Israël : Accords « Majeurs », Harmonies Mineures…

Par Serge Siksik,
[Tel Aviv, 15 septembre 2025]

Les accords d’Abraham entre Bahreïn, Israël et les Émirats arabes unis (Washington septembre 2020)

Lorsqu’un régime éduque ses masses à haïr, aucun traité signé ne peut désapprendre cette haine. »

Ces mots d’Hannah Arendt éclairent crûment la réalité. Tandis que leurs dirigeants simulent l’apaisement, nombre de peuples arabes abreuvés dès l’enfance de discours antijuifs, abhorrent Israël.

Une hostilité consubstantielle
ne s’efface pas d’un trait de plume.

La récente menace de rompre ces « accords » si Israël reprenait pleinement la Judée-Samarie, terre historique du peuple juif, occupée en 1948 par la Transjordanie, annexée en 1949 sous le nom falsifié de « Cisjordanie » et libérée en 1967 par Israël, doit nous réveiller !

La lucidité doit prévaloir sur l’ivresse diplomatique.

Les Accords d’Abraham ne sont qu’un trompe-l’œil pour naïfs en quête de paix low cost dans un désert brûlant de rancunes. Ils sont censés briser un tabou en ouvrant un dialogue entre Israël et les monarchies du Golfe : coopérations économiques, technologiques, agricoles, militaires, etc.

Certains s’en émerveillent mais l’Israélien que je suis n’a jamais cru aux contes orientaux ni aux signatures sous les lustres de Washington.

Ce n’est ni là que se joue notre destin, ni dans les cœurs des masses arabes que germera la paix.

Pas question de « cause palestinienne ». Il n’existe ni peuple ni Histoire sous cette identité préfabriquée.

Une population aux origines diverses en Judée-Samarie et Gaza, sans passé commun ni légitimité historique, ne saurait justifier un État.

Ce sont eux les véritables occupants de notre terre, on nous impose une grille biaisée.

Depuis le VIIᵉ siècle, le monde arabo-musulman falsifie l’Histoire pour effacer Israël.

On parle de normalisation. Mais qu’en est-il des peuples, des universités, des mosquées, des médias ? Là, la haine est cultivée, rationalisée, enracinée.

Des générations nourries à lantisionisme ne s’éduquent pas à la tolérance avec un cocktail à Abu Dhabi !

Croire à ces sourires artificiels, c’est désarmer notre vigilance. Pire, c’est faire d’Israël un vassal de la Pax Americana aussi fragile qu’un mandat électoral. Depuis Camp David, une constante : l’omniprésence américaine.

Nous devons penser l’après-Amérique, car nul empire n’est éternel, notre sécurité ne peut être sous-traitée, ni notre avenir arrimé à la boussole de la Maison-Blanche.

  • – Le Tanakh nous met en garde contre les alliances douteuses.
  • – Isaïe condamne les pactes avec l’Égypte : « Malheur à ceux qui descendent en Égypte pour y chercher du secours… » (Isaïe 31,1).
  • – Le Talmud loue, le roi Ézéchias pour avoir rompu avec l’Assyrie. L’ennemi véritable n’est pas seulement politique, il est spirituel, ontologique.

Amalek n’est pas une nation, mais un principe qui nie la Providence, attaque les faibles, rejette l’élection divine d’Israël. Avec lui, on ne signe pas de traité.

  • – Rabbi Yehouda HaLévi, dans le Kuzari, rappelle que la séparation entre Israël et les autres nations n’est pas un repli, mais une mission, menacée chaque fois qu’Israël cherche à se fondre dans les « royaumes ».

Certains diront que ces accords ont apporté une stabilité. Mais quelle stabilité ?

– Celle des Émirats qui continuent à financer des manuels scolaires diabolisant Israël ?

– Celle du Maroc, qui s’embrase aux cris de « mort aux juifs » dès que Gaza est évoquée ?

– Et que dire de Bahreïn ou du Soudan, États fragiles qui ne pèsent rien sans les garanties américaines ?

– Même la paix avec la Jordanie ou l’Égypte n’a jamais touché les cœurs, tout au plus, elle a suspendu la guerre.

On confond trêve et réconciliation. Or ces accords sont une trêve asymétrique, Israël donnera toujours plus qu’il ne recevra, une trêve sans retour se paie cher.

