De l’ordre du monde et de la place de l’Europe

Par Michel Bruley,
[20 octobre 2025]

Le proverbe chinois dit « la seule chose qui ne changera jamais est que tout change toujours tout le temps », c’est bien entendu le cas pour l’ordre du monde.

En 1900, la population mondiale était de 1,6 milliard de personnes dont un quart était sous la gouvernance de l’Empire britannique et une bonne partie du reste était colonisée par d’autres Européens.

Deux guerres mondiales plus tard, la main était passée aux États-Unis et à l’Empire communiste soviétique, la Grande-Bretagne et la France ont pu alors constater en 1956 qu’elles étaient devenues des nations de deuxième rang.

DE 1945 À AUJOURD’HUI

L’après-Deuxième Guerre mondiale a été une période de décolonisation, de guerre froide entre l’occident et l’URSS, d’insécurité mondiale avec de nombreux conflits entre les deux puissances dominantes par l’intermédiaire de pays affiliés et par-dessus tout avec la crainte des armes nucléaires. La Suisse par exemple, à l’époque, a multiplié les abris antiatomiques.

Le modèle communiste brutal et contraignant, qui par le monde a fait 80 millions de morts, a fini par s’écrouler en URSS, mais a perduré en Chine en s’ouvrant à l’économie de marché.

Après la chute de l’URSS s’est ouvert la période dite de globalisation qui a vu se développer une grande liberté mondiale pour la circulation des biens, des personnes, des idées, qui a permis un développement sans précédent de l’économie mondiale permettant l’émergence industrielle de nombreux pays, la sortie de la pauvreté de deux milliards de personnes, mais aussi la désindustrialisation de l’occident et un grand accroissement des migrations.

Dans ce contexte, l’Europe a été naïve, elle a cru, à une mondialisation heureuse que ses valeurs, ses idées avaient gagné, qu’il n’y aurait plus de guerres, au moins en occident…

La réalité a été tout autre, le modèle universaliste est contesté, la démocratie est en débat, les institutions internationales préfèrent des priorités concrètes (nourriture, formation…) à celles de l’occident (droits de l’homme, minorités LGBTQ+…).

LE FUTUR ORDRE MONDIAL

L’Europe a décroché économiquement ces vingt dernières années par rapport aux États-Unis et n’a plus vraiment de poids à l’international.

Comme dans la pièce de « la Cerisaie », les Européens font un déni de la réalité et s’accrochent aux souvenirs de leur puissance passée, mais ne sont plus beaucoup écoutés.

Aujourd’hui, le monde fait face aux débuts des dérèglements climatiques et à de nombreux nouveaux développements scientifiques, notamment celui de l’intelligence artificielle qui en est à ses débuts et qui va générer une nouvelle grande révolution (économique, sociale, géopolitique…).

Des éléments clés du nouvel équilibre post-globalisation sont déjà là :

  • Problématique majeure de la démographie mondiale galopante, nous sommes 8,2 milliards, éventuellement tempérée par une baisse de la natalité dans certains pays, accompagnés d’un vieillissement de l’humanité, mais avec une Afrique jeune et démographiquement très dynamique,
  • Dettes inquiétantes de nombreux pays, désengagement américain, politique et financier, réduction des aides occidentales au développement des pays émergents,
  • Fin de la domination occidentale (idéologique, industrielle, financière…), la Chine en course pour le leadership mondial, impérialistes ou nationalistes recourant à la force, modèle démocratique ne faisant plus rêver, retour à des valeurs traditionnelles
  • … /…
  • Impact de l’IA et de la robotique ?
  • …/…

POUR CONCLURE PROVISOIREMENT

Finalement, le nouvel ordre semble se traduire par

la fin du primat de l’économie globalisée au profit des rapports de force géopolitiques,

la fin de l’omnipotence des marchés au profit des États,

la fin de l’ouverture des pays à diverses populations au profit de la défense de leur souveraineté notamment culturelle,

mais pas la fin du dérèglement climatique dont l’une des causes est la démographie mondiale incontrôlée (scénarios d’une population mondiale entre 10 et 15 milliards en 2100).

Dans ce nouveau contexte, la place de l’Europe est à reconstruire, mais il va falloir négocier de nombreux virages.

Ce n’est pas gagné ! MB♦

(Pour finir sur une note d’humour : cliquez ici)

Michel Bruley, MABATIM.INFO


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2 commentaires

  1. La chute de l’URSS a été provoquée (ou en tout cas précipitée) par la défaite de l’armée rouge en Afghanistan…C’est-à-dire la victoire des islamistes financés et armés par Washington, Londres et Berlin. Avec les conséquences que l’on sait…En 2004 https://www.lhistoire.fr/%C2%AB-le-terrorisme-islamiste-est-n%C3%A9-en-afghanistan-%C2%BB Gilles Kepel rappelait que cette première guerre d’Afghanistan a été un gigantesque coup d’accélérateur au djihadisme, au niveau planétaire. Les années 1990 ont également été marquées par la montée en puissance exponentielle des mouvements islamonazis indigénistes et « décoloniaux » (notamment en Amérique du Nord et en Europe de l’ouest) ainsi que par l’avènement de l’UE _ totalitarisme dystopique et grand cheval de Troie du Nazisme islamiste en Europe. La plupart des Occidentaux n’avaient absolument rien compris à la catastrophe politique géopolitique et surtout civilisationnelle en cours. Aujourd’hui l’effondrement de l’Europe de l’ouest est complet : y compris dans les domaines économiques (la France est un État au bord de la faillite) et artistique/culturel.
    Le monde contemporain est marqué par de profondes transformations qui s’effectuent sans l’Europe de l’ouest. Celle-ci, qui s’enfonce chaque jour un peu plus dans la dictature et la barbarie, est sortie de l’Histoire sans que la plupart de ses habitants n’en aient le moins du monde conscience (beaucoup ont une vision du monde périmée depuis les années 1960). L’avenir se bâtit ailleurs : notamment en Israël, en Europe de l’est et en Asie.

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