. Croire en la Bible relèverait d’un obscurantisme moyenâgeux impossible pour un intellectuel. La croyance en la Bible continuerait d’exister tant que la science n’aurait pas éclairé tous les points noirs du livre sacré. Ainsi les progrès de la Science (Archéologique ici) seraient inversement proportionnels à l’extinction de la croyance au livre sacré (Foi en la Bible).
    Je dois renoncer à poursuivre car il me reste une cinquantaine de pages en réponse à cette discussion. Ce qui me frappe c’est le nombre de témoignages qui sont négligés au profit du domaine d’idéologie personnelle.
    Christian Rayet

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