Maïmonide l’avait compris :

Confronté à l’islam conquérant, il ne crut jamais à la sincérité d’un pouvoir qui humilie tout en tolérant. Il écrivit aux juifs du Yémen : «Ils nous oppriment non pour ce que nous faisons, mais pour ce que nous sommes.»

Cette sagacité nous fait défaut. Nous croyons que la modernité des Émirats ou le français parlé au Maroc tempèrent la haine. Mais elle couve, invisible comme une braise sous la cendre. Elle reprendra flamme, tôt ou tard. Et alors, que ferons-nous ? À force d’avoir cru à des alliances creuses, nous aurons désarmé notre conscience, démobilisé notre peuple, laissé l’Arabie Saoudite se doter de F35, et rendu Israël vulnérable à ses ennemis d’hier… qui n’ont jamais cessé de l’être.

Israël n’a pas vocation à être aimé mais respecté, cela suppose de dire NON. Non à la naïveté. Non à l’illusion du vivre-ensemble universel dans un Moyen-Orient pétri de récits anti-juifs. Non à la dépendance envers une Amérique qui s’éloigne de notre héritage biblique.

Abraham n’a jamais scellé d’alliance avec ses ennemis. Il a parfois recherché la paix, par nécessité. Il a accepté des arrangements précaires, comme celui conclu avec Abimélekh, roi de Guérar, une trêve, une paix de façade. Mais jamais une alliance de cœur. Car il savait que sa vocation n’était pas d’être aimé, mais d’être fidèle ; non d’être intégré, mais d’être à part. Le Maharal l’a formulé avec clarté :

« Israël est une entité à part dans l’ordre du monde, non par son mérite mais par son essence. Toute tentative de normalisation par les nations est une aliénation ».

Israël normalisé serait
un renoncement à sa singularité transcendante.

Manitou le souligne :

« Notre mission n’est pas diplomatique, mais prophétique ». Signer des traités avec ceux qui enseignent encore que nous sommes l’ennemi, c’est abandonner notre statut de peuple choisit.

Alors que certains s’enivrent encore de ces chorégraphies, restons clairvoyants. Ces accords d’Abraham n’ont pas effacé les prêches meurtriers, ni les manuels scolaires empoisonnés par la haine. Les accolades médiatisées masquent mal les discours qui diabolisent toujours le peuple juif. On nous parle de paix, mais c’est le doute qui est semé. Israël tend la main, mais ne baisse pas la garde.

Notre peuple aspire ardemment à une paix véritable. L’Histoire nous a forgés, la crédulité se paie au prix du sang. Ne nous laissons plus duper : on ne pactise pas avec le djihadiste al-Julani !

Notre force ne naît pas de signatures, mais de la colonne du Monde : Abraham Avinou, dont la bonté fut force douce et la foi, rempart. Par lui, et par la volonté de D. notre bouclier, Israël porte une vocation métaphysique, celle de la justice, de la vérité et de la fidélité. Notre identité est l’empreinte divine gravée dans l’éternité.

Israël ne tirera pas son salut d’un vol Tel-Aviv-Manama ou d’un forum économique, mais de sa fidélité à l’Alliance.

Car le désert ne fleurit pas à coups de traités, il fleurit quand le feu inaltérable des Hébreux1 y brûle. Ce feu ne s’achète pas, ne se vend pas, ne se négocie pas.

Israël n’est pas une start-up nation, il est la Nation du Sinaï. C’est depuis ce sommet de révélation que nous lisons les enjeux politiques mais surtout spirituels. Cette lumière venue d’en haut, cette fidélité chevillée à l’âme éclaire notre route, affûte notre regard, et tient en échec ceux qui, à visage découvert ou masqué nourrissent encore le rêve obscur de notre disparition. Ils échoueront, car Israël n’est pas un épisode de l’Histoire, il en est l’axe originel et éternel. SS

Serge Siksik, MABATIM.INFO


1 le Peuple Juif sur sa Terre avec sa Torah


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8 commentaires

  1. La fameuse théorie de la paix contre la terre a provoqué des désastres toujours d’actualité.

    Il est plus que grand temps de négocier avec beaucoup de fermeté le retour de la population dite palestinienne vers la Jordanie, là où se trouve déjà, une très grande partie de leurs proches.

