L’Europe veut sauver le soldat Hamas

Par Yves Mamou,
[24 mai 2025]

ISRAËL, INSTRUMENT DE LA RIVALITÉ ENTRE L’EUROPE ET LES ÉTATS-UNIS

C’est au moment où les manifestations anti-Hamas s’intensifient à Gaza que les dirigeants européens réactivent l’accusation de génocide contre Israël.« La souffrance de la population est intenable », dit Kaja Kallas, vice-présidente de la Commission européenne.

Et au nom de la « souffrance » des Palestiniens, la France, le Royaume-Uni et le Canada se font soudain menaçants. Si Israël ne met pas fin à son offensive finale contre le Hamas, ces trois pays « prendront de nouvelles mesures concrètes ». Emmanuel Macron veut pousser à une révision des accords de coopération entre l’Union européenne et Israël. Le ministre britannique des Affaires étrangères, David Lammy, a annoncé que Londres mettrait fin aux négociations sur un nouvel accord commercial avec Israël et imposerait des sanctions à trois « colons » israéliens accusés d’incitation à la violence en Judée-Samarie.

En France, certains juifs de cour (la « rabbine » Delphine Horvilleur, le chercheur Marc Knobel, l’ex-star de TF1 Anne Sinclair, le dessinateur Johan Sfar) ont pris ostensiblement – c’est-à-dire médiatiquement – leurs distances avec l’État d’Israël.

L’offensive est lancée. Elle apparaît coordonnée. Il faut sauver la peau du soldat Hamas.

L’agence Bloomberg vient de confirmer l’opération en dévoilant que Macron et Ben Salmane ont imaginé, dans le cadre de la conférence qu’ils organisent en juin pour relancer la « solution à deux États », qu’un Hamas « démilitarisé » pourrait demeurer à Gaza et continuer d’exister « politiquement ».

GAZA, PIÈGE À JUIFS

L’idée saugrenue de « sauver le Hamas » s’inscrit dans la logique du piège de Gaza, un piège qui consiste à transformer l’agresseur en victime. Ce piège a été décrit à de multiples reprises :

– une milice terroriste a envahi le sud de l’État d’Israël, a tué 1200 personnes, a pris en otage des centaines d’Israéliens, les a emprisonnés dans un labyrinthe souterrain qui sillonne toute la partie habitée de la bande de Gaza.

– Ces 600 kilomètres de tunnels ont été construits sous les immeubles d’habitation, sous les hôpitaux, sous les écoles et sous les mosquées. Ils n’ont pas été conçus pour abriter la population, mais pour protéger les combattants.

– La population, elle, demeure en surface, offerte aux coups d’un ennemi israélien qui cherche tout à la fois à récupérer ses otages et à détruire la milice terroriste.

Au premier jour, ces tunnels ont révélé leur fonction essentielle :

Demander aux médias occidentaux de faire croire aux populations occidentales que deux millions de Gazaouis désarmés sont devenus la cible d’une soldatesque juive déchaînée.

Formatés à la pensée binaire – victimes/bourreaux –, les journalistes occidentaux ont obtempéré.

Ils ont aussi repris les chiffres des décès du « ministère de la Santé » du Hamas : vingt mille morts, trente mille morts, quarante mille morts… Peu importe que plusieurs centres de recherche aient démontré que les chiffres de ce pseudo-ministère étaient truqués. Imperturbablement, les médias ont continué de les seriner.

Les tunnels et les « Gazaouis innocents » sont ainsi devenus le battement de cœur d’une accusation quotidienne de « génocide » lancée contre Israël par l’Afrique du Sud, par l’ONU, par les réseaux sociaux… et par le Hamas.

La victime n’était plus le juif attaqué sur son territoire, assassiné et séquestré dans les tunnels, mais la population arabe de Gaza qui a accepté d’être violentée pour rendre service au Hamas.

Ce dispositif a immédiatement mobilisé la gauche occidentale en faveur du Hamas.

Comment la gauche démocrate américaine a voulu sauver le Hamas.

L’administration Biden a été aussi surprise qu’Israël par l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023. Dans un premier temps, Washington a protégé Israël d’un conflit qui menaçait de s’ouvrir sur plusieurs fronts (Syrie, Hezbollah, Iran…). « Don’t », a dit Biden au Hezbollah et à Téhéran. Et deux porte-avions ont été dépêchés en Méditerranée.

Mais au fur et à mesure de l’allongement des combats, au fur et à mesure de la victimisation de la population arabe de Gaza, au fur et à mesure d’une montée en puissance de l’accusation de « génocide », l’administration américaine a exercé une pression croissante en vue d’obtenir un cessez-le-feu.

Dans une interview fleuve donnée en janvier 2025 au New York Times – un entretien où le mot « cessez-le-feu » est répété huit fois –, Anthony Blinken, ex-secrétaire d’État, a expliqué comment il a tenté de sauver la peau du soldat Hamas.

– La première fois en obligeant Tsahal à laisser entrer à Gaza d’immenses convois d’aide alimentaire dont le Hamas s’emparait aussitôt. Le contrôle de l’approvisionnement conservait au Hamas le contrôle de la population.

– Et la seconde fois, en menaçant de bloquer le voyage de Joe Biden en Israël et en restreignant l’accès aux armes et aux munitions.

