Israël : La démocratie selon Yaïr Golan

Par Amalia Ozer, Mida
[4 janvier 2026]

Le président du parti « Les Démocrates » continue de se comporter et de parler à l’opposé des valeurs qu’il prétend représenter.

Yair Golan fait des discours pompeux sur la démocratie, la liberté d’expression et le libéralisme, mais en même temps, il profère des déclarations, qui montrent une chose claire :

Si jamais il arrive au pouvoir, l’État d’Israël deviendrait un pays dirigé par un sombre régime autoritaire.

Devant la répétition de ses propos outranciers, on ne peut plus les considérer comme des dérapages de lapsus ou de remarques hors contexte. En fait, il s’agit d’un discours construit, pour servir un agenda éminemment politique.

Ce discours présente une vision d’un monde ordonnée et paternaliste, qui considère

  • la liberté comme un problème,
  • la souveraineté comme suspecte
  • et le peuple, comme un facteur parfois hostile, nécessitant une « rééducation » et même, une certaine répression.

La semaine dernière, Yaïr Golan, fidèle à sa vision du monde a déclaré, que s’il arrivait au pouvoir, il fermerait la chaîne 14 (chaîne israélienne dont la ligne éditoriale correspond à celle de CNEWS, NDRL).

Cette déclaration était émaillée de poncifs comme : « chaîne de propagande » ou « danger pour la démocratie », il diabolisait et délégitimait cette chaîne, justifiant, par la même, sa fermeture et de façon générale, la répression des médias « politiquement incorrects ».

Ainsi, l’adversaire politique devient un problème moral, et ce problème est un motif, pour exercer le pouvoir sans entrave...

Lors d’une conférence du journal « Haaretz » (la ligne éditoriale de « Haaretz », s’apparente à celle de « Libération », NDRL), qui s’est tenue à Toronto en septembre de l’année dernière, Golan expliquait que

La fermeture de la chaîne 14 s’inscrivait dans une conception plus large, qui englobe aussi des restrictions aux réseaux sociaux, instrument mondial de « propagande brutale » menaçant la démocratie.

Pour Golan, il ne s’agit pas d’une lutte ponctuelle contre l’incitation à la violence, mais d’une justification de principe pour la surveillance, le contrôle et la limitation du discours politique.

On définit à l’avance ce qu’est la « propagande », qui sort du cadre du discours légitime, et quelles voix posent problème et doivent être « traitées ».

La chaîne 14, les réseaux sociaux, et le discours politique direct ne sont pas perçus comme un espace démocratique, mais comme un danger, un motif pour exercer le pouvoir, dont l’objectif unique est de museler la liberté d’expression de ceux, qui ne se conforment pas à l’idéologie de Golan.

Golan, en tant que député, lors d’une réunion de la commission de l’éducation, de la culture et du sport le 18 août 2020 a déclaré :

« l’État estime avoir une responsabilité non seulement de fournir une éducation, mais aussi de façonner l’esprit de ses jeunes citoyens. Or, nous ne voulons pas que l’éducation israélienne aujourd’hui, façonne les jeunes esprits en contradiction avec nos objectifs ».

Dans la vision de Yair Golan, le système éducatif n’est pas seulement

  • un cadre pour transmettre des connaissances,
  • mais un outil pour former la personne.
  • Non seulement pour acquérir des compétences,
  • mais pour établir une conscience.

Une vision dans laquelle l’État se considère habilité à « façonner » la jeune génération, et remet en question la légitimité des parents à éduquer leurs enfants, selon leurs valeurs…

Des propos de Golan représentent la philosophie des régimes dictatoriaux, où l’éducation et l’autorité sont retirées aux parents, afin de « façonner » les enfants comme de la matière première. Il n’est pas surprenant que Golan exprime des propos sur la nécessité de rééduquer les enfants du sionisme religieux et de la communauté orthodoxe, y compris des exigences de « laïcisation » et de changement profond de l’identité et des valeurs.