    Bien sûr que Abdallah va s’y opposer de toutes ses forces de crainte qu’il perde son trône, mais il s’agit de la seule solution pérenne pour qu’Israël puisse sortir de la violence quotidienne qui lui est imposée par les rêveurs qui prônent une solution irréaliste…

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  2. L’Egypte a investi 5 milliards de dollars en armements modernes, alors qu’elle se trouve dans une situation économique désastreuse : qui la menace réellement ?
    Il faut se méfier de ce pays qui relève la tête après son immense défaite durant la Guerre de Kippour de 1973 qui avait convaincu le président Sadate à faire la paix avec Israël, parce qu’il avait compris qu’il ne pouvait pas le vaincre par les armes.

    La diffusion d’images sur le comportement haineux de foules égyptiennes qui promettent « aux sionistes » une fin très prochaine, ont dû choquer plus d’un.
    Les zarabes ne changeront jamais, ils sont toujours prêts à faire la guerre et déchirent les traités de paix dès qu’ils ne leur conviennent plus, ils fonctionnent ainsi.
    Il est de plus en plus évident qu’un nouveau conflit israélo-égyptien se prépare.
    Quant aux « Accords d’Abraham » les voilà déjà remis en question au nom de la « cause des zarabes de Gaza ».Comment faire confiance à ces traités censés ramener la paix et rapprocher les peuples, lorsque les dirigeants musulmans ne font rien pour instaurer la paix auprès de leurs populations toujours prêtes à soutenir le pire ?

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  3. Tout à fait d’accord avec votre réponse Monsieur Siksik. Pour faire la paix et vivre ensemble, il faut être deux ! Force est de constater que ce n’est pas la paix que veulent les soi-disant Palestiniens. Ne l’ont-ils pas démontré lors du 7 octobre, de la façon la plus abjecte et la plus bestiale qui soit ? Ils le disent et l’écrivent : ils veulent occuper la terre d’Israël jusqu’à la mer, c’est à dire sans les Juifs… Il faut les croire sur parole. Si vos voisins veulent votre mort, faut-il les attendre en espérant qu’ils changent d’avis ?

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  4. Il nous a été donné le cadeau le plus apprécié qu’un père puisse donner à ses enfants. Mais les enfants gâtés le bradent, le gaspillent, le profanent, pour des histoires de politiques auxquelles personne ne croit.
    Habiter sa maison et la nettoyer de ses cafards accumulés par la négligence de ceux qui auraient dû faire le ménage est normal, et c’est du travail.
    Portons nos efforts sur les trois régions intéressées GAZA/ JUDEE/ SAMARIE. Sans oublier le reste!
    Je n’ai rien à ajouter!

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  5. Vous ne cessez de nous étonner admirablement par vos textes si profondément et si magistralement développés : CHAPEAU et MERCI !!!

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    • Cher Monsieur Rebibo,

      On écrit seul, mais ce sont des lecteurs comme vous qui donnent à l’écriture son véritable relief. Votre attention en est la plus belle récompense.

      Merci

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  6. c est trop manichéen ! Oui les arabes en general ne sont pas dignes de confiance et encore oui la plupart des voisins , a commencer par l egypte dont le role avec le hamas reste a eclaircir; mais les lignes ont bougé et ce sont nos voisins !
    ils ne sont vraiment pas conformes a ce que nous aimerions avoir comme voisin mais ils sont la , sur notre dos , et il faut trouver des solutions avec eux .

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    • La vérité est crue : nous sommes déjà leurs voisins, qu’on le veuille ou non. Mais ne nous racontons pas d’histoires : si nous les tolérons, eux rêvent de nous tuer, de nous chasser, de prendre notre terre et d’effacer notre histoire. On peut bien parler de « solutions », mais leur projet est clair et répété sans relâche : notre disparition. Alors, assez d’angélisme ! La lucidité impose de dire que nous ne sommes pas dans une relation réciproque de voisinage, mais dans une confrontation permanente. Tant que leur objectif reste notre mort, nous ne devons pas nous laisser bercer par des illusions, mais assumer la réalité : vigilance, force et souveraineté.

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