Aujourd’hui, les conservateurs sont au pouvoir à Washington, c’est au tour des Européens progressistes de sauver la peau du Hamas.

Pourquoi la gauche européenne veut-elle sauver la peau du Hamas ?

  • Hypothèse métaphysique : pour se débarrasser de la culpabilité du génocide nazi. Laisser accuser (faussement) Israël de génocide présente un avantage monumental pour les Européens : les juifs et les chrétiens progressistes sont à égalité. Les Européens ont génocidé les Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale et les Juifs génocident les Palestiniens… Tout le monde peut génocider tout le monde, et ces juifs nazis ne méritent pas que l’on prenne des gants avec eux. La culpabilité se fait soudain moins lourde.
  • Hypothèse géostratégique : pour se démarquer des États-Unis qui sont aujourd’hui considérés comme un (quasi) ennemi. Au moment même où l’administration Trump a fait de la lutte contre l’antisémitisme (antisionisme) un outil de reconquête de l’enseignement supérieur, l’Union européenne, elle, s’arrime au Palestinisme qui fait du juif israélien un colon.

Le clivage qui court au sein du monde occidental entre mondialistes-progressistes-en-voie-d’islamisation d’une part et nationalistes-défenseurs-de-leur-culture-nationale d’autre part achoppe aujourd’hui sur les juifs. Ou plutôt sur Israël.

  • Les nationalistes MAGA reconnaissent à Israël le droit de se défendre en tant qu’il est l’État-nation du peuple juif ; les islamo-mondialistes européens, eux, considèrent qu’Israël est le dernier vestige du colonialisme européen. La guerre de Gaza cristallise la guerre que l’Occident chrétien livre contre lui-même.
  • – Hypothèse idéologique (corollaire de l’hypothèse métaphysique) : pour sauver le Palestinisme. Donald Trump avait proposé de transformer Gaza en Riviera sans « Palestiniens ».

/… YM

Lire la suite sur Yves Mamou Décryptages


En savoir plus sur MABATIM.INFO

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

4 commentaires

  1.  « certains juifs de cour (la « rabbine » Delphine Horvilleur, le chercheur Marc Knobel, l’ex-star de TF1 Anne Sinclair, le dessinateur Johan Sfaront pris ostensiblement – c’est-à-dire médiatiquement – leurs distances avec l’État d’Israël. » qualification déplorable ; c’est l’artisan d’Israel laboratoire de Pfizer qui a toutes les chances d’être un juif de cour. Vous êtes à l’ouest.

    J’aime

    • De quel « artisan d’Israel » parlez vous? De que laboratoire Pfizer » s agit-il? Comprends pas mais je reconnais que il pourrait m’arriver d’être à l’ouest.

      J’aime

  2. Il est toujours utile de rappeler l’alliance fondamentale (et non pas de circonstance) entre Hitler et le mufti Mohammed Amin al-Husseini : le palestinisme et l’islamisme (le décolonialisme, l’indigénisme etc) sont intrinsèquement nazis. En cas de victoire du 3ème Reich, Hitler souhaitait d’ailleurs instaurer un nouvel ordre où le rôle des femmes serait proche de celui prôné par les fondamentalistes musulmans.: les similitudes entre Nazisme et islamisme sont extrêmement profondes, sur le fond et la forme. Or l’extrême-droite nazie moderne dérive essentiellement de Mohammed Amin al-Husseini, et ayant changé de visage, elle est parvenue à conquérir une assez large partie du monde (y compris toute l’Europe de l’ouest qui a ainsi signé son propre arrêt de mort, au sens littéral du terme) en se faisant passer pour le camp des opprimés. Comment expliquer une telle inversion du réel et un tel niveau (sans précédent) de propagande ? Plusieurs auteurs avaient anticipé cela : par exemple Vladimir Jankélévitch dont la fameuse formule « L’antisionisme est une incroyable aubaine car il nous donne la permission _ et même le droit, et même le devoir _ d’être antisémite au nom de la démocratie ! L’antisionisme est l’antisémitisme justifié, mis enfin à la portée de tous. Il est la permission d’être démocratiquement antisémite » était visionnaire. La novlangue imaginée par George Orwell dans « 1984 », cette création d’un anti-langage représentant le plus efficace moyen d’instaurer un totalitarisme total en anéantissant la faculté de penser et en inversant le sens des mots et des valeurs (« La guerre c’est la paix/ La liberté c’est l’esclavage/ L’ignorance c’est la force »), est devenu une réalité et la norme dans une grande partie du monde (*). La novlangue est le langage (ou l’antilangage) des Islamistes, des Indigénistes/décoloniaux/wokistes et des Européistes. Et c’est par conséquent le langage du palestinisme : le « viol des foules par la propagande politique » (selon la formule de Serge Tchakhotine) utilisé 24 heures sur 24 pour justifier la haine antisémite et les pires actes de barbarie , criminaliser les victimes et victimiser les bourreaux. Jankélévitch et Orwell avaient anticipé ce que serait le monde futur, et leur futur est notre présent.

    (*) Les « articles » du Monde, Liberation, le Temps, du Washington post ou The Guardian ne sont pas rédigés en novlangue ou en newspeak. De même que les discours d’Emmanuel Macron.

    J’aime

Répondre à Sylvain Annuler la réponse.