Dans l’univers de Golan, celui qui ne se conforme pas au modèle souhaité n’est pas partenaire du dialogue, mais une cible pour « la création de l’homme nouveau ».

Outre, la vision du monde de Golan vue plus haut, elle concerne aussi le concept même de gouvernement.

Dans une démocratie, un gouvernement élu repose naturellement sur une large acceptation populaire, et la voie de l’alternance passe par les urnes.

C’est précisément là, que se situe la ligne de fracture.

Yair Golan ne présente pas une opposition démocratique cherchant à convaincre la majorité et à participer aux élections,

…mais une conception selon laquelle un gouvernement élu légalement perd sa légitimité s’il n’agit pas selon les principes « éthiques » (ceux de Golan)…

En réalité, il s’agit d’une tentative systématique de renverser un gouvernement par des moyens, qui, en démocratie ne sont pas légitimes, tels que

  • la désobéissance civile,
  • la paralysie de l’État par des grèves, manifestations violentes, refus de service de réservistes,
  • l’implication de l’armée de défense d’Israël dans le débat politique
  • et la remise en cause continue de la légitimité du pouvoir.

Il ne s’agit pas d’une protestation citoyenne légitime au sens démocratique, mais d’une tentative d’imposer la volonté d’une minorité idéologique sur la majorité du peuple.

La défaite par les urnes est perçue, par des partisans de Golan comme une aberration, alors elle doit être corrigée, même par des moyens non démocratiques…

Le même schéma se répète également dans l’attitude de Golan envers l’État de droit :

La violence n’est pas jugée en fonction de l’acte, mais en fonction de l’identité des personnes impliquées.

D’un côté, il y a une violence définie comme criminelle, et de l’autre une violence, selon Golan, comme compréhensible, justifiée, voire louable.

Cette certitude d’être dans le « bon camp » détruit le principe d’égalité devant la loi.

La même logique est visible dans la défense, que Golan accorde aux manifestants violents.

En revanche, l’usage de la violence légitime de l’État, en arrêtant les auteurs des violences urbaines, est considéré, par Golan, comme de la « répression politique ».

Dans un État démocratique, l’incendie criminel, l’agression contre des policiers et le terrorisme civil ne sont ni légaux ni légitimes, ce sont des crimes. Ceux qui les légitiment au nom d’une idéologie, détruisent les fondements de l’État de droit.

Contrairement à beaucoup d’autres, Golan ne prend pas la peine de cacher ses intentions. Par ses actions et ses paroles, il nous rappelle sans cesse, que s’il parvient aux commendes de l’État d’Israël son régime sera autoritaire et répressif,

Pas du jour au lendemain, pas avec des tanks dans les rues, mais par une réduction progressive et systématique des libertés.

Yair Golan ne propose pas de réforme pour la démocratie israélienne, mais un régime,

  • où la liberté d’expression devient un problème à réguler,
  • l’identité est une matière première à façonner (dans le sens du post sionisme),
  • et où la volonté du peuple n’est légitime que lorsqu’elle s’aligne sur les positions idéologiques de l’extrême gauche israélienne. AO♦

Amalia Ozer, MIDA


Traduction et adaptation : Édouard Gris


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2 commentaires

  1. En fin de compte, pour tout gauchiste, il n’y a que les dirigeants « socialistes » qui représentent la liberté, la démocratie et tout le tralala.
    Ces gens-là n’ont qu’un seul mot à la bouche : lorsque nous serons au pouvoir, vous verrez ce que vous verrez, et les réfractaires n’auront qu’à bien se tenir.
    Ces salopards ont tout essayé pour faire tomber Bibi et ils ont utilisé tous les problèmes d’Israël pour y parvenir : émeutes ultra violentes, en passant par la récupération des familles d’otages pour favoriser leur cause. Ce sont des grands adeptes de la « démocratie de la rue« .
    En fin de compte, rien ne les différencie de LFI/MéRONCHON et sa clique….

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