
Par Yves Mamou,
[8août 2025]
La « société civile » pourrait avoir fini de nuire Les organisations non gouvernementales (ONG) sont aujourd’hui sur la sellette. Les crédits leur sont coupés.
Licenciements en série
Une enquête menée dans 160 pays par le Conseil international des agences bénévoles (ICVA) a révélé que 54 % des ONG humanitaires opérant dans 150 États ont dû licencier du personnel après le démantèlement de l’USAID.
L’USAID, l’agence qui distribuait l’aide au développement du gouvernement fédéral américain, a fermé boutique : les 35 milliards de dollars distribués en 2024 ont été réintégrés dans le budget fédéral en 2025, et les 10 000 salariés de l’Agence ont presque tous été licenciés.
International Rescue Committee (IRC), dont le budget a été réduit de 650 millions de dollars, a licencié plusieurs millier s de personnes ; Mercy Corps qui tirait 26 % de ses financements de l’USAID, a licencié les deux tiers de ses effectifs affectés à des programmes étrangers ; Save the Children a licencié 2 300 personnes et a fermé ses bureaux dans cinq pays ; Amref Health Africa a perdu 30 millions de dollars, a licencié 692 personnes et arrêté plus de vingt programmes ; Danish Refugee Council a licencié 2 000 salariés en raison d’un budget en baisse de 70 millions de dollars ; World Vision a licencié 3 000 salariés ; Norwegian People’s Aid a licencié plus de 1 700 employés ; Catholic Relief Services s’apprête à licencier jusqu’à 50 % de son personnel mondial, ce qui affectera le travail dans 120 pays ; FHI 360 a licencié 700 employés.
Etc.
Le démantèlement de l’USAID n’a rien eu d’isolé
– Les 15,3 milliards de livres sterling (17,6 milliards d’euros) que la Grande-Bretagne a consacrés à l’aide au développement en 2023 (0,58 % du PIB) devraient chuter à 9,2 milliards de livres sterling (10,5 milliards d’euros) en 2027.
– En France, le projet de budget 2025 envisageait déjà un recul de 34 % des crédits affectés aux pays pauvres.
– Aux Pays-Bas, les coupes budgétaires totaliseront 2,4 milliards d’euros d’ici 2027.
– Le 16 avril 2025, l’OCDE a révélé qu’après cinq années consécutives de hausse, le montant de l’aide au développement a baissé en 2024 de 7,1 % par rapport à 2023. On n’ose imaginer le chiffre de 2025.
Grandeur et décadence des ONG
L’aide au développement est une curiosité budgétaire propre aux pays occidentaux.
La Chine ne dépense pas un yuan pour le tiers-monde, ni la Russie un kopeck, sans parler des pays arabes producteurs de pétrole.
– L’aide au développement est en réalité une survivance de la guerre froide. L’USAID aux États-Unis et le ministère de la Coopération en France ont été institués en 1961. Le Ministry of Overseas Development en Grande-Bretagne a été établi en 1964.
Au début des années 1960, les ONG étaient quasiment inexistantes.
– Les French Doctors ont surgi les premiers sur la scène audiovisuelle à l’occasion de la guerre du Biafra en 1967. Les famines et conflits en Afrique et en Asie ont incité les ONG humanitaires à proliférer. Et les États et autres bailleurs internationaux (ONU, Banque mondiale, États…) ont alors trouvé commode de déléguer budgets et missions aux ONG.
À la chute du Mur de Berlin en 1989, l’establishment libéral américain a considéré les ONG comme un excellent outil de soft power.
Cette « société civile » allait aider au façonnage d’un nouveau monde « post-westphalien » : affaiblissement des souverainetés nationales, renforcement des sociétés civiles par rapport aux États, effacement relatif des frontières par la mondialisation, multiplication des échanges, multilatéralisme échevelé, droits de l’homme et tutti quanti…
L’expérience s’est révélée si efficace qu’en 1997, Jessica Mathews, chercheur, a soutenu dans Foreign Affairs que les ONG avaient inauguré un « Power Shift », un transfert de pouvoir des États en direction de la société civile.
L’adoption de la Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel (1992) ou l’adoption d’une Convention des Nations unies contre la corruption (2003) ont été les meilleurs exemples de cette capacité des ONG à remodeler le paysage diplomatique.
L’aventure morale est aujourd’hui terminée !
Le vent a tourné. Dans un article très récent du même Foreign Affairs, Sarah Bush et Jennifer Hadden, deux universitaires, ont affirmé que « l’Ere des ONG est terminée ». Finis les budgets en hausse continue d’Amnesty International, Greenpeace ou Oxfam. Et finie aussi la hausse continue du nombre d’ONG internationales (+42 % entre 1990 et 2000).
Foreign Affairs affirme que plus de 130 pays à travers le monde ont restreint les activités des ONG.
Trois faisceaux de raisons justifient la mise au régime sec des ONG : des raisons budgétaires, des raisons idéologiques et des raisons éthiques :

…/… YM♦
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Les 3 ONG que vous citez occupaient les entrées des gares et les lieux de passages pour enrôler des donateurs réguliers et transmettre leurs propagandes.
Depuis le coup de torchon de Don, les ONG haineuses et métastasiques ont disparu du paysage urbain.
Les lascars que l’on voyait n’appartenaient pas directement à ces ONG. Ils étaient embauchés par ANPE et ces mercenaires tout sourire visaient sous couvert de récolter des fonds légers mais réguliers, de rendre acceptables ces officines. Les mêmes jeunes enthousiastes militaient donc pour amnsety, medecins immondes ou oxam selon les opportunités des embauches.
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